La demande du député caquiste de Lévis, François Paradis, d'entendre différents experts, des médecins et des citoyens sur le projet estimé à 2,6 milliards $ est balayée du revers de la main par le ministre de la Santé.

Barrette ne veut pas de commission parlementaire sur L'Hôtel-Dieu de Québec

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, n'a aucune envie de placer le déménagement de L'Hôtel-Dieu de Québec sous la loupe des députés à travers une commission parlementaire. 
La demande du député caquiste de Lévis, François Paradis, d'entendre différents experts, des médecins et des citoyens sur le projet estimé à 2,6 milliards $ est balayée du revers de la main par le ministre. 
Il n'est pas question pour M. Barrette d'engorger la commission de la santé et des services sociaux qui a déjà fort à faire avec l'étude du projet de loi 10 sur la réorganisation du réseau et du projet de
loi 20 sur l'accès aux médecins. 
«On a des dossiers beaucoup plus urgents et plus importants à traiter pour l'arrêter et faire une commission qui va simplement servir de faire valoir à la Coalition avenir Québec [CAQ]», a affirmé le ministre Barrette, lundi.
Une étude «fine» des coûts de construction d'un nouvel hôpital à l'Enfant-Jésus est en cours et le ministre n'entend pas la freiner. 
M. Barrette raille d'ailleurs la demande de la CAQ qui, il y a 18 mois, par la voix de son député Éric Caire, «a littéralement déchiré sa chemise en public pour avoir un hôpital neuf». «Ça ne fait pas longtemps, a-t-il insisté. Un an et demi et on s'en va vers l'autre direction? Non.»
Le député caquiste persiste à demander un temps d'arrêt pour bien regarder les chiffres et s'assurer que l'argent soit dépensé de façon optimale. Les évaluations sont passées de 1,7 milliard $ à
2,6 milliards $, et d'autres avancent une facture de 3,2 milliards $. 
«Aura d'improvisation»
M. Paradis craint «l'aura d'improvisation» qui se dégage du dossier depuis quelques jours. Après avoir annoncé une disparition des soins de première ligne à L'Hôtel-Dieu, le ministre Barrette a évoqué le maintien d'une superclinique et la possibilité d'annuler le déménagement si la facture est trop élevée. Il a aussi parlé de conserver des soins longue durée dans le bâtiment historique. 
«On ne peut pas jouer de même à avancer et à reculer, a soutenu M. Paradis. Ce qu'on veut faire, ce n'est pas l'inquisition ou une commission d'enquête. Il n'est pas question de clouer personne au pilori. C'est simplement un exercice de transparence.»