Le plan du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, était de se débarrasser de plus de 1200 cadres du réseau par une réforme de structures, le projet de loi 10.

Barrette lèvera les obstacles à l'aide médicale à mourir

Le ministre Gaétan Barrette empêchera les hôpitaux d'adopter des politiques «inappropriées» qui font obstacle à l'aide médicale à mourir en raison de «l'obstruction philosophique» de médecins.
Le cas du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) fait grincer des dents le ministre de la Santé. M. Barrette qualifie même de «hors-la-loi» la mesure qui prévoit qu'un patient doit avoir été admis dans l'établissement lors des 18 mois précédents pour demander l'accès à des soins de fin de vie. 
«Ça, pour moi, c'est carrément contre la loi», a affirmé M. Barrette, mercredi. «C'est presque de la provocation.»
Il s'étonne aussi que le CUSM ait adopté une politique qui dispense son unité de soins palliatifs d'offrir l'accès à l'aide médicale à mourir. Pour le ministre, la direction a plié devant les pressions exercées par les médecins de l'unité. 
Le souhait du patient prime
«Je vois un groupe de médecins philosophiquement contre aller faire pression pour gagner leur point après la loi», a affirmé M. Barrette. «C'est comme ça depuis le début. C'est presque enfantin. C'est pour avoir le dernier mot.»
Un médecin peut se prévaloir de son objection de conscience pour refuser de prodiguer des soins de fin de vie. Il ne peut par contre y avoir de politique d'établissement qui dispense toute une unité de le faire. Si tous les médecins de l'unité s'y opposent, il faut faire venir un autre de leur collègue. Pas changer le patient d'étage. 
«Je suis étonné, a confessé le ministre. Je n'avais pas prévu que les administrations feraient ce genre de choses. [...] Qui aurait pu prédire qu'un hôpital interdise l'aide médicale à mourir sur un étage de soins palliatifs où se retrouvent les gens les plus près de la mort?»
Le ministre Barrette a écrit au président-directeur général du CUSM pour lui enjoindre fermement de revoir sa politique sur les soins de vie. Autrement, il changera ses orientations ministérielles pour interdire nommément ces pratiques. «Est-ce possible que ce soit le patient qui ait le dernier mot? La réponse est oui, là comme ailleurs», a affirmé le ministre de la Santé. 
Le Devoir a par ailleurs écrit que le ministre aurait un autre hôpital à l'oeil, le Centre hospitalier universitaire de Montréal. Il semble que le nombre de demandes d'aide à mourir au CHUM est trop bas par rapport à son importance. 
Seule une douzaine de demandes y auraient été remplies, contre 26 au Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ) et 15 au Centre hospitalier universitaire de l'Estrie.