Depuis les deux ou trois dernières années, les médecins de famille référent davantage de patientes à l’Hôpital Saint-François d’Assise qu'au Centre mère-enfant du CHUL.
Depuis les deux ou trois dernières années, les médecins de famille référent davantage de patientes à l’Hôpital Saint-François d’Assise qu'au Centre mère-enfant du CHUL.

Baby-boom à Saint-François d’Assise: les accouchements dirigés vers le CHUL

En prévision d’épisodes de surcapacité au service d’obstétrique de l’Hôpital Saint-François d’Assise, les patientes enceintes devront se rendre au Centre mère-enfant du CHUL pour accoucher.

Dans des notes internes obtenues par Le Soleil, des responsables du CHU de Québec indiquent qu’une «mesure d’exception visant à assurer une prise en charge sécuritaire des parturientes [femmes en train d’accoucher] accouchant au CHU de Québec-Université Laval doit être prise». 

«Selon nos prévisions, le service d’obstétrique de l’Hôpital Saint-François d’Assise vivra des épisodes de surcapacité si aucune mesure n’est mise en place rapidement pour y remédier», peut-on lire dans les documents signés par Caroline Drolet, directrice clientèle mère-enfant et santé de la femme, de même que par les Drs Maryse Turcotte, directrice des services professionnels, Régine Blackburn, chef du Département de médecine générale, et Jacques R. Mailloux, chef du Département d’obstétrique et de gynécologie. 

À compter du 12 janvier, donc, les médecins effectuant des suivis de grossesse en externe et ne faisant pas d’accouchements devront «informer [leurs] patientes qu’elles devront se rendre au Centre mère-enfant Soleil» du CHUL au moment de leur accouchement. 

«Ces patientes seront prises en charge par l’obstétricien de garde, puis bénéficieront, tel que notre responsabilité le prévoit, des soins et des services requis», précise-t-on.

Les responsables soulignent que cette mesure temporaire touche «un certain nombre» de médecins de la région de la Capitale-Nationale et se disent conscients des désagréments qu’elle peut causer. 

«Nous travaillons actuellement à la mise en place de solutions de pérennisation des services d’obstétrique dans la région afin d’équilibrer la répartition des accouchements» entre le Centre mère-enfant et l’Hôpital Saint-François d’Assise, mentionnent-ils.

Le CHUL mieux adapté

Au bout du fil, Geneviève Dupuis, porte-parole du CHU de Québec, explique qu’historiquement, il y a toujours eu plus d’accouchements au CHUL qu’à Saint-François d’Assise, mais que depuis les deux ou trois dernières années, la tendance s’est inversée, les médecins de famille référant davantage de patientes à l’établissement de la rue de l’Espinay. 

Or les installations du Centre mère-enfant sont plus adaptées que celles de Saint-François d’Assise pour accueillir les patientes qui accouchent et leur nouveau-né, et elles sont actuellement sous-utilisées, souligne Mme Dupuis. «C’est vraiment une mesure pour mieux répartir les accouchements en fonction des infrastructures», dit-elle.

L’été dernier, un pic d’achalandage à l’Hôpital Saint-François d’Assise avait forcé le CHU de Québec à transférer des nouveau-nés vers le Centre mère-enfant du CHUL. 

Quant à savoir si le CHU de Québec fait actuellement face à un baby-boom, les données montrent plutôt une baisse des accouchements au cours des dernières années. L’an dernier, 7434 accouchements ont été réalisés, contre 7512 en 2017-2018, 7756 en 2016-2017 et 8332 en 2015-2016.