Devant la multiplication de cas de patients cancéreux se rendant en Allemagne pour recevoir des traitements auprès du Dr Thomas Vogl, l'INESSS s'est vu confier le mandat d'évaluer l'efficacité et l'innocuité de ses thérapies.

Autre mise en garde contre un traitement allemand pour le cancer

L'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux (INESSS) ne recommande pas la chimio-embolisation pour traiter les métastases hépatiques, qui poussent plusieurs patients québécois qui en sont atteints à recevoir à grands frais des traitements en Allemagne.
Dans un rapport publié lundi, l'INESSS rappelle qu'au Québec, l'usage de la chimio-embolisation a été recommandé pour le traitement à visée palliative des cancers du foie (carcinomes hépatocellulaires) de même que dans certains cas particuliers (les patients en attente d'une greffe, par exemple), et que les métastases hépatiques ne sont pas une indication reconnue pour cette thérapie. 
Devant la multiplication de cas de patients cancéreux se rendant en Allemagne pour recevoir des traitements auprès du Dr Thomas Vogl, qui se spécialise dans la chimioperfusion pour les cancers pancréatiques avancés ainsi que dans la chimio-embolisation pour les métastases hépatiques, l'INESSS s'est vu confier le mandat d'évaluer l'efficacité et l'innocuité de ces thérapies, que plusieurs voudraient voir disponibles au Québec. 
«Les données probantes disponibles concernant l'efficacité de la chimio-embolisation ne permettent pas de recommander ce traitement comparativement à la chimiothérapie systémique pour le traitement des métastases hépatiques», conclut l'organisme. 
Selon l'INESSS, des études supplémentaires, comparatives et de bonne qualité sont nécessaires afin d'évaluer les traitements de chimio-embolisation par rapport aux traitements actuels dans un contexte de métastases hépatiques. 
Quant au cancer pancréatique «localement avancé», aucune publication portant précisément sur la chimioperfusion n'a été répertoriée dans des revues avec comité de lecture par les pairs, écrit l'INESSS.
«Commerce de l'espoir»
Cette position va dans le sens des propos qu'a toujours tenus le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, qui a réduit les traitements du Dr Vogl à «un commerce de l'espoir». Les traitements en Allemagne coûtent environ 20 000$ aux patients, par visite, en tenant compte de tous les frais accessoires associés au voyage. 
Le ministère de la Santé a lui aussi mis plusieurs fois les Québécois en garde contre les traitements du Dr Vogl, rappelant qu'ils n'étaient pas la norme en Allemagne, en Europe ni ailleurs dans le monde, et qu'il s'agissait de traitements palliatifs, et non à visée curative.