Par ailleurs, les employés couverts par un régime privé doivent payer plus de taxes. «Ils doivent payer la TVQ [taxe de vente du Québec] sur les primes, et la part des primes payées par l'employeur est considérée comme un avantage imposable pour l'employé. Quand vous faites votre rapport d'impôt, vous devez déclarer la contribution de l'employeur», a précisé le vice-président de la CSN, Jean Lacharité.

Assurance médicaments: la CSN déplore des iniquités

La CSN déplore les iniquités dans l'assurance médicaments au Québec qui défavorisent les centaines de milliers d'employés couverts par des régimes privés par rapport à ceux couverts par le régime public.
«Avec les assureurs privés, les primes sont fixes. Elles ne sont pas proportionnelles aux revenus des individus. Un employé qui gagne 25 000 $ par année peut payer la même prime qu'un patron qui gagne 150 000 $. Dans le régime public, les primes varient en fonction des revenus», a souligné, mercredi, au Soleil, le vice-président de la CSN, Jean Lacharité. 
Par ailleurs, les employés couverts par un régime privé doivent payer plus de taxes. «Ils doivent payer la TVQ [taxe de vente du Québec] sur les primes, et la part des primes payées par l'employeur est considérée comme un avantage imposable pour l'employé. Quand vous faites votre rapport d'impôt, vous devez déclarer la contribution de l'employeur», a-t-il précisé. 
En outre, les employés couverts par un régime privé doivent souvent payer plus cher pour leurs médicaments à la pharmacie étant donné que les honoraires des pharmaciens pour chaque ordonnance ne sont pas soumis à une réglementation. À la différence, le gouvernement paie un tarif unique pour les ordonnances couvertes par le régime public.
«Les pharmaciens peuvent faire ce qu'ils veulent avec les honoraires pour des ordonnances couvertes par un régime privé. Les pharmacies refilent la facture à l'assureur privé qui la refile à son tour aux assurés. Quand on paye nos primes d'assurances, on se retrouve à repayer l'ensemble de la facture», a expliqué M. Lacharité.
À son avis, la mise en place d'un seul régime d'assurance médicaments permettrait de régler ces iniquités. La centrale syndicale s'appuie sur des études, dont celle du chercheur Marc-André Gagnon, de l'Université Carleton à Ottawa, qui concluent qu'un régime universel - comme l'assurance maladie - permettrait des économies substantielles. «Ce gain s'expliquerait par une augmentation du pouvoir d'achat du gouvernement face aux pharmaceutiques et par un meilleur contrôle des coûts», a-t-on fait valoir.
Sujet sensible
De plus, M. Lacharité a indiqué que les hausses de primes des assurances collectives en cette période de faibles hausses salariales ou de gel des salaires soulèvent beaucoup d'intérêt. «C'est un sujet qui est extrêmement sensible dans les assemblées générales quand on arrive au renouvellement des contrats d'assurances privées. Il y a eu des explosions de coûts importantes dans les dernières années. Les gens réagissent beaucoup», a-t-il dit.
Par ailleurs, le vice-président de la CSN déplore que le gouvernement Couillard n'applique pas sa politique d'austérité auprès des compagnies pharmaceutiques dans l'achat de médicaments. 
«Dans cette période où le gouvernement cherche de l'argent partout, il me semble qu'il y a une belle opportunité là plutôt que d'appliquer des mesures d'austérité dans le réseau de la santé et de réduire les services», a-t-il avancé.
M. Lacharité ne croit pas que le gouvernement Couillard soit favorable à un seul régime d'assurance médicaments pour tous. «Ça prend une volonté politique du gouvernement de le faire et de mettre les conditions en place pour que ça puisse se réaliser. Je ne pense pas que ça fasse partie des orientations politiques du gouvernement Couillard. Il est plutôt vers la privatisation. C'est ce qu'on voit présentement», a-t-il dit.
Par ailleurs, un des plus influents quotidiens au Canada - le Toronto Star - a pris position cette semaine en faveur de la mise en place d'un régime d'assurance médicaments universel au pays comme celui l'assurance maladie.