« L'EpiPen, c'est d'une dose d'adrénaline très concentrée qui agit au niveau de tous les systèmes qui peuvent être impliqués dans le cas d'une allergie alimentaire grave », explique Dominique Seigneur, directrice des communications et du développement d'Allergies Québec

Allergies alimentaires: pas de «risque zéro», avertissent les restaurateurs

Après l'arrestation très médiatisée du serveur d'un restaurant de Sherbrooke qui aurait servi du saumon à un client gravement allergique, l'Association des restaurateurs du Québec estime qu'il n'y aura jamais de «risque zéro», malgré toutes les précautions qui sont prises.
François Meunier, vice-président aux communications de l'association qui représente près de 5000 restaurateurs, croit que les clients doivent aussi faire preuve d'un minimum de prudence.
M. Meunier souligne que l'industrie s'est grandement adaptée depuis 20 ans pour servir les clients qui souffrent d'allergies alimentaires, affirmant qu'elle a fait des «pas de géant». Il ajoute du même souffle que ce dossier est complexe et que les restaurants ne peuvent garantir «un lieu de repas 100 pour cent non allergène».
Ainsi, il soutient que les clients qui sont aux prises avec ce problème doivent aussi s'assurer de «prendre les moyens pour garantir leur santé».
Le serveur impliqué dans l'incident à Sherbrooke pourrait faire face à une accusation de négligence criminelle. François Meunier affirme qu'il s'agit d'un précédent. Il soutient que les restaurateurs ne peuvent plus prendre de risque, et même s'ils ne souhaitent pas en arriver là, ceux-ci pourraient se voir obligés, éventuellement, de refuser de servir des clients souffrant d'allergies alimentaires.
Un tartare de saumon
Rappelons que le 29 mai, au restaurant Le Tapageur de Sherbrooke, un client très allergique au saumon et aux fruits de mer, qui affirme avoir informé le serveur de sa situation, s'est fait servir un tartare de saumon au lieu du tartare de boeuf qu'il avait commandé. L'homme, qui avait oublié son auto-injecteur Epipen dans son véhicule, a dû être hospitalisé d'urgence, faisant même un arrêt cardiaque avant de tomber dans le coma pendant deux jours. Il a porté plainte à la police.
La Direction des poursuites criminelles et pénales décidera si des accusations seront portées contre le serveur de 22 ans, de même que leur nature.