Les paramédics ont sonné l’alarme sur le manque d’ambulanciers, notamment après le décès d’une dame de 70 ans dans le stationnement l’hôpital Chauveau.

Ajout d’ambulances à Québec: le CIUSSS et la ministre de la Santé ouverts à l’idée

Tant le CIUSSS de la Capitale-Nationale que la ministre de la Santé, Danielle McCann, se disent prêts à améliorer la couverture ambulancière à Québec si la situation le commande.

Au cours des dernières semaines, les paramédics ont sonné l’alarme sur le manque d’ambulances dans la capitale, notamment à la suite du décès d’une dame de 70 ans dans le stationnement de l’hôpital Chauveau le 20 décembre. 

Lisette Deslauriers, qui avait un stimulateur cardiaque, avait été forcée de se rendre au centre hospitalier par ses propres moyens à cause d’un manque allégué d’ambulances. 

Dans nos pages, le président de l’Association des travailleurs du préhospitalier (ATPH), Frédéric Maheux, a dénoncé le manque de véhicules à Québec, toujours criant malgré l’ajout en 2018 de 23 000 heures de temps d’ambulance par année. Selon lui, le CIUSSS de la Capitale-Nationale resterait sourd aux demandes de l’ATPH.

Au CIUSSS, on affirme que «les derniers ajouts d’heures viennent de se faire» et qu’il est encore trop tôt pour en mesurer les effets. «C’est cette année qu’on va pouvoir mesurer si ces ajouts-là sont suffisants. Si on a besoin de plus d’heures, on va faire la demande au ministère, mais il faut d’abord mesurer les impacts des derniers ajouts», a dit la porte-parole Mélanie Otis. 

À propos du cas précis de Lisette Deslauriers, Mme Otis a référé Le Soleil au Centre de communication santé des capitales (CCSC), qui gère la répartition et les ajouts de véhicules ambulanciers «sur-le-champ». «Dans cette situation, le Centre pouvait ajouter une ambulance sans passer par le CIUSSS. Il a une grille qui balise l’ajout d’ambulances», a rappelé la porte-parole du CIUSSS, précisant que l’établissement n’avait reçu «aucune demande d’ajout».

Personne au CCSC n’était disponible lundi pour répondre à nos questions. 

«Réflexe d’anticiper»

Pour Jean-François Gagné, représentant en relations de travail pour la Fédération des employés du préhospitalier du Québec (FPHQ), il ne suffit pas d’ajouter «des camions à la graine, quand on perd le contrôle», ces ajouts au jour le jour étant toujours accompagnés de délais d’une ou deux heures. 

«On est toujours étiré au maximum, au bord du point de rupture», déplore le paramédic. Selon lui, il faudrait avoir «le réflexe d’anticiper» en augmentant la flotte de véhicules ambulanciers quand les besoins sont plus grands, notamment pendant la période hivernale.

Au cabinet de la ministre de la Santé, Danielle McCann, on nous assure être «bien au fait des problèmes d’effectifs ambulanciers dans certaines régions». «Il faut réévaluer les façons de faire. Des rencontres avec les intervenants du monde ambulancier sont d’ailleurs prévues au cours des prochains mois afin de mettre en place des solutions», a fait savoir l’attaché de presse de la ministre, Alexandre Lahaie, dans une brève déclaration écrite transmise lundi au Soleil.

Au bout du fil, M. Lahaie a précisé que la ministre était prête à ajouter des ambulances à Québec, mais seulement après «étude sérieuse» des besoins.