Un problème administratif bloque l’embauche d’une centaine de jeunes ambulanciers partout au Québec, alors que le secteur vit une pénurie de main-d’œuvre.

Accès au travail bloqué pour des ambulanciers diplômés

Joanie (nom fictif) a son diplôme d’ambulancière en poche, un emploi assuré, mais elle devra encore attendre plusieurs mois avant d’avoir le droit de travailler parce que son examen final a été reporté à l’automne. Un problème administratif qui bloque l’embauche d’une centaine de jeunes ambulanciers partout au Québec, alors que le secteur vit une pénurie de main-d’œuvre.

«Je suis vraiment déçue, parce que j’étais prête pour l’examen. Je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi compliqué de le passer», raconte Joanie. L’ambulancière de 22 ans a terminé sa technique en juin, mais n’a pu passer l’examen national à ce moment-là, car il n’y avait plus de places disponibles. Depuis, elle a étudié et pratiqué ses manœuvres presque tous les jours, afin de réussir le Programme national d’intégration clinique (PNIC), cet examen théorique et pratique, réputé pour être difficile.

«J’ai déjà une compagnie qui m’attend. Ça me retarde de plusieurs mois de salaire. En attendant, j’ai toujours mon travail étudiant, mais il va falloir que je m’organise pour rester à jour jusqu’à la date du prochain examen», déplore la jeune femme.

Joanie croit qu’à la base, le ministère de la Santé devrait organiser davantage de périodes d’examen pour les paramédicaux qui veulent obtenir leur droit de pratique. 

La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) réclame une intervention rapide de la part du gouvernement. «En contexte de pénurie de main-d’œuvre, c’est un peu paradoxal d’avoir environ 100 finissants en attente de pouvoir travailler», commente son président, Fred-William Mireault. 

Le report de cet examen a été causé par le départ récent de la Dre Collette Lachaîne, qui dirigeait la direction médicale nationale du ministère de la Santé, l’organisme qui supervise le PNIC.

Contexte difficile

Cette nouvelle cohorte d’ambulanciers ne l’aura pas eu facile, car plusieurs d’entre eux ont eu de la difficulté à se trouver un milieu de stage le printemps dernier, en raison de la grève des paramédicaux. Maintenant qu’ils ont leur diplôme, une nouvelle embûche empêche l’entrée sur le marché du travail de plusieurs d’entre eux. 

Patrick Dufresne, président de la Corporation des paramédics du Québec, raconte que le PNIC existe depuis 2011, mais que depuis un an ou deux, il y a des retards ou des problèmes avec cet examen. «On a un processus qui s’apparente à un ordre professionnel, mais nous, on pense qu’on devrait réellement avoir un ordre professionnel des ambulanciers, qui aurait des comptes à rendre», exprime-t-il. 

Conditions alléchantes

M. Dufresne explique que les compagnies ambulancières offrent en ce moment des conditions alléchantes afin de recruter des employées. Certaines remboursent les droits de scolarité des étudiants ou garantissent un certain nombre d’heures. Au Québec, une dizaine de cégeps offrent la formation pour devenir ambulancier.

«Je pense qu’on a assez de finissants. Le problème, c’est de passer rapidement le test national pour avoir le droit de pratique», indique M. Dufresne. 

Le ministère de la Santé explique que la situation actuelle n’était pas prévue et qu’il «travaille activement» à trouver une nouvelle date d’examen pour les futurs ambulanciers. «C’est un examen qui demande d’importantes ressources matérielles et organisationnelles», explique Noémie Vanheuverzwijn, porte-parole du ministère de la Santé. D’où la difficulté à l’organiser rapidement. 

Mme Vanheuverzwijn fait toutefois remarquer que certains finissants de cette année sont déjà sur le marché du travail, car en juin dernier, environ 400 diplômés en techniques ambulancières ont pu assister au PNIC.