En avril dernier, la CAQ a envoyé des demandes d’accès à l’information au ministère de la Santé et à la Régie de l’assurance maladie du Québec afin de savoir combien de médecins de famille s’étaient mis à l’accès adapté depuis mai 2015.

Accès adapté: toujours pas de portrait, déplore la CAQ

Le ministère de la Santé ne sait toujours pas combien de médecins de famille offrent l’accès adapté à leurs patients trois ans après l’entente conclue avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), déplore la Coalition Avenir Québec (CAQ).

Pour rappel, l’accès adapté implique une réorganisation dans la manière d’attribuer les rendez-vous de façon à ce qu’un patient qui en a besoin puisse voir son médecin dans un délai très court grâce à des plages laissées libres dans l’agenda de ce dernier. 

En vertu de l’entente intervenue en mai 2015 entre la FMOQ et le ministère de la Santé afin d’accroître et d’améliorer l’accessibilité aux soins de première ligne, la Fédération s’était engagée à promouvoir l’accès adapté auprès de ses membres et à les former pour qu’ils adhèrent à ce mode de pratique, rappelle la CAQ.

En avril dernier, la CAQ a envoyé des demandes d’accès à l’information au ministère de la Santé et à la Régie de l’assurance maladie du Québec afin de savoir combien de médecins de famille s’étaient mis à l’accès adapté depuis mai 2015 et combien de consultations médicales avaient été offertes aux patients avec ce système. Dans les deux cas, on lui a indiqué ne pas détenir de documents répondant à sa demande.

Le parti a ensuite refait une nouvelle demande d’accès à l’information 10 mois plus tard, pour obtenir la même réponse : «Nous regrettons de vous informer que nos recherches n’ont permis de repérer aucun document répondant à votre demande.»

«Parcours du combattant»

Pour le député François Paradis, l’absence de données sur l’accès adapté «donne l’impression que ce n’est pas une priorité». «Ce n’est pas normal qu’on n’ait toujours pas de portrait trois ans après l’entente, qu’on ne sache toujours pas où est rendu le déploiement d’une mesure qui nous apparaît avoir bien de l’allure. Manifestement, le gouvernement n’est pas intéressé de le savoir», déplore le député de Lévis.

Une enquête publiée l’an dernier par le défunt Commissaire à la santé et au bien-être révélait que seulement 41 % des répondants québécois disaient pouvoir rencontrer un médecin ou une infirmière le jour même ou le lendemain quand ils en ont besoin, rappelle François Paradis. 

«Lorsqu’ils ne peuvent pas voir leur médecin pour un problème ponctuel, les patients doivent se rendre dans les urgences ou dans les supercliniques, qui sont débordées parce que des cliniques-réseau ont fermé», souligne le député de Lévis, qui déplore «un véritable parcours du combattant» pour les patients. 

Entre 2000 et 3000 

Le ministère de la Santé explique ne pas disposer de données sur les cliniques qui font de l’accès adapté «puisque cela relève de la gestion interne des cliniques médicales».  

L’an dernier (en 2017), la FMOQ estimait à 2500 le nombre de médecins ayant adhéré à l’accès adapté. Aujourd’hui, elle pense encore que ce nombre se situe entre 2000 et 3000.  

«On ne peut pas arriver avec un chiffre exact, on peut juste faire des estimations en lien avec les formations données. Il faut dire qu’il y a plusieurs variantes de l’accès adapté», explique le porte-parole de la FMOQ, Jean-Pierre Dion.

«On parle tout de même de près du tiers des médecins qui ont adhéré à l’accès adapté [sur 7000 omnipraticiens qui font de la prise en charge], ce n’est pas rien», évalue M. Dion. 

Selon la FMOQ, l’accès adapté est assurément un mode de pratique qui a «le vent dans les voiles».