Robert Le Parc a écrit à sa députée, Geneviève Guilbault, pour dénoncer les tarifs élevés des stationnements des hôpitaux.

250 $ de stationnement pour 20 jours d’hospitalisation

Deux cent cinquante dollars. C’est le montant qu’ont dû débourser en frais de stationnement Robert Le Parc et sa conjointe pour les 20 jours d’hospitalisation de ce dernier, plus tôt cet été. «Je ne suis pas millionnaire, je n’ai que ma pension!» dénonce l’homme de 84 ans.

Robert Le Parc, qui demeure dans une résidence pour aînés de Sainte-Foy, a dû être hospitalisé une première fois à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) pour une pneumonie, puis une deuxième fois à l’Hôpital Saint-François d’Assise pour un problème veineux à une jambe. Comme sa jambe est toujours problématique, M. Le Parc craint d’être à nouveau hospitalisé… et d’avoir à assumer d’autres frais «exhorbitants» de stationnement. 

Car lors de ses deux hospitalisations, en juin, Robert Le Parc et sa conjointe, qui est venue voir son mari tous les jours, ont dû payer au total 250 $ en frais de stationnement, le tarif maximal pour les deux hôpitaux étant de 14 $ par jour. Et c’est sans compter les frais de stationnement que le couple doit assumer lors des visites régulières de M. Le Parc au département d’ophtalmologie de l’Hôpital du Saint-Sacrement, fixés ceux-là à un maximum de 16 $ par jour, signale l’octogénaire.

«J’ai payé des impôts au provincial pendant environ 40 ans, et je ne suis jamais allé à l’hôpital. Là, j’ai 84 ans, je dois y aller et je ne suis pas millionnaire», dit M. Le Parc, qui doit déjà payer pour un appartement dans une résidence pour aînés «qui n’est pas donné».

«Quand j’étais à l’hôpital, tout le monde, les patients, le personnel dénonçaient ça, les frais de stationnement. Tout le monde trouve ça exagéré, c’est unanime», témoigne l’octogénaire, qui a écrit à sa députée, Geneviève Guilbeault, pour dénoncer la situation «au nom de tous les malades» et de leurs proches.

«Gel» des tarifs

Robert Le Parc a reçu le 10 août un accusé de réception signé par une attachée politique de Mme Guilbault. La lettre rappelle essentiellement que lors de la dernière campagne électorale, la Coalition avenir Québec (CAQ) a promis une nouvelle politique tarifaire pour le stationnement des hôpitaux, des CLSC et des CHSLD, et assure qu’il est «toujours dans l’intention» du gouvernement de réaliser cette promesse.

«Cependant, une compensation devra être déterminée et versée pour les établissements de santé en échange d’une réduction des tarifs de stationnement. Entre-temps, une directrice a été envoyée à tous les établissements du réseau pour que, dans l’intervalle, les tarifs ne soient pas augmentés cette année», précise-t-on dans la lettre.

En campagne électorale, le député caquiste François Paradis, désormais président de l’Assemblée nationale, avait promis qu’«un gouvernement de la CAQ rendrait le stationnement gratuit pour les deux premières heures et imposerait un plafond maximum de 7 à 10 $ par jour dans les établissements où les tarifs journaliers sont déjà supérieurs à ces montants».

Dans nos pages, samedi, l’Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic (AQRP) a pressé le gouvernement d’agir.

Frein aux visites

Dans certains établissements de santé de la Côte-Nord, le stationnement est gratuit. En Gaspésie, dans le Bas-Saint-Laurent, en Mauricie ou dans le Centre-du-Québec, les frais ont généralement atteint une limite de 3 $, 4 $ ou 5 $. Mais dans plusieurs régions, à Mont­réal notamment, les patients et visiteurs des hôpitaux doivent toujours débourser des montants allant jusqu’à 24 $ par jour, dénonçait l’AQRP.

Pour l’Association, les frais de stationnement élevés sont un frein aux visites et contribuent à l’isolement des personnes malades ou âgées. «L’AQRP se questionne sur la pertinence de générer des revenus avec la tarification du stationnement dans les hôpitaux. On ne devrait pas vouloir faire des profits sur le dos des gens malades ou de leurs visiteurs. Comparé au budget total de la santé, je pense qu’on pourrait trouver des mécanismes pour absorber ce manque à gagner», disait samedi la présidente de l’Association, Rose-Mary Thonney.

Le cabinet de la ministre de la Santé, Danielle McCann, a assuré de son côté que l’engagement de la CAQ serait respecté avant la fin du présent mandat.