Les ergothérapeutes, les physiothérapeutes, les travailleurs sociaux, les éducateurs, les nutritionnistes et les techniciens en réadaptation sont les plus touchés par cette vague de coupes.

100 postes de moins en santé à Québec

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale s'apprête à abolir une centaine de postes, dont plus d'une soixantaine chez les professionnels, a appris Le Soleil. La CSN anticipe une baisse de services pour les personnes les plus vulnérables.
En entrevue au Soleil, le président du Syndicat des professionnèles, techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux (SPTSSS-CSN) de Québec-Chaudière-Appalaches, Danny Roy, a expliqué que l'employeur avait fait part de son intention d'abolir 99 postes, dont 65 chez les professionnels, qui regroupent les ergothérapeutes, les physiothérapeutes, les travailleurs sociaux, les éducateurs, les nutritionnistes et les techniciens en réadaptation. Les autres postes abolis toucheraient d'autres catégories d'emploi (personnel de soutien et infirmier, notamment). Deux postes de cadre seraient également coupés.
Selon ce qu'il a été possible d'apprendre, le CIUSSS de la Capitale-Nationale aurait quelque 45 «mesures d'optimisation» à mettre en place pour combler un déficit de 15 millions $ et atteindre l'équilibre budgétaire exigé par le gouvernement. 
«Les coupes font partie de ces mesures. Chez les professionnels, tous les secteurs seraient touchés, en particulier les secteurs enfance, jeunesse et DPJ, et le secteur déficience intellectuelle. Les secteurs trouble du spectre de l'autisme et déficience physique seraient aussi concernés», affirme M. Roy, qui n'a pas eu tous les détails des mesures «parce que le ministère de la Santé n'a pas encore donné son approbation». 
Selon lui, il s'agit de véritables coupes qui engendreront inévitablement une perte de services pour les clientèles les plus vulnérables. «Le CIUSSS dira que les coupes touchent plusieurs postes vacants, sauf que ces postes-là étaient occupés par du personnel qui donnait des services. Ce sont de véritables coupes dans les services, alors qu'on nous a toujours dit qu'il n'y en aurait pas», s'indigne Danny Roy. 
«Le ministre de la Santé doit intervenir pour faire cesser ces coupes-là. Dans le contexte où le gouvernement annonce un surplus de 2,5 milliards $, il est difficile de comprendre qu'on puisse s'attaquer à des services destinés à des personnes vulnérables», dénonce le président du SPTSSS-CSN. 
informations connues des syndicats
Au bout du fil, jeudi après-midi, le président-directeur général du CIUSSS de la Capitale-Nationale, Michel Delamarre, a confirmé l'abolition d'une centaine de postes. «Le conseil d'administration avait déjà annoncé en avril un déficit de 8,5 M$ pour l'année. On avait aussi annoncé un plan d'optimisation et de transformation qui nous amènerait des économies de 5 M$. Ces informations étaient déjà connues des syndicats, on avait été transparent», souligne M. Delamarre, précisant que les 13,5 M$ d'efforts à faire sont devenus 15 M$ au cours de l'année. «Sur un budget de 1,3 milliard $, 1,5 million $ de plus, c'est marginal», mentionne-t-il.
L'augmentation des prestations d'assurance-salaire a contribué au déficit, convient M. Delamarre. Danny Roy craint qu'en coupant 65 postes chez les professionnels, «on ne diminuera pas l'assurance-salaire, on va continuer de l'augmenter».
Selon M. Delamarre, «il faut mettre les choses en perspective». «Au cours des deux dernières années, surtout l'an dernier, on a injecté beaucoup d'argent et ajouté des services. On a notamment rehaussé les équipes en CHSLD, créé la ligne Info-Social [...], ajouté entre 40 et 50 nouveaux postes en GMF, investi dans les soins alternatifs... On n'est pas dans les coupes, on est dans la transformation continue et l'optimisation, qui nous amènent à ajouter des services et des ressources et à en retirer ailleurs. Mais je peux vous dire qu'au niveau des services, on en a ajouté plus qu'on en a enlevés ces deux dernières années», assure le pdg du CIUSSS.
Michel Delamarre souligne par ailleurs que huit postes de cadre ont également été abolis cette année. «On a fait beaucoup d'optimisation au niveau des services administratifs durant les deux premières années du CIUSSS. On est passé de 700 à moins de 550 cadres», expose-t-il.
Selon Danny Roy, en référant au concept d'«optimisation», «le CIUSSS utilise un langage technocratique pour nous faire avaler des pertes d'emploi et des pertes de services».