Le patrouilleur Yannick Campagna a dénoncé le nombre élevé de patients psychiatriques auxquels les policiers sont confrontés.

Santé mentale: McCann répond au cri du cœur d’un policier

Le policier de Québec Yanick Campagna, qui avait dénoncé devant le Comité de déontologie policière le syndrome des «portes tournantes» et «l’abandon» des patients en psychiatrie, a finalement pu rencontrer la ministre de la Santé, Danielle McCann, mercredi, en fin de journée. Une rencontre «très positive», selon le patrouilleur.

L’agent du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) avait fait la manchette en juillet après avoir dénoncé devant le Comité la problématique à laquelle sont confrontés les policiers, qui doivent intervenir plusieurs fois par semaine, voire par jour, auprès de patients psychiatriques que les hôpitaux refusent de garder ou libèrent trop vite. Selon lui, trop de personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale sont laissées à eux-mêmes dans la communauté.

Le policier Campagna avait été cité en déontologie après avoir enguirlandé les infirmiers de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus qui auraient refusé de voir un patient, ce qui lui a valu une journée de suspension. 

Le patrouilleur de Québec avait lancé un autre cri du cœur il y a deux semaines sur les ondes du FM93, se disant «au bout du rouleau». Il réclamait une rencontre avec la ministre de la Santé, ce qu’il a obtenu mercredi. 

«Ouverte» et «touchée»

«Je l’ai sentie très ouverte à régler les problèmes, très touchée par ce que vivent les policiers», a commenté le policier Campagna au Soleil à la suite de sa rencontre de plus d’une heure avec la ministre. 

Selon lui, Danielle McCann n’avait pas «son chapeau de politicienne». «C’était très convivial. J’ai vraiment senti qu’elle écoutait. C’est au-delà de mes espérances», a laissé tomber le patrouilleur, selon qui la ministre de la Santé aurait démontré sa volonté de travailler avec d’autres ministères, dont celui de la Sécurité publique. Ce qui l’a rassuré. «Il faut travailler tous ensemble pour trouver des solutions», a-t-il dit. 

Présent à la rencontre, le président de la Fraternité des policiers municipaux du Québec (FPMQ), François Lemay, a dit avoir «vu la travailleuse sociale derrière la politicienne». «Évidemment, on souhaite voir des actions, mais on est confiant qu’il va y en avoir», a commenté François Lemay, rappelant que «les policiers, le désir qu’ils ont, c’est d’aider la population». 

«Sous l’uniforme, ce sont des hommes et des femmes qui veulent faire du bien, qui veulent aider les gens, mais qui sont parfois confrontés à des cas difficiles et qui se sentent parfois démunis face au système», a souligné le président de la FPMQ.

Trouver des solutions 

Pour la ministre McCann, il était «important» de rencontrer le policier Campagna pour «entendre son expérience terrain afin de travailler sur des solutions concrètes». Son témoignage était «inestimable», nous a dit son cabinet, qui a qualifié la rencontre d’«intéressante» et de «touchante».

Au cours des derniers mois, le Centre de crise de Québec, l’organisme PECH (pour Programme d’encadrement clinique et d’hébergement) et des organismes communautaires en itinérance ont fait état dans nos pages d’un alourdissement de la clientèle qui leur est référée, notamment par les urgences psychiatriques. 

Plus tôt cette semaine, le maire Régis Labeaume a déclaré que la Ville de Québec était «à bout de ressources» pour venir en aide aux personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale. L’itinérance est en hausse dans la capitale, et la Ville de Québec, seule, est incapable de contrer le phénomène, a dit le maire Labeaume, invitant les gouvernements supérieurs à en faire davantage.