Jean-Philippe Dion, producteur du documentaire «Bye», sera à l’Université Laval mercredi pour parler aux étudiants des impacts de la maladie mentale.

Santé mentale: les étudiants de l’UL invités à faire une différence

Pas toujours facile de côtoyer une personne aux prises avec un problème de santé mentale. Le porte-parole du Réseau Avant de Craquer, Jean-Philippe Dion, en sait quelque chose, lui qui a grandi auprès d’une mère malade. Selon lui, on peut faire une différence dans le rétablissement d’une personne atteinte, tout en préservant son équilibre.

Mercredi, Jean-Philippe Dion, animateur à TVA et producteur du bouleversant documentaire Bye sur le suicide du fils d’Alexandre Taillefer, sera à l’Université Laval pour parler aux étudiants des impacts de la maladie mentale, leur donner des outils concrets et les inciter à «faire partie de la solution».

«Ce qu’on veut, c’est sensibiliser les gens au rôle qu’ils ont en tant que proches dans le processus de rétablissement d’une personne malade», explique en entrevue au Soleil le porte-parole du Réseau Avant de Craquer, qui regroupe une quarantaine d’associations au Québec dont la mission est d’offrir un soutien à l’entourage d’une personne atteinte d’un problème de santé mentale (rencontres individuelles, activités d’information et de formation, groupes d’entraide et mesures de répit-dépannage). 

Les personnes autour

«Souvent, c’est difficile de vivre avec une personne qui a un problème de santé mentale. On ne comprend pas toujours les comportements, on se questionne, on a des doutes… Ça peut engendrer des crises très grandes pour les personnes autour», expose M. Dion, selon qui il est important pour les membres d’une famille de rester non seulement «soudés» pour aider la personne malade, mais aussi de «prendre part à la solution» en allant chercher des nouvelles ressources. «Quand elle est en crise, la personne malade n’est pas en mesure d’aller chercher de l’aide», rappelle-t-il.

Aider son conjoint ou son proche atteint d’un problème de santé mentale est d’autant important qu’un épisode de crise peut «miner le moral des autres membres de la famille», souligne Jean-Philippe Dion. «Si ces personnes-là ne vont pas chercher de l’aide pour la personne malade, elles sont elles-mêmes à risque de crasher. […] Il faut que la famille reste forte pour être capable de supporter la personne atteinte», dit-il.

M. Dion invite particulièrement les jeunes à être attentifs aux problèmes de santé mentale qui pourraient affecter leurs amis. «Ton ami qui a des pensées noires, qui est déprimé, ne sera pas naturellement poussé à aller chercher des ressources. Il faut être capable de repérer pour aider», insiste-t-il.

Jean-Philippe Dion souligne que 75 % des maladies et des problèmes liés à la santé mentale se développent entre 16 et 25 ans, que la transition entre le secondaire et le cégep, puis entre le cégep et l’université peut être difficile, et que la pression des études peut engendrer stress, anxiété et dépression. «Plus tôt on va détecter la problématique de santé mentale, meilleur sera le taux de rétablissement», rappelle-t-il. 

La conférence de Jean-Philippe Dion et de Cathy Martineau, une infirmière étudiante à la maîtrise en sciences infirmières spécialisée en santé mentale, se déroulera à 17h mercredi à la salle 2320 du pavillon Gene-H.-Kruger.

Pour plus d’informations: www.avantdecraquer.com