Santé

Patients en CHSLD: pétition pour que la prise en charge soit comptabilisée

Une pétition ratifiée par plus de 1600 personnes, principalement des médecins, a été envoyée au ministre Gaétan Barrette, jeudi soir, afin que la prise en charge de patients en CHSLD soit comptabilisée par le ministère de la Santé.

Alors que les CHSLD sont en pénurie de médecins, ceux qui choisissent d’y œuvrer peuvent être punis financièrement, explique Suzanne Lebel, l’une des cinq médecins à l’origine de la pétition. 

C’est qu’un jeune médecin de famille doit prendre en charge chaque année un certain nombre de patients au bureau, généralement 500, sans quoi il s’expose à une pénalité financière. Des catégories de patients demandant plus de temps valent pour un plus haut ratio. Une femme enceinte équivaut à trois patients réguliers et une personne âgée en perte d’autonomie nécessitant des soins à domicile en vaut 12.

Il n’existe aucune pondération pour les patients en CHSLD. Ces derniers ne comptent pour rien dans l’objectif à atteindre des médecins. «C’est quand même tout un symbole que ces personnes qui ont payé des taxes et des impôts toute leur vie et qui sont parmi les plus vulnérables de notre société ne soient pas comptabilisées. Un jour, ce sera vous et moi. Peut-être que le ministre Barrette est millionnaire et il ne passera pas par un CHSLD, mais ce n’est pas vrai pour la plupart des gens», se désole Dr Lebel. 

Elle affirme que les médecins de famille ont tenté à plusieurs reprises d’engager un dialogue avec le ministre sur la question, ces dernières années, mais sans succès. «On nous dit que ce n’est pas comptabilisé en raison de la loi, mais une loi peut être changée», pointe celle qui dit avoir invité à plusieurs reprises Gaétan Barrette à venir visiter des médecins pratiquant en CHSLD. «Il n’a jamais voulu venir. Pourtant il l’a fait dans le passé en suivant un médecin qui faisait des soins à domicile et cela lui a fait comprendre beaucoup de choses.»

«Point critique»

Par ailleurs, le ministère mise sur l’augmentation des infirmières praticiennes spécialisées pour combler le manque de soins en CHSLD, mais ces «super infirmières» ne seront en nombre suffisant que dans «cinq à dix ans», souligne Suzanne Lebel, qui assure que quelque chose doit être fait rapidement. Le nombre de médecins oeuvrant en CHSLD est «à un point critique». 

La pétition de 1655 noms somme donc le ministère de la Santé et des Services sociaux de reconnaître les soins de longue durée pour les patients vivant en hébergement en faisant en sorte qu’ils soient comptabilisés. «Il avait déjà été question au ministère d’une pondération d’un patient en CHSLD pour neuf patients en cabinet. Là, on propose au moins un pour six.»

Cette pondération, estime-t-on, compenserait pour la lourdeur de la tâche et la nécessité d’assurer un service de garde 24h sur 24.

Si la valeur de ces soins est reconnue, il y aura de jeunes médecins intéressés à travailler en CHSLD, assure Suzanne Lebel. 

Santé

Règlements sur les hydrocarbures: les directeurs de la santé publique «préoccupés»

GASPÉ - Les directeurs de la santé publique de la province relèvent plusieurs lacunes dans les projets de règlements sur les hydrocarbures concoctés par Québec. Ils s’inquiètent de la capacité de ces règlements à assurer la santé et la sécurité de la population, dans un mémoire présenté au ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles.

Le document est signé par les directeurs de la santé publique (DSP) de six régions, dont la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches, appuyés par ceux de neuf autres régions.

Ils s’attardent au contenu de quatre projets de règlements publiés le 20 septembre, qui encadrent notamment les forages en milieu hydrique, la fracturation et les distances séparatrices. 

Même si ces projets incluent des mesures pour protéger l’environnement, «des préoccupations subsistent quant à la capacité de ces mesures à assurer la protection de la santé publique», indiquent les DSP. 

Québec doit tout bonnement interdire l’exploration, la production ou le stockage d’hydrocarbures en milieu hydrique pour tous les territoires habités et ceux en amont, demandent les DSP. Un déversement dans un tel milieu «est beaucoup plus difficile à contenir et peut avoir des conséquences […] majeures, s’il compromet la qualité et la disponibilité des sources d’alimentation en eau potable», écrivent-ils.

Les DSP critiquent les distances séparatrices entre un forage et d’autres ouvrages, fixés à 150 mètres d’une maison et à 275 mètres d’un hôpital ou d’une école, entre autres. Le Nouveau-Brunswick prévoit plutôt 250 m pour une maison et 500 m pour un établissement public, remarquent les auteurs. Ces distances ont été établies grâce à des simulations d’accidents. Québec devrait aussi définir ces marges «en prenant en compte des scénarios d’incidents plausibles et leur rayon d’impact potentiel», demandent les auteurs.

Ni les projets de règlements, ni la Loi sur les hydrocarbures, n’abordent la question de l’intégrité des puits après leur fermeture, signalent les DSP. «Les puits gaziers sont reconnus pour présenter des fuites persistantes de méthane, même après leur fermeture.» Le ministère doit donc prévoir des inspections, l’entretien à long terme et un fonds de réserve advenant des fuites.

Les projets ne mentionnent pas des nuisances possibles comme le bruit, les vibrations, la luminosité et les odeurs. Québec doit imposer des mesures pour les atténuer, et obliger la compagnie à présenter un plan de transport pour chaque chantier.

«Beaucoup de latitude»

Un des règlements a beau obliger les entreprises à mettre sur pied un comité de suivi, «beaucoup de latitude leur est laissée quant aux résultats attendus». À l’étape de l’exploration, des consultations du public seraient exigées, mais aucune balise ne les encadre, notent aussi les DSP. 

Il faut encadrer ces processus pour assurer leur «indépendance» et leur «transparence», croient les DSP. Quant aux comités de suivi, Québec doit mieux définir leurs pouvoirs et leur donner le soutien d’experts du gouvernement, ajoutent-il.

Santé

Lancement de la Guignolée du Centre de pédiatrie sociale

La 6e Guignolée du Centre de pédiatrie sociale de Québec se tiendra samedi de 9h à 17h. Le comédien et dramaturge Fabien Cloutier, aussi parrain du Centre, sera présent à l’angle de l’avenue Cartier et du boulevard René-Lévesque à 13h. Il sera accompagné de la présidente du Centre, Dre Marie-Camille Duquette.

Les sommes amassées pendant la Guignolée qui se déroule jusqu’au 15 janvier serviront à financer des soins et des services aux enfants et à leur famille. 

On estime que le Centre situé au Patro Roc-Amadour à Limoilou réussit à soutenir 260 enfants de 0 à 17 ans de Limoilou et du centre-ville de Québec.

Il est aussi possible de donner par téléphone au 418 781-0164 ou en ligne à pediatriesocialequebec.org

Santé

Barrette mis en demeure par les omnipraticiens

EXCLUSIF / Après leurs confrères spécialistes, c’est au tour des médecins omnipraticiens de mettre en demeure le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, et son sous-ministre Michel A. Bureau, relativement à l’application de la loi 130 sur l’organisation clinique et la gestion des établissements de santé, a appris Le Soleil.

Dans cette mise en demeure datée du 8 décembre, le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Louis Godin, rappelle qu’en vertu de la loi 130, le ministre peut, afin de combler les besoins en médecine de famille ou en médecine spécialisée, exiger l’ajout de certaines obligations aux privilèges octroyés à un médecin. 

La loi prévoit également que le gouvernement adopte par règlement des balises pour guider le ministre dans l’exercice de ce pouvoir et que les organismes représentatifs des médecins soient consultés lors de l’élaboration de ce règlement, ajoute le président de la FMOQ. 

Le Dr Godin souligne qu’à ce jour, aucun règlement n’a été adopté et aucune consultation n’a eu lieu. Or, «certains de nos membres nous rapportent que le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) exige l’ajout de certaines obligations en lien avec les besoins en médecine de famille comme condition à l’approbation des privilèges que les établissements souhaitent octroyer aux médecins», expose-t-il. 

En l’absence de règlement, le MSSS agit «en flagrante contravention» avec la loi, fait valoir le Dr Godin. «La FMOQ exige donc que le MSSS se conforme à la loi et que cette pratique cesse immédiatement», somme-t-il. 

La Fédération en a également contre un résumé de la loi 130 que le ministère fait circuler. Dans ce document, le MSSS lie les privilèges de pratique du médecin dans l’établissement à des responsabilités de services médicaux réalisés «hors établissement». 

Selon la FMOQ, le ministère donne à la loi une portée qui va «bien au-delà» des termes de celle-ci, «lesquels ne réfèrent aucunement à des services médicaux devant être réalisés hors établissement». 

«Nous nous attendons donc à ce que le MSSS corrige le tir sur ce point et transmette des informations conformes à une loi pourtant adoptée récemment», écrit le Dr Godin. 

Loi 10 et territoires

Le président de la FMOQ profite par ailleurs de la mise en demeure pour faire part au ministre Barrette et à son sous-ministre Bureau d’un «enjeu important» soulevé par l’application d’une disposition de la loi 130. 

Cette disposition rend les médecins d’un établissement «collectivement responsables» de s’assurer qu’il n’y ait pas de bris de services au sein des installations de cet établissement. 

Or depuis l’adoption de la loi 10 sur l’organisation et la gouvernance du réseau de la santé (et créant les CIUSSS et les CISSS), certains établissements couvrent de très vastes territoires, et certaines installations d’un même établissement peuvent se situer à plus de 200 kilomètres l’une de l’autre, souligne le président de la FMOQ.

«L’application de cette nouvelle disposition affecte de façon importante les intérêts de plusieurs de nos membres et est susceptible d’avoir des effets majeurs sur les conditions d’exercice de leur profession. Pour ces raisons […], il est primordial que les modalités d’application de cette disposition soient négociées avec la FMOQ», juge le Dr Godin.

La FMOQ exige du ministre Barrette et du sous-ministre Bureau «les correctifs appropriés», à défaut de quoi elle se réserve le droit d’entreprendre «tous les recours légaux appropriés».

La Fédération des médecins spécialistes du Québec a aussi envoyé plus tôt cette année des mises en demeure concernant l’application de la loi 130, notamment au sous-ministre Bureau, afin de faire cesser certaines pratiques dans les hôpitaux. 

Santé

La réforme Barrette malmène la démocratie en santé, affirme la FSSS-CSN

Une étude menée par la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) met non seulement en lumière la disparition complète des citoyens dans l’administration des établissements issus de la réforme du ministre Gaétan Barrette, mais aussi les conflits d’intérêts potentiels de certains administrateurs.

Dans un rapport d’une quinzaine de pages publié jeudi, le syndicat constate que depuis 2002 et de réforme en réforme, la place de la population et du personnel du réseau a «drastiquement diminué». 

C’est en 2015, lors de l’adoption du projet de loi 10 du ministre Barrette créant les CIUSSS et les CISSS, que le nombre de représentants élus de la population dans les conseils d’administration a connu la plus importante diminution, avec une baisse de… 100 %, note la FSSS-CSN. 

Entre 2002 et aujourd’hui, détaille-t-elle, le nombre d’établissements est passé de 350 à 34, et le nombre d’administrateurs, de 7000 à 680. «Le nombre de représentants élus par la population est passé de 1400 à 0, et nous avons assisté à l’élimination des forums de la population, qui sont passé de 18 à 0», rapporte le syndicat. 

Certes, les comités d’usagers conservent un poste nommé aux conseils d’administration des établissements, mais «il n’y a plus aucun poste élu par la population», déplore-t-il.

Selon lui, la goutte qui fait déborder le vase est l’abolition du poste de Commissaire à la santé et au bien-être, «un des derniers lieux où les citoyennes et les citoyens [pouvaient] s’exprimer sur leur réseau public».

Conflits d’intérêts?

Le syndicat a par ailleurs entrepris d’examiner tous les administrateurs des établissements de santé pour voir si «des problématiques de conflits d’intérêts pouvaient être identifiés». Pour ce faire, il a demandé aux établissements d’avoir accès aux déclarations – obligatoires - de conflits d’intérêts. 

La FSSS-CSN rapporte que certains établissements ont refusé de répondre aux demandes, que d’autres ont fourni des déclarations incomplètes et que «certains conflits d’intérêts potentiels n’étaient pas déclarés». Une cinquantaine de cas problématiques auraient été découverts. 

Parmi eux : des membres de conseils d’administration ayant des liens avec des multinationales de l’industrie de la santé (pharmaceutiques, fournisseurs d’équipements médicaux, infrastructures médicales, firmes de services-conseils, par exemple); des médecins ayant des intérêts privés (cliniques privées) «pouvant compromettre leur indépendance sur les conseils d’administration»; et, enfin, des membres qui font affaire dans le milieu de l’hébergement (CHSLD privés ou résidences pour aînés).

«Il y a aussi le cas d’administrateurs, parfois des présidents-directeurs généraux, qui sont aussi des administrateurs de société de développement d’affaires et de réseautage dans le domaine de la santé, ce qui soulève des questions», note la FSSS-CSN, qui n’identifie personne, faute de pouvoir prouver les conflits d’intérêts. 

Certains administrateurs, ajoute-t-elle, ont préféré «se protéger en demandant au ministre Barrette de les autoriser à siéger comme administrateur, ce qui a été fait par lettre signée par le ministre». 

Le syndicat se demande comment ces personnes ont pu être sélectionnées malgré l’existence d’une législation sur la question des conflits d’intérêts. 

«Si nous ne pouvons affirmer hors de tout doute que des administrateurs se retrouvent en conflits d’intérêts, notre étude soulève suffisamment de questions pour nous inquiéter quant aux profils des administrateurs des établissements du réseau», évalue le syndicat. 

Santé

La pilule abortive disponible dès le 15 décembre

Un choix supplémentaire s’offre aux Québécoises qui souhaitent interrompre une grossesse. La pilule abortive sera disponible en pharmacie à partir du 15 décembre, mais les patientes devront voir un médecin et subir une échographie avant d’y avoir accès.

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette a expliqué à l’Assemblée nationale mercredi les conditions entourant la mise en marché au Québec de la pilule abortive Mifegymiso, approuvée par Santé Canada depuis 2015. Cette pilule pourra être prise seulement au cours des 63 premiers jours de grossesse, ce qui équivaut à 9 semaines. Après ce délai, les patientes devront avoir recours à un avortement chirurgical.

«Je tiens à insister sur un fait: ce n’est pas la pilule du lendemain», a soutenu le ministre Barrette. Elle n’agit pas de façon préventive, mais plutôt après un test de grossesse concluant. 

Le ministre de la Santé a souhaité trouver une formule pour rendre ce nouveau médicament le plus accessible possible auprès des patientes, tout en conservant un certain contrôle pour assurer leur sécurité.

Les médecins qui travaillent en cabinet devront par exemple suivre une courte formation en ligne avant de pouvoir la prescrire. Ils devront également s’assurer, lors de la consultation, que leur patiente a pris une décision libre et éclairée sur le sujet et ne subit pas «de pressions externes».

La patiente sera ensuite dirigée en salle d’échographie, afin de bien dater la grossesse et vérifier qu’il ne s’agit pas d’une grossesse extra-utérine. Dans ce cas, la pilule abortive ne pourrait pas être prescrite, car elle représenterait des risques d’hémorragie. «L’échographie, ce n’est pas un caprice. C’est vraiment, vraiment de la prévention de complications sévères», a expliqué M. Barrette. 

Une fois son médicament en main, la patiente le prend à la maison, mais elle devra retourner voir du personnel médical pour un suivi après 7 à 14 jours. M. Barrette raconte que des débats ont eu lieu chez les médecins ces derniers mois, à savoir si la pilule devait être avalée devant un témoin. Le ministre explique qu’il a été convenu de faire confiance à «l’autonomie» et au «sens des responsabilités» des femmes. 

Sur le plan physique, une interruption précoce de grossesse, à moins de 9 semaines, «équivaut à une menstruation à un autre moment», explique M. Barrette. Il n’est donc pas nécessaire que la patiente soit à l’hôpital. 

Le Collège des médecins et l’Ordre des pharmaciens ont travaillé de pair pour présenter un consensus sur la question au ministre Barrette. Ils ont d’ailleurs publié les directives cliniques destinées à leurs membres mercredi. 

Le gouvernement avait déjà annoncé en juillet dernier que la pilule abortive serait disponible cet automne au Québec et que le coût de celle-ci serait entièrement couvert par l’assurance-maladie, tout comme le sont les avortements chirurgicaux à l’heure actuelle.

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QU'EST-CE QUE LA PILULE ABORTIVE?

Combinaison de mifépristone, qui empêche la production d’hormones essentielles à la grossesse, et de misoprostol, qui provoque la contraction de l’utérus et l’expulsion du placenta et du foetus. La pilule abortive, mise en marché sous le nom Mifegymiso, est accessible en Europe depuis plusieurs années et fait partie de la liste des médicaments essentiels de l’Organisation mondiale de la santé. Dans un rapport de février dernier, l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) du Québec concluait que l’introduction du produit «n’a pas fait augmenter de manière notable le taux global d’interruptions volontaires de grossesse» dans les régions de la planète où les avortements chirurgicaux étaient déjà disponibles.

Santé

Pas question de diminuer l'offre de services d'urgence psychiatrique, dit Barrette

Invité a réagir à la possible fermeture de l’urgence psychiatrique de l’Hôpital du Saint-Sacrement, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a affirmé mercredi qu’il n’était pas question de diminuer l’offre de services d’urgence psychiatrique à Québec. Le ministre juge cependant «raisonnable» que le CIUSSS de la Capitale-Nationale se demande si cette offre est «bien adaptée géographiquement à la clientèle qu’on doit servir», soulignant que celle-ci se trouve «moins dans Saint-Sacrement qu’ailleurs».

Mercredi, Le Soleil rapportait que le CIUSSS de la Capitale Nationale envisageait de fermer l’urgence psychiatrique de l’Hôpital du Saint-Sacrement dans l’optique de se conformer aux meilleures pratiques en santé mentale, qui favorisent les services dans la communauté, dont l’hospitalisation à domicile. 

«On a trois urgences psychiatriques actuellement à Québec [Saint-Sacrement, CHUL et Enfant-Jésus], et on se demande si on n’arriverait pas à fonctionner avec deux. Si on veut augmenter les services dans la communauté, il faut déplacer des ressources de l’hôpital vers la communauté», disait le président-directeur général adjoint du CIUSSS, Guy Thibodeau.

M. Thibodeau affirmait que les «gens à l’interne consultés nous disent que c’est une bonne idée de concentrer les interventions» dans deux urgences, l’une étant idéalement située dans l’est et en basse ville [Enfant-Jésus ou Saint-François d’Assise)] et l’autre, dans l’ouest et en haute ville [CHUL]. Il soulignait toutefois qu’aucune décision n’avait encore été arrêtée. 

En mêlée de presse, le ministre Barrette a dit être allé aux informations après avoir pris connaissance des réflexions du CIUSSS «dans les médias». «Il n’est pas question de diminuer l’offre de services d’urgence psychiatrique. Ce dont il est question, c’est d’adopter cette offre sur le territoire de la Capitale-Nationale en fonction des utilisateurs. Et je vous dirais une chose bien simple: ceux qui consomment le plus de services d’urgence en santé mentale, ils sont beaucoup moins dans Saint-Sacrement qu’ailleurs», a déclaré le ministre de la Santé.

Le ministre Barrette a par ailleurs dit douter qu’il y ait une urgence psychiatrique au nouveau complexe hospitalier (NCH), actuellement en construction sur le site de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus. «Au NCH, on est plus dans le traitement du cancer que dans la santé mentale. […] Idéalement, géographiquement, on est beaucoup mieux d’être plus près de sa clientèle que d’être loin. Et pour prendre une image, si on a à se présenter à l’urgence pour un problème de santé mentale à pied, je pense qu’en haut de la côte, ce n’est peut-être pas l’idéal pour bien des gens», a exposé le ministre de la Santé, faisant référence à l’emplacement géographique de l’Hôpital du Saint-Sacrement et plaidant indirectement en faveur d’une urgence psychiatrique à l’Hôpital Saint-François d’Assise.

«Pas une bonne idée»

Contrairement à ce que le CIUSSS de la Capitale-Nationale a laissé entendre dans nos pages, mercredi, les 10 psychiatres de l’Hôpital du Saint-Sacrement n’auraient jamais été consultés sur l’éventualité d’une fermeture de l’urgence psychiatrique de cet établissement. 

«Ils ont présenté le projet lors d’une assemblée à laquelle on participait il y a quelques semaines, mais ils ne nous ont jamais demandé notre avis. [...] S’ils ont consulté des psychiatres, c’est peut-être ceux du CHUL ou de l’Enfant-Jésus, mais ce n’est pas nous», a réagi au bout du fil le Dr Martin Gourgue, qui ne croit pas que la fermeture de l’urgence psychiatrique de Saint-Sacrement soit «une bonne idée».

«On est central [géographiquement]. Et on est le plus gros département de psychiatrie à Québec. On a six ailes, soit trois d’hospitalisation, deux de clinique externe et l’urgence. Notre urgence est la plus neuve [elle a été ouverte en septembre 2008] et elle compte 51 lits», a rappelé le Dr Gourgue, ajoutant que «construire une autre urgence au nouveau NCH ou à Saint-François d’Assise coûterait 8 millions $.»

S’il est en faveur d’une augmentation des services dans la communauté, le psychiatre estime qu’il faut «y aller très lentement». Selon lui, on aura toujours besoin de lits en urgence. «Actuellement, on déborde tout le temps, au point où il faut ouvrir des unités de débordement à l’Institut universitaire de santé mentale de Québec», souligne-t-il.

Prédisant la réaction des psychiatres de Saint-Sacrement, le ministre Barrette a décoché une flèche à l’endroit de «certains médecins» pendant la mêlée de presse. «Il y a des enjeux personnels et professionnels de certains médecins là-dedans. Les médecins contactent souvent les médias pour défendre un statu quo. Ceux qui critiquent, ce sont ceux qui vont voir leur quotidien perturbé», a dit le ministre de la Santé.  Avec Patricia Cloutier

Santé

Le pot a-t-il des bienfaits thérapeutiques?

VANCOUVER — Les preuves scientifiques qui étayent les bienfaits présumés de la marijuana thérapeutique sont minces, et les preuves qui existent permettent même de penser qu’elle pourrait faire plus de tort que de bien, préviennent des associations médicales canadiennes.

Trois avis préparés par le Collège des médecins de l’Alberta ont été distribués à plus de 32 000 médecins pour leur offrir un compte rendu de la littérature médicale qui existe — ou qui n’existe pas — au sujet de la marijuana thérapeutique.

«Un élément très constant concernait les effets secondaires indésirables, a expliqué le docteur Mike Allan, qui enseigne la médecine familiale à l’Université de l’Alberta à Edmonton. Et les bienfaits, même s’ils existent, sont tellement plus faibles que ce que les gens croient.»

Le docteur Allan coordonne le bulletin bimensuel de l’organisation médicale albertaine, qui se concentre sur des questions précises et qui est distribué à travers le pays, sauf au Québec et à Terre-Neuve-et-Labrador.

Les trois derniers bulletins ont tenté de répondre aux médecins qui voulaient en savoir plus au sujet de la recherche effectuée sur la marijuana médicinale. Les omnipraticiens sont bombardés de questions par leurs patients et le Collège voulait s’assurer que ses membres disposaient de l’information nécessaire pour prendre les bonnes décisions, a exposé le docteur Allan.

«Je pense que ça rassure un peu les médecins, a-t-il dit. Ils peuvent dire, “Voici les preuves. On en manque en plusieurs endroits, donc je ne peux pas la prescrire pour des problèmes X, Y ou Z”.»

Il estime que la marijuana médicinale est un produit très risqué qui ne devrait être utilisé que lorsque les autres options de traitement, plus sûres, ont été épuisées.

Trois fois plus de patients

Les données de Santé Canada révèlent que le nombre de clients inscrits auprès de fournisseurs accrédités de marijuana médicinale a bondi à plus de 200 000 en juin 2017, soit environ 2,7 fois plus de patients qu’au même moment un an plus tôt. Les inscriptions ont plus que triplé de 2015 à 2016.

«La décision d’utiliser le cannabis à des fins médicales doit être prise par les patients et les professionnels de la santé, et ne concerne pas Santé Canada», a dit par courriel la porte-parole de l’agence, Tammy Jarbeau.

Santé

Possible fermeture de l'urgence psychiatrique à Saint-Sacrement

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale envisage la possibilité de fermer l’urgence psychiatrique de l’Hôpital du Saint-Sacrement, a appris Le Soleil.

«On m’a confirmé vendredi qu’il y aurait une fermeture complète de cette urgence psychiatrique, mais on n’a pas de date. J’attendais une réponse depuis le mois d’août, et une personne des ressources humaines [du CIUSSS] me l’a finalement confirmé», a indiqué au Soleil Jean-François Marchand, agent syndical au Syndicat des travailleuses et travailleurs (STT-CSN) du CIUSSS de la Capitale-Nationale.

Selon le préposé aux bénéficiaires, qui travaille à l’urgence psychiatrique de Saint-Sacrement depuis quelques années, les 44 lits y sont «toujours occupés». «Actuellement, on en a sept de plus qui nous ont été transférés de l’Enfant-Jésus, et les 51 sont occupés», précise-t-il, ajoutant que «la seule fois où j’ai vu des lits disponibles, c’est en 2009», pendant la crise qui avait mené à la démission de psychiatres. À son avis, «on aurait toujours besoin de plus de lits que ce qu’on a». 

Au CIUSSS de la Capitale-Nationale, on affirme qu’aucune décision n’a été prise quant à l’avenir de l’urgence psychiatrique de Saint-Sacrement. 

«On a fait une série de rencontres à l’interne avec des psychiatres, des gestionnaires et des membres du personnel pour présenter les enjeux en santé mentale. On en parle depuis plusieurs années, les bonnes pratiques veulent qu’on intervienne davantage dans la communauté, qu’on y augmente les services […]. On a trois urgences psychiatriques actuellement à Québec [Saint-Sacrement, CHUL et Enfant-Jésus], et on se demande si on n’arriverait pas à fonctionner avec deux. Si on veut augmenter les services dans la communauté, il faut déplacer des ressources de l’hôpital vers la communauté», explique le président-directeur général adjoint du CIUSSS, Guy Thibodeau.

Selon lui, les «gens à l’interne consultés nous disent que c’est une bonne idée de concentrer les interventions» dans deux urgences, l’une étant idéalement située dans l’est et en basse ville (Enfant-Jésus ou Saint-François-d’Assise), et l’autre, dans l’ouest et en haute ville (CHUL). 

Mais, insiste-t-il, «la fermeture de l’urgence psychiatrique de Saint-Sacrement, ce n’est [encore] qu’une hypothèse». «Il y en a d’autres qui sont actuellement analysées, et aucune décision n’est prise. Mais je comprends que le personnel a hâte d’avoir des réponses et que ce n’est pas facile de vivre dans l’attente», convient M. Thibodeau. 

Hospitalisation à domicile

Selon le PDG adjoint du CIUSSS, plusieurs patients n’auraient pas besoin d’aller à l’urgence psychiatrique si les services à l’extérieur étaient bien structurés. Ce que souhaite l’établissement, c’est consolider notamment les équipes d’hospitalisation à domicile. «On en a mis une en place du côté de l’Enfant-Jésus, et on est en train d’en implanter une du côté du CHUL», précise Guy Thibodeau.

Le CIUSSS s’affaire également à augmenter les équipes de suivi intensif dans la communauté, ajoute-t-il. Parallèlement, l’établissement veut miser sur l’accès à des lits en hôpital pour les personnes en crise qui auraient besoin de suivre des traitements intensifs «de quelques jours» avant de retourner, accompagnées, dans la communauté, explique M. Thibodeau, tout en assurant qu’aucune urgence psychiatrique ne sera fermée avant que toutes ces mesures soient mises en place.

Santé

La grippe d’homme existe, selon une étude

Les symptômes de la grippe semblent plus intenses chez l’homme que chez la femme, révèle un examen de la littérature scientifique, ce qui démontrerait que la «grippe d’homme» n’a rien d’imaginaire.

Un article publié dans le prestigieux British Medical Journal par un médecin canadien épluche les études réalisées sur l’impact du sexe sur la grippe. Certaines de ces études datent du 17e siècle.

Le docteur Kyle Sue a déniché des études réalisées aussi bien auprès d’humains que de souris et qui démontrent que les symptômes de la grippe sont souvent plus aigus chez l’homme.

Une étude sur la grippe saisonnière réalisée à Hong Kong entre 2004 et 2010 a ainsi témoigné d’un taux d’hospitalisation plus élevé chez les hommes.

Une étude observationnelle menée pendant dix ans aux États-Unis, jusqu’en 2007, a quant à elle constaté que les hommes sont plus susceptibles de mourir de la grippe que les femmes, même en tenant compte de facteurs comme la maladie cardiaque, le cancer, les problèmes respiratoires chroniques et les maladies rénales.

Puisque les hommes composent la moitié de la population mondiale, explique le docteur Sue, le fait de conclure qu’ils «exagèrent» l’intensité de leurs symptômes «sans preuve scientifique rigoureuse pourrait avoir des implications importantes pour les hommes, y compris des soins insuffisants».

L’étude du docteur Sue se penche sur une hypothèse selon laquelle la testostérone limiterait l’efficacité du système immunitaire, intensifiant du fait même les symptômes grippaux.

Le docteur Sue admet en revanche que son analyse souffre de certains problèmes. Elle ne tient ainsi pas compte de l’impact sur la grippe de facteurs comme le tabagisme; elle ne dit pas non plus si les hommes sont plus ou moins susceptibles que les femmes de prendre des mesures préventives face à la grippe.

«Les hommes n’exagèrent possiblement pas leurs symptômes. Ils peuvent avoir une réponse immunitaire plus faible aux virus respiratoires (...), provoquant une morbidité et une mortalité plus élevées que chez les femmes», écrit-il en conclusion.