Santé

L'obésité viscérale bien plus alarmante que l’atteinte du fameux poids santé

Et si afficher un poids supérieur à celui recommandé n’était pas le problème le plus alarmant? L’obésité viscérale est un enjeu mondial de santé publique et les chercheurs espèrent que la publication de leurs résultats d’étude pourra sensibiliser les professionnels de la santé aux problèmes de santé développés en raison de cette condition.

L’obésité viscérale est un excès de graisse accumulée dans la cavité abdominale, qui gêne la circulation du sang et mène à la formation de caillots. Les résultats d’une étude sur le sujet viennent d’être publiés dans la prestigieuse revue The Lancet Diabetes & Endocrinology. Les recherches ont été codirigées par le Dr Jean-Pierre Després, chercheur de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec et professeur à l’Université Laval.

«L’obésité viscérale n’est toujours pas évaluée en clinique et on se fie malheureusement trop souvent au poids santé. Non seulement poser un diagnostic de surpoids ou d’obésité sur la base du poids corporel stigmatise les patients, mais l’évaluation du risque peut être erronée. Nous espérons que cette publication consensuelle internationale permettra de sensibiliser les professionnels de la santé et la population aux liens entre l’excès de graisse abdominale viscérale et les problèmes de santé», a indiqué le Dr Després, qui travaille depuis près de 30 ans sur la répartition de la graisse corporelle et sa relation avec la santé.

La Chaire internationale sur le risque cardiométabolique et la Société internationale d’athérosclérose présentent ainsi leurs constats sur l’obésité viscérale en tant que facteur de risque important pour la santé et sur la manière de l’évaluer de façon simple. Il s’agit de la première prise de position officielle face à cet enjeu.

Cette graisse interne représenterait un danger pour la santé de plusieurs individus. Le Dr Després demande entre autres à ce que ce soit davantage vérifié lors d’examens médicaux. Il a été démontré que cette condition se développe dès la naissance et que certains facteurs en accélèrent le développement, tels que le tabagisme, l’hypertension, le diabète et le cholestérol. Lui et son équipe espèrent que la population y accordera une attention plus
particulière. Pour consulter l’article : bit.ly/32qqYpZ

Santé

Comment combattre coups de soleil et piqûres d'insectes?

MONTRÉAL — Qu'il s'agisse de piqûres d'insectes ou de coups de soleil, le mot d'ordre est le même : prévention, prévention, prévention.

Mais comment réagir une fois que le mal est fait?

La Presse canadienne a demandé ses conseils au docteur Joël Claveau, qui est dermatologue au CHU de Québec.

Comment soulage-t-on la douleur d'un coup de soleil?

Si on a un coup de soleil et qu'on est souffrant ou inconfortable, on recommande de boire beaucoup parce que ça peut amener une déshydratation. On recommande de prendre des douches pas trop chaudes, plutôt froides, et d'appliquer des compresses et une bonne crème hydratante.

Il y a plusieurs produits sur le marché pour enlever la douleur à base de «caines», les Solarcaine de ce monde. Les dermatologues ne sont pas très fervents de ça parce qu'on a vu des gens qui deviennent allergiques à ces produits-là. Les «caines», qui sont les mêmes produits qu'on utilise pour faire des anesthésies locales, sont reconnus pour donner des allergies quand on les applique sur la peau, encore plus si ce sont des peaux abîmées.

On peut prendre des acétaminophènes et parfois même des anti-inflammatoires pour calmer la douleur. Mais un coup de soleil, si on veut prévenir le cancer, malheureusement il est trop tard. La prévention est la plus importante.

Que pensez-vous de l'aloès?

Quand on a fait des tests pour savoir si ça donnait des allergies contact, l'aloès était quand même assez sécuritaire. L'aloès a comme un effet pour apaiser la peau, ça calme. C'est connu pour avoir des propriétés anti-inflammatoires, mais ce n'est pas aussi puissant que les stéroïdes, par exemple.

Et évidemment, toujours utiliser un écran solaire.

On se fie un peu trop aux écrans solaires et on les utilise mal. Les gens oublient que la crème solaire est un complément. C'est un complément à garder nos vêtements, notre chapeau, notre casquette, à aller à l'ombre... La crème n'est pas un bouclier complet.

On réapplique en bonne quantité une ou deux fois dans la journée. Je ne suis pas un gros fervent de l'appliquer aux deux heures parce que ce n'est pas toujours pratique. Je préfère dire qu'on en applique bien le matin en partant, on n'oublie pas la nuque et les oreilles, sous les yeux souvent c'est une place qui brûle, et réappliquer une ou deux fois dans la journée. Et bien sûr si on se baigne.

Et j'adore les vêtements anti-UV.

Parlons maintenant des piqûres d'insectes.

En prévention, on utilise des produits à base de DEET.

Les gens sont parfois craintifs face à ces produits chimiques qui ont eu mauvaise presse, mais qui sont quand même sécuritaires. Quand on utilise ces produits-là dans des zones stratégiques, comme la nuque et les chevilles, ce ne sont pas des absorptions systémiques. On parle de petites quantités qu'on utilise. Les produits à base de citronnelle sont un peu moins efficaces.

Comment peut-on soulager la démangeaison?

Une fois que la piqûre d'insecte est apparue, si les gens ont un stéroïde topique faible qui est offert en vente libre, une petite hydrocortisone par exemple, on peut appliquer ça et ça va calmer l'inflammation assez rapidement.

Je préfère les compresses d'eau froide à la glace. La glace appliquée directement sur la peau peut donner de la vasoconstriction et endommager la peau. C'est un peu violent.

Note : Les propos du docteur Claveau ont été abrégés à des fins de concision et de compréhension.

Santé

Comment la poussière dans votre demeure affecte votre santé?

Vous avez passé l’aspirateur, balayé et épousseté pour vous en débarrasser. Mais savez-vous de quoi il s’agit réellement – et comment votre santé peut être affectée?

Ne vous en faites pas si vous n’avez aucune idée de la nature de la poussière qui vous entoure. Les scientifiques n’en connaissent pas beaucoup plus que vous pour comprendre les sources et les risques de santé de l’air intérieur et des particules.

C’est un problème, parce que les gens passent beaucoup de temps à l’intérieur. En effet, l’Américain moyen demeure entre quatre murs durant presque 90 pour cent de la journée. Ainsi il est vital d’en savoir davantage sur la façon dont votre environnement intérieur affecte votre santé.

Pour mieux quantifier les influences environnementales sur la santé, les chercheurs ont commencé à utiliser une approche «exposome», qui tient compte de toutes les expositions environnementales auxquelles une personne a été soumise durant sa vie. Votre propre exposome comprend tout, de la fumée secondaire et du plomb auxquels vous avez été exposé dans votre enfance aux émissions de matière particulaire si vous avez grandi près d’un axe routier ou d’un complexe industriel.

La poussière est une composante importante de l’exposome. Quelles sont les particules que vous inhalez et ingérez tout au long de la journée?

Je suis un géochimiste, et mon laboratoire étudie la santé environnementale au niveau domestique. En collaboration avec le scientifique environnemental Mark Taylor de l’Université Macquarie et d’autres partenaires internationaux, je mène un projet de recherche sur l’exposome intérieur.

Au lieu de vider leur sac d’aspirateur dans les ordures ménagères, des citoyens scientifiques le placent dans un contenant hermétique et l’envoient pour analyse à notre laboratoire. Ce projet, nommé Analyse de poussière 360, est l’un des nombreux efforts visant à décoder la poussière intérieure.

La poussière provient de l’intérieur

Environ le tiers de la poussière domestique provient de l’intérieur de votre demeure. Les composantes diffèrent selon le type de construction et l’âge de votre demeure, le climat et les habitudes de nettoyer et de fumer des occupants, de sorte qu’il n’y a pas de formule standard pour la poussière.

D’abord, vous et vos animaux de compagnie produisez une partie des détritus. Des cellules de peau humaine mortes font partie des résidus. De même que les cellules de peau d’animaux de compagnie, appelées squames, et les acariens qui s’en nourrissent – tous deux sont de puissants allergènes pour les humains.

En général, vous pouvez être certain que votre poussière comprend aussi quelques insectes décomposés, débris de nourriture (spécialement dans la cuisine), fibres de tapis, literie et vêtements, et matière particulaire provenant de la fumée et de la cuisson. Nous espérons que notre programme Analyse de poussière 360 contribuera à résoudre un peu plus l’énigme de ce qu’on trouve d’autre dans la poussière.

Jusqu’ici c’est peu ragoûtant. Et il y a aussi dans la mixture des produits chimiques fabriqués par l’homme. Pendant des décennies, les manufacturiers ont traité chimiquement les vêtements et le mobilier avec des agents ignifuges et des revêtements protecteurs. En fait, durant un certain temps, la loi imposait les agents ignifuges pour le mobilier et les pyjamas des enfants.

Mais les chercheurs ont commencé à les identifier dans le sang et les tissus humains, et ont même décelé chez les nouveau-nés des preuves d’exposition in utero. Comment ces molécules ont fini par se retrouver dans l’organisme humain? Surtout par l’inhalation ou l’ingestion de poussière intérieure.

La santé affectée par ce que contient notre demeure

C’est ici que la science et de nouvelles techniques commencent à émettre de sérieux signaux d’alerte pour la santé. Une multitude d’activités de recherche ont cours présentement pour déterminer la toxicité potentielle de ces produits chimiques dans le système humain. Les scientifiques mettent également au point de nouvelles techniques utilisant des dispositifs portables, tels que des bracelets en silicone, pour déterminer la relation entre ces sources de poussière et la proportion qui finit par se retrouver dans l’organisme humain.

Un environnement intérieur sans fibre et sans animal de compagnie serait une façon de réduire la quantité et la toxicité potentielle de la poussière intérieure. Mais la recherche récente a soulevé un problème supplémentaire : la hausse de la résistance antimicrobienne.

La recherche a fait le lien entre plusieurs produits de désinfection intérieure et la résistance antimicrobienne. Au moins une étude a découvert une corrélation entre des taux élevés de triclosan, un agent antimicrobien courant dans le savon à mains, et des taux élevés de gènes résistants aux antibiotiques dans la poussière, vraisemblablement de bactéries qui vivent dans la poussière de vos demeures. La relation est attribuable à la destruction partielle et répétée, mais incomplète, des bactéries et autres microbes qui continuent à croître et à proliférer, portant des gènes de résistance.

La poussière qui provient de l’extérieur

Pour avoir une vue d’ensemble des sources et dangers de la poussière, il faut considérer l’autre deux-tiers de la totalité de poussière intérieure, qui en fait provient de l’extérieur. Ces saletés et poussières sont transportées sur les souliers ainsi que sur la fourrure et les pattes des animaux de compagne. Elles passent à l’aide du vent par les fenêtres et portes ouvertes et les trous d’aération. Et elles varient en taille et composition, allant de la boue granuleuse au pollen irritant et aux plus infimes particules du sol.

Le plomb est l’un des problèmes de santé reliés aux sources extérieures le plus répandu. Cette puissante neurotoxine s’est accumulée à des niveaux parfois extrêmement élevés dans les sols et la poussière après un siècle d’émissions provenant de sources industrielles, de véhicules utilisant de l’essence au plomb et de la dégradation de peintures à base de plomb. Le danger est particulièrement sérieux dans les villes et près des mines et autres sites industriels, sources de plomb.

Les sols contaminés par le plomb et la poussière qu’ils produisent sont étroitement liés à l’empoisonnement par le plomb chez les enfants. En raison de leur développement neural actif, le plomb peut handicaper de façon permanente les enfants qui y sont exposés.

Dans le cadre de la prévention de l’empoisonnement au plomb, les scientifiques se sont concentrés sur ce qu’ils appellent des sources ponctuelles : des choses relativement faciles à identifier comme la peinture écaillée et les conduites d’eau en plomb. Les sols et les expositions à la poussière sont moins bien connus.

Des chercheurs ont récemment découvert des corrélations entre le plomb dans l’air et des niveaux de plomb dans le sang des enfants. Présentement, plusieurs groupes de laboratoire examinent sérieusement non seulement les expositions dans des cadres extérieurs, mais aussi la façon dont le plomb peut aboutir dans les demeures et faire partie de l’exposome intérieur.

Limitez ce que vous pouvez

Tout comme le fréon dans les réfrigérants et d’autres produits ont causé la dégradation de la couche protectrice d’ozone stratosphérique entourant la terre et le bisphénol A, un plastifiant utilisé dans les bouteilles et autres produits de consommation, se sont retrouvés dans l’organisme humain, les scientifiques s’inquiètent que le principe des « meilleures conditions de vie grâce à la chimie » provoque une série de conséquences inattendues pour la santé humaine dans le domaine de la poussière.

Enlever les vêtements extérieurs comme les blousons et adopter une politique familiale sans chaussure est une façon de réduire l’exposition intérieure aux polluants de l’extérieur. Les dessous de chaussure sont repoussants: 96 pour cent portent des traces de bactéries de matières fécales sur leurs semelles, y compris la C.Difficile résistante aux antimicrobiens, et plus de 90 pour cent de ces bactéries sont transférées aux planchers. Ajoutez les toxines provenant des résidus d’asphalte des routes et les perturbateurs endocriniens des produits chimiques d’entretien des pelouses, tous deux cancérigènes, et la recommandation devient encore plus claire – pas de chaussures de l’extérieur dans la maison.

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Ce texte est d'abord paru sur le site franco-canadien de The Conversation. Reproduite avec permission.

Actualités

Le suicide à défaut de l’aide médicale à mourir

Les souffrances causées par la dystrophie musculaire étaient devenues invivables et la détérioration de sa qualité de vie lui était insupportable. Après une première tentative de suicide en août 2018, Yves Bessette décide de faire une demande d’aide médicale à mourir (AMM). Les intervenants confirment que l’homme de 70 ans est lucide et pas dépressif. Accompagné de ses proches, M. Bessette détermine ses dernières volontés, planifie sereinement sa fin de vie. Mais en septembre, le médecin lui apprend qu’il n’est pas admissible à l’AMM puisqu’il n’est pas en fin de vie.

« À ce moment, mon père, très calme lui a annoncé que, de toute façon, il ne serait plus là à Noël, avec ou sans leur aide. Yves a mis un point final à ses souffrances le 11 décembre 2018, à son 4e essai et par un moyen beaucoup plus drastique, seul et dans des conditions intolérables, alors qu’il aurait pu partir dans le respect et la dignité et entouré de l’amour des siens. J’ai été privée, du même coup, de faire mes adieux à mon père dans un cadre humain », raconte Chantal Bessette, qui est en croisade pour l’élargissement des critères d’admissibilité de l’AMM depuis la mort de son père.

« Pour le médecin, l’évolution de la maladie de mon père n’était pas assez avancée pour l’amener à mourir de cause naturelle dans les 12 prochains mois. Bien que les intervenants médicaux ne contestaient pas sa souffrance, mon père n’était pas assez près d’une fin de vie naturelle pour que sa demande soit acceptée dans le contexte de la présente loi selon eux », ajoute Mme Bessette qui souhaiterait que la loi permette l’analyse, cas par cas, des demandes d’AMM.

Mme Bessette déplore que dans le contexte actuel, les médecins, qui soulageraient un patient en grandes souffrances en approuvant sa demande d’AMM, risquent d’enfreindre la loi et d’être poursuivis en justice. Comme le craignait le médecin de son père.

« Mon père était au bout du rouleau, physiquement, il n’en pouvait plus de souffrir. La forme de dystrophie musculaire, qui l’affligeait depuis ses 10 ans, gagnait du terrain et grugeait chaque jour le peu d’autonomie qui lui restait. Il refusait de devoir s’en remettre aux autres pour les petites choses du quotidien et surtout il n’était pas question de devenir un poids pour ses proches », mentionne Mme Bessette.

Une centaine de demandes rejetées

Depuis l’entrée en vigueur de la Loi, le nombre d’AMM administrées est en croissance. Entre le 10 décembre 2015 et le 31 mars 2018, 2462 demandes d’AMM ont été déposées au Québec et 1632 d’entre elles ont été administrées dont 107 par le CIUSSS de l’Estrie CHUS.

Des 1632 personnes au Québec qui ont reçu l’AMM, 87 % étaient âgées de 60 ans et plus, 78 % étaient atteintes de cancer et 90 % avaient un pronostic de six mois ou moins de vie.

Des 830 demandes d’AMM qui n’ont pas été administrées au Québec, 191 ont été refusées parce que la personne ne répondait pas aux conditions d’admissibilité, dont 32 qui étaient traitées par le CIUSSS de l’Estrie CHUS. Et dans 51 % des cas, ce qui représente 97 personnes au Québec, c’est le critère de fin de vie qui n’était pas respecté, comme dans le cas d’Yves Bessette.

La fille de M. Bessette invite la population à signer, avant le 15 juillet, la pétition en ligne sur le site de l’Assemblée nationale « Modification de la Loi concernant les soins de fin de vie relativement aux critères de fin de vie ». L’objectif est d’atteindre 10 000 signataires et au moment d’écrire ces lignes 7084 personnes avaient signé la pétition.

Actualités

Santé: une prime pour les employés qui travaillent le week-end

Alors que plusieurs membres du personnel dans le réseau de la santé s’apprêtent à prendre une pause estivale, Québec doit instaurer un incitatif pour combler la pénurie de main-d’oeuvre durant les week-ends. Il s’agit d’un montant forfaitaire uniforme de 75$ offert à l’ensemble des professions infirmières et aux préposés aux bénéficiaires. Selon ce qu’a appris La Voix de l’Est, cette mesure sera en vigueur du 13 juillet au 15 septembre.

Le  ministère de la Santé avait déjà eu recours à un incitatif similaire il y a près de 10 ans. Or, on notait alors un écart marqué entre la somme versée à un préposé, qui était selon nos sources de 55$, comparativement à un infirmier, qui recevait 90$. 

La mesure que doit lancer Québec sera toutefois assortie d’une série de restrictions. 

Pour être admissible, un employé ne pourra pas avoir pris de congé 14 jours avant de donner sa disponibilité pour des heures supplémentaires, et ce, durant deux week-ends consécutifs. Idem pour la même période après avoir été en poste durant la fin de semaine en dehors de l’horaire régulier. 

À LIRE AUSSI : Réactions partagées des syndicats

De plus, les effectifs devront travailler minimalement quatre jours par semaine pour se prévaloir de ce montant forfaitaire.

Cette initiative sera en vigueur du samedi au dimanche. Elle s’échelonne donc sur six quarts de travail et n’inclut pas le vendredi soir ni le lundi matin.

Santé

Les Québécois réticents en 2017-2018 face au vaccin contre la grippe

QUÉBEC - La plus récente enquête de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) sur la vaccination démontre que bien des gens manifestent encore des réticences face à la vaccination annuelle contre la grippe.

L’enquête dévoilée mercredi signale que parmi les groupes ciblés lors de la campagne 2017-2018, entre 45 et 59 pour cent des gens considéraient la vaccination contre la grippe comme une bonne chose. De plus, entre 60,5 et 67,4 pour cent des personnes disaient croire que le vaccin pouvait causer la maladie.

Chez les personnes plus âgées, qui peuvent être plus vulnérables au virus de la grippe, 40 pour cent de celles qui avaient entre 60 et 64 ans ont reçu le vaccin comparativement à 48 pour cent des personnes âgées entre 65 et 74 ans et 65 pour cent des aînés âgés de 75 ans ou plus.

D’autre part, 21 pour cent des parents d’enfants âgés de 6 mois à 17 ans ont mentionné que leur enfant avait été vacciné, dont 29 pour cent des enfants âgés entre 6 et 23 mois.

L’enquête de l’INSPQ ajoute que les principales raisons de non-vaccination chez les malades chroniques, les travailleurs de la santé ainsi que chez les aînés âgés de 65 ans ou plus étaient une faible perception de la vulnérabilité à la grippe ou de la sévérité de la maladie, un manque d’intérêt ou de temps, la peur des effets secondaires ou la présence de contre-indications.

L’enquête sur la vaccination s’est aussi attardée à la vaccination contre le pneumocoque et le zona chez certaines clientèles.

Parmi les conclusions générales, près du tiers des personnes interrogées trouvaient que les enfants recevaient trop de vaccins et près de la moitié des répondants étaient en accord avec le fait qu’une bonne hygiène de vie pouvait éliminer la nécessité de la vaccination.

L’enquête a été réalisée par la chercheuse Ève Dubé, l’agente de recherche Marilou Kiely et la statisticienne Manale Ouakki, toutes trois de l’Institut national de santé publique du Québec.

Santé

Québec donnera 420 000 $ sur trois ans à SABSA

EXCLUSIF / C’est confirmé : la coopérative SABSA obtiendra finalement du financement public pour poursuivre sa mission auprès de sa clientèle vulnérable.

Le Soleil a appris que le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et le Centre intégré universitaire de la santé et des services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale verseront à la clinique de Québec un montant totalisant 420 000 $ sur trois ans. Les besoins sont immenses, mais cette aide très attendue vient «colmater la brèche», se réjouit la coordonnatrice de SABSA, Amélie Bédard.

Santé

Portes tournantes en santé mentale: la Fédération des policiers municipaux veut des solutions concrètes

La Fédération des policiers municipaux du Québec (FPMQ) dénonce à son tour le syndrome des «portes tournantes» en santé mentale, pas seulement à Québec, mais «partout au Québec».

Dans un communiqué diffusé peu avant 18h, mercredi, la FPMQ dénonce «la pratique des portes tournantes en santé» et «tend la main aux ministères de la Sécurité publique et de la Santé et des Services sociaux afin de trouver des solutions durables et concrètes».

«La FPMQ tient à préciser que cette pratique des portes tournantes n’a pas seulement lieu à Québec, mais qu’elle est généralisée sur l’ensemble du territoire. Les policiers doivent faire face de plus en plus souvent à des appels concernant la santé mentale, mais les solutions sont déployées régionalement et localement, sans stratégie globale. Il est impératif de trouver des solutions globales qui permettront aux policiers de mieux orienter les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale», écrit le regroupement, tout en donnant son appui au policier Yannick Campagna, qui a dénoncé publiquement la situation lors de son passage devant le Comité de déontologie policière, vendredi dernier. 

Le patrouilleur de la police de Québec a été cité en déontologie après avoir enguirlandé les infirmiers de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus qui auraient refusé de voir un patient aux prises avec des problèmes de santé mentale. Il a écopé d’une journée de suspension. 

Dans son communiqué, la FPMQ écrit qu’il est «impératif de coaliser tous les intervenants autour d’une stratégie nationale d’intervention en santé mentale afin de mieux soutenir les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale». 

«Chose certaine, la FPMQ travaillera à régler le problème une bonne fois pour toutes », affirme son président, François Lemay, tout en saluant le travail des policiers sur le terrain «qui redoublent d’efforts quotidiennement pour répondre aux besoins de cette clientèle ».

Dans son édition de mercredi, Le Soleil rapportait que le ministère de la Santé venait de nommer un nouveau directeur national des services de santé mentale et de psychiatrie légale, le DPierre Bleau, dont le mandat sera de revoir l’accès aux services de santé mentale partout au Québec, et particulièrement dans la capitale. 

Santé

Au tour d’un ambulancier de dénoncer le syndrome des «portes tournantes» en psychiatrie

L’ambulancier Jean-François Gagné joint sa voix à celle du policier Yannick Campagna pour dénoncer le syndrome des «portes tournantes» en psychiatrie à Québec. Au ministère de la Santé, on se dit préoccupé par la situation de l’accès aux services de santé mentale au Québec, et particulièrement dans la capitale. Le ministère vient d’ailleurs de nommer un nouveau directeur national de la santé mentale et de la psychiatrie légale qui aura le mandat de revoir cet accès.

Le syndrome des portes tournantes, l’ambulancier Jean-François Gagné en est témoin depuis 15 ans, lui qui doit régulièrement conduire à l’urgence des patients aux prises avec des problèmes psychiatriques. Selon lui, 80 % des appels de fin de soirée ou de nuit sont pour des cas de santé mentale ou d’intoxication (ou les deux). 

M. Gagné cite l’exemple de cette femme qui appelle «aux deux ou trois jours», sinon tous les jours, «pour une chose ou pour une autre». «Elle est connue en psychiatrie. Elle peut attendre jusqu’à quatre heures son ambulance [parce que son cas n’est pas prioritaire], mais on va quand même être obligé de la transporter à l’urgence, même si on sait qu’ils ne la garderont pas» parce qu’elle n’est pas considérée comme un danger pour elle-même ou pour autrui, expose-t-il.

L’ambulancier pense aussi à cette patiente souffrant de dépression majeure et qui, jusqu’à l’an dernier, appelait plusieurs fois par jour pour être transportée au CHUL, «où elle était tellement connue qu’elle avait même un lit désigné». «Elle rentrait et sortait de l’hôpital. Parfois, elle pouvait être admise deux fois dans la même journée. On voudrait bien être capable d’orienter les personnes au bon endroit, vers la bonne ressource, mais on n’a pas le droit», souligne M. Gagné.

L’ambulancier croit que trop de patients sont libérés avant d’être aptes à retourner dans leur milieu de vie. «Les gens appellent alors au 9-1-1, et on recommence le cycle.» Il faut, dit-il, mieux encadrer les cas qui doivent l’être. «Sans dire qu’il faudrait les remettre en institution, ils devraient habiter des milieux encadrés avec des ressources sur place. On sauverait beaucoup de désorganisation, on serait davantage dans la prévention», analyse-t-il.

«Quand une personne est en crise, les intervenants de PECH [pour Programme d’encadrement clinique et d’hébergement], qui travaillent avec la police, nous disent souvent [après analyse de la situation] de la transporter à l’hôpital. On finit donc à peu près toujours par transiter par l’urgence», constate Jean-François Gagné.

Plus de clientèle

Au cours des dernières semaines, Le Soleil a fait état de la réalité du Centre de crise de Québec, de PECH et des organismes communautaires en itinérance, qui ont remarqué une augmentation et un alourdissement de la clientèle qui leur est référée. 

Un policier de Québec, Yannick Campagna, a également fait la manchette vendredi après avoir dénoncé devant le Comité de déontologie policière le syndrome des «portes tournantes» et «l’abandon» des patients en psychiatrie. Le patrouilleur avait été cité en déontologie après avoir enguirlandé les infirmiers de l’urgence de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus qui auraient refusé de voir un patient aux prises avec des problèmes de santé mentale. Il a écopé d’une journée de suspension.

Sans commenter ce cas particulier, le cabinet de la ministre de la Santé, Danielle McCann, s’est néanmoins dit «très sensible» à la situation qui prévaut à Québec. «Les difficultés qui sont soulevées nous préoccupent beaucoup, on les suit de près», assure l’attaché de presse de la ministre, Alexandre Lahaie. 

C’est dans ce contexte que le ministère de la Santé a décidé de confier au psychiatre d’expérience Pierre Bleau le poste de directeur national des services en santé mentale et en psychiatrie légale. L’un des principaux mandats du Dr Bleau sera de revoir l’accès à ces services partout au Québec, notamment et surtout dans la capitale, où la problématique est particulière, convient le cabinet de la ministre McCann.

Le DPierre Bleau remplacera le Dr André Delorme, qui avait été nommé par les libéraux et qui avait quitté son poste après que le gouvernement Legault eut rétrogradé la direction nationale des services en santé mentale et en psychiatrie légale dans l’organigramme du ministère de la Santé. Les libéraux avaient dénoncé cette décision, estimant qu’il s’agissait d’une «perte de priorité» et d’un «très mauvais signal». 

Le ministère n’a pas l’intention de «remonter» le poste du Dr Bleau dans l’organigramme. La direction nationale des services en santé mentale et en psychiatrie légale continuera donc de relever de la sous-ministre adjointe Lyne Jobin et de la direction générale des «programmes dédiés aux personnes, aux familles et aux communautés».

Le cabinet de la ministre McCann justifie cette décision par la volonté du ministère d’éviter le «travail en silo». «On ne veut pas diminuer l’importance de la direction des services en santé mentale, on veut que les différentes directions se parlent. La santé mentale, c’est l’affaire de tous les intervenants» du réseau de la santé, fait valoir Alexandre Lahaie.

Santé

Gonorrhée: la résistance aux antibiotiques continue d’empirer

La bactérie qui cause la gonorrhée résiste de mieux en mieux aux antibiotiques, s’inquiète la santé publique. Jusqu’en 2013, seulement 2 % des souches toléraient bien ou partiellement l’azithromycine, l’antibiotique le plus utilisé pour contrer la bactérie, mais cette proportion a grimpé 31 % en 2017, selon un rapport publié récemment sur le site de l’Institut national de la santé publique (INSPQ).

«Jusqu’à récemment, l’azithromycine était utilisé en monothérapie [ndlr : sans autre antibiotique]. Mais avec l’apparition de la résistance, il y a eu un changement, et c’est donné en association avec les céphalosporines [ndlr : une autre “famille” d’antibiotique], explique Brigitte Lefebvre, microbiologiste à l’INSPQ et auteure principale du rapport.

Le problème est connu des autorités publiques depuis longtemps et a fait l’objet de quelques articles de presse ces dernières années. Le rapport publié le mois dernier par l’INSPQ est une sorte de «mise à jour» de ce qu’on savait déjà — mais une mise à jour qui montre que le problème a encore empiré. Bien qu’il existe d’autres traitements efficaces disponibles, l’Institut qualifie cette montée de la résistance d’«inquiétante».

Mutations à l’ADN

Les bactéries peuvent acquérir une résistance aux antibiotiques par des mutations à leur ADN, mais elles sont aussi capables d’acquérir de nouveaux gènes. Contrairement aux animaux et aux plantes, qui ne peuvent pas s’échanger de gènes, les bactéries, elles, sont capables de se passer des gènes de l’une à l’autre. Or celle qui donne la gonorrhée, Neisseria gonorrhoeæ de son petit nom, est particulièrement bonne pour ces «échanges» de gènes, et c’est la raison pour laquelle la résistance est apparue et a progressé si rapidement dans son cas, explique Mme Lefebvre.

«Le problème qui commence à pointer maintenant, c’est l’apparition de souches résistantes aux céphalosporines de troisième génération. Il n’y en a pas beaucoup, mais ça reste inquiétant», poursuit-elle.

En 2017, selon le type de céphalosporine, seulement 1 à 2 % des souches de gonorrhée testées montraient une sensibilité réduite. Les chiffres de l’INSPQ ne montrent pas de tendance claire de ce point de vue depuis 2010, mais il y a quand même quelques souches résistantes aux céphalosporines de 3e générations au Québec et, si elles se répandaient, «ça pourrait devenir compliqué de traiter la gonorrhée. Pour l’instant, les thérapies actuelles fonctionnent bien, mais ça nous préoccupe», dit Mme Lefebvre.

Santé

Cancer: l’exercice améliore l’humeur et soulage le stress des aînés [VIDÉO]

MONTRÉAL - L’activité physique améliore le bien-être et soulage l’anxiété des aînés dont le cancer est soigné par chimiothérapie, assure une nouvelle étude américaine.

Les chercheurs de l’Université de Rochester rappellent que la plupart des nouveaux diagnostics de cancer surviennent chez des aînés de 60 ans et plus. Pourtant, peu d’études se seraient jusqu’à présent intéressées à l’impact que pouvait avoir l’activité physique sur leur anxiété et leur humeur.

«Les symptômes anxieux sont quelque chose qu’on observe beaucoup, pas nécessairement un diagnostic d’anxiété ou de dépression, mais une augmentation des symptômes anxieux et dépressifs qui peuvent être reliés au traitement, mais qui sont aussi reliés au diagnostic de cancer, a commenté Isabelle Doré, qui est stagiaire postdoctorale au Centre de recherche du CHUM. Ça suit très souvent le diagnostic et on l’observe beaucoup, et beaucoup chez les femmes.»

Les médicaments utilisés pour soigner l’anxiété et les troubles de l’humeur peuvent s’accompagner d’effets secondaires possiblement dangereux, et plusieurs sont potentiellement inappropriés pour les aînés. Il devient dès lors d’autant plus intéressant de trouver des méthodes alternatives pour soulager ces problèmes.

Les participants à cette étude d’une durée de six semaines avaient en moyenne 67 ans et près de 92 pour cent d’entre eux étaient des femmes. Ils ont reçu un podomètre pour enregistrer leur nombre quotidien de pas, à compter du premier jour de chimiothérapie, puis ont été encouragés à augmenter leur nombre de pas de 5 à 20 pour cent par semaine.

On leur a aussi fourni des élastiques d’entraînement avec lesquels ils ont effectué chaque jour dix exercices contre résistance obligatoires et quatre exercices optionnels. Ici aussi, ils ont été encouragés à augmenter l’intensité et le nombre de répétitions.

Les chercheurs ont constaté une amélioration de l’anxiété, de l’humeur et du bien-être social et émotionnel des sujets qui ont participé au programme d’exercices. Les bienfaits les plus marqués ont été vus chez ceux qui étaient les plus anxieux ou dont l’humeur et le bien-être étaient les pires au début de l’étude.

«Je pense que ça, c’est quelque chose qui est intéressant, et c’est vrai pour la population en général, a précisé Lise Gauvin, qui est professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal. Je pense que c’est une nuance qui est importante.»

Reste maintenant à convaincre ces patients que de se lever et de bouger, même s’ils n’en ont pas du tout envie, leur fera du bien.

«En regardant les statistiques sur le taux de pratique de l’activité physique, on voit que d’adopter un mode de vie actif c’est difficile pour tout le monde, a ajouté Mme Gauvin. C’est peut-être plus particulièrement difficile pour quelqu’un qui est en phase active de traitement pour un cancer. C’est un défi qui est au moins aussi grand, et peut-être même un peu plus.,»

Les professionnels de la santé qui interviennent auprès de cette clientèle bien particulière sont toutefois de plus en plus sensibilisés aux bienfaits de l’activité physique.

«Il existe des recommandations cliniques qui ont été publiées par de grands organismes internationaux qui suggèrent de maintenir un niveau d’activité physique, quand on a un cancer, au même stade et au même niveau que la population en général, a dit Isabelle Doré. Les professionnels de la santé se sentent de plus en plus à l’aise de recommander à leurs patients de faire de l’exercice, que ce soit avant, pendant ou après les traitements.»

Les conclusions de cette étude ont été publiées par le Journal of the American Geriatrics Society.

Justice et faits divers

Corps retrouvés à Carleton-sur-Mer: la SQ privilégie la thèse du suicide

CARLETON-SUR-MER – « La thèse du suicide est privilégiée dans les deux cas ». C’est ainsi que Stéphane Tremblay, porte-parole de la Sûreté du Québec, résume le progrès réalisé dans l’enquête amorcée dimanche un peu avant 9 heures à Carleton-sur-Mer, en Gaspésie, après la découverte de deux corps dans une camionnette stationnée au parc municipal.

La police demeure conséquemment muette sur l’identité des deux victimes, comme dans l’essentiel des cas présumés ou avérés de suicides. À Carleton-sur-Mer toutefois, les noms des victimes circulent et il s’agirait de deux femmes dans la cinquantaine, vivant dans la région. La Sûreté du Québec avait jusqu’à lundi matin laissé le champ libre à toutes les possibilités dans cette affaire.

À LIRE AUSSI : Deux personnes trouvées sans vie dans un véhicule à Carleton-sur-Mer

Les enquêteurs ont passé près de dix heures à examiner la scène dimanche, en gros de 9 h à 19 h, avant d’envoyer les corps à la morgue et le véhicule en entreposage. Une autopsie devrait être pratiquée aujourd’hui ou demain sur les dépouilles. Il a aussi été question initialement d’une enquête du coroner, mais cette question n’a pas été éclaircie de nouveau par la Sûreté du Québec.

Vous ou vos proches avez besoin d’aide? N’hésitez pas à joindre le Centre de prévention du suicide au 1866 APPELLE (277-3553).

Santé

Les traumatismes physiques plus mortels en milieu rural, selon une étude de l’Université Laval

Au Québec, les victimes de traumatismes physiques sont trois fois plus à risque d’en mourir si elles sont soignées en milieu rural plutôt qu’en ville, constatent des chercheurs de l’Université Laval.

Le docteur Richard Fleet et ses collègues ont analysé des données provenant de 26 urgences d’hôpitaux situés dans des agglomérations de moins de 15 000 habitants et de 33 centres de traumatologie urbains.

Les détails de leur étude sont présentés dans une récente édition de la revue scientifique BMJ Open.

Les chercheurs ont étudié 80 000 cas d’accidents survenus sur une période de quatre années au Québec. Ces accidents résultaient de chutes (66 pour cent), d’accidents de la route (19 %) ou d’autres causes variées (15 %). Neuf pour cent des patients ont été soignés dans des hôpitaux situés dans des agglomérations de moins de 15 000 habitants alors que tous les autres patients ont été traités dans des centres spécialisés en traumatologie.

En tenant compte des variables pouvant influencer les résultats comme l’âge des patients et la gravité de leurs blessures, les auteurs arrivent à la conclusion que le risque de mortalité est 3,4 fois plus élevé chez les patients traités dans les urgences situées hors des centres urbains.

Le professeur Fleet explique dans un communiqué que le principal facteur pouvant expliquer ces statistiques défavorables est probablement le plus long délai entre l’appel 911 et l’arrivée du patient à l’urgence en raison des distances plus grandes en milieu rural. Il souligne que «les données montrent (...) clairement qu’une portion importante des décès survient dans la phase préhospitalière, ce qui pointe vers l’importance de réduire les temps d’intervention préhospitaliers via des changements dans les moyens de transport, par le recours aux hélicoptères par exemple, ou dans la formation et le suivi des ambulanciers».

Les données récoltées par l’équipe de recherche montrent aussi que les milieux ruraux sont moins bien desservis par les spécialistes et moins équipés que les centres urbains.

Au chapitre des spécialistes, les chercheurs ont constaté qu’en région 35 pour cent des hôpitaux n’ont pas d’anesthésiste; 27 % n’ont pas de chirurgien général; 62 % n’ont pas de spécialiste en médecine interne; et aucun n’a de neurologue. Au chapitre des services et de l’équipement, les chercheurs ont constaté qu’en région 23 % des hôpitaux n’ont pas d’unité de soins intensifs; 31 pour cent n’ont pas d’appareil de tomodensitométrie (CT scan); et aucun n’a d’appareil d’imagerie par résonance magnétique.

L’étude ne permet toutefois pas d’établir de lien entre l’absence de médecins spécialistes, le manque d’équipement et le taux de mortalité, a dit le docteur Fleet.

Au Québec, environ 60 % des urgences d’hôpitaux situés en région sont à plus de 150 kilomètres d’un centre spécialisé en traumatologie.

Santé

Vous dormez depuis 20 minutes? Réveillez-vous! Maintenant, rendormez-vous!

MONTRÉAL — On dit que Léonard de Vinci, Thomas Edison et Nikola Tesla le faisaient. Il semblerait maintenant que des dirigeants de Silicon Valley, toujours désireux d’extraire le plus grand nombre possible d’heures de leur journée, ont décidé de les imiter.

Composé en parts égales d’un engouement pour tout ce qui pourrait permettre de stimuler la productivité et de récits personnels convaincants, mais sans la moindre preuve scientifique, le sommeil polyphasique consiste à remplacer une bonne nuit de sommeil par plusieurs siestes éparpillées pendant la journée.

Un organisme américain, la Polyphasic Society, précise sur son site internet que cette façon de dormir peut prendre plusieurs formes, qu’il s’agisse d’un bloc de sommeil de 90 minutes à six heures suivi de siestes, ou encore uniquement de siestes de 20 minutes réparties pour totaliser deux ou trois heures de sommeil par jour.

«Ça démontre qu’il n’y a pas de science derrière ça. C’est de l’essai-erreur», a lancé le docteur Roger Godbout, le directeur du Laboratoire et de la Clinique du sommeil de l’Hôpital en santé mentale Rivière-des-Prairies

Les adeptes de la technique prétendent qu’elle permet de maximiser le temps consacré au sommeil paradoxal et au sommeil lent profond, qui sont selon eux les deux phases du sommeil les plus importantes - et même les deux seules dont on aurait réellement besoin.

«Ça n’a jamais été documenté, a ajouté M. Godbout. Les gens pour qui le sommeil polyphasique fonctionne bien ne doivent pas être si nombreux que ça.»

Pas nouveau

L’intérêt envers le sommeil polyphasique n’a rien de nouveau, dit-il, et on s’y intéresse au moins depuis les années 1960.

La pratique est très répandue parmi les navigateurs qui effectuent de longues traversées en solitaire. Puisqu’il leur faut habituellement une vingtaine de minutes pour franchir la distance qui les sépare de l’horizon, c’est l’intervalle à laquelle ils n’ont d’autre choix que de se réveiller pour aller vérifier si un obstacle ne s’est pas matérialisé sur leur chemin.

Les navigateurs complètent toutefois souvent leur périple complètement épuisés et parfois même déprimés. Pas seulement en raison de leur régime de sommeil, la solitude prolongée y est aussi pour quelque chose, «mais comme tout sommeil polyphasique en général, ce n’est vraiment pas idéal», a estimé le docteur Godbout.

«Ce sont des trucs pour s’adapter à une situation, mais ça ne veut pas dire que c’est l’idéal, a-t-il ajouté. L’idéal, d’après moi, c’est un sommeil qui est au mieux monophasique, au pire biphasique.»

À ce sujet, on raconte qu’au Moyen-Âge les gens allaient au lit très tôt, puis se réveillaient pendant quelques heures avant de retourner se coucher. La période d’éveil qui interrompait ce sommeil «biphasique» en pleine nuit pouvait être consacrée à raviver le feu pour réchauffer l’habitation ou encore à aller vérifier que les animaux allaient bien.

Plusieurs personnes âgées finissent également par adopter un sommeil biphasique et s’en tirent très bien.

«Ma défunte belle-mère se réveillait la nuit, elle partait une sauce à spaghetti et elle allait se recoucher, a confié M. Godbout. Elle fonctionnait très bien pendant la journée et son esprit était très ‘sharp’.»

Les animaux aussi

Le docteur Godbout n’en démord pas: le sommeil doit être consécutif et tous les stades de sommeil doivent être présents. Plus on a été réveillé longtemps, plus on devra dormir longtemps.

«C’est démontré aussi que notre performance le lendemain n’est pas bonne dès qu’on fragmente le sommeil, a-t-il dit. On sait qu’au-delà de 17 heures d’éveil consécutif, il faut dormir, autrement on commence à faire des erreurs plus ou moins graves.»

Ce que ça prend, précise-t-il, c’est une continuité, ce qu’on appelle «l’homéostasie». Les humains ne sont d’ailleurs pas les seuls à avoir un sommeil monophasique, puisque plusieurs animaux le font aussi.

De plus, le sommeil que l’on obtient pendant la journée - au moment où notre température corporelle est élevée, que notre corps sécrète du cortisol, que de multiples fonctions sont actives - n’est pas un «bon» sommeil, et cela a été démontré chez les travailleurs par poste, selon le docteur Godbout: «Quand on dort le jour, ce n’est pas pareil».

On peut donc en conclure que les siestes diurnes des dormeurs polyphasiques ne génèrent pas un sommeil de qualité.

Un sommeil monophasique ne suffit donc pas: il faut aussi qu’il survienne au bon moment, la nuit, puisque le sommeil de jour «n’est pas aussi bon, n’est pas aussi efficace, ne remplit pas aussi bien ses fonctions».

«Ceux qui font la promotion du sommeil polyphasique, en disant qu’ils font des siestes de 20, 30 ou 40 minutes pendant la journée, je voudrais bien pouvoir les enregistrer toute la journée pendant plusieurs semaines, a conclu le docteur Godbout. Je suis convaincu que je trouverais du sommeil beaucoup plus long, plus souvent. Je trouverais probablement des gens qui s’y acclimatent plus facilement, mais je suis convaincu qu’ils performent moins bien que s’ils dormaient une nuit complète de sommeil.

«Il y a une espèce de désir de performance de montrer qu’on ne dort pas beaucoup, ou par petits bouts, ou qu’on est ‘toffe’, mais je pense que c’est de la...»

Santé

Le sociofinancement médical, une pratique à revoir?

Le sociofinancement (ou financement participatif) en médecine est en plein essor. GoFundMe.com, le plus important site de collecte de fonds en ligne dans le domaine médical, a amassé 5 milliards de dollars depuis 2010 et recueille désormais plus de 750 millions de dollars annuellement pour couvrir des dépenses en santé.

Ces fonds sont utilisés pour couvrir un vaste échantillon de besoins en santé, y compris des soins médicaux, des ordonnances, et les coûts de déplacement vers des hôpitaux.

Les dons recueillis ont permis à des dizaines de milliers de personnes de se faire soigner dans nombre de pays et, ce faisant, de sauver des vies.

Mais cette pratique soulève de nombreuses questions d’ordre éthique, à savoir qui en sont les bénéficiaires et quel en est l’impact sur les autres. Le sociofinancement dans le domaine médical ne risque pas de disparaître de sitôt. Notre groupe de chercheurs, ayant étudié ce phénomène, désire partager quelques données sur ses aspects les moins positifs ainsi que des suggestions pour y faire face.

La promotion des inégalités

Le sociofinancement en médecine est le plus susceptible de profiter aux personnes relativement aisées disposant d’un réseau social étendu, qui ont une bonne connaissance des médias, et qui sont capables de tisser un narratif convainquant pour d’éventuels bailleurs de fonds.

Si l’on retrouve ces caractéristiques principalement chez les personnes issues de milieux privilégiés, le financement participatif de la médecine risque de pérenniser ou d’exacerber les inégalités socio-économiques.

Nous avons de bonnes raisons de croire que c’est ce qui se produit. Par exemple, nos études démontrent qu’au Canada, les personnes faisant appel au sociofinancement pour faire face à des besoins en santé proviennent surtout de zones à revenu élevé avec une population très éduquée et un taux élevé de propriété immobilière.

Pour faire face à ce problème, les plateformes de sociofinancement devraient donner à ceux qui en ont besoin les moyens d'acquérir les compétences nécessaires en sociofinancement. Elles pourraient également suivre l’exemple d’organismes tels que Watsi  et mettre en évidence les catégories défavorisées, et mutualiser les dons afin de les répartir plus équitablement.

Ces plateformes pourraient également offrir la possibilité de relier les donateurs potentiels à ce type de campagne.

La dissimulation de l’injustice

Certains font appel au financement participatif parce que leurs besoins ne sont pas couverts par le système de santé ou par leurs assurances privées. Les dons peuvent permettre de faire face aux besoins immédiats, mais pas à leurs causes profondes, et de ce fait peuvent rendre les véritables causes du manque de ressources en santé moins visibles.

Les plateformes de sociofinancement devraient favoriser l’établissement de partenariats entre les campagnes individuelles et les organismes philanthropiques qui s’occupent des causes profondes des lacunes du système de santé. Elles peuvent également partager leurs données confidentialisées avec le gouvernement et les professionnels de la santé afin d’identifier des tendances. Cette information peut permettre de promouvoir des réformes.

Les participants devraient témoigner des injustices dont ils ont été victimes et qui les ont amenés à faire une collecte de fonds. Ils peuvent également établir une liste des groupes, dirigeants politiques, ou agences auprès desquels on peut faire appel pour résoudre ces problèmes. Les journalistes, lorsqu’ils écrivent sur le sujet, devraient également souligner les lacunes du système.

Sensibiliser le public à ces injustices est un facteur de changement efficace. Prenons le cas de Nathalie Jarvis, rapporté par la CBC : elle n’avait pas les moyens de se relocaliser en vue d’une transplantation de poumon. Elle devait soit faire appel au sociofinancement, soit être transférée dans une unité de soins palliatifs. L’indignation du public a forcé le gouvernement de la Nouvelle-Écosse à bonifier l’allocation voyage pour ce traitement et d’autres cas nécessitant un déplacement.

L’invasion de la vie privée

Ceux qui ont recours au sociofinancement sont récompensés lorsqu’ils partagent leurs tragédies et divulguent des informations confidentielles. On les encourage à dévoiler leur nom, à partager les détails de leur diagnostic, leur état de santé ainsi que le traitement envisagé et le suivi nécessaire, même lorsqu’il s’agit d’adultes handicapés ou de mineurs.

Mais dévoiler ces informations se fait aux dépens de la vie privée. En parcourant les campagnes de sociofinancement, on s’aperçoit rapidement de la nature extrêmement intime de l’information partagée, que ce soit par les détails concernant l’état de santé, les photos des bénéficiaires entourés d’équipement médical, ou d’informations concernant leur famille et amis.

Afin d’éviter ces atteintes à la vie privée, les plateformes de sociofinancement devraient exiger de recevoir une formule de consentement des bénéficiaires sur le partage des données. Elles devraient également conseiller aux organisateurs de campagne d’exercer la plus grande prudence sur le partage de données de mineurs ou d’adultes incapables de fournir leur consentement.

Ces requérants et autres membres du public ont également besoin de meilleurs conseils de la part des opérateurs de plateformes et de défenseurs de la vie privée afin de protéger leur vie privée, par exemple en brouillant les visages sur les photographies.

À la recherche d’interventions non justifiées

Certaines campagnes de financement tentent d’obtenir des dons pour des interventions médicales qui n’ont pas reçu l’approbation des instances réglementaires gouvernementales, ou qui ne sont pas scientifiquement reconnues. Ces campagnes font souvent des allégations non vérifiées sur leur sécurité et leur efficacité.

Les plateformes de sociofinancement devraient encourager à la prudence ceux qui sont à la recherche de financement pour des interventions non reconnues. Elles pourraient même prévenir leurs utilisateurs des risques potentiels associés à de tels traitements. Elles pourraient également permettre l’échange de données confidentialisées auprès d’organismes tels que l’Association internationale pouur la recherche sur les cellules souches(ISSCR) et la Food and Drug Administration des États-unis afin de mieux comprendre et réagir aux campagnes pour des traitements non vérifiables.

Il est prouvé que des commerces qui vendent des traitements non reconnus incitent leur clients à se tourner vers le sociofinancement. Les plateformes devraient dresser des listes de cliniques ou de traitements problématiques afin de filtrer les campagnes susceptibles d’induire en erreur les donateurs. Elles devraient également envisager d’interdire les campagnes de financement pour certains fournisseurs et pour les interventions dangereuses. 

Santé

Est-ce que le sexe ralentit la maladie de Parkinson?

MONTRÉAL — Une vie sexuelle active est associée à une incapacité moins importante, à une meilleure qualité de vie et à une progression de la maladie plus lente chez les hommes qui présentent les premiers symptômes de la maladie de Parkinson, selon une nouvelle étude.

L’étude portait sur 355 sujets (228 hommes et 117 femmes) souffrant de la maladie de Parkinson. Parmi les hommes qui étaient actifs sexuellement, les chercheurs ont constaté des taux plus faibles d’apathie, de dépression et de problèmes de mémoire ou d’attention, ainsi qu’une fatigue moins importante.

Aucune association du genre n’a été mesurée chez les femmes, possiblement parce que l’étude comptait moins de participantes que de participants.

Des chercheurs européens affirment dans le European Journal of Neurology qu’il s’agit de la «première étude prospective longitudinale» à constater une telle association. Ils estiment que cela devrait inciter les spécialistes à interroger périodiquement leurs patients au sujet de leur vie sexuelle.

Une preuve?

«On pourrait se dire voilà, c’est une “preuve” que si on [promeut] les activités sexuelles régulières on va diminuer la maladie de Parkinson, mais ce n’est pas ça que l’étude démontre, a commenté le professeur Louis-Éric Trudeau, du département de pharmacologie et physiologie de l’Université de Montréal. Ce qu’on peut en tirer pour l’instant, c’est que parmi les patients qui ont une forme de maladie de Parkinson moins forte, qui ont des symptômes moins importants, ces gens-là ont globalement une activité sexuelle plus régulière, donc ce sont des gens qui ont un meilleur état de santé.»

D’autant plus, rappelle-t-il, que les participants à cette étude qui avaient une activité sexuelle plus régulière avaient également un niveau de médicamentation pour la maladie de Parkinson plus bas, «ce qui nous indique aussi qu’ils sont dans un état de maladie moins sévère».

Il faudrait donc voir le tout par l’autre bout de la lunette : les sujets ne doivent pas nécessairement leur meilleure santé à leur activité sexuelle; ils doivent possiblement leur activité sexuelle à leur meilleure santé.

À moins que...

«On ne peut pas exclure que ces gens-là depuis le début ce sont des gens qui ont une activité sexuelle plus régulière et que ça les a protégés dès le début, et là finalement ils ont une maladie de Parkinson qui est moins sévère, a rappelé M. Trudeau. Ça aussi c’est possible techniquement, mais cette étude ne permet pas de le dire.»

Une telle possibilité s’insérerait bien dans la littérature générale qui montre qu’une activité physique régulière aide à minimiser les symptômes de la maladie de Parkinson; et dans l’activité physique, on peut inclure l’activité sexuelle, poursuit-il.

«Mais évidemment, ce qui a été démontré dans l’amélioration des symptômes de la maladie de Parkinson, ça prend une activité physique très vigoureuse et qu’on fait très régulièrement pour des durées quand même substantielles, a-t-il conclu. Un petit dix ou quinze minutes ici et là, ce n’est pas suffisant.»

Santé

Contamination de l'eau: Québec à la recherche d'une expertise de pointe

Le ministère de l’Environnement ne possède pas l’expertise de pointe qui lui permettrait d’identifier les sources de contamination fécale de l’eau. Un problème auquel il veut remédier en faisant développer une procédure et des outils pour déterminer ces sources de contamination à l’aide de marqueurs génétiques.

Dans un appel d’offres publié jeudi, la Direction de l’agroenvironnement et du milieu hydrique (DAEMH) du ministère de l’Environnement souligne que les cas de contaminants environnementaux font régulièrement la manchette au Québec. 

Elle cite notamment l’exemple de la laitue romaine en provenance de l’Arizona qui a été contaminée l’an dernier par des déjections animales de bœufs provenant de pâturages situés à proximité des champs de laitue, une situation qui avait amené les autorités canadiennes à interdire la consommation de ces laitues.

La DAEMH fait état d’autres situations où, selon le type de bactérie, «la source de contamination peut être plus difficile à identifier». Elle rappelle à cet égard l’épisode de Saint-Bernard de Beauce, où une quarantaine de citoyens ont été infectés par la bactérie Campylobacter l’été dernier. 

«Les spécialistes n’ont pas réussi à retrouver officiellement la bactérie dans l’eau de la municipalité, mais la présence de la bactérie E.coli laisse croire que les excréments d’animaux seraient à l’origine de la contamination. Dans ce cas-ci, l’identification de la source de contamination n’a jamais pu être établie hors de tout doute. D’ailleurs, l’avis d’ébullition est toujours en vigueur dans cette municipalité», mentionne-t-elle dans son appel d’offres.

Dans ce contexte, «et étant donné que le développement d’une procédure et d’outils pour la détermination des sources de contamination fécale de l’eau à l’aide de marqueurs génétiques nécessite une expertise de pointe que le ministère ne possède pas», la DAEMH recherche des soumissionnaires capables de développer ces méthodes d’identification.

Celles-ci permettront, selon elle, d’obtenir une meilleure connaissance de l’origine de la contamination mesurée dans les cours d’eau, en plus d’aider à réaliser des actions de dépollution «mieux ciblées et plus efficaces».

Recours légaux

«Ces procédures d’identification des sources permettront de soutenir les inspecteurs et les enquêteurs du ministère dans leur recherche de preuves scientifiques. Même si la source est évidente ou connue, appuyée de photos ou de témoignages, les données scientifiques peuvent être nécessaires aux recours légaux», ajoute la DAEMH.

Cette même expertise de pointe peut aussi être utile lors d’une contamination accidentelle nécessitant une intervention d’urgence, expose-t-elle encore. 

La DAEMH évalue le coût du contrat, dont l’échéance est prévue pour mars 2023, à environ 500 000 $.

Santé

Réactions graves aux médicaments: les hôpitaux devront les rapporter

MONTRÉAL - Un homme se retrouve à l’hôpital parce qu’il fait une réaction nocive grave à un médicament? Une femme souffre de conséquences médicales d’un implant mammaire défectueux? Les hôpitaux seront désormais obligés de déclarer ces réactions à Santé Canada afin que le ministère puisse agir rapidement et retirer des produits du marché si nécessaire.

Auparavant, seuls les fabricants étaient obligés par la loi de signaler ces problèmes à Santé Canada.

Le ministère fédéral a décidé d’imposer fin juin ces nouvelles obligations aux hôpitaux canadiens par règlement.

Les mesures entreront en vigueur à la fin de 2019. La déclaration obligatoire par les hôpitaux devra être présentée par écrit dans les 30 jours.

Pour l’instant, le règlement prévoit que seuls les hôpitaux sont soumis à cette nouvelle obligation, car c’est à cet endroit que la plupart des problèmes sont diagnostiqués, dit le ministère. Mais il dit encourager les cliniques et autres établissements de santé comme les centres de soins de longue durée à également les rapporter.

Les médicaments sont visés par le règlement - d’ordonnance et aussi sans ordonnance - mais aussi les vaccins et les «instruments médicaux». Des exemples de ceux-ci sont les implants mammaires, les stimulateurs cardiaques ou encore les stérilets.

Le sang et les produits sanguins ne seront pas visés par le nouveau règlement.

Les réactions indésirables graves à des médicaments et les incidents relatifs à des instruments médicaux sont nettement sous-déclarés, autant au Canada qu’à l’étranger, note le ministère fédéral qui souhaite que le nouveau règlement améliore cette situation.

On veut ratisser plus large, a indiqué une porte-parole de Santé Canada, Maryse Durette. Pour avoir une meilleure vue d’ensemble, ainsi que pour accroître la quantité et la qualité des déclarations des réactions indésirables.

Santé Canada estime que s’il est au courant de tous les incidents de cette nature, il pourra mieux surveiller les produits thérapeutiques en vente. Cela lui permettra aussi de déceler les premiers signes de réactions graves ou rares à un médicament ou à un instrument médical qui seraient jusque-là passés inaperçus et l’aider à prendre des mesures à l’encontre de produits qui pourraient menacer la santé ou la sécurité, notamment en retirant des produits du marché, fait-il valoir.

Santé Canada a récemment agi de la sorte. En mai dernier, il a suspendu les homologations accordées aux implants mammaires Biocell d’Allergan, après qu’il fut découvert que le taux de lymphome anaplasique à grandes cellules (LAGC-AIM) au pays était beaucoup plus élevé chez les patientes portant des implants mammaires macrotexturés que chez les autres.

Santé

Des problèmes de vétusté forcent la fermeture de salles d’opération à l’Hôtel-Dieu de Lévis

La vétusté du bloc opératoire de l’Hôtel-Dieu de Lévis a forcé à plusieurs reprises la fermeture de salles au cours des dernières années et affecte l’efficacité des soins et des services offerts aux patients, selon le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Chaudière-Appalaches, qui veut se doter d’un plan directeur clinique immobilier.

Dans un appel d’offres d’une rare transparence publié mardi, le CISSS de Chaudière-Appalaches fait état du «besoin criant de correction des problématiques de vétusté du bloc opératoire, du service d’endoscopie et de l’URDM [unité de retraitement des dispositifs médicaux] de l’Hôtel-Dieu de Lévis». 

«L’efficacité des soins et des services offerts est évidemment en jeu : l’organisation, la productivité, la prévention des infections sont touchées et ont évidemment de graves conséquences sur la qualité de la desserte en matière d’activités chirurgicales à l’échelle régionale, sans compter toutes les mesures d’atténuation mises en place pour limiter les inconvénients à la population desservie et les irritants ressentis par les membres du personnel», décrit le CISSS dans son appel d’offres.

Le projet vise à consolider les activités du bloc opératoire, «ce qui aurait pour conséquence d’abord une meilleure utilisation des fonds publics, mais, surtout, une amélioration des services chirurgicaux rendus à la population desservie par le CSSS Alphonse-Desjardins (temps d’attente réduit, sécurité rehaussée, etc.)». 

Pression sur les services

Plus globalement, le CISSS constate dans son appel d’offres que l’utilisation des espaces immobiliers dans les secteurs Desjardins et Chutes-de-la-Chaudière-Est a atteint un niveau de saturation «important» qui crée «un goulot d’étranglement» et «un ralentissement des projets cliniques». «Les espaces cliniques actuels limitent l’embauche de personnel malgré les allocations consenties à la région. Ils sont peu attractifs et ne favorisent pas la rétention du personnel», souligne-t-il.

«Au plan populationnel, le secteur ouest de la ville de Lévis connaît actuellement et connaîtra dans les prochaines années un essor démographique important. La présence de jeunes familles et le développement marqué de résidences privées pour personnes âgées exercent une pression sur le niveau de services attendu par la population. Or l’offre de services actuelle du CISSS de Chaudière-Appalaches, notamment en santé physique et en hébergement, est plus largement déployée dans le secteur Desjardins. L’inadéquation du niveau de ressources disponibles dans ce milieu, compte tenu des besoins populationnels, entraîne déjà des enjeux d’accès et de continuité des services», écrit l’établissement. 

Le CISSS souligne qu’il n’existe actuellement «aucune planification immobilière appuyée par une vision clinique de développement des services», et que cette absence de vision intégrée entraîne «des enjeux d’espaces entre les directions» et «un budget de fonctionnement à la hausse». 

L’établissement souhaite donc faire élaborer un plan directeur clinique immobilier sur un horizon de cinq à 10 ans. Ce plan devra «proposer des solutions innovantes», «optimiser les espaces bureaux selon le concept 2.0», «maximiser les bâtiments existants» et regrouper des services, entre autres. 

«Le plan directeur clinique immobilier devra être cohérent avec les mouvements urbains et l’évolution du marché immobilier. Il faudra considérer et illustrer la vision de développement de la Ville de Lévis en fonction des différents pôles commerciaux. L’accès, les déplacements et la circulation sont des éléments préoccupants pour l’organisation afin de bien desservir la clientèle», souligne le CISSS. 

La firme retenue aura 12 mois pour produire son rapport.

Santé

Une mauvaise hygiène buccale pourrait augmenter le risque de cancer du foie

MONTRÉAL - Une mauvaise hygiène buccale pourrait être associée à une hausse de 75 pour cent du risque de carcinome hépatocellulaire, la forme la plus courante de cancer du foie, selon une nouvelle étude européenne.

Les raisons derrière cette association demeurent toutefois obscures et il ne faut pas conclure à un lien de cause à effet entre les bactéries dans la bouche et la maladie, préviennent aussi bien les auteurs de l’étude qu’un expert québécois.

L’étude réalisée à Queen’s University Belfast portait sur quelque 469 000 sujets britanniques. Les chercheurs souhaitaient explorer le lien entre la santé buccale rapportée par les participants (gencives qui saignent, aphtes buccaux et dents qui bougent) et divers cancers gastro-intestinaux, notamment ceux du foie, du colon, du rectum et du pancréas.

Seul un lien avec un cancer du canal hépatobiliaire a été détecté.

«Voir deux choses en même temps, c’est une association, mais ça n’en fait pas une relation de causalité, a dit le docteur Benoît Lalonde, qui enseigne à la faculté de médecine dentaire de l’Université de Montréal. Ce ne serait pas surprenant que le patient qui ne prend pas soin de sa bouche ne prenne pas soin de sa santé en général, que ce soit un patient qui a un surplus de poids, qui est diabétique, qui est fumeur, etc. On voit qu’il y a plusieurs facteurs collatéraux qui pourraient expliquer la maladie cardiaque ou la maladie hépatocellulaire ou peu importe.»

Les participants ayant une mauvaise hygiène buccale étaient d’ailleurs plus susceptibles d’être des jeunes femmes qui habitaient des quartiers défavorisés. Elles consommaient aussi moins de deux portions de fruits et légumes par jour.

Une hypothèse soulevée par les chercheurs irlandais met en cause les bactéries de la bouche et de l’intestin dans le développement de la maladie. Ils soulignent aussi que les participants qui ont perdu plusieurs dents ont possiblement modifié leur alimentation, ce qui peut avoir un impact sur leur risque de cancer.

«Le débat est là: est-ce que la flore qui infecte la gencive a un lien direct avec la maladie cardiaque, avec les bébés de petit poids... c’est vraiment compliqué», a dit le docteur Lalonde.

Les conclusions de cette étude ont été publiées par le journal médical United European Gastroenterology.

Actualités

Grève de 1000 travailleurs dans 11 résidences pour aînés

MONTRÉAL — Onze résidences privées pour personnes âgées seront touchées par une grève de leurs travailleurs à la mi-juillet.

Ces résidences se trouvent à Montréal, Québec, Laval, Gatineau, Lévis, Saint-Jean-sur-Richelieu, Saguenay et Saint-Lambert.

Ce sont quelque 1000 travailleurs, membres du Syndicat québécois des employés de service (SQEES), affilié à la FTQ, qui débraieront du 14 au 20 juillet, dans le cas de 10 de ces 11 résidences, et du 18 au 20 juillet pour l’autre résidence.

Ces travailleurs se battent pour obtenir 15 $ l’heure à l’embauche et 1 $ d’augmentation par année, pour un contrat de trois ans. Dans certains cas, ils touchent 13 $ l’heure, soit à peine plus que le salaire minimum, qui est de 12,50 $ l’heure au Québec.

Il s’agit surtout de préposés aux bénéficiaires, mais aussi d’employés aux cuisines, au service aux tables, à l’entretien ménager, à la réception, ainsi que des infirmières auxiliaires (ces dernières ne sont pas concernées par la demande de 15 $ l’heure, puisqu’elles le touchent déjà).

Mais jusqu’ici, ces employeurs privés, dont certains sont de grandes chaînes de résidences, refusent d’accorder 15 $ l’heure à l’embauche à leurs travailleurs. Certains l’offrent, mais ne proposent que des augmentations de 35 cents l’heure par la suite, a rapporté en entrevue avec La Presse canadienne Sylvie Nelson, présidente du SQEES.

«On est en pénurie. On ne comprend pas pourquoi les employeurs ne comprennent pas ça. C’est tellement aberrant qu’ils prennent cette position-là! Il faut que les employeurs comprennent, un moment donné, que de donner des services et des soins à des personnes âgées, ça vaut un salaire qui a de l’allure», s’est exclamée Mme Nelson.

Elle a vu une usine à Drummondville qui a haussé le salaire de 3 $ l’heure parce qu’elle avait peine à recruter des travailleurs. L’usine affiche maintenant un salaire de 16,80 $ l’heure pour parvenir à trouver de la main-d’oeuvre.

Les préposés aux bénéficiaires ne comprennent pas de telles disparités, d’autant plus qu’eux aussi vivent une pénurie de main-d’oeuvre, rapporte Mme Nelson. «Nos gens vont se tenir debout; nos gens sont solidaires et on a l’appui de la population», a-t-elle martelé.

Grève illimitée à l’automne?

Pour plusieurs des résidences touchées, il s’agira en fait d’un deuxième coup de semonce. Certaines avaient en effet déjà été touchées par une grève de trois jours, les 30 et 31 mai, ainsi que le 1er juin. Et ce mandat de grève de trois jours prévoyait déjà une grève illimitée.

Mme Nelson prévient donc qu’une grève illimitée pourrait les toucher dès l’automne, si rien ne débloque d’ici là.

«À l’automne, il ne sera plus question de troisième chance. On a un mandat illimité dans tous ces établissements-là. Les coups de semonce, un moment donné, ça suffit là», a tonné Mme Nelson.

Bien qu’il s’agisse d’établissements privés, les dispositions sur les services essentiels du Code du travail s’appliquent, puisqu’il s’agit de soins et services dispensés à des personnes âgées.

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Les résidences touchées du 14 au 20 juillet:

- Aviva, Québec

- Appartements du Château de Bordeaux (Chartwell), Québec

- CHSLD Herron, Montréal

- L’Oasis Saint-Jean (cuisine, Chartwell), Saint-Jean-sur-Richelieu

- Résidence Élogia (Maurice), Montréal

- Domaine Notre-Dame (Chartwell), Gatineau

- Domaine des Forges, Laval

- Résidence urbaine pour aînés Le Boulevard, Montréal

- Les Écluses, Saint-Lambert

- Manoir Champlain, Saguenay

Résidence touchée les 18, 19 et 20 juillet:

- Jazz Lévis (Cogir), Lévis

Santé

Une étude lie les aliments ultra-transformés à des maladies graves [VIDÉO]

MONTRÉAL — Une nouvelle recherche révèle qu’une alimentation riche en aliments ultra-transformés est associée à l’obésité, au diabète et à l’hypertension artérielle, des facteurs de risque des maladies du coeur et de l’AVC.

La recherche commandée par la Fondation des maladies du coeur et de l’AVC précise que comparativement à l’ensemble de la population canadienne, les adultes qui consomment les plus grandes quantités d’aliments ultra-transformés ont un risque plus élevé de 31 % de souffrir d’obésité, de 37 % d’être atteints de diabète et de 60 % d’hypertension artérielle.

Jean-Claude Moubarac, professeur adjoint au département de nutrition de l’Université de Montréal et auteur de la recherche, affirme qu’il s’agit de la première étude au Canada à démontrer le lien entre une consommation accrue de tels aliments et la prévalence de plusieurs maladies chroniques.

La Fondation des maladies du coeur et de l’AVC explique que les aliments ultra-transformés contiennent beaucoup d’ingrédients ajoutés et qui ont subi une panoplie de traitements. Il s’agit, par exemple, des croustilles, des bonbons, de la crème glacée, des céréales à déjeuner sucrées, des soupes emballées, des croquettes de poulet et des hot-dogs.

Ces aliments contiennent peu d’aliments entiers, voire aucuns. Ils sont souvent riches en calories, en sucres libres, en sodium ou en gras saturés. La Fondation signale qu’ils sont fortement présents dans l’offre alimentaire, peu coûteux et intensément publicisés.

La consommation moyenne d’aliments ultra-transformés chez les adultes canadiens représente 47 % des calories quotidiennes, selon l’étude. Une recherche antérieure de M. Moubarac révélait que c’est pire chez les jeunes âgés de 9 à 13 ans: 60 % des calories consommées proviennent de cette catégorie d’aliments.

La Fondation prône un resserrement des politiques et des lignes directrices compte tenu de la prolifération des aliments ultra-transformés, emballés et prêt-à-manger. Elle espère aussi la mise en oeuvre de politiques comme l’étiquetage nutritionnel obligatoire sur le devant des emballages et des restrictions en matière de publicité d’aliments et de boissons destinée aux enfants.

Santé

Vaccin contre le VPH: des résultats très encourageants

La mise sur pied de programmes de vaccination contre le virus du papillome humain (VPH) a suscité bien des controverses partout dans le monde depuis la première autorisation d’un vaccin, en 2007, mais il semble bien que le jeu en valait la chandelle, d’après des travaux du Centre de recherche du CHU de Québec et de l’Université Laval.

Seulement quelques années après le début de ces programmes, le VPH et certaines de ses conséquences (les condylomes et les cellules précancéreuses du col de l’utérus) sont en fort recul chez les jeunes filles (et même les garçons) des pays concernés, lit-on dans une étude parue mercredi soir sur le site de la revue médicale britannique The Lancet.

Dirigé par Mélanie Drolet et Marc Brisson, l’article a réuni les données de 65 études (un exercice nommé méta-analyse, en jargon statistique) menées dans 14 pays développés qui ont mis en place des programmes de vaccination contre le VPH. Il s’agissait d’une mise à jour d’une autre étude de la sorte que le même groupe de recherche avait fait paraître en 2015.

En comparant la chiffres sur l’infection au VPH avant et après le début de la vaccination, les auteurs ont constaté que les souches 16 et 18 du virus (les plus dangereuses, causant 70 % des cancers cervicaux) ont reculé de pas moins de 83 % chez les adolescentes de 13 à 19 ans, et de 66 % chez les jeunes femmes de 20-24 ans. Les condylomes ont chuté de 67 et 54 % chez ces groupes d’âge, et les cellules précancéreuses du col utérin, de 51 et 31 %, respectivement.

Recul du virus

Fait à noter et qui donne un intérêt supplémentaire à ces résultats, dans les pays où la couverture vaccinale fut bonne (plus de 50 %), les chercheurs ont également remarqué un recul du virus chez les jeunes hommes et adolescents, de même que chez les femmes de 25 à 29 ans, qui n’avaient pas reçu le vaccin. Il s’agirait-là d’un «effet d’immunité de groupe», analysent Mme Drolet et ses collègues : comme une bonne partie de ces cohortes sont immunisées au VPH, celui-ci est généralement moins en circulation, si bien que même les groupes non-protégés l’attrapent moins.

«La vaccination contre le VPH est encore trop récente pour qu’on puisse mesurer directement ses effets sur ce cancer puisque celui-ci peut prendre des décennies à se développer, a indiqué Mme Drolet, première auteure de l’étude, dans un communiqué. Par contre, nos analyses montrent que la vaccination réduit substantiellement le nombre d’infections et de lésions précancéreuses causées par le VPH. Ces réductions sont un premier signe que la vaccination pourrait éventuellement mener à l’élimination du cancer du col de l’utérus en tant que problème de santé publique. Nous tentons maintenant de préciser à quel moment l’élimination pourrait être atteinte et les caractéristiques des programmes de vaccination et de dépistage qui permettraient d'y arriver plus rapidement.»

Santé

Les consommateurs trouvent les aliments trop sucrés, selon une analyse

Plusieurs consommateurs considèrent que les aliments qui leur sont offerts sont trop sucrés, révèle l'analyse de quelque 400 000 commentaires mis en ligne par des clients du géant Amazon.

Une organisation américaine, le Centre Monell, a eu recours à l'intelligence artificielle et à des algorithmes sophistiqués pour décortiquer ces commentaires, une tâche titanesque qui aurait été impossible à réaliser autrement.

Santé

MIELS-Québec tient la seconde Journée de dépistage du VIH au bar St-Matthew’s

Les Canadiens sont invités à se rendre jeudi dans un des 70 centres de dépistage du VIH afin de savoir s’ils sont séropositifs ou pas. Dans la capitale québécoise, c’est au bar St-Matthew’s que se déroulera cette deuxième Journée pancanadienne de dépistage du VIH.

À l’occasion de la seconde Journée pancanadienne du dépistage du VIH, qui vise à réduire la stigmatisation souvent associée au dépistage de cette infection, des tests rapides seront réalisés à l’aide de trousses qui donnent un résultat en moins d’une minute. Si un résultat réactif est détecté, on procédera à une prise de sang sur place pour confirmer le résultat et dépister d’autres infections transmissibles sexuellement et par le sang. 

À Québec, c’est l’organisme MIELS-Québec qui coordonnera les activités de dépistage au bar St-Matthew’s, situé au 889, Côte Sainte-Geneviève, dans le quartier Saint-Jean-Baptiste. Le site sera ouvert entre 16h et 19h.

Dans un communiqué diffusé cette semaine, la Société canadienne du sida (SCS) souligne qu’environ 65 000 personnes vivent avec le VIH au Canada, et qu’une personne sur cinq ayant contracté l’infection n’est pas au courant de sa condition. «Le seul moyen de savoir avec certitude si vous êtes séropositif pour le VIH ou pas, c’est de vous faire dépister. Plus tôt on sait qu’on a le virus, plus tôt on peut recevoir des soins», rappelle la SCS.

Selon l’Agence de la santé publique du Canada, le nombre d’infections par le VIH au pays a connu une augmentation de 17% entre 2014 et 2017. L’an dernier, la Journée pancanadienne de dépistage du VIH a permis de dépister 835 personnes. 

Suppression virale

Cette année, des porte-paroles seront présents dans les divers sites de dépistage afin d’expliquer la notion I=I (pour indétectable=intransmissible), selon laquelle si vous arrivez à la suppression virale en suivant un traitement du VIH et que votre infection se maintient à un niveau indétectable, vous pouvez rester en santé et n’avez pas de risque de transmettre le virus à d’autres personnes.

L’information sur les sites de dépistage et les heures d’ouverture est accessible à hivtestingday.ca/language/fr/.

Santé

Boissons énergisantes: Santé Canada en réflexion

Santé Canada entend réfléchir « aux manières de mieux faire connaître les risques associés à une consommation excessive » de boissons énergisantes contenant de la caféine, à la suite de la noyade d’un jeune homme de 21 ans, survenue après qu’il eut consommé de la bière et « au moins » deux canettes de Red Bull, en 2016, en Outaouais.

Dans son rapport d’investigation sur le décès de Zachary Mitchell, rendu public l’hiver dernier, la coroner Pascale Boulay avait souligné que « la réglementation actuelle portant sur les boissons énergisantes n’est pas suffisante ».

Santé

Plus de viande rouge gonflerait le risque de mortalité

MONTRÉAL — Mauvaise nouvelle alors que débute à peine la saison des barbecues: une nouvelle étude met de nouveau en lumière le lien entre la consommation de viande rouge et une hausse du risque de mortalité.

Des chercheurs de l’université Harvard ont constaté que les gens qui augmentaient leur consommation de viande rouge pendant une période de huit ans étaient ensuite plus susceptibles de mourir pendant les huit années suivantes, comparativement aux gens qui n’avaient pas augmenté leur consommation de viande rouge.

En revanche, une réduction de la consommation de viande rouge jumelée à une augmentation de la consommation d’aliments plus sains abaissait le risque de mortalité.

«Quand on diminue la viande rouge, habituellement on va la remplacer par quelque chose d’autre, a dit Emmanuelle Dubuc-Fortin, une nutritionniste d’Extenso, le centre de référence sur la nutrition de l’Université de Montréal. Et le choix de ce qu’on mange en remplacement peut avoir des effets bénéfiques et jouer sur la mortalité.»

Cette étude est loin d’être la première à associer la consommation de viande rouge, et surtout de viande rouge transformée, à des problèmes de santé - qu’il s’agisse du diabète de type 2, de la maladie cardiovasculaire ou de certains cancers (notamment ceux du colon et du rectum) - ou à un décès prématuré.

Les chercheurs américains ont étudié 53 553 participantes et 27 916 participants à la gigantesque Nurses’ Health Study. Ils ont découvert que l’ajout quotidien d’au moins une demi-portion de viande rouge transformée rehaussait de 13 % le risque de mortalité. L’ajout de la même quantité de viande rouge non transformée gonflait le risque de mortalité de 9 %.

Les chercheurs ont aussi mesuré des associations importantes entre la consommation de viande rouge et une hausse des décès causés par une maladie cardiovasculaire, une maladie respiratoire ou une maladie neurodégénérative.

Le lien entre la viande rouge et la mortalité prématuré n’était nullement influencé par l’âge des participants, leur niveau de sédentarité, la qualité de leur alimentation, leur tabagisme ou leur consommation d’alcool.

L’étude a aussi démontré qu’une réduction de la consommation de viande rouge jumelée à une augmentation de la consommation de noix, de volaille (sans la peau), de produits laitiers, d’oeufs, de grains entiers et de légumes pendant une période de huit ans réduisait le risque de mortalité pendant les huit années suivantes.

«On ne dit jamais d’éliminer complètement la viande, a ajouté Mme Dubuc-Fortin. Il s’agit d’avoir des portions raisonnables, de ne pas en manger tous les jours, de varier les sources de protéines. Il y a moyen de faire des barbecues sans viande, mais c’est aussi correct d’en intégrer.»

Il faudrait toutefois y réfléchir à deux fois avant de se tourner vers les galettes de protéines végétales qui font actuellement fureur.

«Ces produits-là ne sont pas tellement plus intéressants du point de vue de la santé qu’un burger de viande rouge, a prévenu Mme Dubuc-Fortin. C’est très riche en gras saturés, donc ce n’est pas plus intéressant pour la santé cardiovasculaire. C’est vraiment un produit qui est ultra-transformé, c’est rempli d’additifs, tandis qu’un burger de boeuf, c’est du boeuf et rien d’autre. Ce n’est pas en se tournant vers des produits comme ça qu’on va améliorer notre santé.»

Les chercheurs croient que le lien entre la viande rouge et la mortalité prématurée tient à différents facteurs qui entraînent des problèmes cardiométaboliques, comme le gras saturé, le fer héminique, le cholestérol et des substances cancérigènes créées par la cuisson à haute température. Le microbiome intestinal a aussi été mis en cause.

Les conclusions de cette étude ont été publiées par le BMJ.

Actualités

De l'aide pour les personnes LGBTQ+ violentées [VIDÉO]

MONTRÉAL — Un nouveau service à l’intention des personnes LGBTQ+ victimes de violence a été lancé cette semaine par Interligne.

Le service, baptisé Alix, est un programme mis en oeuvre à travers une plateforme Web, qui vise à dresser un portrait des violences vécues par les communautés LGBTQ+.

Interligne, anciennement connu sous le nom de Gai Écoute, explique avoir été témoin, depuis sa fondation, de multiples formes de violences présentes dans les communautés LGBTQ+, qu’elle soit physique, psychologique, sexuelle, conjugale, institutionnelle ou autres.

Le programme Alix, précise-t-on, pourra recenser ces situations de violence, soutenir les victimes et agir pour amorcer un changement social quant aux perceptions et aux façons d’agir auprès des personnes LGBTQ+ victimes de violence.

La plateforme invitera les personnes concernées à signaler les situations de violence anonymement. Les données recueillies seront répertoriées à l’aide d’une carte interactive, et seront également incluses dans un rapport annuel.

Alix offre aussi des outils, des pistes d’actions et des ressources, en plus de permettre, par l’entremise d’Interligne, l’accès à une ligne d’aide, d’écoute et de renseignements, et ce, en tout temps.

«Les personnes LGBTQ+ ne dénoncent pas les violences dont elles sont victimes puisqu’elles ont peur de devoir faire leur «coming out» auprès des autorités et que ce dernier soit mal reçu» a expliqué Pascal Vaillancourt, directeur général d’Interligne, par communiqué.

«Cette réaction est pleinement justifiée puisque de nombreux services ne tiennent pas compte des réalités multiples de la diversité sexuelle et de la pluralité des genres, ce qui perpétue les micro-agressions contribuant à l’exclusion des personnes LGBTQ+».

Site Web du programme Alix: http://alix.interligne.co

Santé

Santé mentale: les organismes communautaires en itinérance sont débordés

Après le Centre de crise de Québec et PECH (Programme d’encadrement et d’hébergement clinique), c’est au tour des organismes en itinérance de signaler une augmentation et un alourdissement de la clientèle qui leur est référée. Pour le Regroupement pour l’aide aux itinérants et itinérantes de Québec (RAIIQ), «il est clair que le débordement dans les refuges est en partie lié au dysfonctionnement du réseau institutionnel en santé mentale».

Depuis le début de l’année 2019, le taux d’occupation des refuges en itinérance a été supérieur à 100 % tant chez les hommes que chez les femmes, rapporte le coordonnateur par intérim du RAIIQ, Pierre Maheux. 

Que ce soit à Lauberivière, au YWCA, à l’Armée du Salut ou au Projet Lune, «le nombre de lits disponibles ne permet pas de répondre à la demande, et ce, malgré l’ajout de places en hébergement», souligne M. Maheux.

Pour le mois de janvier, le nombre de refus dans ces refuges s’élevait à 133 chez les hommes et à 184 chez les femmes. En mai, ce sont 202 refus chez les hommes et 237 chez les femmes qui ont été signalés au RAIIQ. Pour le mois de juin, on dénombre déjà 141 refus chez les hommes et 147 chez les femmes, détaille Pierre Maheux.

«Ce qu’on note depuis quelques mois, c’est une augmentation du nombre de personnes qui vont dans les ressources communautaires en itinérance, mais aussi un alourdissement de la clientèle. Dans les milieux de vie [ou centres de jour] jeunesse notamment, on remarque qu’il y a plus de jeunes adultes avec des problèmes de santé mentale, diagnostiqués ou pas, qui présentent des troubles de comportement sévères», dit le coordonnateur par intérim du RAIIQ. 

«Trou de service»

M. Maheux estime que fermer des lits en psychiatrie quand les urgences psychiatriques débordent et qu’il y a une liste d’attente en santé mentale, «ce n’est pas une bonne idée». 

À l’instar du directeur général de PECH, Benoît Côté, Pierre Maheux déplore le «trou de service» pour le traitement des troubles concomitants de santé mentale et de toxicomanie. «Il est identifié depuis plusieurs années et rien n’a été fait par le CIUSSS», dénonce-t-il.

Selon lui, «quand il y a des problèmes dans le réseau en santé mentale, ça finit toujours par déborder dans le communautaire», sous-financé et en manque de ressources. 

M. Maheux rappelle à cet effet que même si le dernier budget provincial a prévu 30 millions $ d’argent neuf au Programme de soutien aux organismes communautaires, «on sort d’une période de 10 ans de gel du financement des organismes et d’une période où l’enveloppe du fédéral en itinérance a été gelée» pendant six ans, entre 1999 et 2015.

Lourdeur bureaucratique

«Le support financier aujour­d’hui, c’est du financement par projet, par problématique, des programmes non récurrents avec des objectifs, des priorités, des redditions de compte, des rapports à faire… Ça alourdit terriblement le travail des organismes quand ils ont des redditions de compte à faire aux trois mois», laisse tomber Pierre Maheux, qui doute d’ailleurs que le personnel du ministère de la Santé et des Services sociaux «puisse lire tous ces rapports tellement il y en a, à moins d’en faire de la lecture de chevet».

Santé

Les remplacements de la hanche et du genou en hausse au Canada

MONTRÉAL — Les chirurgies pour remplacer la hanche ou le genou ont augmenté d’environ 17 % au Canada depuis cinq ans, et ces interventions entraînent des coûts d’hospitalisation de 1,2 milliard $ en moyenne, selon de nouvelles données de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS).

Dans un rapport publié jeudi, l’ICIS indique qu’en 2017-2018, 58 492 remplacements de la hanche et 70 502 remplacements du genou ont été effectués au pays. Il s’agit de hausses respectives de 17,4 et 17 % depuis les années 2013-2014.

Signe du vieillissement de la population, les Canadiens les plus âgés sont surreprésentés dans ces données: les patients âgés de 65 ans et plus représentaient les deux tiers de ceux qui ont reçu une arthroplastie de la hanche et plus de la moitié (63 %) des patients ayant subi une chirurgie au genou.

En fait, la hausse constatée dans le rapport «est largement attribuable au vieillissement et à la croissance de la population», note l’ICIS.

Cette augmentation des interventions entraîne des dépenses onéreuses pour les gouvernements, car elles coûtent en moyenne 10 000 $ chacune - et ce chiffre ne tient pas compte de la rémunération des médecins et des frais de réadaptation. En général, les patients restent 4,5 jours à l’hôpital pour ces chirurgies.

Le coût des reprises d’arthroplasties s’avère d’autant plus important, puisque la durée de l’hospitalisation est plus longue, selon l’ICIS. En moyenne, le coût d’hospitalisation d’une reprise s’élevait à 16 900 $ chacune.

Dans la majorité des cas, un remplacement de la hanche ou du genou est effectué pour traiter de l’arthrite dégénérative.

Pour les chirurgies de la hanche, le Québec se situe au deuxième rang derrière l’Ontario, avec un total de 11 050 en 2017-2018, soit une augmentation de 13,8 % depuis cinq ans. C’est dans deux provinces de l’Atlantique que l’on retrouve les hausses les plus importantes: à Terre-Neuve-et-Labrador, on note une augmentation de 29,3 %, et en Nouvelle-Écosse, une hausse de 24,5 % a été enregistrée.

Pour les chirurgies du genou, le Québec est une fois de plus deuxième derrière l’Ontario avec un total de 12 810 interventions, ce qui représente une hausse de 13,9 %. Les provinces où les augmentations ont été les plus remarquables sont la Colombie-Britannique (37,9 %) et le Nouveau-Brunswick (29,9 %).

Pour arriver à ces résultats, l’ICIS s’est fié aux chiffres du Registre canadien des remplacements articulaires, qui peuvent toutefois être incomplets, puisque la majorité des provinces fournissent ces données volontairement.