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Santé

La Cour supérieure rejette la demande du CHUM qui voulait héberger de force un itinérant de 77 ans

Le Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM) a échoué dans sa tentative de faire héberger de force un itinérant de 77 ans qu’il estimait inapte à consentir. La Cour supérieure a donné raison au septuagénaire, un lecteur boulimique qui a fait des études poussées et qui a passé 40 ans au service du même employeur, mais qui a fait le choix de vivre dans la rue.

Robert (prénom fictif) vit dans les rues de Montréal depuis plus de 10 ans. Été comme hiver, il dort à l’extérieur, là où il peut. À 77 ans, il n’a ni domicile fixe, ni parent connu, ni conjointe, ni enfant. Ses comportements sont «souvent à la marge de l’acceptable», note le juge Michel Yergeau. Son hygiène corporelle laisse à désirer et lui ferme des portes. La tendance du vieil homme à la «prodigalité» (ou générosité excessive) au bénéfice de personnes plus jeunes que lui n’est pas non plus sans inquiéter, mentionne encore le juge Yergeau. Robert est également atteint d’un «syndrome de thésaurisation compulsive» qui le pousse à accumuler des objets inutiles.

Le 2 mai dernier, au cours de la nuit, Robert est victime d’une brutale agression qui le laisse gisant dans la rue jusqu’à ce que des policiers le remarquent. Il est hospitalisé au CHUM pour une fracture du fémur. 

«L’âge aidant, l’homme apparaît vulnérable aux aléas que la vie dans la rue lui réserve», observe le juge.

D’un autre côté, note le magistrat, Robert est un homme instruit qui s’exprime «avec aisance et clarté». Titulaire d’un baccalauréat ès arts, il passe quelques années à voyager avant de poursuivre des études en philosophie à la maîtrise, puis au doctorat. Entre 1972 à 2012, il travaille comme manœuvre et comme cadre dans une fabrique. 

«Au cours de son témoignage, il porte attention aux questions qu’on lui pose, demande au besoin de les préciser et y répond de façon calme et ordonnée dans un français dont la qualité le démarque. Il est cohérent lorsqu’il répond, autant aux questions de son avocat qu’en contre-interrogatoire. Il ne manifeste pas de confusion même si le débit est un peu ralenti», souligne le juge Michel Yergeau, 

Lecteur boulimique

Robert mentionne avoir toujours été et être encore un lecteur boulimique, «Ce n’est pas parce qu’on est itinérant qu’on ne lit pas Le Monde diplomatique, Le Figaro, Le Devoir ou le New York Times, répond-il à une question de son avocat», rapporte le juge Yergeau. 

Le vieil homme dit bien connaître les aléas de la vie d’itinérant et refuse de se priver de la liberté que cette vie lui procure. Il n’a aucun problème de consommation et n’a recours à aucun antidépresseur, antipsychotique ou stabilisateur de l’humeur. «Il doit néanmoins prendre des médicaments reliés, entre autres, à une hernie hiatale, une hyperplasie bénigne de la prostate et à une cirrhose secondaire à une hépatite C non traitée», mentionne le juge.

Placé, mais libre

Après avoir obtenu son congé du CHUM et à la suite d’une ordonnance provisoire d’hébergement, Robert est placé dans un centre d’hébergement le 11 juillet. Il y vit encore, dit s’y plaire tant qu’il demeure libre de ses allées et venues, mais refuse qu’on l’oblige à y demeurer.

Pour la gériatre du CHUM qui a témoigné, Robert présente une déficience cognitive majeure mixte (vasculaire et Alzheimer) qui le rend inapte en raison de son absence de jugement et d’autocritique. Selon elle, le défendeur «ne prend pas la mesure des problèmes de santé qui l’affectent et ne comprend pas les risques inhérents au fait de retourner à l’itinérance plutôt que d’avoir un toit sur la tête et des préposés autour de lui pour assurer la prise des médicaments, rappeler les règles d’hygiène et préparer les repas».

Le psychiatre appelé à témoigner en défense estime pour sa part que Robert ne montre aucun signe de la maladie d’Alzheimer, pas plus qu’il ne présente de signes précurseurs d’une dégénérescence neurocognitive qui permettent de diagnostiquer un trouble neurocognitif majeur. Le médecin attribue plutôt les choix de vie particuliers de Robert «à une personnalité excentrique et marginale qui l’aura mené vers une vie solitaire».

Le juge Michel Yergeau est d’avis que le Tribunal doit rejeter la demande d’autorisation d’hébergement du CHUM. «Mais cette conclusion découle évidemment d’un instantané pris à l’intérieur d’un cas qui ne cessera pas d’évoluer, nuance-t-il. L’état général du défendeur pourrait se dégrader, ses capacités cognitives se réduire, ses forces l’abandonner. Si [Robert] demeure aujourd’hui apte à faire des choix en matière de soins et que le moment n’est pas venu de décider à sa place, la situation pourrait changer s’il devait s’avérer qu’il est atteint d’Alzheimer.»

Santé

Les jeunes de plus en plus accros aux calmants

Le nombre de jeunes souffrant d’une dépendance aux benzodiazépines - des médicaments comme le Xanax, l’Ativan et le Valium - est en pleine croissance, et il s’agit d’un problème médical tellement grave que de nombreux centres et spécialistes se sentent incapables de les aider.

Selon des chiffres rendus publics cet été par le Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances, la proportion d’étudiants de fin du secondaire qui admettent utiliser des calmants ou des sédatifs à des fins euphorisantes, et non à des fins médicales, est passée de 1,5 pour cent en 2014-2015 à 2,8 pour cent en 2016-2017.

«On parle d’une hausse d’à peu près 100 pour cent en deux ans chez les étudiants de fin de secondaire, a commenté le docteur Nicholas Chadi, un pédiatre spécialisé en médecine de l’adolescence et toxicomanie au CHU Sainte-Justine. Et ce ne sont pas les dernières statistiques. (Je penserais) que c’est encore en hausse, à voir comment ça circule sur les réseaux sociaux.»

Ces médicaments sont habituellement utilisés chez les adultes pour traiter des problèmes de sommeil, d’anxiété ou encore dépressifs. Les pédiatres évitent de plus en plus de les prescrire, en raison du risque élevé de dépendance et de la complexité du sevrage qui sera ensuite nécessaire.

Malheureusement, prévient le docteur Chadi, les benzodiazépines sont très et trop facilement disponibles, que ce soit dans la pharmacie de grand-maman, sur internet ou dans les couloirs de l’école.

«Ce que je vois, ce sont des jeunes qui ont une perception de risque très basse, a-t-il dit. Ils se disent que ce sont des médicaments, c’est sécuritaire, ma grand-mère prend ça, mes parents prennent ça. Là où ça devient dangereux, un c’est quand on prend ça de façon très régulière, à tous les jours, parce qu’on devient accro. Et deux, si on le prend en combinaison avec d’autres médications sédatives ou d’autres substances comme l’alcool, par exemple, on peut avoir un effet sédatif tellement important que ça peut causer des arrêts respiratoires ou des surdoses.»

Risque de décès

Les benzodiazépines se lient à des récepteurs au niveau du cerveau. Lors d’un sevrage soudain, ces récepteurs se retrouvent vides, ce qui provoque de multiples déséquilibres à travers l’organisme; le cerveau commence alors à fonctionner de manière «aberrante» et le jeune pourra être secoué par des convulsions qui pourront éventuellement provoquer un arrêt cardiorespiratoire et même un décès.

«Étant donné que le Xanax est une substance sédative qui va avoir un effet calmant sur l’ensemble du cerveau et du corps et de toutes les fonctions, quand on coupe ça tout d’un coup, le cerveau fait une espèce de ‘rebond’ et ça cause un débalancement qu’un être humain a vraiment beaucoup de difficulté à gérer à court terme», a expliqué le docteur Chadi.

Le sevrage est tellement complexe, et potentiellement dangereux, que les centres de désintoxication, les hôpitaux périphériques et même les hôpitaux pour adultes des grands centres refusent de prendre en charge ces patients.

«On ne peut pas mourir d’un sevrage à l’héroïne. Mais on peut mourir d’un sevrage aux benzodiazépines, a prévenu le docteur Chadi, un des seuls médecins du Québec qui soit en mesure d’aider ces jeunes. Il y a seulement deux substances qu’on connaît qui peuvent mener à un sevrage mortel: l’alcool et les benzodiazépines.»

En milieu hospitalier, on remplacera le sédatif à courte action que prenait le jeune par un sédatif dont l’action sera plus progressive. La dose sera réduite au fil des jours et des semaines, «pour que ce soit de petites marches au lieu d’une grosse marche».

«Donc au bout de quelques jours à quelques semaines, on peut se rendre à zéro, et à ce moment-là on peut diriger les jeunes vers des centres de désintoxication ou des traitements à plus long terme», a dit le docteur Chadi.

Face à ce manque de ressources, poursuit-il, les jeunes sont laissés à eux-mêmes. Sans ressources et sans encadrement, plusieurs continueront tout simplement à consommer. D’autres pourront réussir à se sevrer par eux-mêmes, au fil des années, avec tous les risques que cela comporte.

«Je pense qu’il y a des problèmes au niveau de l’éducation du public, des jeunes qui ne voient vraiment pas le risque avec ces substances-là; moi, à chaque fois que je le dis à des ados qui en consomment, ils n’avaient aucune idée que ça pouvait causer une dépendance aussi dangereuse, a conclu le docteur Chadi. Et ensuite de ça, c’est une question de traitement et de soutien pour ces jeunes-là, parce qu’on ne sait vraiment pas quoi faire avec ça.»

Santé

Nouvelle hausse des cas déclarés de la maladie de Lyme au Québec en 2019

Le nombre de cas déclarés de la maladie de Lyme a poursuivi sa progression au Québec cette année pour atteindre un sommet annuel jusqu’ici selon de récentes données du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Le bilan du nombre de cas relevés du 1er janvier au 5 novembre derniers fait état de 371 cas déclarés, considérés confirmés ou probables, comparativement à 304 pour l’ensemble de l’année 2018. La pire année jusqu’à l’année en cours avait été 2017, avec 329 cas déclarés.

Encore cette année, l’Estrie a été la région sociosanitaire du Québec la plus touchée avec 139 cas jusqu’ici, ce qui représente plus du tiers du total québécois. Les autres ont été, dans l’ordre, la Montérégie (92), Montréal (62) et l’Outaouais (19).

Depuis 2014, l’Estrie a d’ailleurs été la région du Québec la plus affectée à chaque année, à l’exception de l’an dernier.

En date du 5 novembre dernier, aucun cas de la maladie de Lyme n’avait encore été déclaré pour l’année en cours au Saguenay–Lac-Saint-Jean, sur la Côte-Nord, de même que dans les régions du Nord-du-Québec, du Nunavik et de la Baie-James.

La maladie de Lyme est infectieuse et peut entraîner des manifestations cutanées, neurologiques, articulaires, cardiaques et oculaires. La bactérie se transmet à l’être humain par la piqûre d’une tique infectée.

Les autorités signalent que les cas de maladie de Lyme sont généralement acquis lors d’une piqûre d’une tique au stade de nymphe qui sont plus actives pendant les mois du printemps et de l’été. Toutefois, les tiques au stade adulte, qui sont de la taille d’une graine de sésame, sont plus actives à l’automne. Elles peuvent également être actives l’hiver par temps doux et lorsqu’il n’y a pas beaucoup de neige.

Santé

Formation des superinfirmières: les médecins spécialistes préoccupés

Le gouvernement caquiste traite la formation des infirmières praticiennes spécialisées (IPS) avec une légèreté déconcertante, estime la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ).

Pourtant, les nouveaux actes que ces infirmières pourront poser comportent leur lot de «risques» et de «conséquences», prévient le syndicat dirigé par Diane Francoeur.

Elle viendra présenter, mardi, son mémoire sur le projet de loi 43, qui accroît l’autonomie des IPS, dites superinfirmières. Elle recommandera entre autres de soumettre les IPS à un programme de développement continu comparable à celui des médecins.

«Le législateur semble considérer que la formation de niveau maîtrise des IPS [cinq ans d’université] suffit comme base de pratique. Cette légèreté déconcerte», relève-t-on dans le mémoire dont La Presse canadienne a obtenu copie.

«La FMSQ a de vives inquiétudes à ce sujet et estime qu’il s’agit là d’un enjeu crucial que l’on traite avec légèreté, en donnant notamment à penser que les actes qui pourront être posés par les IPS sont sans risques ni conséquences. Ce n’est pas le cas.»

Par exemple, les superinfirmières pourront bientôt diagnostiquer toutes les «maladies courantes». Or, selon les spécialistes, certaines maladies courantes, comme les maladies vasculaires, sont «très difficiles à diagnostiquer».

Santé

Problèmes oculaires: inévitables oui, imprévisibles non

Monique a 77 ans. Cette enseignante à la retraite, que j'ai rencontrée en clinique, dit avoir joui d'une vie active et bien remplie avec ses élèves et sa famille. Elle se considère chanceuse d'être en bonne santé. Cependant, elle s'inquiète d'une baisse visuelle récente, qui l'empêche de lire, d'apprécier ses ateliers de peinture, et surtout de conduire en toute sécurité, ce qui lui garantie son autonomie.

Un examen complet de la vision et de la santé oculaire de Monique permet de trouver rapidement la cause de ses problèmes : elle a développé des cataractes et sa rétine démontre des signes précoces de dégénérescence maculaire.

Les cataractes sont un phénomène normal, découlant du processus de vieillissement de l'oeil et qui affecte tout le monde, sans exceptions. Dans les faits, c'est la lentille naturelle de l'oeil, le cristallin, qui perd graduellement sa transparence, comme une vitre qui se salit avec les saisons. La lumière qui entre dans l'oeil traverse des zones opaques et génère une vision floue, sans possibilité de l'améliorer avec des lunettes, des lentilles ou des loupes. Seule la chirurgie permet de redonner toute sa clarté à l'oeil.

Le vieillissement du cristallin

Le cristallin est particulier et son métabolisme est très fragile. Lorsqu'il est perturbé, le cristallin accumule des dépôts et perd sa transparence. Cette lentille a également pour fonction d'absorber une grande partie des rayons ultra-violets du soleil, afin de protéger la rétine, au fond de l'oeil. La quantité d'UV absorbés s'accumule avec les années, contribuant au vieillissement prématuré du cristallin. C'est pourquoi, il est recommandé de se protéger avec des verres solaires dès le plus jeune âge.

D'autres facteurs viennent en perturber le fonctionnement : la prise de certains médicaments comme la cortisone orale, la présence de maladies comme le diabète, ou encore un choc sur la tête peuvent contribuer à l'arrivée et la progression de la cataracte. Très rarement, la cataracte est transmise durant la grossesse, notamment à la suite d'infections (rubéole, toxoplasmose, herpès).

Finalement, des liens très forts ont été établis entre le tabagisme et le développement de cataractes. L'alimentation, par contre, ne semble pas avoir d'impact. Cesser de fumer, tout en protégeant ses yeux avec de bonnes lunettes solaires, sont donc considérés comme des moyens efficaces de retarder l'apparition et l'évolution de la cataracte.

Les implants à la rescousse

Le traitement de la cataracte est assez simple. L'ophtalmologiste procédera à une chirurgie qui permet d'échanger la lentille naturelle de l'oeil avec une nouvelle lentille, nommée implant. Cette chirurgie est très sécuritaire et peut s'effectuer à tout moment du développement de la cataracte, bien qu'habituellement la chirurgie ne sera proposée que s'il y a un impact important sur la vision et la qualité de vie du patient.

Les implants sont permanents et demeurent clairs toute la vie, sans besoin d'être remplacés. Ils peuvent permettre de corriger la vision de loin, y compris s'il y a de l'astigmatisme (implant torique), mais également de près (implant bifocaux ou multifocaux), ce qui évite le port de lunettes par la suite, dans la plupart des cas. Cependant, le patient peut être sujet à la perception de halos et être plus sensible à la lumière. Il faut également s'assurer que la rétine soit en bonne santé, sinon le résultat final ne sera pas très bon.

C'est notamment le cas de Monique, qui présente également un début de dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA). Il s'agit également d'un phénomène touchant un pour cent des personnes de plus de 40 ans, mais dont la prévalence atteint 30 pour cent à 80 ans.

La population à risque est composée de Caucasiens (origine européenne) et de femmes d'avantage que d'hommes. Les maladies systémiques (tout ce qui touche les vaisseaux sanguins comme le diabète, l'hypertension artérielle, l'hypercholestérolémie) et l'obésité sont des facteurs de risque importants, de même que les causes oxydatives (tabagisme, nutrition riche en gras saturés, exposition aux UV).

Prévenir la dégénérescence maculaire

Essentiellement, les meilleures cellules de la rétine, qui permettent une bonne vision (zone maculaire), se dégradent avec le temps, à défaut d'être bien nourries (réseau vasculaire) et accumulent des dépôts empêchant leur fonctionnement normal (lipofuscine).

Ces dépôts deviennent visibles sous forme de petites taches jaunes au fond d'oeil (drusen), qui peuvent devenir confluents. La dégradation des cellules s'accompagne également d'un changement de leur coloration (remaniement pigmentaire), un phénomène aussi visible à l'examen de la rétine. On parle alors de dégénérescence maculaire sèche. La vision est plus ou moins affectée en fonction du nombre de cellules atteintes.

Avec le temps, la réaction du système peut entraîner la formation de nouveaux vaisseaux sanguins pour alimenter les cellules mourantes. Ces vaisseaux sont fragiles et n'ont pas de réelle place où se loger. Ils peuvent facilement éclater. Leur formation en membrane, comme des racines envahissant une canalisation, et leur écoulement (hémorragie) contribuent à réduire de façon très sévère la vision : on parle alors de dégénérescence humide. Cette forme plus grave touche 10 pour cent des cas de DMLA mais toute personne atteinte de la forme sèche peut évoluer à ce stade.

Des suppléments nutritionnels

Les traitements de la DMLA sont limités et visent à limiter la progression de la maladie, sans pouvoir la guérir. L'arrêt du tabagisme, une bonne nutrition, faire de l'exercice régulièrement et bien suivre les recommandations du médecin dans le contrôle des maladies vasculaires (diabète, hypertension) permettent de retarder l'évolution de la forme sèche de la DMLA.

Le port de lunettes solaires aide également, même lorsque la journée est plus nuageuse. La prise d'omégas 3, à bon dosage et d'extraits d'huile de poisson, peut aider bien que des résultats plus récents aient remis cette association en question.

Dans des stades plus avancés de la forme sèche, la prise de suppléments nutritionnels oraux (vitamines et anti-oxydants) sont recommandés, sauf chez certains patients au profil génétique particulier.

La forme humide bénéficie depuis peu d'un traitement efficace, par l'injection de médicaments directement dans l'oeil, et qui empêchent la formation des nouveaux vaisseaux sanguins. Ces injections doivent être répétées périodiquement mais permettent de restaurer la vision lorsque l'intervention est faite au moment opportun.

Le cas de Monique est mixte. D'une part, il est possible de grandement améliorer sa vision à court terme avec une chirurgie de la cataracte, pour laquelle elle sera référée en ophtalmologie. Les implants protègent contre les UV, un autre facteur de prévention contre la progression de la dégénérescence maculaire. Elle pourra donc conduire en sécurité et reprendre ses activités. Elle va également surveiller son alimentation qu'elle admet déficiente, et des suppléments d'omégas lui sont prescrits (le stade de sa DMLA est trop précoce pour des vitamines ou anti-oxydants).

Monique ne fume pas et n'est pas médicamentée pour des problèmes vasculaires. Si un jour c'est le cas, elle suivra les recommandations de son médecin et entreprendra un programme léger d'exercices physiques (la marche peut être suffisante). Enfin, elle sera suivie à tous les six mois en cabinet d'optométrie, effectuera des tests simples de dépistage à la maison, et consultera dès qu'un changement sera noté.

Monique est donc rassurée! Elle pourra demeurer active et autonome pour profiter des bons moments de la vie.

* * * * *

Ce texte est d'abord paru sur le site franco-canadien de The Conversation. Reproduite avec permission.

Santé

Autisme: la CAQ refuse de tenir une commission parlementaire

«Comme maman, mon cœur est brisé.»

La députée libérale Jennifer Maccarone s’explique mal le refus du gouvernement Legault de tenir une commission parlementaire sur les services offerts aux personnes autistes, notamment lorsqu’elles atteignent l’âge de la majorité.

En point de presse à l’Assemblée nationale jeudi, elle a accusé les caquistes de manquer de cœur. À l’émission Autiste, bientôt majeur, présentée par le Groupe TVA, le premier ministre François Legault a versé des larmes de crocodile, a-t-elle martelé.

«Je suis bouleversée, a déclaré l’élue de Westmount-Saint-Louis et mère de deux enfants autistes. C’est la communauté des personnes autistes à qui il vire le dos. C’est qui les prochains?»

Selon Mme Maccarone, les membres de la Commission de la santé et des services sociaux ont rejeté sa proposition de mandat d’initiative notamment parce que celle-ci était trop «restreinte».

Les députés qui sont membres d’une commission peuvent se prononcer sur les mandats qu’ils veulent étudier, mais il est bien connu que les élus du gouvernement y sont majoritaires et peuvent voter en bloc pour accepter ou refuser un mandat.

Les députés caquistes Ian Lafrenière (Vachon), Nancy Guillemette (Roberval), François Tremblay (Dubuc), Suzanne Blais (Abitibi-­Ouest) et Marilyne Picard (Soulanges) ont tous voté contre la proposition libérale.

Mme Picard est mieux connue comme l’ancienne porte-parole du mouvement Parents jusqu’au bout.

Jennifer Maccarone, qui voyait en elle une alliée, a vécu le moment difficilement. «Je me suis dit : “Enfin, j’ai quelqu’un face à moi qui comprends la nécessité de pourquoi il faut étudier cette question-là”».

«Mais qu’elle ait pris la parole tout le long pour dire : “Bien non, on ne devrait pas parce que, parce que, parce que, puis parce que c’est trop restreint”. Bien, voyons donc.»

L’élue libérale proposait aux parlementaires d’entendre différents groupes et de trouver des pistes de solutions afin d’élargir les services offerts aux personnes autistes.

Mère de deux enfants autistes, dont l’un vient tout juste de célébrer son 18e anniversaire, elle se dit hautement préoccupée par les défis auxquels sont confrontés les nouveaux adultes vivant sous le spectre de l’autisme.

Pensons notamment à leur intégration au marché du travail, à la fin de leur parcours scolaire et à leur transition du système de soins pédiatriques aux soins adultes, a-t-elle dit.

Mme Maccarone a rappelé que les services offerts aux familles d’enfants autistes changent lorsque les enfants atteignent l’âge adulte, même si leur situation ne change pas.

Une personne sur 64 a un diagnostic de trouble du spectre de l’autisme au Québec, et le phénomène prend de l’ampleur, prévient-elle. «On ne peut pas se fermer les yeux puis tourner le dos pour dire : «Bien, on est trop occupés».»

Santé

Des médecins spécialistes difficiles d’accès à Québec

Quatorze mois d’attente pour voir un urologue au lieu de trois. Six mois d’attente pour voir un gastro-entérologue au lieu d’un. Les délais pour voir certains médecins spécialistes sont longs à Québec, confirment des lecteurs du Soleil.

Notre reportage de jeudi sur le cas de Clément*, qui attend depuis huit mois un premier rendez-vous en urologie alors qu’il devait être vu dans un délai de trois mois, a fait réagir. Des patients se sont reconnus dans son témoignage.

Jocelyn*, par exemple, a un kyste «de la grosseur d’un œuf» sur l’épididyme droit, qui est situé au niveau de la paroi du testicule. Bon, ce n’est pas un cancer, il en est conscient, mais «se promener à la journée longue avec ça entre les deux jambes, ça n’a rien de confortable et c’est douloureux à l’occasion». Son médecin de famille l’a référé en urologie en septembre 2018. Le cas de Jocelyn a reçu la cote de priorité D, ce qui signifie qu’il aurait dû être vu dans un délai de trois mois. Ça fait maintenant 14 mois qu’il attend. 

«Au début de l’année 2019, après quelques jours de douleur, je suis retourné le voir [mon médecin de famille] pour voir s’il était possible d’accélérer le tout. Il a alors augmenté ma cote à C, se basant sur les douleurs que j’avais eues. Deux semaines plus tard, il m’a fait un suivi : la réévaluation de ma situation a été refusée et ma cote D, maintenue», rapporte Jocelyn.

Marguerite*, elle, a attendu six mois avant de voir un gastro-entérologue l’an dernier, alors qu’elle devait être vue dans un délai d’un mois. «Maintenant j’attends pour un rendez-vous en médecine interne; mon médecin a demandé que cela soit fait en dedans d’un mois et ça fait déjà quatre mois que j’attends. Mon problème médical aurait idéalement dû être traité par un endocrinologue mais ça risquait d’être beaucoup plus long...» raconte-t-elle. 

«C’est pénible»

Une médecin de famille de Québec confirme : «C’est pénible dans la plupart des spécialités techniques». «Il y a toujours eu un long délai pour nos patients dans les spécialités techniques d’orthopédie, d’urologie et de gastro-entérologie», dit-elle. L’attente est longue aussi en allergie, en neurochirurgie, en physiatrie et en dermatologie «en raison d’un trop grand nombre de demandes par rapport au peu de médecins dans ces spécialités», ajoute l’omnipraticienne.

Selon elle, «il arrive fréquemment que nos patients nous demandent de les référer dans d’autres régions, car l’attente est trop longue». «Par exemple, en orthopédie, on dirige souvent à Montmagny, Thetford ou encore en Beauce», illustre-t-elle. 

Au sujet de l’attente en urologie, le CIUSSS de la Capitale-Natioanle, qui gère le Centre de répartition des demandes de services (CRDS), nous expliquait cette semaine que «chaque cas est différent» et que «le délai est variable selon la cote de priorité du patient, la disponibilité des urologues et la disponibilité des plateaux techniques dans les milieux hospitaliers».

Le CHU de Québec nous assurait de son côté se préoccuper «constamment» de ces délais, dont les causes sont multiples. «Quand on a une inadéquation entre l’ensemble de la demande et l’offre qu’on fait, et que ça crée une attente pour la clientèle, on se requestionne à savoir si on utilise bien les plages de consultation, si on a mis en place les ressources nécessaires pour rendre notre accès encore plus fonctionnel, si on assure un bon soutien à nos équipes médicales… Ce sont toutes des questions qu’on se pose», mentionnait Mélanie Dubé, directrice clientèle en ophtalmologie et services ambulatoires spécialisés au CHU de Québec.

Pour certaines spécialités, comme l’urologie, la demande est forte avec le vieillissement de la population, expliquait encore Mme Dubé. «C’est pourquoi on est constamment en train de rechercher comment on peut mieux faire les choses pour s’assurer que nos médecins spécialistes traitent les bons patients. On a aussi ce défi-là de la pertinence des consultations dans nos milieux.»

Comme les rendez-vous sont toujours octroyés en fonction des besoins cliniques des patients, «on va donc s’assurer que les patients ayant une condition clinique qui nécessite qu’ils soient vus dans un délai plus rapproché le soient avant une personne» dont la condition est moins urgente, précisait Mme Dubé.

*Prénoms fictifs

Santé

Huit mois d’attente pour voir un urologue

Clément*, 55 ans, a passé deux tests d’urine en mars 2019 qui ont révélé la présence de sang. Son médecin de famille l’a référé à un urologue, qu’il devait voir dans un délai de trois mois. Il attend depuis maintenant huit mois.

Le quinquagénaire a communiqué avec Le Soleil après avoir pris connaissance de la sortie du maire de Québec, Régis Labeaume, qui a invité la semaine dernière les hommes à «mettre de côté leur orgueil» et à se soumettre à un test de dépistage du cancer de la prostate.

Pour Clément, ce n’est pas l’orgueil le problème, mais l’accès à un urologue. «Imaginer avoir eu du sang dans les urines en mars 2019 et attendre indéfiniment que l’urologue intervienne pour confirmer ou infirmer la présence de sang dans les voies urinaires», nous a-t-il écrit.

Au bout du fil, Clément précise que l’omnipraticien qu’il voit au privé depuis que son médecin de famille a pris sa retraite a soumis son dossier au Centre de répartition des demandes de services spécialisés (CRDS) après que deux tests d’urine eurent révélé la présence de sang. 

«Il m’a fait passer une culture et une échographie, et rien n’a été trouvé», d’où la référence à un urologue, explique le quinquagénaire, précisant que les résultats du test de l’antigène prostatique s’étaient pour leur part révélés «dans les limites de la normalité». «Mais même si ce test était normal, j’ai quand même du sang dans mes urines, et ça, ce n’est pas normal», souligne Clément.

Cotes de priorité

Son médecin lui aurait dit qu’il serait vu par un urologue dans un délai de trois mois (comme c’est le cas pour tous les patients à qui on a attribué la cote de priorité D, A étant la cote la plus prioritaire). «En juin, personne ne m’a appelé», raconte Clément, qui a alors contacté le CRDS, où on lui a confirmé qu’il était toujours sur la liste d’attente. 

«Là, je viens de rappeler [jeudi dernier], et on m’a dit qu’on avait en effet constaté que le délai de trois mois était dépassé, que j’aurais dû être vu en juin, mais qu’on ne pouvait rien faire, qu’il fallait que je retourne chez mon médecin pour qu’il renvoie une demande [au CRDS] en mentionnant qu’elle est urgente», rapporte Clément, découragé.

C’est le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale qui gère le CRDS pour la région de Québec. Selon les données obtenues par Le Soleil, qui datent du 14 septembre, le délai moyen d’attente en urologie pour les patients cotés D, comme Clément, est de 163 jours (plus de cinq mois, soit deux de plus que le délai maximum fixé par le ministère de la Santé). À la mi-septembre, 1571 patients cotés D attendaient en urologie, et près des trois quarts d’entre eux étaient hors délai. 

Pour les patients cotés A, qui doivent être vus par un urologue dans un délai maximum de trois jours, aucun n’était en attente au CRDS. Pour ceux cotés B, qui doivent être vus dans un délai de 10 jours, neuf étaient en attente en date du 14 septembre, et la moitié était hors délai. Enfin, pour les patients cotés C (délai de 28 jours et moins), 583 étaient en attente (près de 80 % hors délai), alors que pour ceux cotés E (délai de 12 mois et mois), 3613 attendaient sur la liste du CRDS (près de 23 % hors délai). 

Toutes cotes confondues, c’est près de la moitié des demandes de consultations en urologie qui sont actuellement hors délai, révèlent les données du CIUSSS.

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale a refusé de nous parler du cas de Clément pour des motifs de confidentialité, même si celui-ci était prêt à signer une autorisation de communiquer au Soleil des renseignements contenus dans son dossier. La porte-parole Annie Ouellet nous a simplement indiqué qu’un patient pouvait attendre plus longtemps que prévu en urologie pour plusieurs motifs, notamment la disponibilité des plateaux techniques. «Si un patient a besoin de passer une cystoscopie, par exemple, le délai peut être plus long», a illustré Mme Ouellet. 

«Chaque cas est différent. Le délai est variable selon la cote de priorité du patient, la disponibilité des urologues et la disponibilité des plateaux techniques dans les milieux hospitaliers», a résumé la porte-parole du CIUSSS de la Capitale-Nationale, précisant qu’entre le 1er avril et le 5 novembre, le CRDS a attribué 3095 rendez-vous en urologie. 

Des besoins qui vont avec le vieillissement

Au CHU de Québec, Mélanie Dubé, directrice clientèle en ophtalmologie et services ambulatoires spécialisés, mentionne que «l’urologie couvre des besoins qui vont avec le vieillissement de la population, donc assurément, les besoins vont en augmentant». «C’est pourquoi on est constamment en train de rechercher comment on peut mieux faire les choses pour s’assurer que nos médecins spécialistes traitent les bons patients. On a aussi ce défi-là de la pertinence des consultations dans nos milieux», souligne Mme Dubé.

Le délai d’accès moyen en urologie, toutes cotes confondues (A, B, C, D et E), est de 155 jours au CHU de Québec. «On va toujours octroyer les rendez-vous en fonction des besoins cliniques des patients. On va donc s’assurer que les patients ayant une condition clinique qui nécessite qu’ils soient vus dans un délai plus rapproché le soient avant une personne» dont la condition est moins urgente, explique Mélanie Dubé. 

Mme Dubé assure que les délais en urologie, qui sont «multifactoriels», sont «une préoccupation constante dans notre organisation». «Quand on a une inadéquation entre l’ensemble de la demande et l’offre qu’on fait, et que ça crée une attente pour la clientèle, on se requestionne à savoir si on utilise bien les plages de consultation, si on a mis en place les ressources nécessaires pour rendre notre accès encore plus fonctionnel, si on assure un bon soutien à nos équipes médicales… Ce sont toutes des questions qu’on se pose», dit-elle.

*Prénom fictif

Santé

Santé mentale: McCann répond au cri du cœur d’un policier

Le policier de Québec Yanick Campagna, qui avait dénoncé devant le Comité de déontologie policière le syndrome des «portes tournantes» et «l’abandon» des patients en psychiatrie, a finalement pu rencontrer la ministre de la Santé, Danielle McCann, mercredi, en fin de journée. Une rencontre «très positive», selon le patrouilleur.

L’agent du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) avait fait la manchette en juillet après avoir dénoncé devant le Comité la problématique à laquelle sont confrontés les policiers, qui doivent intervenir plusieurs fois par semaine, voire par jour, auprès de patients psychiatriques que les hôpitaux refusent de garder ou libèrent trop vite. Selon lui, trop de personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale sont laissées à eux-mêmes dans la communauté.

Le policier Campagna avait été cité en déontologie après avoir enguirlandé les infirmiers de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus qui auraient refusé de voir un patient, ce qui lui a valu une journée de suspension. 

Le patrouilleur de Québec avait lancé un autre cri du cœur il y a deux semaines sur les ondes du FM93, se disant «au bout du rouleau». Il réclamait une rencontre avec la ministre de la Santé, ce qu’il a obtenu mercredi. 

«Ouverte» et «touchée»

«Je l’ai sentie très ouverte à régler les problèmes, très touchée par ce que vivent les policiers», a commenté le policier Campagna au Soleil à la suite de sa rencontre de plus d’une heure avec la ministre. 

Selon lui, Danielle McCann n’avait pas «son chapeau de politicienne». «C’était très convivial. J’ai vraiment senti qu’elle écoutait. C’est au-delà de mes espérances», a laissé tomber le patrouilleur, selon qui la ministre de la Santé aurait démontré sa volonté de travailler avec d’autres ministères, dont celui de la Sécurité publique. Ce qui l’a rassuré. «Il faut travailler tous ensemble pour trouver des solutions», a-t-il dit. 

Présent à la rencontre, le président de la Fraternité des policiers municipaux du Québec (FPMQ), François Lemay, a dit avoir «vu la travailleuse sociale derrière la politicienne». «Évidemment, on souhaite voir des actions, mais on est confiant qu’il va y en avoir», a commenté François Lemay, rappelant que «les policiers, le désir qu’ils ont, c’est d’aider la population». 

«Sous l’uniforme, ce sont des hommes et des femmes qui veulent faire du bien, qui veulent aider les gens, mais qui sont parfois confrontés à des cas difficiles et qui se sentent parfois démunis face au système», a souligné le président de la FPMQ.

Trouver des solutions 

Pour la ministre McCann, il était «important» de rencontrer le policier Campagna pour «entendre son expérience terrain afin de travailler sur des solutions concrètes». Son témoignage était «inestimable», nous a dit son cabinet, qui a qualifié la rencontre d’«intéressante» et de «touchante».

Au cours des derniers mois, le Centre de crise de Québec, l’organisme PECH (pour Programme d’encadrement clinique et d’hébergement) et des organismes communautaires en itinérance ont fait état dans nos pages d’un alourdissement de la clientèle qui leur est référée, notamment par les urgences psychiatriques. 

Plus tôt cette semaine, le maire Régis Labeaume a déclaré que la Ville de Québec était «à bout de ressources» pour venir en aide aux personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale. L’itinérance est en hausse dans la capitale, et la Ville de Québec, seule, est incapable de contrer le phénomène, a dit le maire Labeaume, invitant les gouvernements supérieurs à en faire davantage.

Santé

Cas possible de maladie pulmonaire liée au vapotage dans la région de Québec

La santé publique enquêtera sur un cas possible de maladie pulmonaire liée au vapotage signalé dans la région de Québec.

Selon nos informations, qui n’ont pas été confirmées par la Direction de la santé publique de la Capitale-Nationale, la personne malade serait une femme dans la trentaine qui réside à Montréal et qui aurait été admise au CHUL la semaine dernière pour un syndrome de détresse respiratoire aigu. 

Au CIUSSS de la Capitale-Nationale, de qui relève la santé publique, on confirme seulement qu’«une personne est en investigation actuellement dans la région de Québec» et qu’«une enquête par la santé publique devra avoir lieu». 

Jusqu’à maintenant, deux cas confirmés de maladies pulmonaires graves liées au vapotage ont été signalés au Québec. Il s’agit de personnes âgées dans la cinquantaine et dans la soixantaine qui vapotaient dans un processus de cessation tabagique. Ces deux cas ont été déclarés à Montréal en septembre et en octobre. 

Effets inconnus

En date du 29 octobre, le Canada comptait cinq cas confirmés ou probables de maladies pulmonaires graves liées au vapotage (deux cas confirmés au Québec, deux cas probables au Nouveau-Brunswick et un cas probable en Colombie-Britannique).

Parmi les principaux symptômes de maladies pulmonaires graves liées au vapotage, on retrouve l’essoufflement, les douleurs thoraciques, la toux, les vomissements, la diarrhée et la fièvre. 

Sur son site internet, le gouvernement du Canada rappelle que le vapotage n’est pas sans risque et que ses effets à long terme ne sont pas encore connus. Aussi recommande-t-il de ne pas utiliser de produits de vapotage obtenus illégalement, y compris tout produit de vapotage contenant du cannabis.

Le ministère de la Santé du Québec mentionnait aussi dans un communiqué diffusé en septembre que les produits illégaux «comportent des risques additionnels». «Ne modifiez pas les dispositifs de vapotage et n’y ajoutez pas de substances non prévues par le fabricant», recommandait-il encore. 

Les responsables de la santé des États-Unis enquêtent sur des centaines de cas de problèmes respiratoires graves chez les personnes utilisant des appareils de vapotage. En date du 31 octobre, ils avaient enregistré 37 décès liés au vapotage. Pour contrer la popularité croissante du vapotage chez les jeunes, des États ont commencé à interdire la commercialisation des cigarettes électroniques aromatisées.

Santé

La ministre McCann promet une solution pour que la Clinique médicale Beauport reste ouverte la fin de semaine

La ministre de la Santé, Danielle McCann, promet de trouver une solution pour éviter que la Clinique médicale Beauport ferme ses portes la fin de semaine à compter du mois de janvier.

«La Clinique médicale Beauport joue un rôle important, on veut la supporter», a dit la ministre au Soleil, qui faisait état mercredi de la fermeture de la clinique de l’avenue Royale les samedis et dimanches à partir de janvier. 

Le médecin responsable de la Clinique médicale Beauport, le Dr Nil Lefrançois, expliquait que ses cinq collègues et lui avaient «la langue à terre», et qu’à défaut d’avoir pu mettre la main sur un nouveau médecin, les patients allaient devoir être redirigés la fin de semaine vers la nouvelle clinique médicale du Complexe Synase, près de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus.

La ministre de la Santé a rappelé qu’elle avait accordé une dérogation au plan régional d’effectifs médicaux (PREM) 2019 pour l’octroi d’un médecin supplémentaire dans le sous-territoire de Beauport. 

Sauf que des deux candidats rencontrés par le comité de sélection du Département régional de médecine générale (DRMG), c’est celui qui voulait pratiquer à la Clinique médicale des Promenades (une superclinique) qui a obtenu le poste, et non celui qui visait la Clinique médicale Beauport. 

Si la ministre avait voulu qu’un nouveau médecin joigne précisément l’équipe du Dr Lefrançois, il aurait fallu qu’elle accorde une dérogation «ciblée», et non pas seulement une dérogation pour un sous-territoire, nous a expliqué le chef du DRMG, le Dr Jacques Bouchard. 

Quoi qu’il en soit, la ministre a bon espoir que le problème de la Clinique médicale Beauport soit réglé avec le PREM 2020, qui accorde trois postes (un nouveau facturant et deux retours de région) pour le sous-territoire de Beauport. «Le médecin qui voulait aller travailler à [la Clinique médicale] Beauport est toujours disponible, donc on a déjà une solution qui émerge. On veut aider la clinique, et c’est ce qu’on va faire», a promis la ministre.

Au bout du fil, mercredi, le Dr Lefrançois s’est réjoui de la réaction de la ministre McCann et a confirmé qu’avec un septième médecin à compter du mois de décembre, la Clinique médicale Beauport pourrait demeurer ouverte les fins de semaine. «C’est pas le nombre idéal, mais à sept, on est capable de fonctionner», a dit le Dr Lefrançois, tout en soulignant que pour son équipe, «c’était épouvantable d’en arriver à décider de fermer les fins de semaine».  Avec Olivier Bossé

Santé

Les écrans pourraient modifier la structure du cerveau des jeunes enfants [VIDÉO]

Le temps consacré aux écrans pourrait modifier la structure du cerveau des enfants d’âge préscolaire, prévient une nouvelle étude publiée par le journal médical JAMA Pediatrics.

Des chercheurs de l’Hôpital pour enfants de Cincinnati ont constaté, à l’aide d’une imagerie à résonnance magnétique fonctionnelle, que la structure de la substance blanche des zones du cerveau impliquées dans le langage, la lecture et l’écriture était plus faible chez les enfants qui consacrent le plus de temps à un écran.

Ces zones concernent également la fonction exécutive, qui comprend le contrôle mental et l’autorégulation.

«Plus on utilise les écrans, c’est-à-dire qu’on passe du temps sur les écrans, moins on a du temps pour les autres apprentissages, a commenté par courriel le docteur Olivier Jamoulle, du CHU Sainte-Justine. Ceci a comme conséquence potentielle de moins mobiliser/stimuler diverses aires cérébrales dans une période essentielle au développement.»

L’étude a porté sur 47 enfants en santé, 27 filles et 20 garçons, âgés de trois à cinq ans, en plus de leurs parents. Les enfants ont complété des tests cognitifs courants et été soumis à un examen par IRM fonctionnelle, qui fournit une estimation de l’intégrité de la substance blanche du cerveau. Les parents ont quant à eux dû remplir un questionnaire pour mesurer le temps que leur enfant passait devant un écran.

Les chercheurs ont constaté que, plus le score obtenu par les parents était élevé - et donc, plus leur enfant consacrait de temps à un écran -, plus l’enfant présentait des faiblesses au niveau de l’expression orale du langage, de la capacité à nommer rapidement des objets et de ses aptitudes émergentes de lecture et d’écriture.

De même, un score élevé des parents était associé à une plus faible intégrité de la structure de la substance blanche, ce qui nuit notamment à la rapidité du déplacement des influx nerveux.

Le docteur Jamoulle prévient toutefois que cette étude «ne démontre pas directement de lien causal entre temps passé sur des écrans et modifications à l’imagerie cérébrale, mais une association possible».

«Comme pour beaucoup de choses en ce qui concerne la bonne santé chez l’être humain, tout est dans la modération», a-t-il conclu.

Santé

Don d’organes: McCann veut consulter sur ce «projet de société»

Rare qu’un projet de loi déposé par un député de l’opposition survive longtemps. Mais celui sur le don d’organes déposé mardi pourrait faire exception. La ministre de la Santé se dit disposée à l’examiner pour ensuite «consulter la population» sur ce «projet de société».

Porte-parole de l’opposition officielle en matière de Santé, le député libéral André Fortin a déposé mardi après-midi, à l’Assemblée nationale du Québec, le projet de loi 399 sur la Loi instaurant une présomption de consentement au don d’organes ou de tissus après le décès.

En résumé, on ferait passer le consentement au don d’organes au Québec du mode volontaire au mode présumé. Chaque personne serait ainsi considérée comme donneuse potentielle à moins d’indication contraire.

Il faudrait donc dorénavant se désinscrire du registre des donneurs, si telle est votre volonté, au lieu de s’y inscrire, comme c’est le cas en ce moment en signant, comme méthode possible, l’autocollant au dos de votre carte d’assurance maladie.

«On est prêts à regarder le projet», a indiqué au Soleil la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, à sa sortie de la Chambre. «Il faut vraiment le regarder et aussi consulter la population là-dessus, parce que je pense que c’est vraiment un projet de société, tout le consentement présumé», a dit Mme McCann.

Elle s’est ensuite attardée aux gestes déjà réalisés par son gouvernement dans le domaine. Comme l’ajout de 22 médecins coordonnateurs de dons d’organes dans l’ensemble des hôpitaux du Québec, pour grimper ce nombre à 32. En Ontario, ils sont 60.

Sensibilisation

La ministre insiste aussi sur la nécessité de sensibiliser les Québécois au don d’organes. Transplant Québec, organisme qui gère le don d’organes dans toute la province, a réussi à hausser le taux de dons de 5 % dans les dernières années grâce à la sensibilisation.

«À la lumière des expériences qui fonctionnent bien dans le monde, comme en Espagne, ce qui est important, c’est d’appliquer différentes mesures», poursuit Mme McCann.

En plus de compter sur beaucoup de médecins coordonnateurs de dons, l’Espagne fonctionne avec le consentement présumé de ses citoyens, comme en France. L’Espagne atteint un taux de 50 donneurs par million d’habitants, tandis que cette proportion n’est qu’à 20 au Québec pour le moment, où quand même 40 % de la population a donné son consentement. Le but de Mme McCann est de hausser ce ratio.

La Nouvelle-Écosse sera un autre modèle à suivre de près à compter de 2020, alors que la plus importante province des Maritimes adoptera le consentement présumé.

«C’est un projet de loi qui peut faire une différence dans la vie de centaines de Québécois, un projet de loi positif qui peut contribuer à améliorer et à sauver des vies. C’est un outil qu’on peut se donner, qu’on doit se donner», résume de son côté M. Fortin.

Le projet de loi prévoit que la personne qui demande le prélèvement s’assure auprès des proches du défunt que celui-ci n’a pas, de son vivant, exprimé un refus par quelque moyen que ce soit, sauf en cas d’urgence.

En 2018, au Québec, 164 personnes ont donné leurs organes à 451 receveurs et 805 étaient en attente d’un don. La liste d’attente a quand même été réduite du tiers au cours des dernières années, puisqu’elle était auparavant autour de 1200.

Santé

La Clinique médicale Beauport fermera les fins de semaine

La Clinique médicale Beauport fermera ses portes la fin de semaine à compter de janvier prochain, faute de nouveau médecin. Les quelque 10 500 patients de la clinique de l’avenue Royale devront se rendre les samedis et dimanches à la nouvelle clinique médicale du Complexe Synase, près de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus. Une situation qui «peine» le médecin responsable de la Clinique médicale Beauport, le Dr Nil Lefrançois, qui se demande si les services de santé sont «vraiment organisés pour la population».

Le ministère de la Santé avait accordé une dérogation au plan régional d’effectifs médicaux (PREM) et autorisé un médecin supplémentaire pour le sous-territoire de Beauport. Des citoyens et des patients de la Clinique médicale Beauport avaient fait des représentations à cet effet, notamment auprès du député caquiste Jean-François Simard. 

Deux candidats ont manifesté leur intérêt de pratiquer dans ce secteur, l’un à la clinique du DLefrançois, et l’autre, à la Clinique médicale des Promenades, qui est aussi une superclinique. Les deux candidats ont été rencontrés en entrevue par un comité du Département régional des effectifs médicaux (DRMG), qui a finalement octroyé le poste au médecin qui voulait pratiquer à la Clinique médicale des Promenades.

«Notre candidat a été rejeté par le DRMG, sous quels critères, je ne le sais pas. Il était prêt à travailler chez nous, il était prêt aussi à régler une partie des problèmes [de manque d’effectifs médicaux] à Sainte-Brigitte-de-Laval en y faisant une douzaine d’heures par semaine», explique en entrevue le Dr Lefrançois. 

Le médecin ne comprend pas la décision du comité du DRMG. Sa clinique, souligne-t-il, a «toujours bien fonctionné» et rempli «de façon exemplaire» ses obligations envers la population et le ministère de la Santé. «Nos chiffres sont impeccables», insiste le responsable de la clinique qui compte 10 500 patients inscrits (mais qui, en vertu de la pondération du ministère de la Santé, en valent 12 500 en raison de leur âge et de leur état de santé).

Les six médecins de la Clinique médicale Beauport ont toujours vu leurs patients au sans rendez-vous la fin de semaine, au moment où ils en ont besoin, «le jour même», illustre le Dr Lefrançois.

«Pour moi, c’est ça, l’accessibilité. Mais ce qui s’est installé petit à petit, c’est du sans rendez-vous où il faut appeler la veille pour être vu le lendemain […]. Quand tu te lèves avec une cystite, que tu appelles en après-midi et que tu apprends que tu vas être vu le lendemain, ça ne répond pas à ton besoin. Et s’il n’y a pas de place sur le sans rendez-vous, ben tu passes ton tour. Chez nous, c’est du vrai sans rendez-vous, pas du rendez-vous dédié où tu dois appeler la veille pour avoir une place!» souligne-t-il. 

La «langue à terre»

Le DNil Lefrançois se désole que les patients de sa clinique perdent leur service de proximité la fin de semaine. «Il y avait un moyen très simple d’éviter ça, c’était d’accorder le PREM au bon candidat», dit-il. Ses collègues (dont deux sont dans la soixantaine) et lui ont «la langue à terre», explique le médecin. Au cours des deux dernières années, deux médecins de la Clinique médicale Beauport ont pris leur retraite. «Moi, j’ai 73 ans. Je ne pense pas encore à la retraite, mais à mon âge, c’est peut-être le Bon Dieu qui va me mettre à la retraite», glisse le DLefrançois.

D’où l’entente avec le groupe de médecine familiale (GMF) du complexe Synase, qui permettra aux médecins de la Clinique médicale Beauport de souffler un peu. À partir de janvier, les six docteurs de la clinique de l’avenue Royale feront équipe avec les cinq omnipraticiens du GMF du boulevard Henri-Bourassa pour couvrir les plages de sans rendez-vous de la fin de semaine. «On sera donc 11 médecins pour se partager le sans rendez-vous. Notre tour reviendra moins vite», explique le Dr Lefrançois, précisant que les patients devront appeler la veille pour réserver une place «puisque c’est la façon de fonctionner à cet endroit».

Le Dr Nil Lefrançois remet en question au passage la tendance actuelle des médecins et du «système» à privilégier les «grosses structures médicales» de 25 ou 30 médecins. «Peut-être que je suis trop vieux et que j’ai une mauvaise conception […], mais est-ce qu’on est sur la bonne voie, est-ce que c’est ce qu’on veut, avoir des grosses structures médicales? C’est sûr que si on se place du côté des médecins, plus c’est gros, plus ta vie à toi va être facile, parce que tu fais moins de sans rendez-vous la fin de semaine, ton tour revient moins souvent. Mais est-ce que c’est un système qui favorise les patients? Je ne pense pas. Eux, ils trouvent ça plus compliqué», analyse-t-il.

Santé

La course à pied bonne pour la santé, confirme une nouvelle étude [VIDÉO]

N’importe quelle quantité de course à pied est associée à une réduction du risque de décès toutes causes confondues, ont constaté les auteurs d’une nouvelle méta-analyse.

Les chercheurs ont épluché 14 études regroupant plus de 230 000 sujets dont la santé a été suivie pendant une période allant de 5,5 ans à 35 ans. Près de 26 000 sujets sont décédés pendant cette période.

Une fois les données regroupées, toute quantité de course à pied réduisait de 27 pour cent le risque de décès toutes causes confondues, pour les deux sexes, comparativement à aucune course.

Plus précisément, la course réduisait de 30 pour cent le risque de décès de causes cardiovasculaires et de 23 pour cent le risque de décès dû au cancer.

Même de petites «doses» de course - par exemple, une fois par semaine ou moins, pour une cinquantaine de minutes à une vitesse d’environ 8 kilomètres/heure - semblaient conférer des bienfaits pour la santé.

Cela fait de la course une option intéressante pour ceux qui prétendent que le manque de temps les empêche de s’entraîner, ont fait remarquer les chercheurs dans un communiqué.

Santé

Maladie pulmonaire grave liée au vapotage: un deuxième cas déclaré au Québec

Un deuxième cas de maladie pulmonaire grave liée au vapotage a été signalé au Québec, a appris Le Soleil.

Selon les informations obtenues auprès du ministère de la Santé, le cas a été déclaré à Montréal le 17 octobre dernier. La personne atteinte est âgée dans la soixantaine et utilisait des produits de vapotage dans un processus de cessation tabagique, a précisé la porte-parole Marie-Claude Lacasse.

Le premier cas québécois avait été rendu public le 27 septembre dernier. Il s’agissait d’un homme dans la cinquantaine qui avait lui aussi arrêté de fumer et qui avait recours à la cigarette électronique depuis quelques mois.

Parmi les principaux symptômes de maladies pulmonaires graves liées au vapotage, on retrouve l’essoufflement, les douleurs thoraciques, la toux, les vomissements, la diarrhée et la fièvre. 

Cinq cas canadiens

En date du 29 octobre, le Canada comptait cinq cas confirmés ou probables de maladies pulmonaires graves liées au vapotage (deux cas confirmés au Québec, deux cas probables au Nouveau-Brunswick et un cas probable en Colombie-Britannique). 

Sur son site Internet, le gouvernement du Canada rappelle que le vapotage comporte des risques et que ses possibles effets à long terme sur la santé ne sont toujours pas connus. 

Les produits de vapotage peuvent contenir des douzaines de produits chimiques, mentionne-t-il. «La plupart des substances de vapotage disponibles sur le marché sont aromatisées et contiennent de la nicotine. Les Canadiens ne devraient pas utiliser de produits de vapotage obtenus illégalement, y compris tout produit de vapotage contenant du cannabis», prévient Ottawa. 

Un additif contenant de la vitamine E serait soupçonné d’être la cause des maladies.

Les responsables de la santé des États-Unis enquêtent sur des centaines de cas de problèmes respiratoires graves chez les personnes utilisant des appareils de vapotage. En date du 31 octobre, ils avaient enregistré 37 décès liés au vapotage. Pour contrer la popularité croissante du vapotage chez les jeunes, des États ont commencé à interdire la commercialisation des cigarettes électroniques aromatisées.

Santé

Coup d’envoi pour la phase 2 du projet de réaménagement de l’Hôpital régional de Portneuf

Les citoyens de la région de Portneuf auront finalement leur appareil de tomodensitométrie (TDM) et leur (petite) unité de chimiothérapie. La ministre de la Santé, Danielle McCann, en a fait l’annonce, lundi matin, en même temps qu’elle a annoncé la refonte complète de l’urgence de l’Hôpital régional de Portneuf.

La ministre McCann et le député de Portneuf, Vincent Caron, ont souligné en conférence de presse le début des travaux de la phase 2 du projet de réaménagement de l’Hôpital régional de Portneuf, qui inclut, outre l’installation d’un appareil de TDM, le développement de plusieurs nouvelles unités fonctionnelles au premier étage de l’établissement (unité de chimiothérapie de six fauteuils de traitement, unité de médecine de jour de six places, centre satellite d’hémodialyse de huit fauteuils de traitement, salle d’isolement avec civière, salle d’examen et pharmacie oncologique). 

Urgence mise aux normes

L’urgence, elle, sera mise aux normes, a-t-on également annoncé. Le milieu sera «plus convivial, confidentiel et sécuritaire, tant pour les usagers que pour le personnel». 

La nouvelle urgence comportera notamment huit aires d’observation dans des salles fermées, une salle distincte pour le prétriage, un système de ventilation à pression négative ajouté à la salle d’isolement respiratoire, une salle de réanimation plus fonctionnelle de même qu’une salle d’attente réaménagée en trois zones permettant de séparer les patients de l’urgence, de la radiologie et des prélèvements. 

L’ensemble des travaux de réaménagement de l’Hôpital régional de Portneuf représente un investissement global de 21,9 millions $, dont 3,6 millions $ serviront à la mise aux normes de l’urgence. Un financement récurrent de 557 000 $ est également octroyé pour les services d’hémodialyse afin de couvrir les coûts de 2496 traitements par année.

La première phase des travaux avait permis le développement d’une unité de 13 lits d’hospitalisation en soins gériatriques postaigus et le déménagement de l’unité de réadaptation fonctionnelle intensive au troisième étage de l’hôpital.

L’agrandissement de l’aile B, qui accueillera l’appareil de TDM, est déjà en cours de réalisation. L’appareil sera mis en service à l’automne 2020, a-t-on indiqué lundi. Le réaménagement du premier étage sera quant à lui complété à l’été 2021, alors que l’ouverture de la nouvelle urgence est prévue pour 2022.

Santé

Cancer col de l'utérus: un test «prometteur» détecte des lésions à haut risque

PARIS — Un test sur des prélèvements vaginaux et de l’urine, recueillis par la femme elle-même à domicile, permet de détecter des lésions du col de l’utérus à haut risque d’évoluer en cancer, selon des chercheurs britanniques.

Le Dr Belinda Nedjai et ses collègues de la Queen Mary University de Londres ont présenté leurs travaux lundi à la 2019 NCRI cancer conférence qui se tient jusqu’au 5 novembre à Glasgow.

Leur étude, non encore publiée dans une revue scientifique, mais communiquée à la presse, a porté sur 620 femmes qui ont envoyé au laboratoire des écouvillons de prélèvements vaginaux et un prélèvement d’urine pour 503 d’entre elles.

Le test S5 mis au point par le Dr Nedjai et ses collègues de Queen Mary mesure la méthylation de l’ADN — un changement chimique d’une des quatre lettres de base de l’ADN qui composent le code génétique humain.

Le test S5 recherche cette modification sur les quatre types de papillomavirus (VPH), sexuellement transmissibles, les plus fortement associés à ce cancer pour produire un score qui indique le niveau de risque. Plus le score est élevé, plus le risque de cancer est élevé.

Le cancer du col de l’utérus est précédé d’une croissance anormale de cellules précurseures à la surface du col de l’utérus, qui peuvent se transformer en cancer du col.

«Le test a permis de distinguer  les femmes qui n’avaient pas de lésions précancéreuses et celles qui avaient des lésions au stade CIN3 (probabilité élevée de cancérisation, ndlr) ou plus», selon le Dr Nedjai.

Les chercheurs travaillent pour essayer d’améliorer encore la précision de leur test qu’ils jugent «prometteur».

Pour Mme Nedjai, «ces résultats représentent un progrès dans le dépistage du cancer du col de l’utérus, en particulier pour les femmes qui ne fréquentent pas la clinique, comme les femmes âgées, ou qui trouvent le frottis trop douloureux ou ne bénéficient pas d’un programme de dépistage dans leur pays».

En 2018, 570 000 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus ont été diagnostiqués dans le monde et environ 310 000 femmes en meurent chaque année.

Santé

Les malades chroniques sont stigmatisés à cause des opioïdes, déplore l'AQDC

MONTRÉAL — Une association québécoise profite de la Semaine nationale de la douleur chronique, qui se déroule du 3 au 9 novembre, pour sensibiliser la population à l'utilité des opiacés, si ces médicaments sont bien administrés avec le suivi médical requis.

L'initiative de l'Association québécoise de la douleur chronique (AQDC) vise à contrer la «stigmatisation» des malades chroniques, qui doivent prendre des opioïdes, dans un contexte de crise face à ces médicaments prisés des toxicomanes au pays et auxquels sont attribués plusieurs décès.

En entrevue à La Presse canadienne, la directrice de la Clinique antidouleur du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), la docteure Aline Boulanger, souligne que la crise des opioïdes a non seulement fait peur aux patients, mais aussi aux médecins.

«La crise entourant actuellement l'usage des opioïdes et les décès qui sont survenus au cours des dernières années ont amené un sentiment de crainte et de culpabilité pour des patients souffrant de maladies chroniques, explique Dre Boulanger. Pour certains patients, c'est devenu tabou, un secret dont il ne faut pas trop parler parce qu'on va être jugés comme étant des toxicomanes.»

Si le mot «opioïde» peut faire peur à des patients, ce qui est plus inquiétant c'est que Mme Boulanger constate qu'il fait peur aussi à des médecins.

«Il y a aussi des médecins qui ont fait le choix de ne plus en prescrire ou même d'essayer de réduire les doses ou de sevrer les patients qui en prenaient. Il est clair que la crise elle-même a causé certaines problématiques», selon la directrice de la Clinique antidouleur du CHUM.

La docteure Boulanger, qui est aussi anesthésiste et membre de l'AQDC, explique que bien des patients souffrant de maladies chroniques faisaient déjà l'objet d'incompréhension de la part de leur employeur ou de leur entourage, étant parfois perçus comme étant «faibles» dans leur tolérance à la douleur. Selon elle, les douleurs chroniques ne sont pas nécessairement bien vues dans notre société.

La campagne de sensibilisation de l'AQDC vise donc à démontrer pourquoi les gens souffrent en silence, mais aussi à briser ce moule.

«Dépendamment des études, il est estimé que 30 à 50 pour cent des gens qui ont des douleurs chroniques vont présenter un état dépressif. Évidemment, ce ne sont pas tous ces patients qui vont avoir des pensées suicidaires ou vont même considérer le suicide», dit Aline Boulanger.

Elle souligne aussi que la douleur chronique entraîne aussi son lot de malheurs et de multiples deuils pour l'individu.

«Sa vie est complètement chamboulée. Il y a l'emploi qui ne sera plus possible et des craintes face à l'argent qui ne rentre plus à la maison. La personne ne peut plus faire les activités quotidiennes qu'elle faisait. Elle ne peut plus s'amuser avec les enfants, sortir avec la famille alors ça crée chez les patients atteints tout un bouleversement.»

Selon les estimations de l'AQDC, plus de 1,5 million de Québécois souffrent de douleur chronique au Québec, soit 20 % de la population. L'association arrive à cette conclusion en appliquant le pourcentage de 20 %, selon diverses études au pays à la population totale du Québec.

La campagne se déploiera sur le web, dans certains abribus à Montréal et à la radio dans les grands centres et en région.

«Ce ne sont pas tous les patients souffrants chroniques qui ont besoin d'opiacés et qui en consomment», prévient Dre Boulanger. Toutefois, elle rappelle que «lorsque les choses usuelles échouent ou ne sont pas disponibles, les opiacés demeurent un choix tout à fait acceptable, tout à fait légitime, mais il faut que ce soit encadré avec des gens bien formés.»

Santé

Un nouveau médicament offre un espoir dans la lutte contre la migraine

MONTRÉAL — Une nouvelle catégorie de médicaments récemment approuvée par Santé Canada, et qui agit directement sur la cascade chimique responsable des crises de migraine, représente la troisième révolution à survenir dans le traitement de ce problème en seulement quelques années, a expliqué à La Presse canadienne la présidente de la Société canadienne des céphalées.

«Il est clair et net que cette classe de médicaments est efficace puisqu'il y a eu de nombreuses études réalisées tant sur les patients épisodiques (les gens qui ont jusqu'à 14 jours de migraine par mois) que chroniques (ceux qui sont plus sévèrement atteints), a dit la neurologue Élizabeth Leroux. Toutes les études ont été positives, sans équivoque.»

Ces nouveaux médicaments, qui ont été développés après 25 ans de recherches pour mieux comprendre les causes des migraines, ciblent un peptide qu'on appelle CGRP (pour «calcitonin gene-related peptide»), une substance chimique qui se retrouve naturellement dans notre organisme, mais qui joue un rôle important dans la migraine.

Plusieurs compagnies ont maintenant mis au point des anticorps pour bloquer cette substance, et ce faisant diminuer la fréquence et la sévérité des crises migraineuses.

«C'est un peu comme si votre cerveau décidait de s'autosaupoudrer de poivre de Cayenne sur les méninges et sur les artères, et ça, ça fait mal, a illustré la docteure Leroux. Il y a une espèce d'orage électrique et chimique, et le CGRP fait partie du poivre de Cayenne, donc il fait partie de ces peptides inflammatoires qui vont aller déclencher toute une cascade d'inflammation qui va causer la douleur et les autres symptômes associés à la migraine.»

Injection

Les anti-CGRP étaient disponibles aux États-Unis depuis environ deux ans quand ils ont finalement été approuvés par Santé Canada au début du mois d'octobre. Des centaines de milliers de personnes à travers le monde ont maintenant profité de ce traitement.

Le patient s'auto-injecte chaque mois cet anticorps à l'aide d'un stylo ressemblant à un Epipen. Chaque injection coûte près de 600 $, mais les compagnies pharmaceutiques et les assureurs privés épongent souvent une bonne partie, voire la totalité, des frais.

«La moitié des gens vont répondre de 50 %. Donc si vous partez à douze migraines par mois, vous descendez à six. Vous partez à vingt migraines, vous descendez à dix, a expliqué la docteure Leroux. Mais de 20 à 30 % des patients, dépendant de leur sévérité, vont répondre à 75 %. Donc ce n'est pas du jamais vu, mais c'est quasiment du jamais vu dans notre univers du traitement de la migraine. Si vous partez à vingt, vous tombez à quatre ou cinq. Ça améliore vraiment la qualité de vie pour ce qu'on appelle les "répondeurs", c'est-à-dire les gens qui répondent aux anticorps anti-CGRP.»

Les traitements pourront être espacés, sinon complètement arrêtés, chez les patients qui y répondent le mieux. Les spécialistes tentent par ailleurs de mettre au point un traitement pour bloquer la cascade du CGRP en pleine crise, et non seulement en prévention.

Trois révolutions

«Il y a eu trois révolutions dans le monde des migraines, a dit la docteure Leroux. Il y en a eu une quand les triptans sont arrivés; ce sont des traitements qui jouent sur la sérotonine pour casser des crises. Après ça il y a eu le botox en 2011, et ça a tout changé notre perception de la migraine chronique; c'est un traitement qui est bien toléré et qui fonctionne bien. Et là on a les anticorps qui sont une révolution.»

L'impact de la migraine est sous-estimé parce que c'est une maladie invisible, ajoute-t-elle. L'Organisation mondiale de la santé reconnaît pourtant que c'est une maladie très invalidante, surtout qu'elle touche des enfants et des adolescents, ou encore de jeunes adultes qui sont au pic de leur productivité.

«Les gens qui n'ont pas de migraines ne savent pas c'est quoi, deux jours à être en incapacité ou deux jours au ralenti ou deux jours à vomir ou même parfois deux jours à la salle d'urgence, a expliqué la docteure Leroux. Chaque jour regagné est un jour significatif pour ces gens-là, donc s'ils regagnent six jours ou dix jours, l'impact sur la qualité de vie est énorme.»

L'arrivée sur le marché des anti-CGRP représente donc un nouvel espoir pour les patients à qui on pouvait seulement proposer des thérapies dont l'efficacité n'était pas garantie et qui pouvaient en plus s'accompagner d'effets secondaires parfois pénibles.

«D'avoir quelque chose qui cible la cause, ou du moins une des causes, je pense que ça pour les patients, pour les gens qui souffrent de migraines, ça va leur dire qu'on a de la science, on avance et on comprend et on conçoit des traitements qui sont faits pour cette maladie-là et non juste découverts au hasard», a dit la docteure Leroux.

«On comprend tellement bien la chimie de ce problème-là qu'on est capables de concevoir un anticorps qui va fonctionner dans plus de dix études thérapeutiques chez de nombreux patients... Pour moi, c'est comme une ouverture vers le futur, c'est très encourageant.»

Santé

Les symptômes de la rage, l'inspiration derrière les monstres

En 1855, le Brooklyn Daily Eagle rapportait le meurtre horrible d'une épouse par son nouveau mari. L'histoire se passait dans la campagne française, où les parents de la femme avaient d'abord empêché les fiançailles du couple « en raison de l'étrangeté de la conduite parfois observée chez le jeune homme », alors qu'il « était par ailleurs un très bon parti».

Les parents ont finalement consenti et le mariage a eu lieu. Peu de temps après que les jeunes mariés se soient retirés pour consommer leur lien, des « cris de peur » sont venus de leurs quartiers. Les gens ont vite accouru et trouver « la pauvre fille… dans les souffrances de la mort - sa poitrine déchirée et lacérée de la manière la plus horrible, et le misérable mari dans un accès de folie débridée et couvert de sang, ayant en fait dévoré une partie du sein de la malheureuse fille ».

La mariée est morte peu de temps après. Son mari, après « une résistance des plus violentes », est également décédé.

Qu'est-ce qui a pu causer cette horrible histoire ? On se souvient alors, en réponse à des questions posées par un médecin, que le marié avait déjà été « mordu par un chien étranger ». Le passage de la folie du chien à l'homme semblait être la seule raison possible de la tournure effroyable des événements.
Le Brooklyn Daily Eagle a décrit l'épisode comme « un triste et pénible cas d'hydrophobie », ou, dans le langage d'aujourd'hui, de rage.

Mais le récit se lisait comme une histoire d'horreur gothique. C'était essentiellement un récit de loup-garou : la morsure du chien fou a provoqué une métamorphose hideuse, qui a transformé sa victime humaine en un monstre infâme dont les pulsions sexuelles vicieuses ont conduit à une violence obscène.

Mon nouveau livre, Mad Dogs and Other New Yorkers : Rabies, Medicine, and Society in an American Metropolis, 1840-1920, (La rage, la médecine et la société dans une métropole américaine, 1840-1920) explore les significations cachées derrière les récits sur la rage. Des variantes de l'histoire du marié enragé ont été racontées encore et encore dans les journaux de langue anglaise en Amérique du Nord depuis au moins le début du 18ème siècle, et elles ont continué aussi tard que dans les années 1890.

Le récit du Eagle est essentiellement un conte populaire sur les chiens enragés et la mince ligne de démarcation entre l'humain et l'animal. La rage a engendré une peur viscérale car il s'agissait d'une maladie qui semblait capable de transformer les gens en bêtes enragées.

Une maladie terrifiante et mortelle

Un loup-garou fait des ravages dans cette gravure sur bois datant de 1512. Lucas Cranach the Elder, Herzogliches Museum/Wikimedia Commons

L'historien Eugen Weber a un jour observé que les paysans français du 19ème siècle craignaient « surtout les loups, les chiens fous et le feu ». La folie canine - ou la maladie que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de rage - a alimenté les cauchemars pendant des siècles.

D'autres maladies infectieuses - comme le choléra, la typhoïde et la diphtérie - ont tué beaucoup plus de gens au 19ème et au début du 20ème siècle. Le cri de « chien fou » suscitait néanmoins un sentiment immédiat de terreur, car une simple morsure de chien pouvait signifier une longue épreuve suivie d'une mort certaine.

La médecine moderne sait que la rage est causée par un virus. Une fois qu'il pénètre dans le corps, il atteint le cerveau par le système nerveux. Le délai typique de plusieurs semaines ou mois entre l'exposition initiale et l'apparition des symptômes signifie que la rage n'est plus une sentence de mort si un patient reçoit rapidement des injections d'anticorps immunitaires et un vaccin, afin de renforcer son immunité après avoir rencontré un animal suspect. Bien qu'il soit rare que des gens meurent de la rage en Amérique du Nord, la maladie tue encore des dizaines de milliers de personnes dans le monde chaque année.

Le virus affecte le cerveau, comme on le voit avec les inclusions violettes plus foncées, appelées corps de Negri, dans les cellules cérébrales d'une personne morte de la rage. CDC/Dr. Makonnen Fekadu, CC BY

Selon des sources du 19ème siècle, après une période d'incubation de quatre à 12 semaines, les symptômes peuvent commencer par un vague sentiment d'agitation. Ils progressent ensuite vers des épisodes spasmodiques caractéristiques de la rage, de l'insomnie, de l'excitation, de la fébrilité, un pouls rapide, de la bave et une respiration laborieuse. Il n'est pas rare que les victimes aient des hallucinations ou présentent d'autres troubles mentaux.

Les efforts visant à atténuer les accès de violence par la drogue ont souvent échoué, et les médecins n'ont pu faire autre chose que d'observer puis de témoigner. La maladie suit son cours inévitablement fatal, généralement sur une période de deux à quatre jours. Aujourd'hui encore, la rage reste essentiellement incurable dès l'apparition des signes cliniques.

Il y a des siècles, la perte de contrôle corporel et de rationalité déclenchée par la rage semblait être une attaque contre l'humanité fondamentale des victimes. D'une véritable maladie redoutée transmise par les animaux sont apparues des visions épineuses de forces surnaturelles qui ont transféré les pouvoirs des animaux malveillants et transformé les gens en monstres.

Des morsures qui transforment l'humain en animal

Les récits américains du 19ème siècle n'ont jamais invoqué directement le surnaturel. Mais la description des symptômes indiquait des hypothèses tacites sur la façon dont la maladie transmettait l'essence de l'animal infecté à l'être humain souffrant.

Les journaux décrivaient souvent ceux qui ont contracté la rage par des morsures de chien comme aboyant et grognant comme des chiens, tandis que les victimes de morsures de chat se grattaient et crachaient. Les hallucinations, les spasmes respiratoires et les convulsions incontrôlables découlaient de l'empreinte maléfique de l'animal enragé.

Les mesures préventives traditionnelles ont également montré comment les Nord-Américains ont discrètement supposé une frontière floue entre l'humanité et l'animalité. Les remèdes populaires soutenaient que les victimes de morsures de chien pouvaient se protéger de la rage en tuant le chien qui les avait déjà mordues, en appliquant les poils du chien incriminé sur la blessure ou en lui coupant la queue.

De telles mesures préventives impliquaient la nécessité de couper un lien invisible et surnaturel entre un animal dangereux et sa proie humaine.

Parfois, la maladie a laissé des traces étranges. Lorsqu'un habitant de Brooklyn est mort de la rage en 1886, le New York Herald a signalé une terrifiante apparition : quelques minutes après le dernier souffle de l'homme, « l'anneau bleuâtre sur sa main - la marque de la morsure mortelle du Terre-Neuve… a disparu. » Seule la mort a brisé l'emprise pernicieuse du chien fou.

Les racines des vampires chez les chiens enragés

Il est possible qu'en plus des loups-garous, les histoires de vampires aient aussi pour origine la rage.

Le médecin Juan Gómez-Alonso a souligné le lien entre le vampirisme et la ragedans les symptômes capillaires de la maladie - les sons déformés, les apparences faciales exagérées, l'agitation et parfois les comportements sauvages et agressifs qui faisaient paraître les personnes atteintes plus monstrueuses que les humains.

De plus, dans différentes traditions folkloriques d'Europe de l'Est, les vampires ne se sont pas transformés en chauves-souris, mais en loups ou en chiens, les vecteurs clés de la rage.

Le plaisir d'un loup-garou d'Halloween fait allusion à la peur d'une personne de devenir un animal. AP Photo/Daniel Hulshizer

Alors que des loups-garous, des vampires et d'autres monstres descendent dans la rue pour l'Halloween, rappelez-vous que derrière le rituel annuel de la cueillette de bonbons et de déguisements, se cachent les recoins les plus sombres de l'imagination. Ici, les animaux, la maladie et la peur s'entremêlent, et les monstres se matérialisent dans ce subtil point de croisement entre l'animalité et l'humanité.

Cave canem - attention au chien.

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Ce texte est d'abord paru sur le site franco-canadien de The Conversation. Reproduite avec permission.

Santé

Il faut savoir parler de la mort, avant de finir sa vie

J’aimerais vous raconter une histoire que nous ne connaissons hélas que trop bien. C’est celle de Laura dans une institution de soins de longue durée. Elle souffrait d’affections chroniques, et a contracté une infection qui ne se soignait pas.

Sa santé s’est détériorée pendant des mois, mais personne ne lui a demandé son avis pour ses soins de fin de vie. Sans connaissances préalables, elle s’est retrouvée à l'hôpital pour y subir une batterie de tests stressants. L’histoire se termine par la mort de Laura à l'hôpital, seule et terrifiée. Sa famille ainsi que l’équipe de soins qui s’est occupée d’elle pendant toute une année en sont complètement traumatisés.

C’est bien évident: nous mourrons tous. Discuter de nos soins à venir, de ce qui nous importe – ce qu’on nomme la planification préalable des soins- procure différents bienfaits.

De fait, la recherche a prouvé que près d’un tiers des patients âgés et gravement malades reçoivent des soins invasifs en fin de vie sans avoir été consultés, car personne ne leur a parlé de ce qu’ils désireraient comme soins futurs. C’est une réalité, même dans les institutions de soins de longue durée où l’espérance de vie moyenne est inférieure à deux ans.

La documentation permet d’initier une conversation

Comment faire évoluer ces statistiques et fournir à nos aînés les soins qu’ils désirent - et qu’ils méritent? Mon équipe de chercheurs a tenté de répondre à cette question au cours des six dernières années.

Nous avons récemment conçu une série de dépliants et les avons distribués dans des foyers de soins de longue durée afin de démarrer la conversation.

Chaque dépliant cible une condition spécifique (par exemple, la sénilité), et contient de l’information sur les restrictions auxquelles on peut s’attendre pour chaque maladie, ainsi que des conseils pour discuter de ses désirs futurs.

Selon notre étude, 84 pour cent des résidents et de leurs proches ayant reçu un dépliant se sont sentis encouragés à envisager leurs soins à venir, et 70 pour cent se sont sentis mieux équipés pour en discuter.

Planifier un décès procure un grand soulagement

Par contre, passer de la parole aux actes est une autre histoire. Les familles s’inquiètent d’aborder le sujet car elles craignent de détruire l’espoir du malade. Et inversement, les résidents pensent qu’il leur faut protéger leurs familles pour qu’ils ne songent pas à leur mort.

Et bien des membres du personnel nous ont indiqué qu'ils ne se sentaient pas formés pour entreprendre de telles conversations. En fait, ce n’est que 21 pour cent d’entre eux qui ont distribué des dépliants, préférant laisser aux familles et résidents le soin de se servir dans un présentoir.

Mais il a été très encourageant de noter que 56 pour cent des résidents et de leurs familles qui ont décidé d’en discuter après avoir consulté la documentation ont exprimé un grand soulagement. Une réponse de famille typique: « Ça m’est plus facile maintenant que je n’ai plus besoin de deviner…»

La mort, ce tabou pour tous

La problématique ne se limite pas aux établissements de soins de longue durée. Car si 93 pour cent des Canadiens sondés récemment pensent qu’il est important de communiquer ses volontés pour les soins de longue durée, 36 pour cent d’entre eux seulement l’ont fait.

Cela peut sembler choquant. Mais selon l’Organisation mondiale de la santé,c’est encore pire dans la plupart des pays d’Europe.

La mort et la fin de vie sont manifestement des tabous dans le monde entier.

Des sources d’information telles que nos dépliants sont une très bonne première étape pour permettre à toutes les parties prenantes de clarifier ce qu’il faut envisager et discuter. Mais comme les membres d’une famille ont tendance à se protéger entre eux, il faut que le personnel s’implique davantage dans ces conversations.

Il faut former le personnel des institutions de soins

Il faut donc préciser le rôle de chacun et procurer la formation nécessaire au personnel de soutien, tout particulièrement à ceux qui bâtissent des liens étroits avec les résidents.

La population vieillit. Et grâce aux progrès technologiques, nous sommes de plus en plus nombreux à vivre en souffrant d’une santé fragile et de maladies chroniques. Il nous faut trouver le moyen de communiquer ce qui nous importe, afin de pouvoir bénéficier des soins qui soient bons pour nous.

Voici une autre histoire, celle de Sam, résident dans un foyer de soins, et victime d’une infection insensible aux antibiotiques.

Sam souffrait depuis un certain temps de plusieurs maladies chroniques, et sa famille savait que ses infections fréquentes pouvaient être un signe avant-coureur d’une mort prochaine. Sa famille savait également que Sam désirait mourir en maison de soins de longue durée et non pas à l'hôpital: ils en avaient parlé alors qu’il était encore en meilleure santé et en état de communiquer ses attentes.

Sam est mort dignement et en paix, et peut-être encore plus important, dans le respect de ses propres volontés.

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Ce texte est d'abord paru sur le site franco-canadien de The Conversation. Reproduite avec permission.

Santé

L'orthorexie, ou l'obsession de bien manger

MONTRÉAL — Si nous sommes tous conscients de l’importance de bien manger, chez certains cela finit par prendre la forme d’une véritable obsession qui commence à retenir l’attention des experts des troubles alimentaires.

L’orthorexie, comme on l’appelle parfois, «n’est pas un terme diagnostic officiel. On parle plutôt d’un trouble d’évitement et restriction de la gestion d’aliments», a expliqué Howard Steiger, qui est le chef du Continuum des troubles de l’alimentation de l’Institut universitaire Douglas.

Le quotidien britannique The Guardian racontait récemment l’histoire de l’écrivaine Scarlett Thomas, qui confie alterner d’un régime à l’autre depuis 20 ans, constamment à la recherche de LA bonne alimentation — un objectif qu’elle continue à pourchasser, même si elle sait très bien qu’elle ne l’atteindra jamais.

L’alimentation de Mme Thomas est régie par une centaine de règles, et l’auteure empile chez elle des dizaines de livres consacrés à différents régimes alimentaires: quand elle se sent particulièrement stressée, elle relit ses «préférés», une habitude qu’elle compare elle-même à la consommation de pornographie.

«Les troubles de l’alimentation sont intéressants en ce sens qu’ils représentent les valeurs culturelles positives poussées à un extrême nocif, a dit M. Steiger. Dans l’anorexie nerveuse, on dit qu’on ne doit pas devenir obèse, on doit porter attention à son poids, on doit maintenir un niveau d’activité approprié... Mais la personne applique ces concepts tellement fort qu’elle se rend dénutrie. Dans le même sens, une personne qui a l’orthorexie va appliquer les bons conseils de faire attention, de ne pas manger trop de choses avec des additifs chimiques, ou essayer de manger des choses plus saines, mais c’est poussé tellement à l’extrême qu’on devient incapable de choisir n’importe quel aliment.»

M. Steiger partage le cas d’une patiente qui a commencé à souffrir d’orthorexie après que son médecin de famille lui eut conseillé de faire attention à son cholestérol. La dame a alors entrepris d’éliminer de son alimentation «tous les aliments qui auraient pu avoir la moindre association avec un risque de cholestérol élevé, et tranquillement le champ de nourriture qu’elle se permettait rapetissait, à un point tel qu’elle est rendue presque incapable de manger».

Points communs

Les troubles alimentaires sont habituellement associés à des éléments comme l’anxiété ou des problèmes affectifs comme la dépression.

«Il y a plusieurs commonalités, a dit M. Steiger. L’anorexie et l’orthorexie sont tous les deux des troubles qui reposent sur des tempéraments anxieux, les gens qui préfèrent que les choses soient prévisibles, qui évitent quand ils ont des doutes, des choses comme ça.»

Il y a aussi un trouble obsessif compulsif dans les troubles de l’alimentation, poursuit-il: il y a une obsession envers le risque de prendre du poids trop rapidement ou le risque de manger des choses qui seraient malsaines et de tomber malade. L’angoisse obsessionnelle autour de ces choses pousse les gens à développer des compulsions qui réduisent l’anxiété.

Les chercheurs se demandent jusqu’à quel point les gens qui souffrent d’orthorexie manifestent les mêmes tendances en termes de tempérament, en termes de traits psychologiques, que la personne qui développe une anorexie nerveuse.

«Et même plus important, est-ce que ces troubles sont génétiquement liés? Est-ce qu’il y a une base héréditaire?, a précisé M. Steiger. Parce que c’est clair que les troubles alimentaires plus traditionnels, comme l’anorexie et la boulimie, sont transmis à l’intérieur d’une famille et sont assez héréditaires.»

Ce qui semble clair, pour le moment, est que «ce sont des troubles qui sont un peu formés par les messages qui sortent dans l’espace public», a-t-il ajouté.

«On voit ces troubles beaucoup plus fréquemment qu’on les voyait avant, probablement parce que la préoccupation culturelle avec les aliments sains et purs est relativement récente, et peut-être même de plus en plus promue dans les médias», a dit M. Steiger.

Le traitement de l’orthorexie et d’autres troubles alimentaires commence par une désensibilisation du patient, par une réduction de la réaction phobique et de l’évitement compulsif par le biais d’une exposition graduelle à la nourriture. Dans le cas de l’orthorexie, on réintroduit progressivement différents aliments pour amener le patient à réaliser que cela n’a pas les effets nocifs attendus, ce qui réduit ensuite l’anxiété.

«Certains répondent très rapidement et sont vraiment libérés du problème, a conclu M. Steiger. Mais il y a aussi un sous-groupe, heureusement une minorité, pour qui ça devient un mode de vie et c’est chronique. Ce sont des problèmes traitables, et oui on surmonte ces problèmes.»

Santé

Hypertension: la médication prise le soir serait plus efficace

MONTRÉAL — Les gens qui souffrent d'hypertension artérielle et qui prennent leur médication au moment d'aller au lit contrôlent mieux leur pression et réduisent considérablement leur risque de décès ou de maladies de cause cardiovasculaire, démontre une nouvelle étude espagnole.

Le professeur Ramón C. Hermida, de l'Université de Vigo, et ses collègues ont demandé à quelque 19 000 participants de prendre leur médication soit au réveil, soit au moment d'aller au lit. Ces sujets ont été suivis pendant environ six ans, période pendant laquelle leur pression ambulatoire a été mesurée pendant 48 heures au moins une fois par année.

Les chercheurs ont constaté que ceux qui prenaient leur médication au coucher réduisaient de 45 pour cent leur risque de crise cardiaque, d'accident vasculaire cérébral ou d'insuffisance cardiaque, ou d'avoir besoin d'une intervention pour dégager une artère bloquée (revascularisation coronaire), comparativement aux patients qui prenaient leur médication au réveil.

«On avait cette notion-là que c'était plus efficace de prendre des médicaments antihypertenseurs au coucher, mais c'était considéré non démontré hors de tout doute, a commenté le cardiologue Martin Juneau, de l'Institut de cardiologie de Montréal. Mais avec une étude de cette envergure-là, avec autant de patients, ça donne du crédit à l'hypothèse. Et ils ont non seulement un meilleur contrôle de la pression nocturne, mais en plus, ça se traduit par une baisse importante des événements cliniques. Je trouve que c'est convaincant. Ça fait au moins dix ans qu'on parle de ça, mais là ça vient rajouter un bon morceau au puzzle.»

Le risque de décès de cause cardiovasculaire était réduit de 66 pour cent, celui d'accident vasculaire cérébral de 49 pour cent, celui d'infarctus du myocarde de 44 pour cent, celui de défaillance cardiaque de 42 pour cent et celui de revascularisation coronaire de 40 pour cent.

Les chercheurs ont ajusté leurs résultats pour tenir compte de facteurs comme l'âge, le sexe, le diabète de type 2, la maladie rénale, le tabagisme et les niveaux de cholestérol.

Infarctus matinaux

«Les patients font plus d'infarctus le matin, c'est bien connu, vers 5, 6, 7 h le matin, plutôt qu'à d'autres moments, a pour sa part rappelé le docteur Maxime Lamarre-Cliche, le directeur de la clinique d'hypertension de l'Institut de recherche clinique de Montréal. Si on a des gens qui ont des infarctus plus le matin, si on prend nos médicaments plus proches de cette période-là, c'est-à-dire la nuit en se couchant, est-ce qu'on va éviter un peu plus d'événements?»

L'effet maximal de ces médicaments est atteint après trois ou quatre heures, poursuit le docteur Lamarre-Cliche, avant de commencer à s'atténuer. La théorie était donc - et c'est ce qui a été essayé dans cette étude - de profiter de l'effet maximal du médicament au moment où on en a le plus besoin.

«Si on met les choses un peu à l'envers, il faudrait traiter environ une dizaine de personnes (en prenant) les médicaments au coucher pendant la durée de l'étude pour qu'il y en ait une qui évite d'avoir un problème cardiovasculaire, a-t-il expliqué. Pour nous, c'est quand même un chiffre qui est certainement appréciable, surtout pour un investissement qui est relativement modeste; prenez vos médicaments au coucher au lieu de les prendre le matin, ce n'est pas si épouvantable que ça en termes de possibilité pour les patients et pour les médecins de prescrire de cette façon, et si on peut obtenir un bénéfice comme ça, pour cet investissement-là, je pense qu'on est dans une situation gagnant-gagnant.»

Alors que les médecins recommandent de prendre la médication le matin pour réduire la pression à ce moment, le professeur Hermida a expliqué dans un communiqué que «la pression systolique moyenne pendant le sommeil d'un patient est l'indication la plus importante et la plus indépendante de risque cardiovasculaire».

La pression moyenne des patients qui prenaient leur médication le soir était nettement plus basse la nuit comme le jour, et leur pression chutait davantage la nuit, comparativement aux patients qui la prenaient le matin, précise le communiqué.

«On sait que quand on mesure la tension artérielle sur 24 heures, les gens dont la pression baisse de plus de 10 pour cent la nuit, c'est ce qu'on recherche comme contrôle maintenant, a dit le docteur Juneau. L'étude montre bien que quand on prend la médication la nuit, on a plus de baisse de pression nocturne, et là ça entraîne une cascade de phénomènes physiologiques qui sont bons.»

Cette étude a été publiée par le European Heart Journal.

Santé

La rougeole effacerait la mémoire du système immunitaire

WASHINGTON — Un épisode de rougeole semble rendre les enfants plus vulnérables aux autres infections en effaçant la mémoire de leur système immunitaire, prévient une nouvelle étude.

Le virus de la rougeole semble ainsi effacer le souvenir que garde le système immunitaire des infections qu'il a précédemment combattues, interférant avec sa capacité à réagir rapidement si ces virus ou ces bactéries reviennent.

Les chercheurs qualifient cette découverte étonnante d'«amnésie immunitaire».

Des scientifiques de l'Université Harvard ont testé des échantillons sanguins provenant de 77 enfants néerlandais non vaccinés avant et après un épisode de rougeole. Après s'être remis de la rougeole, l'immunité acquise par les enfants face à d'autres infections avait plongé. Les échantillons contenaient amplement d'anticorps pour la rougeole, mais entre 20 pour cent et 70 pour cent des anticorps pour d'autres infections avaient été perdus.

Dans les cas les plus graves, l'enfant redevient aussi vulnérable qu'un bébé. Cette «amnésie immunitaire» n'a toutefois pas été détectée chez les enfants qui avaient été vaccinés contre la rougeole.

Dans un contexte de recrudescence de la rougeole, a dit l'auteur principal de l'étude, le docteur Michael Mina de l'école de santé publique de Harvard, «c'est un phénomène épeurant».

Un médecin qui soigne un enfant pour une pneumonie, a-t-il ajouté, ne fera pas nécessairement le lien avec l'épisode de rougeole de l'année précédente, mais on peut se demander si l'enfant aurait eu cette pneumonie s'il n'avait pas tout d'abord eu la rougeole.

Après avoir analysé des dizaines d'années de données, le docteur Mina avait précédemment rapporté que les décès d'enfants dus à des infections bondissaient après une épidémie de rougeole, une hausse qui pouvait durer deux ou trois ans. Personne ne comprenait pourquoi jusqu'à présent.

Les résultats des chercheurs américains ont été confirmés par des chercheurs britanniques, qui en viennent à la conclusion que le virus de la rougeole ramène essentiellement l'état du système immunitaire à celui d'un bébé.

Le système immunitaire pourrait ensuite mettre des années à reconstruire les défenses perdues.

La rougeole compte parmi les virus les plus contagieux de la planète et une infection peut laisser des séquelles graves, comme des dommages au cerveau ou la surdité.

Les conclusions de cette étude ont été publiées jeudi par les journaux scientifique Science et Science Immunology.

Santé

Cancer de la prostate: le dépistage systématique n'est plus recommandé, rappellent des médecins

Au lendemain de la sortie du maire Régis Labeaume, qui a invité mercredi les hommes à se soumettre à un test de dépistage du cancer de la prostate, des médecins tiennent à préciser que le dépistage systématique n’est plus recommandé depuis 2018.

L’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) a en effet publié un avis à cet effet en janvier 2018, nous ont soumis des médecins à la lecture du reportage du Soleil. 

«Dans un premier temps, il est recommandé que le dépistage par l’APS [antigène prostatique spécifique] ne soit pas offert aux hommes de façon systématique», écrivait l’INESSS dans son rapport. 

Déjà, en 2013, le Collège des médecins recommandait de ne plus offrir ce test, faisant valoir qu’il n’y a aucun avantage au dépistage du cancer de la prostate par le dosage de l’APS en matière de réduction de la mortalité globale, et que les interventions qui sont pratiquées à la suite de ce dépistage comportent des risques importants.

Dans son rapport, l’INESSS explique qu’une grande proportion (20 à 50 %) des cancers ainsi dépistés sont indolents, c’est-à-dire qu’en raison de leur évolution lente, ils pourraient ne jamais se manifester, et les patients décéderaient d’une cause autre que le cancer.

Citant une étude, l’INESSS mentionne également que le risque de faux positif à la suite du dosage par l’APS est évalué à environ 18 %, et que la probabilité d’avoir un cancer lorsque le test est positif est évaluée à environ 24 %. 

Le dosage de l’APS, qui consiste en une simple ponction sanguine, est évidemment en soi un test sécuritaire. C’est la cascade des évaluations diagnostiques et des traitements qui en découle qui peut entraîner un risque pour le patient, explique l’organisme.

Effets indésirables

L’INESSS rappelle que ces traitements peuvent entraîner des effets indésirables chez une grande proportion d’hommes. Ainsi, environ 75 % des hommes traités par chirurgie ou par radiation seront atteints de dysfonction sexuelle, urinaire ou gastro-intestinale. 

Selon l’INESSS, le dosage de l’APS ne devrait donc être accessible qu’aux hommes asymptomatiques âgés de 55 à 69 ans ayant une espérance de vie de plus de 10 ans, qui en font la demande et qui ont été bien informés des avantages et des risques de cette démarche.

«Pour les hommes qui voudront toujours se prévaloir de ce test, il est important de prioriser un usage judicieux du dépistage du cancer de la prostate par le dosage de l’APS en réitérant que les hommes de 70 ans et plus ainsi que ceux dont l’espérance de vie ne dépasse pas 10 ans ne devraient pas avoir de dosage par l’APS à des fins de dépistage du cancer de la prostate», précise encore l’INESSS dans son avis. 

Si les hommes ayant des antécédents familiaux et les hommes noirs sont plus à risque de cancer de la prostate, aucune donnée ne permet de justifier une plus grande promotion du dépistage chez ces groupes d’hommes, selon l’organisme.

Santé

Les prescriptions inappropriées, monnaie courante chez les aînés

Près de la moitié des personnes âgées au Québec auraient des prescriptions de médicaments «potentiellement inappropriés», selon une étude parue jeudi matin et dont les auteurs rappellent que les alternatives non médicamenteuses sont souvent négligées.

L’étude, publiée dans la revue médicale Family Practice, a épluché les données du Système intégré de surveillance des maladies chroniques, qui inclut toutes les prescriptions de médicaments des aînés du Québec qui ont une maladie chronique ou qui sont à risque d’en développer une. Et sur les quelques 1,1 million de personnes de plus de 65 ans incluses dans l’étude, pas moins de 48 % avaient au moins une prescription de médicament «potentiellement inapproprié».

Santé

Régis Labeaume, proche aidant

Le maire Régis Labeaume, qui accompagne depuis un peu plus de trois semaines son père atteint d’un cancer, a livré mercredi un véritable plaidoyer en faveur des proches aidants.

«Dans la famille Labeaume, on a une grosse année de cancer. Mon père a appris lui-même il y a un peu plus de trois semaines qu’il était atteint d’un cancer du pancréas», a confié le maire de Québec lors d’une conférence de presse sur la 6édition de Noeudvembre, dont il est un ambassadeur avec 23 autres personnalités. 

Or, les deux frères de Régis Labeaume ne résident pas à Québec. L’un vit aux États-Unis, l’autre, à Mont­réal. Le maire de Québec, en rémission d’un cancer de la prostate, doit donc aménager son horaire pour «avoir du temps pour mon père».

«Aidant naturel, c’est très exigeant. Moi, j’ai la chance d’avoir de l’argent dans mes poches, d’avoir du monde qui m’aide pour organiser mon agenda. Mais pour quelqu’un qui n’est pas dans ma position, être aidant naturel, ça doit être terrible», a-t-il dit.

«Imaginez la mère célibataire, qui travaille, qui a un salaire moyen et dont la mère ou le père est [malade]. Je ne sais pas comment ils font», a-t-il laissé tomber, référant notamment aux frais de stationnement et aux «repas à la cafétéria». 

«Ça coûte cher être malade. […] Je pense beaucoup ces temps-ci aux gens qui ont moins de moyens. Ça doit être extrêmement compliqué. Et à la fin, quand la personne est rendue aux soins palliatifs, tu veux être là à temps plein, mais tu ne peux pas parce que tu dois faire vivre tes enfants, payer ton loyer… C’est tough. […] Il faut penser à ces gens-là», a insisté M. Labeaume.

Le maire de Québec a par ailleurs tenu à saluer l’excellence des soins qu’il a reçus et que son père reçoit actuellement à l’Hôtel-Dieu de Québec. «Le service qu’on lui donne est incroyable», a-t-il dit. 

«J’ai amené mon père à l’hôpital un dimanche parce que je pensais qu’il avait un problème. Je suis arrivé à l’urgence, ils l’ont diagnostiqué, l’ont transféré à l’Hôtel-Dieu de Québec à l’intérieur de trois ou quatre heures et ils l’ont pris en charge… Et ça ne m’a pas coûté un sou […], c’est incroyable. J’ai un frère qui habite aux États-Unis qui est venu passer une semaine [à Québec] et qui me raconte comment ils doivent dealer avec le système de santé. On ne réalise pas à quel point la social-démocratie, c’est un très beau système», a souligné le maire.  

Santé

Cancer de la prostate: le maire Labeaume incite à oublier l'«orgueil» et à passer un test de dépistage [VIDÉO]

Porte-parole de PROCURE pour la 6e édition de Noeudvembre, le maire de Québec, Régis Labeaume, a prié mercredi tous les hommes à «mettre de côté leur orgueil» et à se soumettre à un test de dépistage du cancer de la prostate.

Chaque jour au Québec, 12 hommes reçoivent un diagnostic du cancer de la prostate, a rappelé le maire de Québec en conférence de presse. 

«Il y a encore aujourd’hui des gens qui meurent du cancer de la prostate. Un des hommes les plus riches des États-Unis, David Koch, est décédé en août dernier du cancer de la prostate. Cet homme-là ne manquait pourtant pas de moyens pour pouvoir bénéficier de tous les soins possible, mais il est mort quand même du cancer de la prostate», a souligné le maire Labeaume pour inciter les hommes à rendre visite à leur médecin. 

«Je sais que plusieurs hommes ne veulent pas aller voir leur médecin pour leurs problèmes de santé, mais le [test de] dépistage du cancer de la prostate, […] il faut le faire. [...] Les gars se croient forts, se pensent invincibles, mais mettez votre orgueil de côté parce que vous vous faites mal à vous et vous faites mal à la société», a plaidé Régis Labeaume, rappelant que le cancer et ses traitements «coûtent cher collectivement».

Santé

Les anti-vaccins qui contestent la loi ontarienne auraient peu de chances de succès

TORONTO — Un groupe anti-vaccination aurait bien peu de chances de convaincre la justice ontarienne que les lois sur la vaccination des enfants violent les droits des parents, selon des experts en droit constitutionnel consultés mardi.

Le groupe, qui comprend cinq mères et l'organisation Vaccine Choice Canada, a déposé une contestation judiciaire cette semaine, alléguant que la Loi sur l'immunisation des élèves enfreint plusieurs droits garantis par la Charte, notamment ceux relatifs à la liberté de conscience et de religion, ainsi qu'à la liberté et à la sécurité de la personne.