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Santé

COVID-19 : Santé Canada met en garde contre certains produits

OTTAWA — Santé Canada émet une mise en garde contre les risques associés à l'achat de produits de santé qui sont assortis d'allégations fausses et trompeuses sur leur capacité à prévenir, à traiter ou à guérir la COVID-19, une mise en marché qui est illégale.

Santé Canada dit avoir reçu des signalements au sujet de tels produits. Le ministère a d'ailleurs envoyé des lettres à plusieurs entreprises pour leur ordonner de retirer immédiatement ces allégations de leurs sites web et de leur matériel publicitaire.

Les autorités déplorent qu'une vaste gamme de produits sont visés : des masques, de l'argent colloïdal, certains désinfectants, des élixirs et formules à base de plantes, des désinfectants pour les mains, des mélanges de champignons Chaga, des lampes à ultraviolets et de l'huile d'origan.

Une liste d'antiseptiques pour les mains et de désinfectants qui satisfont aux exigences de Santé Canada a été mise en ligne, de même que des instructions sur l'utilisation de masques et de respirateurs pendant l'épidémie de COVID-19.

Pour savoir si un médicament ou un produit de santé naturel ainsi que ses allégations ont été autorisés par Santé Canada, les Canadiens sont invités à rechercher un numéro d'identification de médicament (DIN), un numéro de produit naturel (NPN) ou un numéro de médicament homéopathique (DIN-HM) à huit chiffres.

Les gens peuvent aussi faire une recherche dans la Base de données sur les produits pharmaceutiques et la Base de données sur les produits de santé naturels homologués.

Santé

Éclosion de COVID-19 au Manoir Liverpool: deux nouveaux cas

Deux résidents du Manoir Liverpool ont été déclarés positifs à la COVID-19 samedi, ce qui amène le total à six cas pour une même résidence pour aînés. Une éclosion s'est déclarée plus tôt cette semaine, mettant les 128 résidents de Lévis à risque.

La région de Chaudière-Appalaches comptait sept nouveaux cas samedi, dont les deux résidents du Manoir Liverpool.

Les autorités de santé publique de la région assurent que les «mesures rigoureuses» mises en place cette semaine sont maintenues, toujours dans le but d'assurer la sécurité du personnel et des résidents. Les personnes qui présentent des symptômes sont placées en isolement préventif, test confirmé ou pas.

Selon les informations de Radio-Canada, une vingtaine d’infirmières de l’Hôtel-Dieu de Lévis ont été retirées de leur milieu de travail après avoir été en contact avec un patient infecté de la COVID-19, il s’agissait d’un résident du Manoir Liverpool.

Le Syndicat des professionnelles en soins de Chaudière-Appalaches dénonce que ses infirmières ne portaient pas l’équipement de protection adéquat pour soigner le patient atteint du virus. Les infirmières auraient de la difficulté à se procurer des masques ou de laver leur uniforme sur les lieux de travail. 

Dans un communiqué publié le 24 mars, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) implorait le gouvernement d’assurer certaines mesures de sécurité manquantes dans quelques établissements du réseau de la santé. 

La FIQ demandait notamment «l’accès aux équipements de protection individuelle pour toute salariée en contact avec des usagers à risque d’être atteints du COVID-19» ainsi que «des uniformes fournis et entretenus par l’employeur sur tout département susceptible d’accueillir des patients atteints du COVID-19».

Le syndicat exige aussi du gouvernement «le retrait préventif immédiat et la réaffectation sécuritaire sans certificat médical de toute femme enceinte ou salariée immunosupprimée ou atteinte de maladies chroniques». Il déplorait que certaines femmes enceintes puissent être en contact avec des patients atteints de la COVID-19.

Bond de 42 nouveaux cas dans la Capitale-Nationale

Le nombre de personnes infectées dans la région de la Capitale-Nationale a bondi, samedi. Le Centre intégré universitaire de santé de services sociaux (CIUSSS) a confirmé 42 nouveaux cas positifs de la COVID-19. 

La grande région de Québec compte donc à ce jour 228 cas confirmés. Par ailleurs, neuf personnes sont hospitalisées, dont les deux tiers dans la région de la Capitale-Nationale.

Cette hausse du nombre de cas positifs devrait continuer d’augmenter au cours des prochaines semaines, informe le directeur régional de santé publique du CIUSSS de la Capitale-Nationale, Dr François Desbiens. Toutes les personnes touchées et celles identifiées comme des contacts étroits sont par ailleurs en isolement obligatoire et «ne présentent aucun risque à la population». 

On dénombre 148 personnes infectées sur le territoire desservi par le CIUSSS de la Capitale-Nationale. 

Au total, on compte 80 cas dans la région de Chaudière-Appalaches. 

En bref

  • Capitale-Nationale : 3530 personnes testées (220 samedi), 1763 tests négatifs et 148 positifs
  • Chaudière-Appalaches : 2337 personnes testées (214 samedi), 1930 tests négatifs et 80 positifs

Santé

IUCPQ: un chirurgien cardiaque inquiet pour ses patients

Un chirurgien cardiaque de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) s’inquiète pour la santé de ses patients en attente d’une opération. Désigné COVID-19, l’IUCPQ doit réserver des lits pour les patients infectés, lui a-t-on expliqué. Jeudi, au lieu d’opérer 10 à 12 patients comme ils le font chaque jour, les chirurgiens-cardiaques de l’établissement n’en ont opéré... qu’un seul.

Un médecin du département de chirurgie cardiaque de l’établissement a communiqué avec Le Soleil, jeudi, afin que nous demandions à la ministre de la Santé pendant le point de presse quotidien du gouvernement Legault si elle était «au courant que le département de chirurgie cardiaque de l’IUCPQ était en train de s’écraser sous le poids de la clientèle».

«On comprend la situation avec la COVID-19, mais là, on a des patients qui attendent une chirurgie à coeur ouvert, qui sont en panique, et on n’est plus capable d’opérer. On reçoit plein d’appels chaque jour de patients inquiets, dont certains voient leurs symptômes s’aggraver», déplore le médecin, qui a requis l’anonymat. 

«On leur dit qu’on va les rappeler. Et de venir à l’urgence si leurs symptômes s’accentuent», précise le spécialiste, impuissant. 

Le médecin souligne que l’IUCPQ dessert une population de deux millions de personnes et qu’il fait environ 2500 chirurgies cardiaques par année. 

«Les patients les plus graves doivent être opérés dans un délai de 48 à 72 heures, parfois même dans un délai de 24 heures», souligne notre interlocuteur, qui se demande si la décision de désigner COVID-19 l’IUCPQ était avisée, sachant que l’Institut de cardiologie de Montréal, lui, ne l’a pas été. Les maladies cardiovasculaires sont le tueur numéro un au Canada, rappelle-t-il.

Le Soleil n’a pas pu questionner la ministre Danielle McCann, qui n’était pas au point de presse de jeudi. 

Au service des communications du ministère de la Santé, on nous dit que «tous les patients qui doivent recevoir des soins urgents et appropriés à leur condition les reçoivent sans problème». 

«Toutefois, les directives du ministère sont très claires en matière de chirurgies», rappelle le porte-parole Nicolas Vigneault. Les établissements doivent ainsi «reporter toutes les procédures électives pour les pathologies bénignes», «continuer les urgences chirurgicales et obstétricales» et «limiter au maximum la prestation chirurgicale pour les cas semi-urgents, incluant l’oncologie». 

«Ces directives doivent être suivies par l’ensemble du réseau, incluant l’IUCPQ», l’objectif étant de s’assurer d’avoir suffisamment de lits en soins intensifs pour les cas de COVID-19, précise M. Vigneault. 

À l’IUCPQ, on indique que le plan de préparation de l’établissement a été partagé avec le ministère. 

«Nous devons mettre en place un nombre de lits de soins intensifs et d’hospitalisation suffisants pour répondre aux besoins de la population. Nous avons, en concertation avec l’équipe de chirurgie cardiaque et des autres équipes médicales de notre établissement, préparé ce plan. Pour une journée (ce jeudi), nous avons dû fonctionner en mode «week-end» afin de finaliser une partie cruciale de nos préparations», explique par courriel le porte-parole Joël Clément.

«Dès demain [vendredi], nous augmenterons le nombre de chirurgies, en respectant les priorités cliniques, l’urgence de leur situation et notre mandat ministériel touchant notre désignation de niveau 1 pour le COVID-19», ajoute M. Clément. 

Selon le porte-parole de l’IUCPQ, la programmation régulière en chirurgie cardiaque est de 56 chirurgies planifiées par semaine, auxquelles s’ajoutent des urgences, pour un grand total de 61 chirurgies hebdomadaires.

Depuis lundi, seulement 32 chirurgies cardiaques ont été réalisées à l’IUCPQ, précise M. Clément.

Santé

Une employée immunosupprimée du CHUL réclame des directives claires

Une agente administrative du CHUL immunosupprimée et n’ayant que 30% de capacité pulmonaire déplore l’absence de mesures claires et uniformes dans le réseau de la santé pour protéger les employés dans sa situation.

Sara-Émilie Chabot est atteinte d’ostéogenèse imparfaite, ou «maladie des os de verre», qui se caractérise par une fragilité anormale et généralisée des os, ainsi que du syndrome de Larsen, autre pathologie rare qui touche les os. 

En plus d’avoir les os qui s’effritent et les articulations qui se disloquent facilement, Mme Chabot a des problèmes de scoliose et n’a que 30% de capacité pulmonaire. 

«J’adore mon travail, mais je suis très craintive face à la COVID-19 qui prend de l’ampleur chaque jour. […] J’ai peur, car si c’était moi qui attrapais ce virus, je ne suis pas certaine que je m’en sortirais», a-t-elle écrit lundi dans un long message Facebook destiné à sensibiliser le gouvernement et les établissements de santé à la situation que vivent les employés vulnérables comme elle. 

«À l’heure actuelle, il n’y a aucune mesure pour les gens immunosupprimés comme moi travaillant dans le milieu de la santé», dénonce celle qui est en arrêt de travail jusqu’à lundi parce qu’elle relève d’une pneumonie «qui n’a pas été facile avec mes poumons fragiles».

«Oui, nous sommes appuyés par le service santé de notre établissement. Mais pour eux, à part des mesures préventives que nous savons déjà […], il n’y aurait aucune autre mesure comme par exemple un arrêt obligatoire pour des gens ayant des problèmes [de santé] chroniques», écrit Sara-Émilie Chabot. 

En entrevue au Soleil, jeudi, Mme Chabot a indiqué que la gestionnaire de qui elle relève l’avait contactée la veille. «Elle m’a dit que je ne serais pas blâmée et que je n’aurais pas de conséquences si je décidais de me retirer, et que je pourrais être rémunérée par l’assurance-emploi», rapporte l’agente administrative, qui, même si une «solution» se dessine pour elle, souhaite «continuer à mener le combat pour les autres». 

«Ce que je demande au gouvernement et aux hôpitaux, c’est qu’il y ait une directive claire, uniforme, pour les employés comme moi», résume-t-elle. 

Plus tôt cette semaine, Radio-Canada a fait état de la situation de certains employés du réseau de la santé atteints d’une maladie chronique et dont le médecin a signé un billet médical exigeant leur retrait immédiat du travail, mais à qui l’employeur refuse de verser des prestations d’assurance-salaire. 

Un message du gouvernement a pourtant été envoyé la semaine dernière aux sous-ministres et aux dirigeants d’organismes gouvernementaux à propos de la COVID-19 et des «orientations quant au télétravail».

«Les personnes âgées de 70 ans et plus ainsi que celles atteintes de maladies chroniques ou immunosupprimées ne doivent pas se présenter dans les milieux de travail et doivent demeurer en isolement. Le traitement de l’employée ou de l’employé est maintenu, que cette personne soit ou non en télétravail», dit cette note.

Santé

COVID-19: «Les travailleurs sociaux n’ont pas tous besoin d’être sur le terrain», dit le ministre Carmant

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, appelle les gestionnaires du réseau à autoriser les travailleurs sociaux qui le peuvent à faire du télétravail et précisera sous peu les services qui requièrent des déplacements.

Le Soleil rapportait jeudi matin que l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec a déploré mercredi soir au ministre Carmant l’intransigeance de certains gestionnaires qui privilégient «la ligne dure». L’Ordre dénonçait notamment le fait que le télétravail soit «majoritairement refusé».

«J’en appelle aux gestionnaires du réseau de permettre aux gens qui le peuvent de faire du télétravail, a dit le ministre Carmant dans une déclaration officielle envoyée au Soleil. Les travailleurs sociaux n’ont pas tous besoin d’être sur le “terrain” pour faire leur suivi auprès de leur clientèle. Le gros bon sens doit s’appliquer.»

Lionel Carmant précise que le ministère de la Santé et aux Services prépare un document qui précisera quels services requièrent des déplacements et lesquels peuvent se faire en télétravail. Le document «sera révisé régulièrement selon l’évolution de la situation», indique le ministre. 

L’Ordre des travailleurs sociaux déplorait aussi des lacunes dans les mesures sanitaires et la protection personnelle, des visites à domicile et des rencontres d’équipe maintenues «sans tenir compte de la distanciation sociale». Le ministre Carmant a tenu à rappeler que les règles gouvernementales qui émanent de la Direction nationale de la santé publique doivent être suivies. Il rappelle aussi que lors des réunions les  travailleurs doivent garder une distanciation physique de 2 mètres.

«La santé et la sécurité des travailleurs comme des clientèles sont des priorités incontournables et je ne ferai aucun compromis», dit le ministre Carmant. 

Dans un courriel obtenu par Le Soleil et envoyé mercredi soir aux membres de l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec, la présidente, Guylaine Ouimette, indique qu’elle a eu un entretien téléphonique mercredi soir avec le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant. Elle écrit lui avoir fait part de «problèmes récurrents» vécus par les travailleurs sociaux en cette période de crise.

«Il faut absolument que les organisations leur offrent des mesures sécuritaires pour pouvoir travailler», a résumé Mme Ouimette en entrevue au Soleil. 

L’Ordre a notamment dénoncé certains gestionnaires qui «semblent privilégier la ligne dure, la productivité à tout prix, les statistiques, la diminution des listes d’attente… peu importe le contexte de crise. Le business as usual serait le mot d’ordre dans plusieurs secteurs d’activités», écrit Guylaine Ouimette dans son courriel.

La présidente de l’Ordre affirme qu’elle a reçu des centaines de courriels de ses membres et note qu’il «y a beaucoup d’inquiétudes et d’insécurité» chez les travailleurs sociaux dans plusieurs services du réseau de la santé, pratiquement dans toutes les régions du Québec.

Elle souligne avoir rappelé au ministre Carmant que les travailleurs sociaux font officiellement partie des employés qui offrent des services de soins de santé et de services sociaux prioritaires reconnus par le gouvernement — les « anges gardiens » dont a parlé le premier ministre François Legault.

«Pourtant, vous vous sentez négligés, voire oubliés, écrit Guylaine Ouimette à ses membres. Il faut, de leur part, un signal clair, des actions et des décisions qui vous protègent aussi et, je dirais même, en premier lieu».

Dans le réseau de la santé et des services sociaux, les travailleurs sociaux sont présents en cette période de crise notamment dans les hôpitaux, les CLSC, les CHSLD, à la DPJ et les centres de réadaptation en dépendance.

Mme Ouimette a proposé une série de solutions à court terme au ministre Carmant. Elle suggère entre autres d’augmenter le nettoyage et la désinfection des espaces de travail et d’augmenter la protection personnelle avec des gants, des masques, et du Purell. Elle demande aussi de limiter à deux le nombre de personnes par bureau et d’éviter les visites à domicile «sauf si absolue nécessité et, lorsque c’est le cas, offrir le matériel de protection».

La présidente de l’Ordre souhaite aussi que les gestionnaires autorisent et organisent le télétravail par Facetime, Skype, etc. ou d’autres moyens et évitent aux travailleurs sociaux les visites à domicile «sauf si absolue nécessité et, lorsque c’est le cas, offrir le matériel de protection».

Plus globalement, Mme Ouimette demande au ministère de cibler la liste des services prioritaires «afin de répondre aux besoins les plus urgents de la population». 

La présidente de l’Ordre affirme qu’elle obtient pour le moment une «excellente collaboration» du cabinet du ministre Carmant et de la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann. 

Le ministre Carmant affirme de son côté qu’il a eu «un entretien téléphonique très productif» avec la président de l’Ordre. «Mme Ouimette m’a fait part de plusieurs récriminations de ces membres. J’en ai pris bonne note et je m’applique à résoudre ceux-ci», a-t-il dit. 

Santé

Prestation de 2000$: des préposés aux bénéficiaires gagnent moins s’ils travaillent

MONTRÉAL — Des syndicats de préposés aux bénéficiaires ont reçu des appels de leurs membres qui ont calculé qu’ils seraient mieux rémunérés s’ils restaient à la maison et cessaient de s’occuper des personnes âgées dans les résidences privées pour aînés.

Il s’agit d’une conséquence paradoxale de la prestation d’urgence de 2000 $ par mois, annoncée mercredi par le gouvernement fédéral dans le contexte du coronavirus. Cette prestation représente l’équivalent de 500 $ par semaine en moyenne.

Or, les préposés aux bénéficiaires qui travaillent dans les résidences privées pour personnes âgées ne touchent même pas cette somme, même à temps complet. Payés 13 $ ou 14 $ l’heure, cela donne un salaire hebdomadaire de 455 $ à 490 $.

Ces résidences privées sont rattachées à des groupes connus comme les Résidences Soleil, le Groupe Chartwell, mais on en trouve aussi de plus petites et des indépendantes.

Le Syndicat québécois des employés de service, affilié à la FTQ, a confirmé jeudi avoir reçu quelques appels de ses membres qui ont fait le calcul. Ils voulaient savoir s’ils seraient admissibles à la prestation de 2000 $ s’ils démissionnaient.

Certains membres ne mâchaient pas leurs mots et affirmaient qu’ils seraient mieux payés en restant chez eux à ne rien faire qu’à mettre leur santé en danger pour continuer à travailler en s’occupant de personnes âgées dans des résidences privées, a rapporté le SQEES.

«Ça n’a aucun sens»

«Nos gens nous disent: «ça n’a aucun sens, je mets ma santé et ma sécurité en jeu et je m’aperçois que je suis moins payé que des gens qui vont rester chez eux»» , a résumé en entrevue Sylvie Nelson, présidente du SQEES.

Et elle souligne que la situation est la même pour ses autres membres qui sont préposés à la cuisine, à l’entretien, aux services auxiliaires dans les mêmes résidences privées pour personnes âgées.

«Nous, on leur dit «c’est important que vous restiez en place». Mais c’est évident qu’ils aimeraient avoir une bonification de leur salaire», fait valoir la dirigeante syndicale.

Qui plus est, les travailleurs d’épicerie et d’autres dans le commerce de détail touchent maintenant une prime de 2 $ l’heure, à cause du coronavirus. Mais pas les préposés aux bénéficiaires qui s’occupent des personnes âgées dans les résidences privées pour aînés, qui sont pourtant jugés essentiels.

«Ce serait le fun qu’il y ait une reconnaissance pour ces gens-là aussi», souligne Mme Nelson.

Legault: effet domino

Interrogé à ce sujet en conférence de presse, le premier ministre François Legault a semblé confondre les préposés aux bénéficiaires du secteur public et du secteur privé, puisqu’il a répondu: «on négocie avec les syndicats». Et il a réitéré sa volonté de mieux payer les préposés aux bénéficiaires, même dans le secteur public.

Or, dans le secteur public, les préposés aux bénéficiaires gagnent 20,55 $ au premier échelon et jusqu’à 22,35 $ au cinquième et dernier échelon. Mais les exigences de formation sont plus élevées dans le secteur public que dans les résidences privées pour aînés.

Le premier ministre a toutefois dit compter sur un «effet domino» pour les préposés aux bénéficiaires des résidences privées, lorsque le gouvernement aura réussi à négocier avec les préposés du secteur public.

M. Legault a aussi fait valoir que la prestation d’urgence fédérale n’était que temporaire.

Décret demandé

Bien qu’il s’agisse d’employeurs privés, Mme Nelson croit que le gouvernement Legault y peut quelque chose. D’ailleurs, le ministère établit des normes pour ces résidences privées et y loue des chambres.

«Ce serait le temps» qu’il adopte un décret pour établir des conditions de travail minimales dans les résidences privées, fait-elle valoir.

Il existe déjà une quinzaine de tels décrets dans l’entretien d’édifices publics et dans les agences de sécurité, par exemple.

Ces décrets concernent différents employeurs privés, sont négociés entre deux parties, avant de voir les conditions de travail étendues à toute une industrie donnée. Ils bénéficient tant aux syndiqués qu’aux non-syndiqués.

Satisfaits

Le syndicat des Teamsters, affilié à la FTQ, qui représente aussi des préposés aux bénéficiaires, s’est félicité de l’affirmation du premier ministre Legault sur l’effet domino du public sur le privé.

«Des enveloppes monétaires pour les salaires pourraient être versées par le gouvernement provincial pour aider les CHSLD et résidences privées à hausser les salaires des travailleurs», a fait valoir ce syndicat.

Santé

Alcool, tabac, drogue... Tous accros après le confinement?

PARIS — «Encore un apéro-visio! Je vais finir alcoolique...»; «Au boulot je peux pas descendre fumer à la moindre contrariété, en télétravail je te dis pas!». Rigolards ou angoissés, les témoignages du genre se multiplient sur les réseaux sociaux.

Alors, tous «accros», lorsque le confinement aura pris fin? Pas forcément, mais attention, répondent des spécialistes.

«Les liens entre les situations de stress traumatique et la consommation sont tout à fait établis. On répond avec les moyens du bord habituels, calmants, alcool, drogues récréatives», explique Philippe Batel, psychiatre et addictologue, chef du pôle addiction de Charente, dans le sud-ouest de la France.

«En situation de confinement, la plupart des stratégies d’adaptation au stress, comme le sport ou les sorties, n’existent plus. Mais il y a de plus en plus de stress. Et la stratégie d’adaptation qui existe toujours, c’est l’utilisation de substances», abonde Elsa Taschini, psychologue spécialisée et co-fondatrice de l’association Addict’Elles.

Le phénomène est donc attendu, même chez les gens ne souffrant pas d’addictions lourdes, et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) l’aborde dans ses recommandations pour «faire face au stress» pendant l’épidémie: «Ne cherchez pas à canaliser vos émotions en fumant, en buvant de l’alcool ou en consommant d’autres produits stupéfiants».

Certains pays ont pris des mesures radicales pour éviter les abus. L’Afrique du Sud va interdire dès vendredi toute vente d’alcool pendant sa période de confinement, tandis que Hong Kong a sommé les restaurants et les bars de ne plus en servir.

Cavistes

En France, c’est plutôt l’inverse: les débits de tabac - gros pourvoyeurs de taxes pour l’État - comme les cavistes peuvent rester ouverts au grand dam de certains alcoologues.

Pour les fumeurs, dépendants à la nicotine, le problème est particulier.

«Quand on est enfermé, ce n’est pas le moment de se priver», relève le professeur Bertrand Dautzenberg, secrétaire général de l’Alliance contre le tabac. «Le mieux c’est de remplacer, mettre des patchs ou utiliser des substituts ou une cigarette électronique. Mais on peut aussi essayer de se dire: c’est un moment compliqué, mais qu’est-ce que je peux faire de bien? Arrêter de fumer...»

«Il faut réussir à gérer cette question du "craving"» (envie irrésistible), souligne aussi Nathalie Latour, déléguée générale de la Fédération Addiction, une association de professionnels.

«On voit la multiplication des "e-apéros", un besoin de convivialité, de décompression qui s’associe à la consommation d’alcool», poursuit cette spécialiste. Il faut donc «éviter de tomber dans le systématisme: convivialité égale alcool, stress égale alcool».

Et plus le confinement durera, plus les effets négatifs risquent de se faire sentir, avertit Philippe Batel.

«La consommation répond à un "délai d’attente": on se dit ça va m’apaiser, me permettre de mettre les choses à distance. Mais au fur et à mesure, il y a de moins en moins d’effet d’apaisement et le bénéfice attendu bascule de l’autre côté»: vers le caractère dépressif et anxiogène de la (sur-)consommation d’alcool.

Blague ?

Pour Elsa Taschini, il y a comme un inconscient collectif de ces dangers, que traduit la multiplication des vidéos humoristiques sur les excès en confinement. «Si on en fait autant de blagues, c’est qu’en fait on sait que ce n’est pas vraiment une blague».

Elle aussi recommande de «faire un bilan» et de s’interroger sur la place qu’occupent pour chacun d’entre nous ces «modérateurs de stress pas comme les autres» par rapport à d’autres activités aux vertus apaisantes possibles en confinement: films, lecture ou animaux de compagnie, sans oublier la sexualité.

Reste la question des drogues «récréatives» et de ses millions d’adeptes pour lesquels la question de l’approvisionnement peut devenir délicat en temps de pandémie.

«Si au début du confinement il n’y avait presque plus de dealers qui se déplaçaient, ils se sont réorganisés. Il faut commander la veille, en plus grosse quantité, mais ils ont repris les tournées», se rassure Thomas (le prénom a été changé), 24 ans, étudiant parisien.

Santé

COVID-19: attention au vapotage et au tabagisme [VIDÉO]

Le vapotage et le tabagisme pourraient rendre plus vulnérables au coronavirus des populations, comme les plus jeunes, chez qui le risque de complications graves liées à la COVID-19 serait autrement moins élevé, prévient un expert.

«On sait que les gens qui fument ou vapotent ont un système respiratoire affaibli, qu’ils ont des conséquences possibles au niveau de leur système cardiovasculaire, ils ont un système immunitaire qui est plus faible, et tout ça les met à risque de développer des infections respiratoires plus sévères, a expliqué le docteur Nicholas Chadi, un pédiatre spécialisé en médecine de l’adolescence et toxicomanie au CHU Sainte-Justine.

«C’est vrai pour l’influenza, c’est vrai pour une pneumonie, et c’est particulièrement vrai pour le coronavirus qui tend à frapper très fort au niveau respiratoire et au niveau de la circulation.»

Fumer ou vapoter peuvent être considérés comme des facteurs de risque, croit-il.

Des études précédentes ont démontré que les fumeurs sont deux fois plus susceptibles que les non-fumeurs d’avoir l’influenza et de souffrir de symptômes plus graves.

On a aussi noté une mortalité plus élevée chez les fumeurs lors d’une épidémie de syndrome respiratoire du Moyen-Orient, lui aussi causé par un coronavirus.

«On a peu d’études scientifiques qui le prouvent concrètement (...) mais au niveau des mécanismes physiologiques de comment le corps fonctionne, ça apparaît logique, basé sur d’autres types d’infections, que les gens qui fument ou qui vapotent et qui seraient ensuite exposés au coronavirus auraient des risques de développer des infections plus sévères», a précisé le docteur Chadi.

Le coronavirus est tellement nouveau que les études à son sujet sont effectivement rares. Des travaux menés en Chine démontreraient toutefois que les fumeurs étaient 1,4 fois plus susceptibles de ressentir des symptômes graves de la COVID-19 et environ 2,4 fois plus susceptibles d’être admis aux soins intensifs, d’avoir besoin d’aide pour respirer ou de mourir que les non-fumeurs.

Le docteur Chadi souligne aussi qu’on sait que le vapotage affecte les petits cils qui permettent de dégager le mucus dans les voies respiratoires.

«Les gens qui sont atteints de coronavirus décrivent la sensation de suffoquer, d’être incapables de respirer, que leurs voies respiratoires se ferment, a-t-il dit. Tout ça est en lien avec ce qu’on peut voir avec le coronavirus.»

Aspect social

On ne doit pas non plus sous-estimer l’aspect social du vapotage et du tabagisme, poursuit le docteur Chadi, puisqu’il s’agit d’activités que les jeunes pratiquent souvent en groupes, ce qui multiplie les risques de voir le virus se propager d’un à l’autre.

On peut aussi se demander quel impact auront les mesures de confinement sur ces jeunes.

«Pensez à un ado qui est accro au vapotage, qui doit vapoter plusieurs fois par jour, a dit le docteur Chadi. Comment cet ado-là va avoir accès à des produits de vapotage? Il va trouver des façons de les acheter, de les acquérir, de voir des amis, de s’échapper de la maison. (Ça crée) une détresse chez ces gens-là qui ont besoin de consommer ces produits-là, mais qui sont pris à la maison, en plus chez les ados chez qui c’est peut-être fait de façon secrète, ça crée beaucoup de casse-tête.»

D’autant plus que les pédiatres et médecins ne sont présentement pas faciles d’accès pour prescrire des produits de remplacement de la nicotine.

«Des experts préconisent qu’on devrait fournir gratuitement tous les produits de remplacement de la nicotine, justement pour que les gens puissent mettre une patch, rester à la maison et cesser de sortir fumer sur le trottoir ou en groupes ou de façon sociale», a expliqué le docteur Chadi.

Il croit toutefois que la crise actuelle présente une excellente occasion d’adopter de meilleures habitudes de vie.

«Il y a un volet positif à tout ça: c’est une très bonne opportunité de faire un arrêt ou une diminution, que ce soit tabagisme, vapotage ou autre consommation (...) on se fait un ‘challenge’ tous ensemble, on va arrêter de fumer par solidarité envers le réseau de la santé», a-t-il dit.

Santé

Lien possible entre la COVID-19 et la pollution atmosphérique

MONTRÉAL - Il pourrait exister un lien entre la pollution atmosphérique et la propagation de la COVID-19, croient des chercheurs italiens.

Selon l’hypothèse formulée par la Société italienne de médecine environnementale et des scientifiques des universités de Bari, de Bologne et de Trieste, les particules dans l’air ambiant pourraient être un véhicule de transport du virus.

Ils ont noté une forte concentration de particules fines dans l’atmosphère là où l’épidémie s’est propagée très rapidement, environ deux semaines avant que le virus ne commence à se répandre.

L’hypothèse reste encore à vérifier, mais le virus pourrait être en suspension dans l’air ambiant là où il y a le plus de particules, et donc être plus facile à contracter.

«C’est hypothétique, mais ce n’est pas farfelu», a commenté la professeure Audrey Smargiassi, de l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

Ainsi, poursuit-elle, une étude publiée en 2010 établissait une association entre les tempêtes de sable et la propagation du virus H5N1.

«S’il y a des particules, et plus il y aura de particules, théoriquement il est possible que les virus se condensent sur ces particules-là et voyagent ou demeurent en suspension dans l’air plus longtemps, et voyagent sur de plus grandes distances», a dit Mme Smargiassi.

Les experts croient actuellement que les gouttelettes chargées de SRAS-CoV-2 retombent au sol après une trentaine de minutes.

Mais il n’y a pas que les gouttelettes, prévient Mme Smargiassi.

«Il n’est pas dit qu’il n’y aura pas plus petit que des gouttelettes quand une personne éternue, a-t-elle dit. S’il y avait effectivement du virus dans des aérosols, alors là oui, effectivement, ces aérosols-là pourraient rester en suspension plus longtemps, notamment s’il y a plus de particules dans l’air. Mais tout ça demeure très théorique. On n’a pas de preuves scientifiques fortes à part quelques exemples (comme le H5N1).»

Au-delà des particules qui pourraient, ou non, transporter le coronavirus, il est très bien documenté que les gens qui sont exposés régulièrement à des niveaux élevés de pollution atmosphérique sont plus à risque de problèmes respiratoires, qu’il s’agisse de la COVID-19 ou d’autre chose.

«Il faut se rappeler que la pollution rend les gens plus à risque, pas nécessairement à cause du transport du virus, mais parce que les gens sont plus à risque d’infections parce qu’ils sont exposés à la pollution», a rappelé Mme Smargiassi.

Santé

La disparition brutale de l’odorat, un symptôme de la COVID-19? 

La disparition brutale de l’odorat, sans congestion nasale et parfois accompagnée d’une perte de goût, serait un des symptômes de la COVID-19. Des experts estiment important d’en informer les médecins puisque ce symptôme n’est pas inclus dans les critères de dépistage ou d’auto-isolement, ce qui pourrait faciliter la propagation du coronavirus.

L’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) vient de publier une fiche d’information sur le sujet. 

«En réaction à différentes informations circulant dans certaines communications médicales et certains réseaux d’information, l’INESSS a pris l’initiative de vérifier dans la littérature s’il existait un lien entre l’anosmie [perte d’odorat] brutale et la maladie liée au COVID-19 et si la perte de l’odorat pouvait être classée parmi les symptômes évocateurs de la maladie», explique l’organisme.

En date du 22 mars 2020, aucune publication scientifique n’avait encore été répertoriée dans la littérature, constate l’INESSS. «Cependant, selon les informations retrouvées sur les différents sites internet consultés et les revues de presse, de tels symptômes en lien avec la COVID-19 auraient été observés dans plusieurs régions du monde par différents spécialistes et réseau de professionnels», souligne l’organisme.

Plusieurs otorhinologistes (ORL) et infectiologues un peu partout à travers le monde, entre autres, ont constaté une hausse des cas d’anosmies chez des patients suspects ou confirmés COVID-19.

L’apparition de ce symptôme serait généralement observée chez de jeunes patients ayant des formes peu sévères de la maladie.

«Selon certains experts, il serait important d’alerter la communauté médicale et de sensibiliser les médecins, notamment ceux de la première ligne, par rapport à ce phénomène, puisque ce type de patient ne répond pas aux critères actuels de test de dépistage ou d’auto-isolement et pourrait faciliter la propagation rapide du virus. Toujours selon certains spécialistes, ce symptôme pourrait même constituer un outil de diagnostic à part entière», rapporte l’INESSS.

Selon les observations actuelles, les anosmies aiguës liées au COVID-19 s’atténueraient graduellement et l’état de santé des patients évoluerait favorablement. «Ce dépistage simple et peu onéreux pourrait même aider les pays qui n’en sont qu’au début de l’épidémie afin de repérer un maximum de cas le plus précocement possible», écrit l’INESSS.

L’organisme précise que la perte de l’odorat pourrait survenir de façon isolée sans inflammation et sans être associée aux symptômes de fièvre et toux couramment reconnus.

COVID-19

Chloroquine pour la COVID-19: des ordonnances «inappropriées et non indiquées»

Le ministère de la Santé, le Collège des médecins et l’Ordre des pharmaciens du Québec déplorent l’émission d’ordonnances de chloroquine ou d’hydroxychloroquine visant à traiter ou à prévenir la COVID-19 chez des patients ambulatoires.

Dans un communiqué diffusé en fin d’avant-midi, lundi, le Collège des médecins souligne qu’à la lumière de l’état de la situation au Québec et des données scientifiques actuellement disponibles, «ces ordonnances sont jugées inappropriées et non indiquées».

«Des efforts sont présentement déployés, d’une part, pour assurer le maintien de la thérapie des patients utilisant ces médicaments de façon chronique et, d’autre part, pour en constituer une réserve destinée aux patients hospitalisés», rappelle le Collège.

L’ordre professionnel enjoint donc aux médecins de cesser «dès maintenant» l’émission de telles ordonnances. «Quant aux pharmaciens, ils doivent les refuser à moins d’obtenir la confirmation que ces substances ont été prescrites pour un problème de santé chronique», ajoute-t-il.

La chloroquine et l’hydroxychloroquine sont des antipaludiques aussi utilisés pour réduire l’inflammation dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde et du lupus. 

Ces médicaments auraient donné des résultats dans le rétablissement de certains patients atteints de la COVID-19, mais d’autres études doivent être menées afin de déterminer leur efficacité réelle et leur sécurité.

Au Québec, le Dr Michel De Marchi a confirmé qu’il avait commencé à utiliser l’hydroxychloroquine pour le traitement de la COVID-19 à l’Hôpital général juif de Montréal.

Lundi, l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, a demandé à la population de ne pas succomber à la tentation d’utiliser des médicaments non testés pour traiter la COVID-19.

Elle a rappelé que la chloroquine n’est que l’un des nombreux médicaments existants qui sont actuellement testés pour soigner la COVID-19, et qu’elle ne devrait pas être utilisée avant que ces tests ne soient terminés. 

Ce médicament contre le paludisme (ou malaria) pourrait non seulement être inefficace contre le SRAS-CoV-2, mais il pourrait aussi être dangereux, car tous les médicaments comportent des effets secondaires, a-t-elle souligné.

Le Canada participe par ailleurs à une vaste étude internationale lancée par l’Organisation mondiale de la santé pour examiner l’utilisation de la chloroquine et d’autres traitements potentiels de la COVID-19.  Avec La Presse canadienne 

COVID-19

COVID-19: des employés du CISSS de Chaudière-Appalaches infectés

Des employés du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Chaudière-Appalaches ont contracté la COVID-19.

Il n’a pas été possible de savoir lundi combien d’employés sont infectés, dans quelle(s) installation(s) ils travaillent et s’il s’agit de membres du personnel soignant qui ont pu être en contact avec des patients.

«Dans un souci de confidentialité et de respect des individus, la Direction de santé publique du CISSS de Chaudière-Appalaches n’est pas autorisée à divulguer des informations personnelles pouvant identifier une personne infectée par la COVID-19 ou son milieu (MRC, municipalité, ville, milieu de travail)», explique le CISSS dans un communiqué.

Dans une note envoyée aux employés et aux gestionnaires, et obtenue par Radio-Canada, la direction générale de l’établissement écrit que «dans le contexte actuel de pandémie, dans une organisation aussi grande que la nôtre [le CISSS compte 12 000 employés], cette situation était non souhaitée, mais prévisible».  

Elle précise que des enquêtes épidémiologiques ont été menées auprès des personnes qui ont été en contact avec les cas confirmés de coronavirus, et que chaque personne a reçu des instructions afin de limiter la propagation du virus.

«Nous nous assurons par ailleurs que les mesures de désinfection sont réalisées dans nos installations en tout temps et que, selon les situations, les mesures spécifiques applicables aux différents milieux sont réalisée», mentionne la direction dans son message interne.

En entrevue au Soleil, lundi, la directrice adjointe du service des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques du CISSS de Chaudière-Appalaches, Kathy Plante, a essentiellement répété le contenu de ce message. 

«Notre objectif comme employeur, c’est vraiment de prendre soin de notre personnel, d’assurer leur santé et leur sécurité au travail, et pour ça, on a des mesures en place qu’on respecte à la lettre», a assuré Mme Plante. 

«Nos 100 installations sont toutes sécuritaires […]. On a augmenté les mesures d’hygiène et de salubrité. Donc ce n’est pas dangereux» tant pour les patients que pour les employés, a-t-elle assuré.


Santé

Coronavirus : début d’un essai clinique européen pour quatre traitements

PARIS — Un essai clinique européen a été lancé dimanche dans au moins sept pays européens pour tester quatre traitements expérimentaux contre le coronavirus, qui va inclure en tout 3200 patients, a annoncé dimanche le ministère de la Santé français.

Les quatre traitements testés à grande échelle seront les molécules suivantes : le remdesivir, le lopinavir en combinaison avec le ritonavir, ce dernier traitement étant associé ou non à l’interféron bêta, et l’hyroxychloroquine, selon un communiqué de l’Inserm, l’organisme qui chapeaute la recherche médicale en France.

«Il est prévu d’inclure 3200 patients européens incluant la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Espagne, et peut être d’autres pays dont au moins 800 en France, hospitalisés pour une infection Covid-19 dans un service de médecine ou directement en réanimation», précise l’Institut français de la recherche médicale.

«Un essai, ce sont des malades que l’on traite en milieu hospitalier sous stricte surveillance, et qui ont accès à ces molécules pour en tester l’efficacité sur le virus et sur leur évolution clinique», a précisé le Pr Salomon, directeur général de la Santé (DGS) en France lors d’un point-presse. «C’est très important de le faire rapidement et dans ces conditions.»

«Baptisé Discovery, il inclut notamment l’hyroxychloroquine», a-t-il confirmé.

Depuis l’apparition du nouveau coronavirus en Chine, le Pr Didier Raoult, directeur de l’IHU Méditerranée Infection à Marseille, défend l’usage de la chloroquine contre la maladie. Il a suscité des réserves chez de nombreux autres spécialistes, qui estiment notamment que les essais qu’il a menés auprès de 24 patients ne répondent pas à tous les critères nécessaires.

«Cet essai a permis d’aboutir à des résultats intéressants qui sont d’ailleurs publiés ce jour dans International Journal of Antimicrobial Agents», selon le Pr Salomon.

Ce test sera «adaptatif» et «très rapidement les traitements expérimentaux inefficaces pourront être abandonnés et remplacés par d’autres molécules qui émergeront de la recherche», souligne dans le communiqué de l’Inserm Florence Ader, infectiologue à l’hôpital de la Croix-Rousse au CHU de Lyon, qui va piloter le projet.

Un autre essai clinique international sera lancé «sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), baptisé Solidarity», indique encore l’Inserm.

Santé

COVID-19 : faire le «tri» entre les malades, fardeau quotidien des réanimateurs

PARIS — Coronavirus ou pas, choisir de placer ou non un malade sous respirateur artificiel est le lot quotidien des médecins réanimateurs. Mais l’épidémie actuelle risque de les contraindre à un «tri» à grande échelle soulevant des questions éthiques.

La pandémie de Covid-19 a déjà fait plus de 12 000 morts dans le monde et plus de 290 000 cas sont officiellement répertoriés.

Et les malades graves nécessitent une réanimation très lourde, provoquant une saturation des hôpitaux dans certains pays, qui pourraient s’étendre à d’autres. Dans ces conditions, quel patient doit bénéficier d’un respirateur ?

Des consignes de bonnes pratiques existent depuis longtemps, veulent rassurer les réanimateurs.

«On ne part pas de zéro, ce sont des décisions qu’on prend tous les jours», explique à l’AFP Bertrand Guidet, chef du service de médecine intensive réanimation à l’hôpital Saint-Antoine, à Paris.

Pour faire ce choix, trois critères d’évaluation, qui s’appliquent aussi pour le coronavirus : «le souhait du patient», son état de santé général et la gravité de la maladie, précise-t-il.

Concernant le souhait du malade, le médecin appelle d’ailleurs les familles à en discuter en amont, parce que la réanimation est «très lourde» pour les cas graves de covid-19, avec des séquelles importantes possibles en cas de survie notamment pour les plus fragiles.

«Vous vous retrouvez pendant trois semaines avec une machine qui respire pour vous, vous êtes endormis, vous êtes paralysés avec des curares», insiste-t-il.

Ainsi, qu’il y ait ou non assez de place, la réanimation peut être «déraisonnable», insistent les experts, notant que les malades peuvent alors être orientés vers les soins palliatifs.

Mais en cas de crise, des tremblements de terre aux vagues d’attentats, et bien sûr pour le coronavirus, les critères de réanimation peuvent se durcir, avec un afflux de patients face à des moyens limités.

«Oui, on va être appelé à prioriser les malades. Si on reprend les termes du président [français] Emmanuel Macron, on est en guerre, et bien ça s’appelle du tri, comme sur le champ de bataille où on laisse des blessés graves parce qu’on pense qu’ils vont mourir», souligne le Dr Guidet.

«À ce moment-là, on donne le respirateur à celui qui a le plus de chance de survie», explique à l’AFP le Dr Philippe Devos, réanimateur à Liège, en Belgique.

«Poids moral énorme»

«Dans la mesure des moyens disponibles, on essaiera que ce ne soit pas de la loterie», poursuit-il, mettant en avant un ensemble de critères à associer, comme l’âge et les maladies sous-jacentes.

Alors que le nombre de malades se multiplie, il faut également «tenir dans la durée», souligne le Dr Guidet. «Il ne faut pas que les malades qui se présentent maintenant soient privilégiés par rapport à ceux qui vont arriver dans une semaine ou 15 jours, il ne faut pas tout saturer tout de suite».

En Italie, pays désormais le plus touché au monde, les hôpitaux sont déjà saturés et les médecins font ce qu’ils peuvent.

«On ne peut pas tenter d’obtenir un miracle […] On essaie de sauver seulement ceux qui ont une chance», racontait récemment au Corriere della Serra Christian Salaroli, réanimateur dans un hôpital de Bergame. «On décide par âge, par condition de santé. Comme dans toutes les situations de guerre».

Début mars, face à la saturation des hôpitaux italiens, la Société italienne d’anesthésie, réanimation et soins intensifs envisageait même une limite d’âge pour l’admission en soins intensifs.

Une recommandation qui ne fait pas l’unanimité. «L’âge seul, non», martèle le Dr Guidet, racontant avoir admis en réanimation une malade grave du Covid-19 âgée de 85 ans, sans aucun antécédent et parfaitement autonome jusque-là. Alors qu’un quarantenaire atteint d’une cirrhose au dernier degré et qui continue à boire n’y aurait pas sa place.

Ce sont les mêmes principes que pour les listes d’attentes des greffes d’organe, commente Arthur Caplan, de l’école de médecine Groceman de l’Université de New York.

«Des gens meurent tous les jours depuis des décennies parce qu’ils ne peuvent être transplantés», souligne le spécialiste de bioéthique à l’AFP. «Nous n’avons pas assez d’organes […], le système est d’en donner à la personne qui a le plus de chance de s’en sortir».

Mais pour le coronavirus, malgré les règles ou recommandations, à la fin, c’est le réanimateur aux commandes qui prendra la décision, parfois en pleine nuit et en urgence, seul ou en équipe, estime-t-il.

Un «poids moral énorme» à porter, souligne le Dr Devos. «On fait de la médecine pour soulager les gens. Pas pour faire des choix sur qui peut vivre».

Santé

À presque 80 ans, il continue de soigner ses... 2000 patients

À 79 ans «et demi», en pleine pandémie de coronavirus, le Dr Pierre Morency a choisi de continuer de soigner ses quelque 2000 patients du Centre médical de Charlesbourg. «J’ai du plaisir à faire ça», explique simplement le médecin, qui a évidemment ajusté sa pratique pour limiter les risques.

«Mes collègues me protègent, ils me dispensent de faire de la garde au Centre médical Le Mesnil [qui est géré par la même équipe que le Centre médical de Charlesbourg]», indique le presque octogénaire en entrevue au Soleil.

Le pdg des deux cliniques, Éric Caron, confirme : «On le protège au max, et il fait très attention lui-même, pour lui et pour les autres.» 

Selon M. Caron, le Dr Morency est un véritable passionné. «Il n’est pas du tout dépassé. [...] Sa vie, c’est ses patients. Arrêter pendant le coronavirus? Oubliez ça. C’est ça qui le tuerait.»

Plusieurs mesures ont été prises au Centre médical de Charlesbourg dans le contexte de la pandémie, expliquent le Dr Morency et M. Caron.

Les patients qui reviennent de voyage, par exemple, «on ne les voit pas», de même que ceux qui pourraient avoir été en contact avec des personnes infectées par le coronavirus (ou suspectées d’être infectées), qui ont de la fièvre ou des frissons et qui ont «de la toux nouvelle ou augmentée». Ces patients sont plutôt référés au 1 877 644 4545.

Les patients de plus de 70 ans sont par ailleurs invités à ne pas se déplacer à la clinique. «Les examens de routine sont reportés, et si les patients [âgés] ont besoin d’une consultation, on fait ça le plus possible par téléphone», précise le Dr Morency.

Si la personne a besoin d’être vue et qu’elle présente des symptômes apparentés à une sinusite, par exemple, le Dr Morency la recevra. «Dans ce temps-là, le patient porte un masque et moi aussi», mentionne le médecin.

Dans le contexte actuel, donc, le Dr Morency voit moins de patients. «Habituellement, j’en vois environ 25 par jour. Là, j’en vois entre 12 et 15 par jour», précise-t-il.

Ce qui lui laisse «beaucoup de temps» pour écrire, glisse le sympathique médecin, qui a entamé la rédaction de ses réflexions sur «la médecine de famille, d’hier à demain».

Le Dr Morency assure du reste qu’en dehors de ses heures de clinique, il reste sagement chez lui, comme recommandé par les autorités de santé publique. «Je ne sors pas. Je vis seul, et je n’ai pas besoin de grand-chose. De toute façon, je dois bien avoir des réserves de nourriture pour trois mois!»

La position du Collège des médecins

Le Collège des médecins du Québec et les autorités de santé publique ne voient pas d’objection à ce que les médecins de plus de 70 ans poursuivent, à certaines conditions, leur pratique dans le contexte actuel.

«Dans le contexte d’urgence sanitaire décrétée par le gouvernement, le Collège, en concertation avec les autorités de santé publique, consent à ce que les médecins toujours en pratique active et âgés de 70 ans ou plus, s’ils sont en bonne santé, puissent poursuivre leurs activités malgré la directive émise pour les citoyens de ce groupe d’âge», écrit le Collège dans un message publié sur son site Internet.

«Cependant, ces médecins ne doivent pas être assignés spécifiquement au traitement des patients ayant un diagnostic d’infection à la COVID-19, et devront par ailleurs appliquer rigoureusement les mesures de prévention requises en cette période de pandémie», ajoute-t-il.

Au Québec, on compte plus de 600 médecins omnipraticiens de plus de 70 ans. Spécialistes et généralistes confondus, ils sont environ 1500 médecins dans cette tranche d’âge, selon les données du Collège des médecins.

Santé

Établissements de santé: une pétition pour le retrait préventif des travailleuses enceintes

Une pétition électronique réclame le retrait préventif dès maintenant de toutes les travailleuses enceintes qui œuvrent dans les hôpitaux et les autres établissements de santé pour les mettre à l’abri de la COVID-19.

En deux jours, plus de 30 000 personnes ont signé cette pétition électronique adressée à la CNESST et à la ministre de la Santé du Québec.

«Ne pensez-vous pas que le personnel enceinte travaillant avec des malades ou des personnes âgées ne sont pas à risque?», demande Sophie Plante, l’initiatrice de la pétition.

Une infirmière clinicienne a relayé la pétition au Soleil. La dame, elle-même enceinte de 27 semaines, constate qu’alors que la crise s’accentue, les infirmières enceintes sont toujours sur le plancher. «On nous dit qu’il y a des mesures préventives, par exemple, on ne doit pas être en contact avec un individu en suspicion de COVID-19 ou diagnostiqué, explique l’infirmière. Mais le problème, c’est que certains individus peuvent être contagieux même s’ils sont asymptomatiques.»

Recommandations de l’INSPQ

Depuis le début de la crise, les établissements de la région de Québec suivent les recommandations de l’Institut national en santé publique du Québec (INSPQ) et du programme «Pour une maternité sans danger» de la CNESST, affirme Vincent Lamontagne, directeur adjoint des communications au CIUSSS de la Capitale-Nationale.

L’INSPQ rappelle que lors de la grossesse, l’immunité est réduite et que des changements physiologiques et immunologiques rendent la femme enceinte plus vulnérable aux infections respiratoires, dont la COVID-19. 

Devant l’absence d’un vaccin et de traitement spécifique, le principe de prudence doit guider les organisations par rapport aux affectations de travail des employées enceintes, écrit l’INSPQ.

Les recommandations de l’INSPQ stipulent que les employeurs du milieu de la santé doivent affecter leurs employées enceintes de manière à éviter qu’elles soient dans le même local qu’une personne sous investigation ou avec un diagnostic de COVID-19. Elles ne peuvent donc plus donner les soins, faire les prélèvements, les examens médicaux ou les traitements de ces patients.

Les employées enceintes ne peuvent pas non plus faire des tâches reliées au nettoyage et à la désinfection de l’environnement, du matériel et des effets personnels de ces patients.

Les mêmes règles valent pour les patients en confinement au domicile ou en hébergement.

«Ces recommandations pour les travailleuses enceintes pourraient faire l’objet de changement lorsque les données épidémiologiques ou cliniques justifieront une mise à jour, ajoute M. Lamontagne. Nous suivons évidemment la situation de près. Notre priorité est toujours la santé de nos employées.»

La réponse est sensiblement la même du côté du CISSS de Chaudière-Appalaches, qui gère les hôpitaux sur la Rive-Sud. «Le niveau de risque est évalué en continu, indique la porte-parole Mireille Gaudreau. Pour l’instant, on garde les mêmes façons de faire pour les retraits préventifs, mais est-ce que ça va évoluer, on le verra au cours des prochains jours.»

Lorsqu’employeur et employée ne s’entendent pas sur l’affectation ou le retrait préventif, la travailleuse peut faire appel à la CNESST, rappelle son porte-parole, Nicolas Bégin. Des mesures d’allègement ont été mises en place depuis le début de la crise pour faciliter les demandes des travailleurs et travailleuses.

Santé

COVID-19: neuf nouvelles cliniques au Québec

Pour tester de plus en plus de Québécois, neuf autres cliniques désignées pour le dépistage de la COVID-19 ouvrent leurs portes mercredi.

Elles s’ajoutent aux 22 déjà en opération, pour un total de 31 cliniques.

Celles qui augmentent l’offre de service mercredi se trouvent au Saguenay-Lac-St-Jean (deux nouvelles cliniques), deux autres à Montréal, trois en Chaudière-Appalaches, une à Laval et une dans les Laurentides.

Les prélèvements peuvent être faits sur place.

Ces cliniques sont toutefois sur rendez-vous uniquement. Les gens qui s’inquiètent pour leur santé ou qui présentent des symptômes associés à la COVID-19 - les principaux étant la fièvre, la toux et les difficultés respiratoires - doivent appeler la ligne Info-Coronavirus, soit le 1 877 644-4545 où des infirmières attribueront des rendez-vous, si nécessaire.

Bilan

Selon le plus récent bilan dévoilé mardi par le ministère de la Santé, le nombre de cas diagnostiqués de COVID-19 s’établit à 74 au Québec.

Ce bilan sera évidemment mis à jour mercredi.

Mardi, 2949 personnes attendaient leurs résultats de tests. Par contre, 4778 Québécois ont été rassurés sur leur sort depuis le début du dépistage: leurs analyses sont revenues avec la mention «négatif».

Les régions où le plus grand nombre de cas confirmés ont été recensés sont Montréal (22), la Montérégie (13) et l’Estrie (9).

Cinq personnes étaient hospitalisées mardi.

Il a été rendu public mardi qu’une autre personne atteinte de la COVID-19 a utilisé les transports en commun à Montréal, alors qu’elle était potentiellement contagieuse. Cette personne a effectué un trajet le 10 mars sur la ligne verte du métro en matinée entre les stations Angrignon et McGill, ainsi qu’un voyage à bord de l’autobus no 106 à partir du boulevard Newman en direction de la station Angrignon.

COVID-19

Une nouvelle clinique de dépistage de la COVID-19 à Charny

Une clinique de dépistage de la COVID-19 avec «service à l’auto» a ouvert ses portes mardi matin au Centre Paul-Gilbert de Charny.

La clinique accueillera les patients qui présentent des symptômes compatibles avec la COVID-19 de 8h à 20h, sept jours sur sept. Entre 40 et 50 personnes par jour peuvent y être reçues. Pour pouvoir s’y présenter, il faut avoir préalablement obtenu un rendez-vous en appelant au 811. 

Ce service de dépistage à l’auto sera aussi offert à Saint-Georges, à Thetford Mines et à Montmagny dans les jours à venir.

Par ailleurs, le CISSS de Chaudière-Appalaches a réduit ses activités dans ses centres de prélèvements (prises de sang) dans la foulée de la pandémie de COVID-19. 

Jusqu’à dimanche, seuls les prélèvements urgents, les prélèvements requis pour un suivi (problèmes rénaux, traitement pour un cancer, par exemple) et les prélèvements requis en vue d’un examen d’imagerie seront maintenus. 

«Les usagers doivent se présenter à leur centre habituel. L’établissement communiquera rapidement avec un usager dans le cas où son rendez-vous devra être annulé ou reporté. Il n’est pas nécessaire de téléphoner. Si vous n’avez pas été contacté, c’est que votre rendez-vous a toujours lieu», indique le CISSS sur sa page Facebook.

Jusqu’à maintenant, quatre cas confirmés de COVID-19 ont été recensés dans la région de Chaudière-Appalaches.

Santé

COVID-19: plus de pouvoirs aux pharmaciens dès mercredi

Les pharmaciens pourront dès mercredi prescrire et administrer des médicaments en cas d’urgence et effectuer des prélèvements dans le pharynx, entre autres. Le projet de loi n° 31, qui vient accroître le champ de compétences de ces professionnels, a été adopté mardi par l’Assemblée nationale.

Alors que la pandémie de coronavirus poursuit sa progression au Québec, le projet de loi 31 de même que l’assouplissement temporaire de certaines conditions dans l’exercice de la profession de pharmacien «accroîtront la capacité des quelque 2 000 points de services que représentent les pharmacies communautaires en première ligne de soins», se réjouit l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP) dans un communiqué diffusé mardi.

«Ces mesures permettront aux pharmaciens de répondre plus efficacement aux besoins de la population et d’optimiser les services essentiels qu’ils offrent aux patients québécois», souligne l’AQPP.

Dès le 18 mars, les pharmaciens seront en mesure d’effectuer des activités comme prescrire et administrer des vaccins, prescrire et administrer des médicaments en cas d’urgence, effectuer un prélèvement en introduisant un instrument dans le pharynx et prescrire un médicament de vente libre lorsque la situation clinique du patient ou toute autre circonstance le justifie. 

D’autres activités cliniques s’ajouteront graduellement au fur et à mesure de la publication des règlements, précise l’AQPP.

Lundi, l’Ordre des pharmaciens et le Collège des médecins du Québec ont convenu d’assouplir certaines règles afin de «minimiser le nombre de consultations médicales pour motifs pouvant être pris en charge par d’autres professionnels de la santé». 

En vertu de ces assouplissements, les pharmaciens du Québec pourront prolonger des ordonnances pour des périodes allant au-delà des durées prévues par la loi et prescrire des médicaments pour toutes les conditions mineures (en respectant un intervalle de quatre ans entre le diagnostic initial du médecin et la prescription par le pharmacien). 

Autre assouplissement: le pharmacien ne sera plus tenu de communiquer à un médecin les informations visant la prolongation, l’ajustement ou la substitution d’un médicament (à moins qu’un médecin en fasse la demande).

COVID-19

Dépistage de la COVID-19: jusqu’à une semaine d’attente pour les résultats

Des visiteurs de la clinique désignée COVID-19 de Québec attendent les résultats de leur test de dépistage depuis... la semaine dernière. Une attente difficile et angoissante tant pour eux que pour les personnes avec qui elles ont été en contact avant d’être en isolement.

Madeleine (prénom fictif) s’est rendue à la clinique adjacente à l’Institut universitaire de santé mentale de Québec (IUSMQ) vers 19h, jeudi. Elle attend ses résultats depuis, alors qu’on lui avait parlé d’un délai de 24 à 36 heures.

«J’ai appelé partout où j’ai pu, et on me dit que ça a du retard. Je me demande quand même s’il [le prélèvement] a été perdu. Nulle part où vérifier. Ce bout-là est celui qui m’angoisse le plus», nous a confié Madeleine par courriel mardi matin.

Partout où notre interlocutrice a appelé pour obtenir des informations, on lui aurait dit qu’elle n’était pas la seule dans cette situation. Elle aurait finalement appris plus tard mardi que son test n’avait pas été perdu, mais qu’il n’avait pas encore été analysé. On lui aurait parlé d’un délai de six ou sept jours. 

Madeleine trouve l’attente «pénible», pour elle, bien sûr, mais aussi pour les collègues de travail qu’elle a côtoyés avant d’être en isolement à domicile en attendant le diagnostic.

Une autre résidente de Québec qui a visité la clinique adjacente à l’IUSMQ nous a dit aussi attendre ses résultats depuis jeudi dernier. «On est en isolement volontaire depuis notre retour de Californie, mardi dernier. On est deux sur cinq dans la famille qui sont malades. On a passé le test de dépistage jeudi matin, et on attend encore les résultats», a-t-elle témoigné, confiant elle aussi trouver l’attente longue.   

Au CIUSSS de la Capitale-Nationale, on explique que les analyses des prélèvements se font au Laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ). La porte-parole Annie Ouellet rappelle que la ministre de la Santé, Danielle McCann, a annoncé lundi la mise en place (d’ici la fin mars) de sept nouveaux laboratoires suprarégionaux, dont un au CHU de Québec, afin de diminuer les délais.

Actuellement, le LSPQ peut réaliser entre 800 et 1000 analyses par jour. Avec la mise en place d’autres laboratoires, la capacité quotidienne pourrait passer à plus de 6000 analyses d’ici la fin du mois. 

«En attendant d’avoir les résultats de votre prélèvement et pour les 14 jours requis, il est important de suivre les consignes d’isolement à domicile», rappelle Mme Ouellet, qui demande aux gens de ne pas s’inquiéter. «Ce n’est pas parce que c’est plus long [d’avoir les résultats] que c’est positif.»

Depuis l’ouverture de la clinique désignée, le 11 mars, 691 personnes ont été testées et 214 résultats se sont avérés négatifs. Un nouveau cas confirmé de COVID-19 a été recensé mardi, portant à cinq (trois résidents de la région et deux touristes) le nombre de cas signalés jusqu’ici dans la Capitale-Nationale.

Santé

COVID-19: les dentistes et les hygiénistes dentaires prennent des mesures 

À partir de lundi et pour une période de 14 jours, tous les rendez-vous pour des traitements dentaires électifs et pour des soins buccodentaires préventifs, c’est-à-dire non urgents, devront être reportés à une date ultérieure. Seuls les patients ayant besoin de traitements urgents pourront en recevoir après évaluation de la situation par leur dentiste.

Dans un communiqué conjoint diffusé dimanche, l’Ordre des dentistes du Québec (ODQ) et l’Ordre des hygiénistes dentaires du Québec (OHDQ) ont émis de nouvelles directives à l’intention des professionnels œuvrant en cabinet dentaire, dans la foulée des recommandations formulées par le gouvernement du Québec au cours des derniers jours. 

«À partir du lundi 16 mars et pour une période de 14 jours, tous les rendez-vous pour des traitements dentaires électifs et des soins buccodentaires préventifs, c’est-à-dire non urgents, devront être reportés à une date ultérieure. Pour ce qui est des patients ayant besoin de traitements urgents qui résultent d’une infection, d’une douleur aiguë ou d’un traumatisme et qui nécessitent une prise en charge immédiate, les citoyens sont invités à communiquer par téléphone avec leur dentiste afin que ce dernier puisse évaluer le niveau d’urgence réel et, le cas échéant, établir le meilleur endroit ainsi que la meilleure façon pour fournir les soins en toute sécurité», précisent l’ODQ et l’OHDQ.

Santé

COVID-19: Héma-Québec cherche quand même 1000 donneurs par jour

Malgré la pandémie de coronavirus SARS-CoV-2, Héma-Québec a toujours besoin de 1000 donneurs chaque jour. L’appel est lancé aux adultes de moins de 70 ans en bonne santé.

«On invite toute personne qui est en mesure de faire un don de sang de continuer à le faire», déclare le directeur des relations publiques, Laurent Paul Ménard. «On doit être en mesure d’accueillir des donneurs sur une base constante et d’atteindre notre objectif quotidien : avoir 1000 dons de sang par jour au Québec. […] En atteignant ce chiffre magique là, nous sommes en mesure de répondre à l’ensemble des besoins.»

«C’est important de le souligner, il n’y a pas du tout un contexte de pénurie», ajoute cependant M. Ménard. «Mais les activités de collecte de sang doivent se poursuivre parce que plusieurs composants sanguins ont une durée de vie très limitée.»

«Pour nous, le nerf de la guerre, c’est de s’assurer qu’il y ait des donneurs — pas en masse, simplement de façon continue — qui se présentent lors des activités de collecte de sang ou, encore, dans les centres de donneurs permanents qui sont situés dans les principaux centres urbains.»

Appui du premier ministre

En conférence de presse, lundi, le premier ministre François Legault a d’ailleurs invité les Québécois à se présenter chez Héma-Québec. «Les gens sortent moins et on a toujours des besoins pour du sang. On a besoin de garder notre niveau d'approvisionnement du côté du sang. Donc, je demande un effort spécial. Il y en a plusieurs qui m'appellent, qui m'écrivent, puis qui me disent : “Qu'est-ce que je pourrais faire pour aider?” Bien, allez donner du sang.»

Critères

Bien sûr, la présence de la COVID-19 dans la population force l’imposition de certains critères de sélection. Laurent Paul Ménard, d’Héma-Québec, demande notamment aux personnes âgées de plus de 70 ans de ne pas se déplacer, de respecter la directive étatique en restant à la maison.


Santé

Une seconde clinique désignée COVID-19 à Québec

Une nouvelle clinique désignée COVID-19 ouvrira prochainement à Québec. Les prélèvements s’effectueront «à la voiture», pour accélérer le processus.

Le Centre intégré universitaire en santé et services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale en a fait l’annonce en conférence de presse, dimanche, après que quatre cas positifs à la COVID-19 aient été confirmés dans la région.

La clinique «novatrice», dont l’emplacement devrait être déterminé au cours de la semaine, devrait permettre à 100 patients par jour de passer les tests de détection du virus.

«Elle pourrait possiblement se situer dans la couronne nord de Québec», a avancé Serge Garneau, directeur adjoint des soins généraux de santé au CIUSSS de la Capitale-Nationale. L’objectif, en évitant de faire sortir les gens de leur véhicule, est de «faire plus rapidement», avec pour objectif de tester un patient au «trois ou quatre minutes», mentionne-t-il.

Par jour, cette nouvelle formule devrait permettre de réaliser une centaine de prélèvements. Avec la clinique déjà en opération dans des locaux adjacents à l'Institut universitaire en santé mentale de Québec (IUSMQ), le nombre de prélèvements quotidiens devrait passer à plus de 300 par jour dans la Capitale-Nationale, selon M. Garneau.

Santé

COVID-19: Québec pourrait devoir se priver de nombreux médecins jugés trop âgés

De nombreux médecins pourraient être amenés à renoncer à leur pratique, pour se conformer aux nouvelles mesures de prévention de la COVID-19 fondées sur l'âge, décrétées par le gouvernement Legault.

Si les médecins âgés se soumettent aux directives gouvernementales, le Québec pourrait devoir se priver à court terme d'un grand nombre d'entre eux, au moment où il en a le plus besoin.

Le Québec compte actuellement 1495 médecins toujours actifs, malgré le fait qu'ils sont âgés de 70 ans ou plus.

Or, pour limiter la propagation du virus, qui risque d'attaquer en priorité les personnes âgées, le premier ministre François Legault a demandé samedi à tous les Québécois âgés de 70 ans ou plus de demeurer cloîtrés à la maison au cours des prochaines semaines.

Le Collège des médecins tient un registre à jour de tous ceux qui pratiquent la médecine au Québec.

Par groupes d'âge, les plus récentes données indiquent que 942 médecins ont entre 70 et 74 ans.

Dans le groupe des médecins âgés de 75 à 79 ans, on en compte 380, tandis qu'on dénombre 169 médecins octogénaires, soit 134 chez les 80-84 ans et 35 chez les 85-89 ans.

Plus étonnant encore, le Québec peut se vanter de pouvoir compter sur quatre médecins toujours actifs après avoir franchi le cap des 90 ans.

La question pourrait se poser aussi en ce qui a trait aux infirmières.

Pour répondre à une demande croissante de personnel hospitalier, en cas d'une multiplication possible de personnes infectées par le virus, le gouvernement a annoncé qu'il voulait inciter les infirmières à la retraite à reprendre du service.

Mais si elles ont 70 ans, doivent-elles rester chez elles pour respecter la consigne d'isolement, ou plutôt se dévouer et répondre à l'appel du gouvernement de contribuer à endiguer la crise sanitaire?

Depuis samedi, le Québec est en état d'urgence sanitaire, ce qui permet à la ministre de la Santé, Danielle McCann, de rappeler des infirmières à la retraite rapidement, en évitant les procédures administratives habituelles.

Dimanche après-midi, après son point de presse quotidien, le premier ministre Legault doit s'entretenir avec plusieurs dirigeants syndicaux du réseau de la santé (CSQ, FIQ, Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux, Fonds de solidarité FTQ et CSN), de même qu'avec la présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, Diane Francoeur, et le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, le Dr Louis Godin.

Les ministres de l'Éducation, Jean-François Roberge, et de la Famille, Mathieu Lacombe, feront aussi le point sur l'impact des mesures gouvernementales annoncées dans leur domaine respectif.

Santé

COVID-19: la Fédération des médecins spécialistes va plus loin que la directive du gouvernement 

MONTRÉAL — La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) va plus loin que la directive du gouvernement: elle demande à ses médecins de se placer en isolement volontaire s’ils sont revenus de l’étranger depuis la semaine de relâche - et non pas juste à ceux qui reviendront au cours des prochains jours. Pas question de contaminer les patients, a déclaré vendredi la présidente de la FMSQ, Diane Francoeur.

Jeudi, le premier ministre François Legault a décrété que tout le personnel de la santé est obligé de s’isoler pendant deux semaines lorsque, à compter du jeudi 12 mars, ils reviennent de l’étranger.

Si cette décision s’applique à tous les employés de l’État, ils ne présentent pas tous le même risque, juge Mme Francoeur: un comptable qui travaille pour le ministère des Transports ne pose pas le même risque qu’un médecin qui travaille avec des patients «malades ou très malades».

«Nous, on doit prendre des décisions qui tendent vers le risque zéro», a-t-elle déclaré en entrevue avec La Presse canadienne, vendredi.

C’est pour cela que la FMSQ a augmenté la directive gouvernementale d’un cran: il a été demandé aux médecins spécialistes de se mettre en isolement dès qu’ils sont rentrés au pays, donc, pour plusieurs d’entre eux, cela signifie depuis samedi ou dimanche, lorsqu’ils sont revenus de leurs vacances de la semaine de relâche.

Mme Francoeur soutient que cette décision est basée sur «des évidences scientifiques»: on ne peut pas dire aux médecins revenus de l’étranger mercredi qu’ils ne sont pas dangereux et à ceux qui sont revenus jeudi qu’ils le sont, dit-elle.

«Les virus, ça ne regarde pas le calendrier.»

Mais les médecins spécialistes ne «seront pas assis devant leur télévision», a-t-elle souligné. Certains peuvent continuer à travailler à distance en faisant de la téléconsultation, par exemple.

De plus, la FMSQ a offert les services de ses médecins «en quarantaine» pour épauler les infirmières d’Info-Santé qui répondent au téléphone et dirigent au besoin les patients vers les cliniques de dépistage désignées COVID-19. Les lignes étaient débordées au cours des derniers jours, et les médecins spécialistes ont déjà toute la formation requise pour ce travail et donner un bon coup de main, dit-elle.

Santé

COVID-19: les infirmières peuvent signer des arrêts de travail

Les infirmières peuvent désormais signer un arrêt de travail de deux semaines aux patients atteints de la COVID-19.

Mise en place à l’initiative du CIUSSS de la Capitale-Nationale, la mesure autorise depuis vendredi les infirmières à utiliser une ordonnance collective pour signer un arrêt de travail de 14 jours aux patients qui se seront présentés à l’une des cliniques désignées COVID-19 et qui sont atteints du coronavirus. La pratique est généralement réservée aux médecins.

Les infirmières «possèdent la compétence professionnelle requise, c’est-à-dire les connaissances scientifiques, les habilités et le jugement clinique inhérent à l’activité exercée», peut-on lire dans l’ordonnance collective.

Dans un communiqué diffusé vendredi, l’ordre professionnel indique que cette mesure est adoptée «dans un souci de prévenir la propagation du coronavirus au sein de la population québécoise», afin de «limiter les déplacements des personnes infectées». Cette solution vise aussi à faciliter l’accès aux services et aux soins de santé.

«Nous vivons actuellement une situation exceptionnelle et nous nous devons d’analyser toutes les pistes de solutions possibles pour optimiser le rôle des médecins et des autres ordres professionnels de la santé», écrit-on.

Prudence pour les futurs voyageurs

Informé de pratiques de certaines agences de voyage et compagnies d’assurance, le Collège des médecins a également émis une mise en garde aux professionnels de la santé.

On aurait demandé à des personnes planifiant un séjour hors Québec d’obtenir un «certificat de bonne santé» de la part d’un médecin, et ce, cinq jours ou moins avant leur départ, afin de leur permettre de voyager.

«Le Collège des médecins souhaite informer la population et les médecins [que] de tels certificats n’ont aucune valeur puisqu’ils ne permettent pas de confirmer ni d’infirmer la présence du coronavirus, ni d’assurer que la personne ne développera pas les symptômes liés à la COVID-19 dans les jours suivant son arrivée à destination», explique l’ordre professionnel.

Le Collège des médecins a donc recommandé aux médecins de ne pas produire ces «certificats jugés inutiles». Un voyageur insistant sera orienté vers les autorités de santé publique.

«Dans le contexte actuel de pandémie, le Collège souhaite que ce type de demande cesse, car elle entraîne une mauvaise utilisation des ressources médicales, lesquelles devraient être entièrement mobilisées au service des personnes malades», termine l’organisation.

Santé

COVID-19: un «candidat-vaccin» chez Medicago

L’entreprise de Québec Medicago a annoncé jeudi avoir mis au point une «particule pseudo-virale» qui pourrait servir de vaccin potentiel contre la COVID-19. La biopharmaceutique se dit prête à commencer dès maintenant les «tests précliniques» sur des animaux, et espère obtenir le feu vert pour démarrer des essais cliniques sur l’humain dès cet été. Mais dans le meilleur des cas, il faudra compter plus d’un an avant d’avoir un vaccin prêt.

«C’est sûr que c’est encore préliminaire, mais il reste que ça nous a pris seulement 20 jours pour produire un premier candidat-vaccin, ce qui est extrêmement rapide si on compare à la pandémie de 2009 [ndlr : la «grippe porcine»] où ça nous avait pris des mois avant d’avoir un premier vaccin parce que le virus était de souche aviaire et tuait les embryons de poulet dans lesquels on tentait de le faire se multiplier», dit Nathalie Charland, directrice senior des affaires scientifiques et médicales chez Medicago.

Beaucoup de vaccins fonctionnent en présentant au système immunitaire des microbes désactivés, voire des «morceaux» de microbes, et c’est de cette manière que le vaccin de Medicago, s’il traverse toutes les étapes jusqu’à la mise en marché, procédera. En effet, ses «particules pseudo-virales» (PPV) sont des protéines que l’on retrouve à la surface du COVID-19 et qui sont présentées dans une double couche de lipide — exactement comme elles se présentent à la surface de virus dits «enveloppés» comme les coronavirus.

La protéine en question est également présente chez le virus du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), un autre coronavirus qui avait infecté 8000 personnes et en avait tué environ 800 en 2003.  Cette protéine «est reconnue pour induire une réponse immunitaire protectrice. Alors si on ajoute à ça le fait que les PPV sont une technologie reconnue comme efficace, on considère que le produit est prêt pour la phase préclinique», dit Mme Charland.

Notons que Medicago a également annoncé jeudi qu’en plus de cette PPV, elle était aussi parvenue à fabriquer des anticorps. Contrairement à un vaccin, injecter des anticorps ne permet pas d’immuniser quelqu’un de manière permanente contre le coronavirus, mais cela pourrait éventuellement servir à traiter des patients déjà malades.

L’entreprise se dit prête à entamer des essais sur des animaux dès maintenant et elle «prévoit discuter avec les agences de santé compétentes pour lancer des essais cliniques humains du vaccin d’ici [l’été 2020]», a-t-elle fait savoir par communiqué de presse. Trois phases d’essais cliniques doivent être franchies avec succès avant qu’un produit (vaccin ou médicament) soit mis en marché afin de s’assurer qu’il est à la fois sécuritaire (phase 1) et efficace (phases 2 et 3). Le tout prend typiquement plusieurs années mais, compte tenu de l’urgence, Mme Charland espère avoir un produit disponible d’ici «un peu plus d’un an» si tout va bien.

Rappelons que Medicago fabrique des vaccins et des anticorps sur une «plateforme végétale». La compagnie possède un procédé qui permet de «manipuler» des plantes de manière et ce qu’elles fabriquent les molécules voulues. Les feuilles sont ensuite récoltées et les vaccins/anticorps en sont extraits, puis purifiés.

Santé

COVID-19: il faut «aplatir la courbe» pour protéger les systèmes de santé

Les responsables de la santé publique scandent un refrain commun dans la lutte à la COVID-19: il faut «aplatir la courbe!».

Ce leitmotiv, invoqué comme un mantra par la directrice de la santé publique du Canada et par la ministre fédérale de la Santé, fait référence à un graphique épidémiologique qui illustre le nombre quotidien de nouveaux cas d’un virus au fil du temps.

Selon les experts, ce graphique montre l’importance de ralentir avant tout la propagation du virus, afin que le taux d’infection ne dépasse pas la capacité des systèmes de santé.

Actualités

Coronavirus : le Québec «en mode urgence»

«On brime un peu les droits individuels, mais c’est pour le bien collectif. Parce que, sinon, c’est tout le monde qui va le payer. Ça pourrait même être vous qui, plus tard, pourriez être infecté et ne pas pouvoir être traité de façon adéquate.»

Le directeur de la santé publique du Québec, Horacio Arruda, ne se fait plus d’illusion. Pas plus que le premier ministre du Québec, François Legault. L’épidémie de coronavirus (COVID-19) va frapper le Québec. Et plus tôt que tard.

Les deux hommes ont donc tenu leur première conférence de presse quotidienne conjointe, jeudi, pour annoncer une série de directives gouvernementales dans le but de freiner la propagation. Les ministres de la Santé, Danielle McCann, et responsable des Aînés, Marguerite Blais, étaient à leurs côtés.

À partir de jeudi et jusqu’à nouvel ordre, tous ceux qui rentrent de voyage sont priés d’observer une «quarantaine» de 14 jours, à la maison. Spécialement les employés des réseaux de la santé, de l’éducation et des services de garde d’enfants pour qui l’isolement est obligatoire, tout comme pour leurs collègues de la fonction publique.

Rassemblements de plus de 250 personnes interdits. Garde de sécurité aux portes des CHSLD. Parlement fermé aux visiteurs. Premier ministre du Canada en isolement. Saisons du Canadien, des Remparts et de l’Impact suspendues. Certains cours universitaires, la plupart des spectacles et même la messe sont annulés.

Le gouvernement du Québec n’exclut pas l’idée de fermer les écoles, comme en Ontario et en France. Le premier ministre évoque la possibilité de sceller les frontières, qui relèvent toutefois du fédéral. Cloîtrer l’île de Montréal ne s’avère même plus impensable, si c’était nécessaire.

«Tout le Québec doit se mettre en mode urgence», a déclaré le premier ministre Legault, d’un ton grave. «La situation est sous contrôle en ce moment, mais on ne peut rien exclure. Les prochaines semaines vont être critiques. Notre but, c’est de ralentir au maximum la propagation du virus, mais il faut être réaliste. On est dans une crise qui va durer des mois. Donc, je veux faire appel à la solidarité des Québécois, au sens des responsabilités de tout le monde», a-t-il affirmé.

«Très honnêtement, je ne pense pas qu’on va avoir [juste] 13 cas [le compte de jeudi midi], que ça va redescendre et que ça va être zéro. Je pense que c’est presque impossible», avance le Dr Arruda. De là l’idée de ne pas attendre avant d’implanter des obstacles à l’épidémie, afin de ralentir la courbe de propagation de la COVID-19.

«Le pire [qui pourrait survenir], c’est que tout arrive en même temps et qu’on soit obligés, à un moment donné, de faire des choix [dans un système de santé débordé] et dire : “Est-ce que c’est cette personne-là qu’on traite ou l’autre?” Et ça, on ne veut pas arriver à ça», explique le directeur de la santé publique.

À la maison, payés

Les employés de l’État confinés à domicile «vont continuer d’être payés», assure M. Legault. «Pour ce qui est du secteur privé, je veux demander aux employeurs d’être compréhensifs. C’est très important que toutes les personnes qui reviennent de l’étranger ou qui soupçonnent d’avoir les symptômes de rester à la maison.»

Un programme de compensations financières sera bientôt annoncé pour les travailleurs qui n’ont plus de congé de maladie et qui restent à la maison par mesure de prévention, sans pouvoir réaliser de tâches à distance.

Les entreprises en manque de liquidité à cause des impacts de la COVID-19 recevront aussi du soutien gouvernemental. «On ne va laisser tomber personne», promet le premier ministre, demandant «à tous ceux qui sont capables de faire du télétravail, de le faire».

Les gens les plus à risque de souffrir du coronavirus sont les personnes âgées. Le gouvernement postera donc à la porte d’entrée de chaque centre d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) du Québec, dès vendredi, «une personne responsable de la sécurité qui va poser des questions», souligne la ministre responsable des Aînés.

«Si on n’est pas obligé d’aller visiter nos personnes vulnérables dans les CHSLD, qu’on s’abstienne. Normalement, je vous dis le contraire : “Allez visiter nos personnes âgées!” Mais là, si vous sentez que vous avez un syndrome d’allure grippale, si vous toussez, si vous avez des problèmes respiratoires, si vous avez voyagé au cours des 14 derniers jours, n’allez pas visiter nos aînés dans les CHSLD», insiste Mme Blais.

«Téléphonez-leur», propose de son côté le Dr Arruda, une habitude à prendre dans toutes les saisons de grippes, rappelle-t-il. «Si vous revenez de l’étranger ou si vous avez des symptômes comparables aux symptômes de la grippe, n’allez pas visiter les aînés. C’est important, ce sont les personnes qui sont les plus à risque. Donc, tout le monde, tous les Québécois doivent faire leur part», martèle le premier ministre.

Le pouvoir d’enfermer

On parle pour l’instant d’isolement obligatoire et d’interdiction de rassemblement. Mais les pouvoirs de l’État s’étendent bien au-delà, explique M. Arruda. C’est «ce qu’on appelle une menace appréhendée. La menace peut ne pas être là encore», élabore le médecin et directeur de la santé publique du Québec.

«On peut même obliger une personne à être traitée, et, si elle ne veut pas être traitée, on l’enferme complètement. Ça existe dans les cas de tuberculose. On a ces pouvoirs-là qu’on doit utiliser de façon intelligente, bien entendu, toujours avec la collaboration du maximum de monde, mais ces pouvoirs-là sont là. On peut même déclarer une vaccination obligatoire d’urgence en cas d’urgence sanitaire, ce qu’on n’a jamais fait puis qu’on espère ne jamais faire au Québec.»

Les mesures actuelles arrivent au bon moment, selon le Dr Arruda. Même si le problème est connu à la Direction de la santé publique depuis janvier. L’acceptabilité sociale est maintenant là, ce qui n’était pas le cas il y a deux mois, croit-il.

L’opprobre social aussi est là. «Les gens vont faire attention, vont faire de la distension sociale. Si vous voyez quelqu’un qui va tousser, il va être mal vu dans le Costco s’il ne fait pas d’étiquette respiratoire», prévoit celui qui fait valoir que le rayon de contagion directe autour d’une personne s’établit à environ un mètre. Et qu’en plein air, le vent réduit de beaucoup cette saine distance.

Alors que la rencontre des premiers ministres canadiens à Ottawa a été annulée, M. Legault fera de nouveau le point sur la situation vendredi midi, en compagnie de Mme McCann et de M. Arruda. Ils répéteront le manège chaque jour, samedi et dimanche inclus.

Dans la foulée, la Coalition avenir Québec (CAQ) a annulé son congrès national prévu du 29 au 31 mai, à Trois-Rivières, ainsi que toute activité publique du parti jusqu’à nouvel ordre. À l’automne, la CAQ avait aussi dû annuler son conseil général de premier anniversaire au pouvoir à cause de fortes pluies.

Plongés en pleine course à la chefferie du parti, le Parti québécois et le Parti libéral du Québec vont quant à eux transformer tous les débats des candidats prévus devant public en des débats sans spectateurs diffusés sur Internet.

Santé

COVID-19: Desjardins instaure des mesures préventives

Les entreprises de Québec continuent d’adopter des mesures préventives pour éviter la propagation du coronavirus. Desjardins a entre autres réduit les déplacements d’affaires pour tous ses employés.

«Il y a une restriction des déplacements d’affaires, les zones à risque sont interdites. On privilégie les rencontres virtuelles, et pas de transports en commun, bus ou train, pour les voyages entre Québec et Montréal», explique Jean-Benoît Turcotti, porte-parole chez Desjardins.

Le télétravail est aussi obligatoire pour tous les employés qui reviennent d’une zone à risque et qui auraient pu être en contact avec des personnes infectées. Les employés doivent rester à la maison pendant 14 jours avant de retourner dans les bureaux. 

Ces deux mesures sont en place depuis le 6 mars.

«Ce sont des mesures pour protéger nos membres, clients et employés. On agit en entreprise responsable. Ce sont des mesures de précaution. On surveille aussi attentivement les informations de la Direction de la santé publique», ajoute Jean-Benoît Turcotti.

Cellule de veille 

À l’Université Laval, une cellule de veille a été mise en place. Elle s’assure entre autres d’entretenir le lien avec les autorités compétentes telles que le gouvernement du Canada et la Direction de santé publique du Québec.

Tous les séjours universitaires des étudiants de 1er cycle prévus en Italie, Chine, Iran et Corée du Sud sont suspendus jusqu’à nouvel ordre. Il s’agit des régions pour lesquelles le gouvernement canadien a émis un avis d’éviter tout voyage non essentiel.

Un isolement volontaire de 14 jours est exigé pour tous les étudiants et membres du personnel revenant d’un voyage dans une des zones à risque, comme demandé par l’Agence de santé publique du Canada.

Une page dédiée à la COVID-19 est souvent mise à jour sur le site Web de l’université. Plusieurs recommandations y sont inscrites, ainsi que divers conseils. 

Du côté des organisations gouvernementales telles que la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), elles suivent les directives du secrétariat du Conseil du trésor. 

«Déjà, comme société, le niveau des mesures d’hygiène a été augmenté à l’interne. Les employés ont eu des rappels et de l’information concernant les techniques de lavage de main, par exemple. Sinon, on suit la situation de près», note une relationniste de la SAAQ, Sophie Roy.