Santé

Mégahôpital: la deuxième phase lancée

Les travaux de la deuxième phase du projet du nouveau complexe du Centre hospitalier universitaire de Québec-Université Laval (CHU) débuteront au cours des prochains mois.

Ils consistent notamment à ériger un pavillon des soins critiques, qui permettra de consolider dans des espaces fonctionnels l’urgence, le bloc opératoire, les unités de soins intensifs et intermédiaires de même que tous les plateaux techniques associés.

Ils comprennent également la recherche fondamentale en oncologie, l’hôtellerie et le réaménagement de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus.

Santé

500 M$ pour la nouvelle vocation de l'Hôtel-Dieu

Le gouvernement Couillard prévoit un budget de 500 millions $ pour la nouvelle vocation de l’Hôtel-Dieu de Québec, bien que cette mission reste encore à préciser.

C’est le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale qui aura le mandat de déterminer quelle sera la nouvelle offre de services de santé à l’Hôtel-Dieu, dont les activités actuelles seront transférées vers le nouveau complexe hospitalier en 2025, a-t-on annoncé mercredi au cours d’une conférence de presse à saveur préélectorale, à laquelle participaient notamment le premier ministre Philippe Couillard et le ministre de la Santé, Gaétan Barrette. 

Québec a accordé un montant de 10 millions $ au CIUSSS pour accoucher d’un projet déterminant la nouvelle vocation de l’Hôtel-Dieu de Québec. Un rapport est attendu d’ici la fin de l’année. Déjà, un projet de superclinique ou de service d’urgence mineure est dans les cartons, un vœu notamment du maire Régis Labeaume. 

Selon le ministre Gaétan Barrette, il y a «beaucoup beaucoup, beaucoup de possibilités». L’Hôtel-Dieu, a-t-il dit, pourrait devenir une «soupape» au réseau. «On aura certainement besoin, par exemple, de soins palliatifs, de [lits de] convalescence, d’hospitalisation d’un jour… Je vois très bien l’Hôtel-Dieu être un plateau technique additionnel offert à l’équipe du CHU de Québec pour donner des services ponctuels et baisser des listes d’attente», a avancé le ministre de la Santé.

En marge de la conférence de presse, le président-directeur général du CIUSSS de la Capitale-Nationale, Michel Delamarre, a indiqué que l’idée proposée par la congrégation des Augustines de développer un CHSLD destiné à une clientèle spécifique, plus jeune, était toujours envisagée. 

Les espaces abritant l’actuel Centre de recherche clinique et évaluative en oncologie (CRCEO) conserveront pour leur part une vocation de recherche, mais auront aussi une mission de «transfert des connaissances, de santé des populations et de santé publique», a précisé Michel Delamarre.

Même si les détails entourant la réutilisation des bâtiments de l’Hôtel-Dieu de Québec ne sont pas encore connus, le gouvernement Couillard évalue le coût préliminaire total du projet à 500 millions $. 

Et comment on en arrive à ce montant si le projet n’est pas connu? «C’est une bonne question. Cependant, on veut montrer un signal clair qu’on est prêt à mettre un montant important pour cette nouvelle mission-là», a répondu le premier ministre en mêlée de presse, tout en convenant qu’il n’excluait pas que la nouvelle vocation de l’Hôtel-Dieu coûte moins cher que 500 millions $. 

Santé

G7: Héma-Québec devra accroître ses réserves de sang

La préparation pour le Sommet du G7 des 8 et 9 juin est pointue au point où les autorités sanitaires et politiques ont demandé à Héma-Québec d’accroître les réserves de produits sanguins dans les hôpitaux de Charlevoix et de la capitale.

«C’est sur l’écran radar d’Héma-Québec que cet événement arrive», confirme au Soleil Laurent Paul Ménard, directeur des relations publiques. «Il nous a été demandé de prévoir des réserves de sang suffisantes pour faire face à un événement.»

L’organisation dispose déjà d’un surplus utilisable en cas d’imprévu. «Héma-Québec cherche toujours à avoir une réserve de six jours. Avec une réserve de six jours, on en aurait amplement pour faire face à un événement tragique.»

Sauf que dans le cadre du Sommet du G7, le fédéral et la sécurité publique québécoise ont demandé que les stocks de la précieuse ressource soient acheminés directement sur le terrain, là où les équipes médicales pourraient en avoir besoin rapidement en cas de tragédie. 

«Là où il y a une différence, c’est vraiment au niveau des banques de sang des centres hospitaliers qui sont situés à proximité des événements du G7, […] La Malbaie, Baie-Saint-Paul et tous les centres hospitaliers du côté de Québec.» Les hôpitaux qui seront au cœur de l’action entreposeront donc plus de produits sanguins qu’à l’accoutumée. 

«Également, il y a des mesures qui sont prises pour faciliter les déplacements si un véhicule d’Héma-Québec devait aller approvisionner les centres hospitaliers, du côté de La Malbaie entre autres», poursuit le porte-parole. C’est que les camions arborant le logo à la goutte rouge pourraient être freinés par un accident sur la route 138, par exemple. «Selon l’urgence du moment», si les équipes médicales ont besoin de grande quantité dans un bref délai, les pochettes pourraient être transportées par des voitures de patrouille et des ambulances.

En résumé : «Oui, on a été contacté. Oui, les mesures sont prises avec les centres hospitaliers. Donc, on est prêts à faire face à la musique… mais souhaitons que ce ne sera jamais le cas.»

Santé

Traitement de maladies chroniques: le pouvoir des IPS «restreint»

Les lignes directrices des nouveaux règlements régissant la pratique des infirmières praticiennes spécialisées (IPS) réduisent la portée des pouvoirs qui leur sont conférés par ces règlements, dénonce l’Association des infirmières praticiennes spécialisées du Québec (AIPSQ). Celle-ci déplore notamment que les patients doivent obligatoirement être vus par un médecin dans les 30 jours suivant l’amorce par l’IPS d’un traitement pour une maladie chronique.

«On est déçues. Les lignes directrices qui viennent d’être publiées viennent restreindre la portée des règlements. Non seulement nos ressources ne sont pas utilisées de manière optimale, mais il y a un impact sur l’accessibilité», dénonce en entrevue au Soleil la présidente de l’AIPSQ, Christine Laliberté.

Les nouveaux règlements adoptés en février permettent notamment aux IPS d’amorcer des traitements pour six maladies chroniques (diabète, hypertension, hypercholestérolémie, asthme, maladies pulmonaires obstructives chroniques et hyperthyroïdie). 

Mais selon les lignes directrices accompagnant ces règlements, le Collège des médecins du Québec (CMQ) a déterminé que le patient doit obligatoirement voir le médecin dans les 30 jours suivant l’amorce des traitements par l’IPS afin de confirmer le diagnostic. «Conformément à son Code de déontologie, le médecin doit examiner la personne pour ainsi élaborer son diagnostic avec la plus grande attention, sans quoi il pourrait s’agir d’une omission», explique-t-on.

«Avant [ces lignes directrices], l’IPS présentait les résultats au médecin partenaire, puis faisait l’amorce des traitements. Le patient ne voyait pas nécessairement le médecin. Là, il doit faire une visite obligatoire. L’IPS est pourtant formée pour savoir qu’il peut, par exemple, y avoir une autre maladie derrière l’hypertension. Elle exerce son jugement clinique et elle va de toute façon référer au médecin» si la situation du patient l’exige, souligne Christine Laliberté.

Santé mentale

Les lignes directrices modifient également les règles entourant la pratique des IPS en santé mentale. Là aussi, le CMQ a déterminé que le diagnostic doit être établi par le médecin au plus tard un mois après l’amorce du traitement par l’IPS pour un trouble mental commun. «Encore là, on demande des visites obligatoires qui n’étaient pas faites auparavant, par exemple pour un trouble de l’adaptation», déplore Mme Laliberté.

Autre déception pour la présidente de l’AIPSQ : les lignes directrices stipulent qu’«en raison des complications susceptibles de survenir en cours de grossesse, le CMQ recommande que la deuxième visite pour le suivi de grossesse, ainsi qu’à la 32e semaine, soient réalisées par le médecin partenaire», alors que ce n’était pas le cas auparavant.

«Quand tu les additionnes, ça fait pas mal de visites obligatoires au médecin qui viennent réduire la portée des règlements. Sur le terrain, il y a une frustration parce qu’il y a des impacts sur l’accessibilité. Il y a un impact direct sur le patient, sur la pratique de l’IPS, mais aussi sur la pratique du médecin, pour qui les visites obligatoires qu’on vient d’ajouter exigent l’utilisation de plages horaires supplémentaires», souligne Christine Laliberté.

«Plutôt que d’assurer une prise en charge des personnes avec des situations de santé plus complexes, les médecins devront voir des patients parce que l’IPS ne peut compléter des interventions pour lesquelles elle a les compétences», résume la présidente de l’AIPSQ, qui salue néanmoins les avancées apportées par les nouveaux règlements à la pratique des IPS.

Le Collège s’explique

Le président du CMQ, le Dr Charles Bernard, a rappelé au Soleil que le «diagnostic différenciel, c’est le médecin qui doit le faire, pour être sûr qu’on est bien enligné». Pour les maladies chroniques comme pour les problèmes de santé mentale, «il ne faut pas se tromper», dit-il. 

Quant aux suivis de grossesse qui doivent être faits par un médecin à la deuxième et à la 32e semaine, le Dr Bernard explique que c’est le comité de périnatalité du Collège qui a fait cette recommandation «pour ne pas rien échapper». «Il y aurait eu quelques cas qui auraient été échappés concernant entre autres le dépistage de maladies génétiques», précise le président du CMQ. 

Le Dr Charles Bernard réfute l’affirmation de la présidente de l’AIPSQ voulant que les lignes directrices réduisent l’accessibilité. «On a travaillé avec l’Ordre des infirmières avec l’objectif de donner de l’oxygène au réseau et d’augmenter l’accessibilité. Avec les nouveaux règlements, les IPS n’ont plus de restrictions sur les listes de médicaments qu’elles peuvent prescrire, par exemple. Et on a poussé au Collège pour que les IPS puissent pratiquer en santé mentale en première ligne. Ça n’existait pas avant, c’est une grande ouverture, et on est la seule juridiction à avoir ça», souligne le Dr Bernard.

Selon lui, tant l’Ordre des infirmières que la majorité des IPS sont satisfaites de ces «avancées extraordinaires». «Pour nous, l’important, c’est que les médecins et les IPS travaillent en partenariat, qu’ils se parlent, qu’ils ne travaillent pas en silo. Maintenant, tout ça n’est pas coulé dans le ciment. On a mis sur pied un comité de suivi, les choses peuvent évoluer, et s’il y a des améliorations à apporter, on va les apporter», assure le Dr Bernard.

Santé

Les médecins ne digèrent pas les attaques de Barrette

Le Regroupement des médecins pour une médecine engagée (ROME) dénonce les dernières sorties du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, contre les médecins de famille. Ses membres refusent de porter la responsabilité des «dégâts de la réforme» et du manque d’accès aux soins de santé.

Le Journal de Québec rapportait jeudi que selon des données rendues publiques lors de l’étude des crédits du ministère de la Santé, 48 % des médecins de famille travaillent quatre jours et moins par semaine. 

Radio-Canada rapportait pour sa part qu’alors que tous les patients inscrits au Guichet d’accès à un médecin de famille avant décembre 2017 devaient être pris en charge avant Pâques, seulement 603 803 des 914 827 patients l’avaient été avant le 1er avril, et que donc plus de 300 000 Québécois avaient été laissés pour compte. Au 1er avril, 79,5 % des Québécois étaient inscrits à un médecin de famille, un peu plus de cinq points de pourcentage derrière la cible de 85 %.

En mêlée de presse, jeudi matin, le ministre Barrette a déclaré que si les médecins de famille travaillaient cinq jours pas semaine, «il n’y en aurait pas de problème». Il s’est dit d’avis que les médecins ne mettaient «peut-être pas l’épaule à la roue suffisamment».

Le ROME n’a pas tardé à réagir. «La stratégie est simple. Devant les dégâts de la réforme, et l’impossibilité du gouvernement de pouvoir rapporter un taux d’inscription s’approchant du 85 % pour les élections […], le gouvernement tente de salir les médecins de famille en leur faisant porter la responsabilité du manque d’accès aux soins de santé», dénonce-t-il sur sa page Facebook.

Le regroupement signale que «la RAMQ calcule comme une journée travaillée une journée où 500 $ ont été facturés». «Un médecin qui fait une garde de 24h compte autant qu’un médecin qui ferait du cabinet pendant 8h. Également, les médecins en préretraite, les maternités, les ralentissements de charge pour raison psychologique font baisser le nombre de jours travaillés», expose-t-il.

De même, le calcul n’inclut pas le temps passé à analyser les résultats de tests des patients et à les appeler, pas plus qu’il n’inclut les heures de garde passées à la maison avec une pagette, à répondre aux appels des infirmières, ajoute le ROME. «Il n’inclut pas les congrès, ni les réunions, ni la formation médicale continue, ni le temps passé à faire de la facturation [...]. Ces tâches prennent souvent plus d’une journée par semaine. En gros, le calcul ne compte pas le nombre d’HEURES travaillées», insiste le regroupement.

Le ROME souligne du reste que «le médecin qui avait une conjointe à la maison pour s’occuper des enfants n’existe plus» et que «ceci exige une diminution des heures travaillées par les médecins». «L’époque où les femmes restaient au foyer pour s’occuper des enfants pendant que le conjoint travaillait 70h/semaine est révolue, et c’est une bonne chose», écrit-il.

L’opposition réagit

Du côté des oppositions, on a tour à tour profité des reportages de jeudi pour s’en prendre au ministre Barrette et à la productivité des médecins. «Il blâme les médecins de famille, les accuse de manquer d’éthique, mais c’est son gouvernement à lui qui leur a versé 3 milliards $ sans demander de garanties», a dénoncé la péquiste Diane Lamarre pendant la période de questions de l’Assemblée nationale.

Pour le caquiste François Paradis, «avec le mode de rémunération à l’acte, les médecins facturent le plus possible, et ça, au détriment de l’accessibilité des patients». «C’est lui qui a perpétué un mode de rémunération qui ne fonctionne pas, c’est lui qui a accordé des augmentations sans mesures de contrôle, c’est lui qui a promis des engagements sans livrer la marchandise», a attaqué le député de Lévis.

Le député solidaire Amir Khadir s’est également dit d’avis que le mode de rémunération à l’acte «ne fonctionne pas». «Le tchik-a-tchik, ça ne marche juste pas, pas juste parce que ça coûte cher, parce que ça ne marche pas pour les patients», a-t-il dit. 

Santé

Un aîné sur quatre s’est vu prescrire 10 catégories de médicaments ou plus en 2016

MONTRÉAL - Une personne âgée sur quatre au Canada s’est vu prescrire 10 catégories de médicaments ou plus en 2016, selon un nouveau rapport de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), qui note que la situation n’a guère changé au pays depuis 2011.

Le Québec se situe en haut de la moyenne, puisque 33 pour cent de la population d’aînés de la province s’était fait prescrire 10 catégories de médicaments ou plus la même année.

Or les personnes de 65 ans et plus à qui l’on a prescrit 10 médicaments ou plus au cours de l’année étudiée couraient cinq fois plus de risques d’être hospitalisées en raison d’une réaction indésirable aux médicaments que celles qui utilisaient moins de médicaments prescrits.

Une «catégorie de médicaments» réfère à un groupe de médicaments ayant des composantes chimiques semblables et qui sont utilisés pour traiter des maladies semblables. Par exemple, les opioïdes sont une catégorie de médicaments pour traiter la gestion de la douleur.

Christina Lawand, chercheuse principale à l’ICIS, précise qu’une personne peut devoir prendre plus d’un médicament pour une même maladie et peut de plus cumuler différents problèmes de santé, de sorte que les médicaments à prendre, eux aussi, s’accumulent.

«Plus on vieillit, plus on a un risque d’avoir des maladies chroniques, et on sait que plusieurs personnes âgées n’ont pas seulement une ou deux, mais plusieurs maladies chroniques. Prenons par exemple l’insuffisance cardiaque: juste pour traiter cette maladie, il y a peut-être trois ou quatre catégories de médicaments que l’on doit prendre. En plus, peut-être qu’on va avoir des problèmes d’estomac, donc on va prendre une autre catégorie de médicaments, et peut-être qu’on souffre aussi de diabète, donc on parle d’une autre catégorie de médicaments. Alors comme vous voyez, plus on a de maladies chroniques, plus on peut avoir de médicaments à prendre», a-t-elle expliqué à La Presse canadienne en entrevue téléphonique.

Le problème vient du fait qu’une consommation élevée de médicaments peut être accompagnée d’effets secondaires néfastes - comme des troubles de mémoire, des problèmes cognitifs, des risques de chute ou d’infection - et peut même, dans certains cas, être liée à des hospitalisations.

Cause d'hospitalisation

Selon le rapport, le nombre de médicaments prescrits aux personnes âgées était en effet le principal facteur en cause dans les hospitalisations liées à des réactions indésirables aux médicaments. Ainsi, les personnes âgées qui se sont vu prescrire de 10 à 14 catégories de médicaments risquaient cinq fois plus d’être hospitalisées pour des réactions indésirables que celles à qui l’on avait prescrit d’une à quatre catégories de médicaments.

«Plus on prend de médicaments, plus il y a un risque d’interaction entre les médicaments et plus on a un risque d’avoir des effets indésirables ou néfastes liés à ces médicaments», a résumé Mme Lawand, soulignant tout de même qu’il peut y avoir des cas où la prise de plusieurs catégories de médicaments est tout à fait appropriée.

La recherche a par ailleurs permis de constater que les aînés à faibles revenus et ceux résidant dans des régions rurales ou éloignées ont utilisé plus de médicaments.

«En ce qui concerne le revenu, on sait, malheureusement, qu’au Canada, plus on est pauvre, plus on risque d’avoir des problèmes de santé. Donc ça pourrait expliquer en partie (le fait) que ceux qui sont à faibles revenus ont plus de maladies, plus de maladies chroniques, et donc doivent prendre plus de médicaments», a souligné Mme Lawand.

La bonne nouvelle, a ajouté la chercheuse, est que certains médicaments ayant été la cible de campagnes de prévention et de sensibilisation dans les dernières années, comme les benzodiazépines (des somnifères) et les antipsychotiques, ont vu leur nombre de prescriptions baisser depuis 2011 dans les centres de soins de longue durée.

«Même si les initiatives visant à réduire l’utilisation de médicaments potentiellement inappropriés font effectivement baisser l’utilisation des antipsychotiques et des benzodiazépines, les Canadiens âgés consomment encore beaucoup de médicaments, conclut le vice-président des programmes de l’ICIS, Brent Diverty, par communiqué. Il faut que les personnes âgées et leur famille parlent régulièrement de leurs médicaments avec leur médecin ou leur pharmacien.»

Santé

Ottawa accorde un meilleur accès à la cigarette électronique

OTTAWA — Les Canadiens d'âge adulte vont bientôt avoir un bien meilleur accès à la cigarette électronique et aux fournisseurs de vapoteuses, alors que le gouvernement fédéral vient d'adopter le projet de loi S-5 qui fait notamment en sorte de régulariser et d'encadrer la pratique du vapotage.

Après avoir obtenu la sanction royale dans les prochains jours, la nouvelle Loi sur le tabac et les produits de vapotage va réglementer la fabrication, la vente, l'étiquetage et la promotion des produits de cigarette électronique.

Santé

Retour du Commissaire à la santé et au bien-être?

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, souhaite-t-il faire revivre le Commissaire à la santé et au bien-être (CSBE)? C’est du moins ce que laisse croire un tweet qu’il a publié en début de soirée, mercredi.

Lors de l’étude détaillée du projet de loi 150, mercredi, le ministre des Finances, Carlos Leitão, a supprimé l’article sur l’abolition du CSBE. Dans un tweet, la députée Diane Lamarre a attribué l’annulation de cet article à l’acharnement du Parti québécois.

«Négociation gagnante du PQ a permis d’annuler l’abolition du CSBE qui était imposée par @drgbarrette et PLQ dans PL150. Dès l’élection du PQ, retour du CSBE, de son mandat et de son budget», a tweeté la porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé.

«Décision initiale prise dans le cadre de la révision de programme. J’ai fait des représentations auprès du gouvernement. La situation budgétaire actuelle permet de le ramener. D’où cette décision réfléchie», a répondu le ministre de la Santé.

Son attachée de presse, Catherine W. Audet, a refusé de nous préciser ses intentions. «Le tweet est très clair», nous-a-telle répondu quand nous avons insisté pour obtenir des explications. «Les détails viendront en temps et lieu», a-t-elle ajouté.

Le gouvernement Couillard avait annoncé la cessation des activités du CSBE en mars 2016, lors du dépôt du budget. La mission de l’organisme, qui a publié des dizaines de rapports sur le réseau de la santé et dont le budget annuel s’élevait à 2,5 millions $, avait été confiée à l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux.

La décision d’abolir le CSBE a été largement dénoncée, d’aucuns y voyant une volonté de museler toute critique.

Santé

Finies les fermetures de salles d'opération en région

RIMOUSKI – Une entente est survenue entre la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) et l’Association des anesthésiologistes du Québec (AAQ) pour éviter que des salles d’opération en région soient contraintes de fermer, faute d’anesthésiologiste. Le plan qui en découle se déploiera d’abord au Bas-Saint-Laurent, en commençant par La Pocatière.

Chaque hôpital régional ciblé en fonction de ses ruptures récurrentes de services dans cette spécialité médicale sera maintenant jumelé à un établissement, appelé le centre parrain, qui disposera d’une équipe d’anesthésiologistes qui aura pour mission d’assurer le service. «Il y aura un centre dédié à chaque hôpital pour assurer une continuité», explique la présidente de la FMSQ, Diane Francoeur, qui avoue être sensible à cette réalité puisqu’elle est native d’Amqui, dans la Matapédia. Selon elle, il manque 35 anesthésiologistes pour combler tous les besoins au Québec.

Onze premiers jumelages sont prévus. Outre La Pocatière, trois autres établissements sont jugés prioritaires : ceux de Matane, de Sainte-Anne-des-Monts et d’Amqui. Le premier jumelage sera en place le 22 juin à l’hôpital de La Pocatière, alors qu’une équipe composée d’une trentaine d’anesthésiologistes de Sherbrooke se relayeront. L’hôpital de Matane sera parrainé par celui de Rimouski, celui d’Amqui par l’Hôtel-Dieu de Lévis et celui de Sainte-Anne-des-Monts par le Centre hospitalier universitaire de Québec.

Santé

Les employés du CIUSSS de la Capitale-Nationale réclament de meilleures conditions

Les 95 millions $ qui seront investis par Québec pour bonifier les équipes de soins à domicile pourraient n’avoir «aucune valeur» si les établissements ne sont pas capables d’offrir des conditions attrayantes aux employés, estiment les syndicats du CIUSSS de la Capitale-Nationale.

Au terme du «Forum sur les meilleures pratiques: usagers, CHSLD et soutien à domicile», qui se déroulait jusqu’à mardi à Québec, le gouvernement Couillard a annoncé un investissement de 100 millions $ pour améliorer les services de soutien à domicile, dont 95 millions $ doivent servir précisément à embaucher des infirmières, des préposés aux bénéficiaires et autres professionnels de la santé. 

Selon Danny Roy, président du Syndicat des professionnèles, techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale (SPTSSS-CSN), cet investissement «pourrait bien être un coup d’épée dans l’eau si on n’est pas capable d’attirer et de retenir le personnel».  

M. Roy manifestait en fin d’après-midi mardi devant l’Institut de réadaptation physique de Québec, où était réuni le conseil d’administration du CIUSSS de la Capitale-Nationale. Le rassemblement intersyndical, qui a attiré des centaines d’employés, notamment des infirmières et des préposés aux bénéficiaires, avait pour but de dénoncer les demandes de l’employeur dans le cadre des négociations locales, demandes «qui ne feront qu’accentuer les problématiques de rétention du personnel et de pénurie de main-d’œuvre», estime Danny Roy.

Selon lui, le CIUSSS veut notamment modifier les horaires et les quarts de travail sans préavis et en fonction des besoins, et avoir des postes avec plusieurs ports d’attache qui peuvent couvrir plus d’une région. «Il veut pouvoir déplacer le personnel comme il veut. Il se comporte comme un enfant roi dans le plat de bonbons», résume le président du SPTSSS-CSN, qui qualifie les demandes de l’employeur d’«irresponsables» et «irrespectueuses». 

«Si ces demandes étaient appliquées telles quelles, les conséquences seraient désastreuses sur le recrutement et la rétention de personnel. Le travail est déjà difficile, alors qu’on perd des employés tous les jours et que 8 % du personnel est en maladie actuellement. Si on veut pouvoir attirer et garder le monde, il faut offrir de meilleures conditions, rendre le milieu plus attractif», affirme Danny Roy.