Santé

Le sport modifierait le cerveau des enfants

MONTRÉAL — Une étude réalisée par des chercheurs américains associe une participation à des sports d’équipe à un volume plus important de l’hippocampe chez les enfants et à une réduction du risque de dépression chez les garçons âgés de 9 à 11 ans.

Des études antérieures ont relié une réduction du volume de l’hippocampe à la dépression chez les adultes. Cette région du cerveau joue un rôle important dans la mémoire et la gestion du stress.

Les chercheurs de l’université Washington, à Saint-Louis, ont noté que l’association entre les sports d’équipe, le volume de l’hippocampe et le risque de dépression était particulièrement forte chez lez jeunes qui participaient à des sports structurés, comme une équipe scolaire, comparativement à une participation plus informelle.

L’auteure principale de l’étude, Deanna Barch, a expliqué que les enfants retirent possiblement des bienfaits des interactions sociales ou de l’encadrement qui accompagnent la pratique du sport.

Les chercheurs se sont intéressés à quelque 4200 jeunes âgés de 9 à 11 ans provenant de partout aux États-Unis.

Le volume de l’hippocampe des filles qui participaient à des sports d’équipe était aussi plus important, mais aucune amélioration du risque de dépression n’a été notée chez elles. Cela veut possiblement dire que différents facteurs contribuent à la dépression chez elles.

Mme Barch a expliqué par voie de communiqué qu’il faut interpréter ces résultats avec prudence. Il est possible que le sport soit responsable de l’agrandissement de l’hippocampe et du recul du risque de dépression; il est tout aussi possible que les enfants déprimés, et dont l’hippocampe est potentiellement plus petit, soient moins attirés par le sport.

Quoi qu’il en soit, les chercheurs sont d’avis que leur étude soulève de nouvelles pistes intéressantes pour prévenir et traiter la dépression chez les enfants.

Les conclusions de cette étude sont publiées par le journal médical Biological Psychiatry : Cognitive Neuroscience and Neuroimaging.

Santé

Des médecins prescrivent des exercices pour améliorer l’autonomie des aînés

MONTRÉAL — Les personnes âgées ont souvent tendance à se sédentariser au terme de leur hospitalisation, ce qui les rend encore plus fragiles et augmente leur risque de chutes et donc d’une nouvelle hospitalisation.

Un nouveau programme développé par deux chercheuses montréalaises pourrait toutefois briser ce cercle vicieux en permettant aux médecins de prescrire aisément des exercices physiques à leurs patients âgés au moment de leur congé, de manière à accentuer leur autonomie.

Mylène Aubertin-Leheudre, du département des sciences de l’activité physique de l’UQAM, et Marie-Jeanne Kergoat, de la faculté de médecine de l’Université de Montréal, ont mis au point un «arbre décisionnel» basé sur deux «tests»: le lever de la chaise - qui mesure la capacité cardiorespiratoire du patient - et un test d’équilibre qui permet de savoir si le patient est à risque ou non de chuter.

Ces deux tests fournissent un score au physiothérapeute ou au médecin, ce qui mène ensuite à l’un des 27 programmes d’exercices qui ont été créés.

Et c’est là une facette cruciale de cette approche: les exercices sont prescrits au patient par son médecin au même titre que la médication qu’il devra prendre. Il ne s’agit pas d’une simple recommandation, et cela ajoute une certaine urgence à la chose.

«Le médecin dit à son patient, ‘Basé sur votre test, je vous prescris ce programme d’activité physique à faire à la suite de votre séjour hospitalier pour continuer à être autonome et redevenir en forme’», a précisé Mme Aubertin-Leheudre.

À raison de 15 ou 20 minutes par jour, les patients sont par exemple invités à se lever plusieurs fois d’une chaise d’affilée sans se tenir avec les mains, à faire le balancier sur une jambe et l’autre en se tenant après une table, à se déplacer de côté ou en avant et en arrière, à lever les genoux en alternance en ayant une table à côté d’eux, ou encore à se mettre sur la pointe des pieds ou les talons en alternance.

Les chercheurs espéraient que la vingtaine de participants à leur projet effectueraient leurs exercices trois fois par semaine. Ils les ont plutôt faits quatre ou cinq fois.

D’emblée, l’étude a démontré une amélioration de la vitesse de marche et de l’équilibre des aînés. Aucune augmentation du nombre de chutes n’a été détectée. Les aînés ont aussi fait état d’une meilleure qualité de vie.

La prochaine étape du projet consistera à comparer le recours aux services de santé des patients qui auront fait ces exercices à celui des patients qui ne l’auront pas fait.

Note aux lecteurs: Cette version précise que Mme Aubertin-Leheudre est rattachée à l’UQAM et non à l’UdeM.

Insolite

Un siège de toilette permettrait de détecter un problème cardiaque

MONTRÉAL - Un siège de toilette développé par des chercheurs américains permettrait de détecter l’insuffisance cardiaque congestive.

Le siège mis au point par le Rochester Institute of Technology serait acheté par les hôpitaux et prêté aux patients au moment de leur congé, dans le but de réduire les taux de réhospitalisation.

Le siège est capable de mesurer l’activité électrique et mécanique du coeur. Il est muni de capteurs qui mesurent le rythme cardiaque, la tension artérielle, le taux d’oxygénation du sang, le poids du patient et la quantité de sang qui est éjectée du coeur lors de chaque battement.

Ces données sont ensuite analysées par un algorithme qui préviendra le personnel soignant d’une éventuelle détérioration de l’état du patient, parfois même avant que le patient réalise que quelque chose cloche, selon les chercheurs. Un cardiologue décidera ensuite si une intervention est requise.

Environ le quart des patients souffrant d’insuffisance cardiaque congestive sont réhospitalisés dans les 30 jours qui suivent leur congé. Ce taux bondit à 45 pour cent dans les 90 jours.

Ce siège de toilette sophistiqué doit encore être approuvé par la puissante Food and Drug Administration des États-Unis.

L’insuffisance cardiaque est une maladie qui survient lorsque le coeur ne réussit pas à pomper le sang aussi efficacement qu’il le devrait, selon l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa.

Environ un million de nouveaux cas d’insuffisance cardiaque congestive seraient diagnostiqués chaque année aux États-Unis.

Environnement

L’Université Laval bannit les bouteilles d’eau

L’Université Laval a officialisé jeudi le retrait des bouteilles d’eau sur son campus, qui sera effectif à compter du 1er septembre prochain.

Les principaux exploitants alimentaires et cafés étudiants du campus avaient déjà cessé volontairement de vendre des bouteilles d’eau dans le cadre de la démarche collaborative en alimentation responsable, rappelle l’établissement dans un communiqué. 

Le retrait des bouteilles d’eau s’ajoute à celui d’autres articles à usage unique en plastique comme les ustensiles, les pailles, les bâtons et les contenants de lait à café, précise la porte-parole Andrée-Anne Stewart.

Une étude visant à suivre l’évolution du retrait des bouteilles d’eau sur le campus et à déterminer les effets sur les habitudes de consommation et l’environnement sera par ailleurs menée par une équipe de chercheurs de l’Université Laval. Les résultats contribueront à l’avancement des connaissances scientifiques sur le sujet, explique l’établissement.

L’Université entend du reste poursuivre la démarche collaborative en alimentation responsable en diminuant encore plus l’utilisation de tous les articles à usage unique sur le campus, incluant l’ensemble des boissons en bouteille de plastique. Elle veut aussi réduire à la source les matières résiduelles, comme les sachets individuels de condiments, les verres à café et les contenants pour emporter à usage unique ainsi que les emballages en bimatière.

Parmi les autres actions qui seront posées dans le cadre de cette démarche: augmenter l’approvisionnement en produits locaux et durables dans les services alimentaires, augmenter l’offre végétarienne et végétalienne sur le campus et l’utilisation de protéines végétales, s’arrimer avec les recommandations du nouveau Guide alimentaire canadien en matière de saine alimentation et lutter contre le gaspillage alimentaire.

Santé

Plus du tiers des Canadiens touchés par des acouphènes

MONTRÉAL - Plus du tiers des Canadiens ont des acouphènes, et les jeunes adultes étaient significativement plus susceptibles d’en souffrir, rapporte Statistique Canada qui offre cette piste de réponse: leurs appareils audio branchés à des écouteurs et la musique forte.

L’acouphène est la perception d’un bruit, comme un tintement ou un sifflement, en l’absence d’une source de son externe. Il est aussi appelé «bruit fantôme».

Dans son étude dévoilée mercredi, l’organisme fédéral de statistiques calcule que 37 pour cent des adultes canadiens, soit 9,2 millions de personnes, ont eu des acouphènes lors de l’année précédant la cueillette de données. Celle-ci a été réalisée de 2012 à 2015.

Mais il note des différences selon le groupe d’âge: les jeunes adultes de 19 à 29 ans étaient plus susceptibles d’avoir présenté des acouphènes au cours de l’année précédente (46 pour cent) que les personnes âgées de 30 à 49 ans (33 pour cent) et celles âgées de 50 à 79 ans (35 pour cent).

Cela peut s’expliquer par le fait que les jeunes adultes étaient plus susceptibles d’utiliser des appareils audio branchés à un casque d’écoute ou à des écouteurs (80 pour cent), par rapport à 53 pour cent des personnes de 30 à 49 ans et à 28 pour cent des personnes de 50 à 79 ans. Ils étaient aussi plus susceptibles de les utiliser, en moyenne, à un volume plus élevé pendant un plus grand nombre d’heures par semaine, deux facteurs de risque d’acouphène, est-il écrit dans le rapport.

Ces acouphènes ont des répercussions sur le sommeil, la concentration ou l’humeur. Leur gravité peut varier et aller d’un inconfort temporaire à un problème de santé chronique qui perturbe la vie d’une personne, souligne Statistique Canada.

L’acouphène était aussi associé à la santé mentale des personnes vivant avec ce problème. Les personnes ayant des acouphènes incommodants (17 pour cent) ou non incommodants (10 pour cent) étaient plus susceptibles de déclarer avoir une santé mentale passable ou mauvaise par rapport aux personnes n’en ayant pas (6 pour cent).

Cette étude est fondée sur un échantillon de 6571 répondants (3250 hommes et 3321 femmes) âgés de 19 à 79 ans qui ont pris part à l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé.

Santé

Hausse du nombre de crises cardiaques causées par la chaleur

MONTRÉAL - Le nombre de crises cardiaques causées par la chaleur est en hausse depuis quelques années, préviennent des chercheurs allemands dans une édition récente du European Heart Journal.

Les scientifiques de l’Université Ludwig Maximilian, de l’hôpital universitaire d’Augsbourg et de l’hôpital de Nördlingen ont comparé des données compilées entre 1987 et 2000 à des données colligées entre 2001 et 2014. Ils ont constaté que la hausse de la température quotidienne moyenne a été accompagnée d’une hausse du risque de crise cardiaque causée par la chaleur; les gens souffrant de diabète ou d’hypercholestérolémie étaient particulièrement menacés.

Ils y voient une conséquence du réchauffement climatique, mais également de la prolifération de facteurs de risque qui rendent la population plus vulnérable à la chaleur.

«Je trouve que l’étude est très intéressante, mais très inquiétante aussi parce que ça suggère que des éléments climatiques changent et qui feront qu’on aura plus d’événements ou plus de températures extrêmes qui vont mener à plus d’événements cardiaques, a réagi le cardiologue Peter Guerra, de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal. La tendance est clairement là et elle est clairement inquiétante.»

Plusieurs études précédentes avaient témoigné d’un lien clair entre les événements climatiques extrêmes, dont les périodes de chaleur extrêmes, et l’incidence de mortalité et d’hospitalisation due à des causes cardiovasculaires en général.

Cela ne veut pas pour autant dire que les médecins comprennent exactement ce qui se passe. L’exposition à la chaleur est un stress pour le coeur et «peut-être que le simple fait de répondre (à la chaleur) pourrait être la goutte qui fait déborder le vase» chez certains patients, a dit le professeur Daniel Gagnon, du département de pharmacologie et physiologie de l’Université de Montréal.

«C’est LA question qui est non résolue actuellement, a-t-il admis. On ne connaît pas très bien le mécanisme derrière ça. Quand nous sommes exposés à la chaleur, une des premières réponses du corps pour dissiper la chaleur est une relaxation des vaisseaux sanguins au niveau de la peau (...) Mais ça cause un certain stress au coeur parce qu’il y a beaucoup de sang qui est envoyé (...) loin des organes internes, donc le coeur doit travailler plus fort pour maintenir une certaine pression artérielle.»

Le docteur Guerra souligne que les chercheurs allemands écrivent dans leur étude que l’accès à la climatisation était rare dans la ville où ils ont mené leur enquête.

«Alors je pense notamment à nos centres pour personnes âgées, certains de nos hôpitaux qui n’ont pas l’air climatisé, c’est une chose à laquelle on devra réfléchir comme société, parce qu’on sait que des patients pourront être plus à risque dans ces endroits-là», a-t-il dit.

Daniel Gagnon voit dans leurs conclusions le reflet d’une nouvelle réalité.

«Les périodes de chaleur deviennent de plus en plus extrêmes, la population est vieillissante et de moins en moins en santé. Il faudrait peut-être particulièrement y porter attention avec les changements démographiques et environnementaux qui se produisent», a-t-il indiqué.

Santé

Santé mentale des jeunes: QS plaide pour une consultation élargie

Québec solidaire demande à la ministre de la Santé, Danielle McCann, de tenir une démarche de consultation élargie sur la santé mentale des jeunes. Le député Sol Zanetti estime que le sujet est trop important pour en discuter dans un forum «expéditif» d’une ou deux journées, où trop peu de groupes auront l’occasion de se faire entendre.

Le député de Jean-Lesage et porte-parole de Québec solidaire en matière de santé, Sol Zanetti, a envoyé une lettre lundi soir à la ministre de la Santé, dans laquelle il met en doute son affirmation voulant qu’un forum d’une ou deux journées tenu ce printemps soit un moyen plus efficace d’«agir maintenant».

«Opposer la lenteur d’une commission parlementaire à la nécessité d’agir rapidement m’apparaît à bien des égards comme un faux dilemme. En quoi prendre le temps de mener une réflexion sur un enjeu aussi fondamental nous empêche-t-il de déployer, en parallèle, des mesures immédiates pour pallier au manque criant de ressources en intervention?» demande Sol Zanetti, tout en rappelant que plus d’un jeune Québécois sur cinq est aux prises avec des problèmes de santé mentale et que les difficultés d’accès aux services psychosociaux se font sentir «autant dans le réseau de la santé que dans les milieux communautaires». 

Caractère régional

En entrevue au Soleil, M. Zanetti a souligné qu’une commission itinérante comme celle proposée par les libéraux aurait permis d’entendre tout le monde (jeunes, médecins, infirmières, travailleurs sociaux, organismes communautaires, proches aidants, etc.) et d’apporter un caractère régional essentiel à l’exercice. 

«C’est un enjeu de santé publique, mais aussi de démocratie. Les régions sont les mieux placées pour trouver les solutions» adaptées aux besoins de leur population, a fait valoir le député solidaire. Selon lui, il est clair que plusieurs groupes ou organismes communautaires, sous-financés, ne seront pas en mesure de se déplacer à Québec oui à Montréal pour participer au forum. «Et de toute façon, même s’ils le pouvaient, ils n’auraient pas temps de parler!» souligne-t-il.

Sol Zanetti a l’impression que par sa décision de ne tenir qu’un bref forum sur une question aussi complexe, la ministre McCann cherche à éviter de se sentir liée par des propositions qui émaneraient du terrain. «On veut encore tout canner d’en haut, au risque de ne pas amener les bonnes solutions», déplore-t-il.

Au cabinet de la ministre de la Santé, on indique qu’il y a «des discussions qui se tiennent d’ici le forum sur la santé mentale des jeunes et qui permettront d’arriver avec des pistes de réflexion et de solution». On dit également s’attendre à accueillir autour de 200 intervenants pour ce forum, et qu’un autre sur la santé mentale des adultes aura lieu quelque part à l’automne.

Santé

L’aspirine n’est plus pour tout le monde

MONTRÉAL - Changement radical en matière de prévention des maladies cardiaques: l’American College of Cardiology et l’American Heart Association ne recommandent dorénavant plus à tous de prendre de l’aspirine quotidiennement, comme cela était le cas depuis des dizaines d’années.

«Je suis en pratique depuis vingt ans et on a toujours recommandé de l’aspirine», a dit le cardiologue Peter Guerra, qui enseigne à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal.

Le changement annoncé en fin de semaine dernière est la conséquence directe d’études récentes qui ont remis en question la pertinence de cette approche. L’aspirine a un effet sur les plaquettes, et de grandes études ont constaté que le risque de saignements semble être plus grand que le bénéfice de prévention contre les maladies cardiaques.

Deux études publiées l’automne dernier par le prestigieux New England Journal of Medicine abondaient d’ailleurs en ce sens. Une a constaté que l’aspirine ne permettait pas de prévenir les premiers AVC ou les premières crises cardiaques chez les personnes à risque modéré. Une autre a testé l’aspirine chez les personnes atteintes de diabète, qui sont plus susceptibles d’avoir des problèmes cardiaques ou d’en mourir, et a constaté que le bénéfice modeste noté s’accompagnait d’un risque accru de saignement grave.

Le changement est donc important, même s’il cible très spécifiquement les gens en santé.

«On remet en question la prise d’aspirine en prévention, c’est-à-dire pour les patients qui n’ont jamais eu d’événement cardiaque, a précisé le docteur Guerra. C’est une distinction qui est assez importante. Il est clair que les patients qui sont cardiaques et qui prennent de l’aspirine après un événement cardiaque (...) doivent continuer à prendre leur aspirine.»

À une certaine époque, poursuit-il, l’aspirine (le nom commercial pour l’acide acétylsalicylique ou ASA) était pratiquement vue comme une panacée, et on la recommandait à tous les gens âgés de 50 ans et plus.

Toutefois, des études et des méta-analyses réalisées au cours des dernières années «suggèrent que le bénéfice de l’aspirine n’est pas très bon pour les patients en prévention», a dit le docteur Guerra.

«Oui, ça diminue un peu les risques d’incident cardiovasculaire, mais pas de façon significative, a-t-il expliqué. L’effet sur la prévention est minime, particulièrement chez les gens qui n’ont pas de facteurs de risque. Le bénéfice est marginal chez les gens qui sont en parfaite santé.»

Les deux organisations américaines préviennent toutefois que l’aspirine pourra avoir une certaine place en prévention chez des patients dont le risque de maladie cardiaque est très élevé, mais que la question devra faire l’objet d’une discussion entre le patient et son médecin.

La Société canadienne de cardiologie avait émis des réserves quant à l'utilisation de l'aspirine à des fins préventives il y a quelques années. On peut maintenant s'attendre à ce qu'elle réaffirme sa position, croit le docteur Guerra.

En attendant, les gens en bonne santé qui s’inquiéteraient pour leur santé cardiaque auraient avantage à modifier leur alimentation, à bouger plus et à fumer moins, au lieu de courir à la pharmacie du coin se procurer de l’aspirine.

«Je ne recommande pas d’en prendre, a dit le docteur Guerra. Quand on donne un traitement en prévention, il faut vraiment faire attention qu’il n’y ait pas d’effets secondaires néfastes. Donner de l’aspirine en prévention, où le bénéfice est marginal au mieux, et où il y a un risque (de saignements), ça devient presque contradictoire.»

Santé

Réforme OPTILAB: la CAQ change son discours

Si la CAQ s’opposait clairement et fermement à la réforme OPTILAB quand elle était dans l’opposition, son discours est aujourd’hui beaucoup plus nuancé: il y a des régions ou la centralisation des laboratoires «fait du sens», et d’autres où la réflexion doit se poursuivre, affirme-t-on au cabinet de la ministre de la Santé, Danielle McCann.

On apprenait mardi par l’entremise de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) que le ministère de la Santé avait pris la décision d’investir dans la construction de deux nouveaux laboratoires à Brossard et à Boisbriand. 

Dans un communiqué, la présidente de l’APTS, Carolle Dubé, déplore que ces deux nouveaux investissements «dans le béton» se fassent «au détriment d’une saine gestion axée sur l’efficience et sur le capital humain». «On peine à solutionner toute la question de la gestion des laboratoires qui couvrent plusieurs régions et on vient en rajouter sur le tas en annonçant de nouvelles constructions», déplore-t-elle.

Devant le fait accompli

Selon elle, les technologistes médicales «ont été placées devant le fait accompli avec ces deux annonces [faites par le CISSS à l’interne] et tous les inconvénients que cela suppose pour elles». «Le manque de transparence, c’était la norme sous le règne libéral et, malheureusement, cette nouvelle décision s’inscrit dans cette triste lignée», dénonce Carolle Dubé.

La nouvelle est d’autant surprenante que la CAQ avait déjà demandé un moratoire concernant OPTILAB par le passé, et que François Legault s’était lui-même clairement prononcé contre cette réforme durant la dernière campagne électorale, notamment à cause du transfert des emplois, rappelle la présidente de l’APTS.

Si le gouvernement Legault disait encore récemment au Soleil être «toujours en réflexion» quant à ses intentions sur OPTILAB, l’APTS craint que sa décision d’aller de l’avant avec la poursuite de la réforme soit prise, malgré la pétition de 20 000 signatures et la dénonciation en bonne et due forme du monde municipal. 

«À quoi bon changer de gouvernement, se diront tous ces gens, si c’est pour se retrouver avec les mêmes décisions qui ont déjà fait l’unanimité contre elles? En est-on vraiment rendu à rejouer dans le même film?» demande Carolle Dubé, selon qui les régions «vont payer un lourd tribut à cette réforme». 

Selon l’attaché de presse de la ministre de la Santé, Alexandre Lahaie, dans certaines régions, comme dans les Laurentides, Lanaudière et Laval, la réforme OPTILAB «fait du sens». 

Santé

Inquiétudes devant une pénurie de pharmaciens dans les établissements de santé

MONTRÉAL - Une association de pharmaciens s’inquiète d’une pénurie de ces professionnels dans les établissements de santé de la province.

Sur la base des résultats d’une enquête annuelle, l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (APES) dit avoir observé 272 postes non comblés, soit une pénurie de 19 pour cent, au 1er avril 2018.

S’il s’agit d’une légère remontée pour la première fois en six ans, la situation nuit tout de même à l’affectation de pharmaciens aux unités de soins, déplore l’association.

La pénurie touche encore toutes les régions du Québec, à divers degrés.

L’APES demande donc au ministère de la Santé de joindre ses efforts pour inciter les jeunes à choisir la pratique et atteindre une centaine de diplômés et plus par année - plutôt que la moyenne actuelle de 65 - au programme de maîtrise en pharmacothérapie avancée.

Selon l’association, les embauches permettent actuellement surtout de remplacer les pharmaciens qui partent, d’où le besoin d’en hausser le nombre.

Pour y parvenir, l’APES propose différentes mesures, notamment de promouvoir la pratique de la pharmacie hospitalière auprès des jeunes, de valoriser la pratique notamment par des conditions salariales intéressantes et de hausser le nombre de places au programme de maîtrise en pharmacothérapie avancée.

« La main-d’oeuvre en poste fait le maximum. La voie de sortie de la pénurie et la capacité d’offrir les soins pharmaceutiques requis se trouvent dans l’embauche accrue de diplômés du programme de maîtrise. On parvient à diplômer quelque 400 pharmaciens du programme de 1er cycle annuellement, il doit bien être possible d’en intéresser une centaine à réaliser la maîtrise», a soutenu le président de l’APES, le pharmacien François Paradis.