Dépendance et troubles psychiatriques partagent des anomalies structurelles

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Dépendance et troubles psychiatriques partagent des anomalies structurelles

MONTRÉAL - On retrouve dans le cerveau de gens souffrant d’une dépendance des anomalies structurelles qui sont semblables, et parfois même supérieures, à celles vues dans le cerveau de gens atteints de certains troubles psychiatriques, révèle une étude réalisée par des chercheurs du CHU Sainte-Justine.

En comparant des patients dépendants à l’alcool et au cannabis à des sujets non dépendants de même âge et de même sexe, la professeure Patricia Conrod et l’étudiant à la maîtrise Xavier Navarri ont observé une réduction des volumes cérébraux dans des régions caractéristiques des patients atteints de troubles comme la schizophrénie, le trouble bipolaire, le trouble dépressif majeur et le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité.

Ces résultats concordent avec des études menées antérieurement sur les anomalies structurelles liées à la consommation d’alcool et de cannabis chez l’adulte.

«Nous avons remarqué plusieurs effets dans le cerveau dans les régions (...) qui sont impliquées dans des fonctions qui sont très fondamentales au fonctionnement du cerveau, à la régulation du stress, à la régulation des émotions, à la capacité de répondre à la récompense, mais aussi dans les régions du cerveau impliquées dans la planification, le fonctionnement exécutif, le contrôle cognitif et la capacité à réguler le comportement en réponse aux émotions», a dit la professeure Conrod, du département de psychiatrie et d’addictologie de l’Université de Montréal.

L’étude ne permet toutefois pas de déterminer si la consommation d’alcool ou de cannabis est responsable de ces anomalies structurelles, ou bien si la présence de ces anomalies rend plus vulnérable à la dépendance.

«Cette étude n’est pas capable de différencier entre (l’oeuf et la poule), a dit Mme Conrod. C’est clair que nous avons besoin d’autres études (...) pour pouvoir distinguer entre les problèmes neurocognitifs qui sont reliés à la consommation d’une façon causale, ou bien qui peuvent être affectés par la consommation. (...) C’est probablement une combinaison des deux effets.»

Épaisseur corticale

L’étude compare les données de 435 participants présentant des troubles liés à la consommation d’alcool à un groupe témoin de 363 personnes, et 200 participants déclarant une forte consommation de cannabis ou un trouble de consommation de cannabis à un groupe témoin de 247 personnes non consommatrices.

Une méta-analyse a été effectuée pour observer les anomalies cérébrales communes chez les patients dépendants à l’alcool et au cannabis.

Les auteurs préviennent que les conclusions des études qui comparent les grands consommateurs de cannabis aux non-consommateurs démontrent une forte hétérogénéité, laissant suggérer d’importantes variations individuelles entre le mauvais usage du cannabis et la structure du cerveau.

«C’est peut-être relié au fait qu’en ce moment c’est difficile de déterminer une dépendance au cannabis, parce que les consommateurs sont plutôt des consommateurs réguliers; le profil est un peu différent d’avec l’alcool», a dit la professeure Conrod.

Les chercheurs ont constaté une réduction de l’épaisseur corticale chez les sujets dépendants à l’alcool et au cannabis, ainsi que chez ceux atteints d’un trouble dépressif majeur. La réduction chez les patients alcooliques a également été observée chez les patients atteints de schizophrénie ou de trouble bipolaire.

La réduction des volumes cérébraux dans certaines régions était comparable pour les troubles de consommation de cannabis, l’alcoolisme et d’autres troubles psychiatriques.

Les résultats de cette étude, ajoute Mme Conrod, démontrent bien que les gens qui sont aux prises avec un problème de dépendance ont besoin d’une aide qui ira plus loin que la seule fin de leur consommation.

«Il y a certainement un besoin chez les gens qui souffrent d’une dépendance ou d’un abus de l’alcool pour des services de réhabilitation neurocognitive, et non seulement un service qui les aide à arrêter de consommer, a-t-elle dit.

«Il y a certainement quelques interventions neuropsychologiques qui peuvent aider les gens à récupérer leur fonctionnement ou à tout le moins à récupérer un peu plus rapidement et facilement. Ces types de services ne sont pas encore offerts d’une façon systématique et égale.»

L’étude a été publiée en ligne par le journal médical Human Brain Mapping.

Bonne nouvelle: un test de dépistage détecterait le coronavirus en 30 minutes

Santé

Bonne nouvelle: un test de dépistage détecterait le coronavirus en 30 minutes

MONTRÉAL - Un nouveau test de dépistage mis au point par des chercheurs de l’université américaine Columbia serait en mesure de détecter le coronavirus en seulement 30 minutes.

Les résultats des tests actuels ne sont connus qu’après deux à sept jours.

Les chercheurs affirment de plus que leur test est suffisamment simple pour être effectué dans le cabinet d’un médecin ou une clinique médicale, puisqu’il ne nécessite pas d’équipement de laboratoire spécialisé.

Le nouveau test utilise la technique LAMP (Loop Mediated Isothermal Amplification) pour amplifier l’ADN présent dans l’échantillon. Si le contenu de l’éprouvette devient jaune, le virus est présent; s’il devient rouge, le virus est absent.

Le test générerait moins de résultats faux négatifs que les tests courants, et aucun résultat faux positif.

La génétique à la rescousse des chercheurs contre la COVID-19

COVID-19

La génétique à la rescousse des chercheurs contre la COVID-19

OTTAWA — Les experts en santé publique du Canada se sont démenés pour freiner la propagation de la COVID-19 en essayant de comprendre comment les gens attrapent le virus et à qui ils peuvent la refiler.

Malgré les meilleurs efforts au cours des quatre derniers mois, la source de plus d’un tiers des infections connues de COVID-19 au pays échappe aux médecins.

Les chercheurs en médecine utilisent des superordinateurs pour transformer les laboratoires de génétique en agences de détectives. Ils se relèvent les manches pour comprendre comment la maladie s’est répandue au Canada.

Chaque concordance proche permettra de tracer une ligne de patient à patient afin de brosser finalement un tableau de la propagation du virus.

«C’est le gros effort des quatre prochaines semaines», avance Andrew McArthur, directeur du programme des découvertes biomédicales et de commercialisation à l’Université McMaster, de Hamilton.

«Ce qui va en sortir très bientôt est un aperçu de ce qui vient de se passer : comment le virus a circulé dans la province ou comment il s’est propagé d’une province à l’autre», ajoute-t-il.

Selon M. McArthur, ces informations permettront d’identifier rapidement les points faibles des mesures de santé publique et aideront à contrer rapidement les prochaines vagues en déterminant leur origine. Être capable de continuer à diviser les codes génétiques des échantillons signifie que lorsqu’il y a des éclosions, chaque cas peut être rapidement comparé les uns aux autres pour voir s’ils sont tous liés ou s’ils proviennent de sources multiples.

Cela signifie, par exemple, qu’un centre de soins de longue durée devrait être en mesure de savoir rapidement si ses 10 nouveaux cas sont liés à une ou à plusieurs sources.

«C’est un problème de contrôle des infections très différent», souligne M. McArthur.

Deuxième vague moins mauvaise?

Cela signifie également que peut-être, juste peut-être, la deuxième vague de COVID-19 ne sera pas aussi mauvaise ou aussi difficile à contrôler que la première, car les sources pourront être isolées très rapidement.

«Une deuxième vague est probable, prévient M. McArthur. Mais nous n’avons jamais dépensé ce genre d’argent et d’efforts auparavant, alors peut-être que nous pourrons vaincre le virus.»

Les types de technologie génétique utilisés pour ce projet n’existaient pas lorsque le SRAS a frappé le Canada en 2003.

Cette cartographie génétique est constamment à la recherche de mutations. Jusqu’à présent, SARS-CoV-2, le nom officiel du virus qui cause la COVID-19, n’a pas muté aussi rapidement que beaucoup d’autres. La grippe, par exemple, change tellement au cours d’une année que le vaccin doit être modifié chaque été pour suivre.

Mais il y a suffisamment de changements subtils parmi les 28 000 marqueurs individuels qui composent un génome pour le SRAS-CoV-2 pour que chaque cas soit lié à celui qui l’a précédé. M. McArthur dit qu’il faut beaucoup de stockage de données, beaucoup d’analyses informatiques de grande capacité et beaucoup d’argent pour effectuer ces comparaisons.

40 millions $ du fédéral

Le gouvernement fédéral a investi 40 millions $ en avril pour la recherche génétique sur la COVID-19. La moitié de cette somme doit permettre de garder un oeil sur le virus au fur et à mesure qu’il se propage, de chercher les changements qu’il subit et de cartographier sa trajectoire dans tout le pays.

L’autre moitié consiste à examiner les structures génétiques des patients infectés, en essayant de comprendre pourquoi certaines personnes meurent et d’autres présentent des symptômes si légers qu’ils ne savent même pas qu’ils sont malades.

Génome Canada administre le projet. Six agences régionales de génomique supervisent localement le travail et des laboratoires réalisent les tests et les analyses. Le financement est destiné à créer des cartes génétiques à partir de 150 000 patients. Jusqu’à présent, le Canada a enregistré environ 108 000 cas positifs, et l’on s’attend à ce que presque chacun d’entre eux fasse l’objet d’une cartographie génétique.

Les résultats seront transmis à une banque de données mondiales comparant toutes les infections connues de COVID-19. Ils seront également analysés pour les rapports nationaux et régionaux.

À New York, le séquençage génétique a été utilisé pour comprendre que la COVID-19 qui a frappé la Grosse Pomme ne venait pas de Chine et d’Iran comme on l’avait cru initialement, mais d’Europe. Au Canada, on soupçonne qu’une grande partie du virus est entrée dans le pays par des voyageurs revenant des États-Unis au début de mars. Mais le travail ne fait que commencer à confirmer cette hypothèse.

Dans l’ensemble, M. McArthur prévoit que ce projet génétique nécessitera deux ans de travail.

COVID-19: plus de 1,5 million de Québécois ont consulté en télémédecine

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COVID-19: plus de 1,5 million de Québécois ont consulté en télémédecine

MONTRÉAL - Plus d’un million et demi de Québécois ont consulté en télémédecine depuis le début de la pandémie de COVID-19.

Cette nouvelle façon de procéder - par téléphone ou visioconférence - a eu ses adeptes depuis le 16 mars dernier. L’objectif était de protéger les patients, comme les médecins, du risque de propagation du coronavirus.

Ainsi, du 16 mars au 8 juin 2020, 6625 omnipraticiens ont facturé des actes de téléconsultation pour plus d’un million de patients distincts, selon des chiffres obtenus par La Presse canadienne auprès de la Régie d’assurance-maladie du Québec (RAMQ).

Du côté des médecins spécialistes, 4565 d’entre eux ont facturé des actes de télémédecine, pour plus de 400 000 patients différents.

Bref, plus de 11 000 médecins ont effectué des rendez-vous de cette façon, et 1 525 182 Québécois les ont consultés.

Le nombre de consultations est vraisemblablement plus élevé. Tout d’abord, parce que les chiffres du mois de juin n’ont pas été compilés, et aussi parce que les médecins ont maintenant 120 jours avant de devoir facturer à la RAMQ un acte médical.

Selon un récent sondage commandé par l’Association médicale canadienne (AMC), l’écrasante majorité des Canadiens qui ont consulté leur médecin de manière virtuelle pendant la pandémie de COVID-19 se sont dits satisfaits de l’expérience.

Ils seraient en fait 91 % à se dire satisfaits de leur expérience avec la télémédecine, soit 17 % de plus que ceux qui se sont rendus en personne à un service d’urgence, selon le coup de sonde mené par la firme Abacus Data en mai et dont les résultats ont été dévoilés début juin.

Un vaccin contre le cancer pourrait combattre le coronavirus

Santé

Un vaccin contre le cancer pourrait combattre le coronavirus

MONTRÉAL — Des chercheurs de partout au Canada, dont certains au CHUM, tenteront au cours des prochains mois de déterminer si un vaccin tout d’abord développé pour lutter contre le cancer pourrait aussi combattre des infections respiratoires, et notamment la COVID-19.

«(On se demande si) ça pourrait être un vaccin pour augmenter la réponse immunitaire contre la COVID, et soit avoir des infections moins graves, ou juste ne pas être infecté parce qu’on a eu une réponse immunitaire», a résumé le docteur David Roberge, un radio-oncologue qui dirigera une portion de l’étude au CHUM.

L’étude s’adressera spécifiquement aux patients qui sont actuellement atteints d’un cancer, puisqu’ils semblent être particulièrement menacés par le coronavirus. Leur risque d’hospitalisation ou de décès dû à la COVID serait jusqu’à trois fois plus élevé que celui de la population en général.

De plus, des traitements qui les contraignent souvent à briser leur confinement pour se rendre à l’hôpital et un système immunitaire affaibli multiplient les risques d’infection.

Le traitement immunostimulant IMM-101 est en développement depuis plusieurs années comme traitement du cancer. On a constaté qu’il pouvait contribuer à activer certaines cellules immunitaires et à stimuler la capacité du système immunitaire à détruire les cellules cancéreuses.

Comment et pourquoi un vaccin contre le cancer pourrait-il combattre le coronavirus? Le docteur Roberge trace une comparaison avec le vaccin BCG contre la tuberculose, qui fait lui aussi l’objet de plusieurs études puisqu’il pourrait se révéler utile dans la lutte contre la COVID-19.

Les chercheurs ont ainsi découvert que le vaccin BCG provoque une réponse immunitaire globale susceptible de protéger contre d’autres infections. Des données préliminaires portent à croire que les gens qui ont été vaccinés avec le BCG ont moins de risques d’avoir une infection symptomatique à la COVID, a-t-il dit.

«Le mécanisme par lequel ça aide peut-être à traiter le cancer est le même que le mécanisme par lequel ça aidera peut-être à traiter ou à prévenir la COVID, a expliqué le docteur Roberge. C’est une stimulation globale du système immunitaire.»

Si l’étude est une réussite, IMM-101 pourrait également être bénéfique pour des personnes atteintes d’autres maladies chroniques ou dont le système immunitaire est affaibli, qui présentent elles aussi un risque accru que l’issue de la COVID-19 soit grave. En outre, il pourrait contribuer à protéger les personnes atteintes de cancer contre d’autres infections respiratoires telles que la grippe saisonnière.

Cet essai clinique est mené par le Groupe canadien des essais sur le cancer (GCEC) et financé par la Société canadienne du cancer. Le GCEC est une coopérative de recherche spécialisée dans les essais cliniques sur le traitement du cancer qui effectue des essais cliniques des phases I à III dans plus de 80 établissements au Canada et à l’étranger.

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L’étude s’adresse aux patients qui sont actuellement traités pour un cancer et qui doivent se rendre à l’hôpital pour leurs traitements. Ceux qui seraient intéressés à y participer peuvent écrire au: vaccin.ro.chum@ssss.gouv.qc.ca

Vaccin: un joueur majeur s’associe à Medicago

COVID-19

Vaccin: un joueur majeur s’associe à Medicago

L’entreprise de Québec Medicago travaillera désormais sur son candidat vaccin contre la COVID-19 avec un partenaire de taille : la multinationale britannique du médicament GlaxoSmithKline (GSK) se joindra à ses efforts, ont annoncé mardi les deux sociétés.

«Cette collaboration avec GSK nous donne accès non seulement à un adjuvant éprouvé qui pourrait augmenter l’efficacité de notre vaccin candidat, mais aussi à une vaste expérience scientifique pour appuyer nos efforts de développement», s’est réjoui le président de Medicago, Dr Bruce Clark, dans un communiqué.

Les «adjuvants» sont des substances connues pour activer le système immunitaire. On en met régulièrement dans les vaccins parce que le système immunitaire apprend mieux à combattre un microbe quand il est «en alerte» — cela augmente donc la protection que confèrent les vaccins.

Rappelons que Medicago avait annoncé en mars avoir mis au point un candidat vaccin à base de «particules pseudo-virales» (PPV) et qu’elle s’apprêtait à démarrer des essais dits «pré-cliniques» (sur des animaux). Ces PPV sont tout simplement des protéines que l’on retrouve à la surface de la COVID-19 et qui sont présentées dans une double couche de lipides — exactement comme elles se présentent à la surface de virus des coronavirus. L’entreprise de Québec fabrique ces PPV dans des plantes qui sont «manipulées» afin de leur faire fabriquer les protéines voulues. Les feuilles sont ensuite récoltées et les molécules désirées sont isolées et purifiées.

Essais cliniques en juillet

Medicago a également annoncé mardi que des essais cliniques (sur des humains) serait lancée dès la mi-juillet. Les essais cliniques se déroulent en trois phases, qui visent grosso modo à déterminer si un traitement est sécuritaire (phase 1) et efficace (phases 2 et 3). L’entreprise de Québec et GSK espèrent être en mesure de franchir ces trois étapes au cours des prochains mois et d’avoir un vaccin prêt pour la première moitié de l’an prochain «sous réserve de résultats cliniques favorables et de considérations réglementaires».

Si tout se passe bien, environ 100 millions de doses pourraient être fabriquées d’ici la fin de 2021. Et quand la grosse usine en construction dans le secteur d’Estimauville sera terminée, Medicago estime qu’elle pourra produire jusqu’à un milliard de doses par année.

L’immunité au coronavirus peut-être plus répandue qu’on ne le croit

Santé

L’immunité au coronavirus peut-être plus répandue qu’on ne le croit

MONTRÉAL - L’immunité au coronavirus est possiblement plus répandue qu’on ne le croit, affirment des scientifiques suédois.

Les chercheurs de l’Institut Karolinska ont examiné 200 personnes. Pour chaque sujet chez qui ils ont détecté les anticorps contre le SRAS-CoV-2, ils en ont trouvé deux qui possédaient les cellules T capables d’identifier et de détruire les cellules infectées, selon la BBC britannique.

Les anticorps se lient au virus et l’empêchent d’infecter une cellule. Les cellules T, quant à elles, repèrent les cellules qui ont déjà été infectées et les anéantissent pour les empêcher de contaminer leurs voisines.

Les sujets chez qui des cellules T spécifiques au coronavirus ont été détectées ont probablement eux aussi déjà produit des anticorps, mais cette réponse s’était possiblement atténuée au point de ne plus être détectable. Ils devraient quand même être protégés du virus.

Cela pourrait vouloir dire que l’immunité face au coronavirus est plus répandue que ce qui est indiqué par les seuls tests de détection des anticorps.

La santé publique s’inquiète d’une croissance de cas de COVID chez les jeunes [VIDÉO]

Santé

La santé publique s’inquiète d’une croissance de cas de COVID chez les jeunes [VIDÉO]

LONGUEUIL — Les autorités de santé publique s’inquiètent de voir les jeunes représenter une proportion croissante des nouveaux cas de COVID-19.

La directrice de la santé publique de la Montérégie, la docteure Julie Loslier, a partagé ses préoccupations avec son patron, le docteur Horacio Arruda, vendredi, alors que ce dernier poursuivait sa tournée provinciale.

«On observe une diminution de l’âge moyen de nos cas et certains phénomènes, des situations où on a eu des cas chez des personnes plus jeunes qui ont généré un très grand nombre de contacts parce qu’il y a eu des situations sociales sans distanciation sociale», a-t-elle révélé.

Cette reprise de socialisation imprudente semble assez généralisée, selon elle.

«Une des choses qu’on a remarquées en Montérégie et c’était vrai dans les autres régions, c’est que le nombre de contacts à chaque cas a augmenté. On voit que les gens respectent moins les mesures de distanciation.»

Et l’un des indices de cette imprudence se révèle dans une autre statistique, a ajouté la docteure Loslier: «On a vu dans les dernières semaines une hausse de nos taux d’infections transmissibles sexuellement», indice clair d’absence de distanciation s’il en est.

Le masque: «rendre ça cool»

Le docteur Arruda a confirmé ces dires tout en prenant soin de souligner à quel point les jeunes avaient été exemplaires durant le confinement complet.

«Je tiens à les féliciter», a-t-il dit d’entrée de jeu. Notant l’effet des campagnes menées par des influenceurs, vedettes et modèles de tous genres, le directeur de santé publique a dit croire qu’»il va falloir revenir à ce genre d’approche avec eux pour qu’ils prennent conscience».

«Ils ont été enfermés. Les jeunes ont besoin de socialiser, C’est important; le confinement a eu des effets pervers», a-t-il reconnu du même souffle. Il a souligné que les jeunes «sont moins atteints et, s’ils sont malades, ils vont faire moins de complications», ce qui explique sans doute en partie une certaine insouciance, mais il a rappelé qu’ils risquent aussi de devenir des transmetteurs de la COVID-19 aux adultes de leur entourage.

Tout en reconnaissant que les approches coercitives avec les jeunes peuvent donner l’effet contraire à celui recherché, il a dit vouloir «faire appel à leur sens civique et social. Il faut créer un climat social, une norme où ça va devenir partie de l’étiquette».

«On va essayer de rendre ça cool pour les jeunes de porter un masque», a déclaré le docteur Arruda.

Se préparer à la deuxième vague

Alors que les décès et les nombres de cas confirmés de COVID-19 demeurent plutôt bas depuis quelques semaines, la santé publique se prépare déjà pour une éventuelle deuxième vague de contamination, mais Horacio Arruda a martelé que le virus est encore présent.

Malgré des chiffres en baisse, il a signalé une nouvelle éclosion dans les Laurentides, tout en précisant qu’elle était bien contrôlée.

«Nous avons la responsabilité de nous préparer (à une deuxième vague)», a-t-il ajouté, notant que son équipe travaillait activement pour ce faire depuis quelques semaines.

Les autorités sanitaires connaissent maintenant mieux les caractéristiques épidémiologiques du virus, notamment le fait que des porteurs asymptomatiques peuvent le transmettre tandis que les enfants atteints sont de faibles transmetteurs et ont généralement peu de symptômes.

Les leçons apprises pendant la première vague de COVID-19, qui n’est pas encore terminée, seront utiles lorsque viendra le temps d’affronter la deuxième vague, estime M. Arruda.

Curieusement, il demeure assez confiant de voir le virus exprimer une certaine saisonnalité, et ce, même s’il est en progression fulgurante dans le sud des États-Unis. En même temps, il admet que ce virus comporte son lot de surprises et n’a pas fini d’étonner le milieu médical. Par ailleurs, il espère que toutes les mesures de prévention - lavage de mains, distanciation physique et port du masque - aient un effet secondaire bénéfique: ralentir la progression de l’influenza et des autres virus respiratoires à l’automne.

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Le développement d’un vaccin contre le coronavirus progresse bien

Santé

Le développement d’un vaccin contre le coronavirus progresse bien

MONTRÉAL — Le développement d’un vaccin contre le coronavirus progresse bien, ont indiqué deux sources différentes au cours des derniers jours.

Au Royaume-Uni, la professeure Sarah Gilbert, qui fait partie de l’équipe de l’Université d’Oxford dont le candidat vaccin serait l’un des plus avancés du monde, a affirmé à un comité parlementaire que ce vaccin a généré la bonne réponse immunitaire chez les volontaires qui l’ont reçu.

Mme Gilbert a refusé de dire quand le vaccin pourrait être offert à la population, mais 8000 personnes participent maintenant à l’étude clinique de phase 3 qui doit en mesurer encore plus précisément l’efficacité.

Aux États-Unis, l’équipe formée par la Maison-Blanche pour développer un vaccin avant la fin de l’année a assuré à un comité sénatorial qu’elle est en voie d’atteindre cet objectif.

L’étude clinique de phase 3 du vaccin développé par la firme Moderna doit débuter au cours des prochains jours et impliquera quelque 30 000 personnes.

Le directeur des National Institutes of Health, le docteur Francis S. Collins, s’est dit «optimiste» de pouvoir compter sur un vaccin d’ici la fin de 2020. Environ 300 millions de doses seraient ensuite disponibles au début de 2021.

Le coronavirus ne causerait pas de lésions aux orteils

Santé

Le coronavirus ne causerait pas de lésions aux orteils

MONTRÉAL - Deux nouvelles études concluent que le coronavirus ne semble pas responsable des étranges lésions aux orteils ou aux doigts constatées chez certains patients.

La première étude a été réalisée par des chercheurs de l’Université catholique de Louvain, à Bruxelles.

Neuf des 31 patients examinés avaient des antécédents d’engelures. Des tests ont confirmé le diagnostic d’engelures chez 22 d’entre eux. Et même si 20 patients ont rapporté des symptômes légers qui auraient pu s’apparenter à la COVID-19, aucun test n’a décelé chez eux la présence du virus.

Les chercheurs en viennent à la conclusion que ces lésions sont attribuables à une modification du style de vie, puisque plusieurs patients ont rapporté un déclin de leur niveau d’activité physique et indiqué passer beaucoup plus de temps pieds nus ou en chaussettes.

La deuxième étude, publiée dans «JAMA Dermatology» par des chercheurs espagnols, porte sur 20 enfants et adolescents qui présentaient ces lésions aux doigts ou aux orteils.

Aucun n’affichait toutefois de symptômes de la COVID-19 et le virus n’a pas été décelé chez eux.

Les chercheurs n’excluent pas qu’une quantité indétectable de virus soit suffisante pour causer ces lésions, ou encore que les patients aient été incapables de générer une réponse immunitaire qui aurait permis de détecter chez eux des anticorps.

La Croix-Rouge canadienne fournira 900 personnes pour les CHSLD du Québec [VIDÉO]

Santé

La Croix-Rouge canadienne fournira 900 personnes pour les CHSLD du Québec [VIDÉO]

OTTAWA — Comme prévu, l’armée fait progressivement place à la Croix-Rouge canadienne pour pallier au manque de personnel dans les CHSLD du Québec. Mais les premiers renforts n’arriveront que dans 10 jours.

À compter du 6 juillet, la Croix-Rouge prévoit envoyer 150 personnes prêter main-forte dans les CHSLD de la province et 750 autres s’ajouteront d’ici au 29 juillet. Ces 900 personnes devraient aider jusqu’au 15 septembre, le temps que Québec forme sa cohorte de préposés aux bénéficiaires.

La Croix-Rouge en est toujours à l’étape de recrutement. Les 150 premières personnes auraient été trouvées et leur formation aura lieu dès la semaine prochaine, a déclaré son president-directeur général Conrad Sauvé, lors d’une conférence de presse conjointe avec le gouvernement du Canada vendredi après-midi.

M. Sauvé s’est dit confiant de trouver 900 personnes pour aider dans les CHSLD d’ici un peu plus d’un mois, mais n’a pas offert de garanties. «Il n’y a rien qui nous laisse croire qu’on n’atteindra pas ces chiffres à mesure qu’on avance», a-t-il dit, ajoutant que le recrutement va bon train.

La mission des Forces armées canadiennes (FAC) devait se terminer vendredi, mais il en reste encore quelques militaires qui en sont encore à stabiliser la situation dans quatre résidences de la province.

«Ils quittent uniquement lorsque la situation est stable, lorsque l’établissement est passé au vert, lorsque le travail le plus urgent est fait», a décrit Pablo Rodriguez, lieutenant politique du Québec au sein du gouvernement Trudeau.

Après vendredi, les FAC prévoient également garder dix équipes militaires, composées d’un infirmier et de six techniciens médicaux chacune. Ces 70 soldats seraient prêts à être déployés en cas d’urgence dans les CHSLD du Québec.

De passage dans une microbrasserie de la région d’Ottawa, vendredi matin, le premier ministre Justin Trudeau s’est félicité que son gouvernement ait développé ce plan de transition entre les FAC et la Croix-Rouge de concert avec Québec, au cours des dernières semaines.

«Dans l’ensemble, la situation dans les CHSLD s’est grandement améliorée. Les besoins ne sont plus les mêmes qu’il y a deux mois. (...) L’arrivée de la Croix-Rouge va donc permettre à nos Forces armées de retourner à leurs fonctions habituelles et être prêtes à toute éventualité», a déclaré le premier ministre.

Les militaires prêtaient main-forte dans les CHSLD du Québec depuis la mi-avril, au plus fort de la crise. Au total, ils ont été quelque 1400 à aider à rétablir la situation dans 47 établissements.

Ententes séparées pour le 14 milliards $?

Ottawa n’a pas l’intention d’attendre l’aval de toutes les provinces et de tous les territoires pour commencer à distribuer les 14 milliards $ pour les aider à éponger les coûts de la COVID-19.

Quelques provinces, le Québec en tête, ont exprimé des réserves au sujet des conditions qui seraient imposées en acceptant cet argent. Le sujet a été abordé de nouveau lors de la 15e rencontre hebdomadaire entre le premier ministre et ses homologues des provinces, jeudi soir.

M. Trudeau dit que des conversations bilatérales se poursuivent également avec les provinces et aussitôt que le gouvernement fédéral en viendra à une entente avec l’une d’entre elles, il voudra transférer l’argent le plus rapidement possible.

«On ne va pas attendre jusqu’à ce que la dernière province signe pour aider la première. Je pense que les gens comprennent à quel point c’est important de sortir cet argent pour aider les entreprises, les familles, les personnes vulnérables, les différentes municipalités», a-t-il déclaré.

Les fonds fédéraux octroyés aux «personnes vulnérables» n’iront pas automatiquement aux aînés, qui comptent pour la grande majorité des décès de la COVID-19. Ils pourraient également servir aux personnes sans domicile fixe ou autres populations vulnérables, selon les besoins des provinces, a expliqué M. Trudeau.

«Donc à l’intérieur de ce cadre de vulnérabilité, on va offrir de la flexibilité qui est importante pour les différentes provinces, tout en ciblant, avec cet argent, des personnes vulnérables en société à travers le pays», a-t-il dit, ajoutant qu’il y a «énormément de flexibilité» dans ce qu’Ottawa propose.

Programme de prêts sans intérêt élargi

À compter de vendredi, un plus grand nombre d’entreprises peuvent présenter une demande pour bénéficier du Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes (CUEA), qui offre des prêts sans intérêt pouvant atteindre 40 000 $.

Sont maintenant admissibles au CUEA les petites entreprises exploitées par les propriétaires qui n’ont pas de masse salariale, les propriétaires uniques qui touchent leurs revenus d’entreprise ainsi que les sociétés privées familiales qui versent des dividendes à leurs employés plutôt que des salaires.

En vertu de ce programme, le gouvernement fédéral s’engage à radier 25 % du prêt accordé, jusqu’à concurrence de 10 000 $, si le solde est remboursé au plus tard le 31 décembre 2022.

Nombre de cas

Il y a eu plus de 2 558 000 tests administrés au Canada depuis le début de la pandémie. On fait passer en moyenne 38 000 tests par jour. La maladie a été détectée par environ 1 % de ces tests.

Jusqu’à maintenant, on a recensé102 794 cas confirmés ou probables dans l’ensemble du pays. La COVID-19 a provoqué la mort de 8508 Canadiens.

Distribution des cas au pays, selon les plus récents bilans provinciaux et territoriaux: 55 079 cas au Québec, dont 5448 décès; 34 316 cas en Ontario, dont 2644 décès; 7888 cas en Alberta, dont 154 décès; 2878 cas en Colombie-Britannique, dont 174 décès; 1061 cas en Nouvelle-Écosse, dont 63 décès; 772 cas en Saskatchewan, dont 13 décès; 318 cas au Manitoba, dont sept décès; 261 cas à Terre-Neuve-et-Labrador, dont trois décès; 165 cas au Nouveau-Brunswick, dont deux décès; 27 cas à l’Île-du-Prince-Édouard, tous guéris; 11 cas au Yukon, tous guéris; cinq cas dans les Territoires-du-Nord-Ouest, tous guéris; aucun cas au Nunavut.

À ces bilans provinciaux et territoriaux s’ajoutent les 13 cas, tous guéris, chez les passagers rapatriés du navire de croisière Grand Princess le 10 mars.

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Syndrome inflammatoire multisystémique de l’enfant et COVID: le mystère persiste

Santé

Syndrome inflammatoire multisystémique de l’enfant et COVID: le mystère persiste

MONTRÉAL - L’examen de 21 petits patients atteints du syndrome inflammatoire multisystémique de l’enfant (SIME) n’a pas mené des chercheurs du CHU Sainte-Justine dans la direction attendue.

«C’est vraiment quelque chose de troublant parce qu’on a le sentiment que c’est lié à la COVID, l’augmentation survient dans le contexte de la pandémie, a confié en primeur à La Presse canadienne le docteur Élie Haddad. Mais pour l’instant nous n’avons pas trouvé, chez 16 des 21 enfants, de preuve formelle de l’infection.»

Le docteur Haddad et ses collègues n’ont en effet détecté la présence du coronavirus que chez cinq patients. Le virus a été trouvé dans le nasopharynx de l’un d’eux, et des anticorps dans le sang de quatre autres.

Le docteur Haddad ne cache pas avoir été pris de court par ces résultats. Ses collègues et lui les ont donc contrevérifiés de quatre manières différentes, sans que rien n’y change - les résultats négatifs sont restés négatifs et les résultats positifs sont restés positifs.

«Ça nous questionne parce qu’on a vraiment le sentiment qu’on voit environ trois fois plus de ce type de syndrome inflammatoire, qui ressemble à la maladie de Kawasaki, (...) que d’habitude, alors que les enfants étaient enfermés chez eux, a-t-il dit.

«D’après ce qui avait été publié par nos collègues italiens et anglais, on s’attendait à trouver chez la majorité des patients des anticorps anti-SRAS-CoV-2.»

Des chercheurs français ont quant à eux témoigné d’une sérologie positive dans 50 % des cas, à l’étude de 172 patients.

Ces résultats, tout étonnants soient-ils, ne renvoient pas pour autant les chercheurs à la case départ, assure le docteur Haddad, puisque toute issue contribue à sa manière à l’avancement de la science et des connaissances.

Il rappelle qu’il y a quand même cinq patients chez qui le virus a été décelé. Ses collègues et lui s’affaireront maintenant à étudier ce qui différencie potentiellement ces patients des autres.

«On a avancé, on a coché une case, et maintenant on est devant un questionnement scientifique, a-t-il dit en conclusion. Qu’est-ce que ça veut dire tout ça? Comment ça se fait qu’on voit autant de cas en période de pandémie? Et que parmi tous ces cas, il n’y en a finalement peu chez qui on voit des anticorps présents? On cherche d’autres explications. C’est ce qui rend notre métier passionnant.»

Les techniciens et professionnels de la santé demandent à être entendus

Santé

Les techniciens et professionnels de la santé demandent à être entendus

Plus d’une centaine de souliers défraîchis ont été installés devant l’Assemblée nationale, jeudi matin, symbole des milliers de professionnels et techniciens de la santé et des services sociaux qui se disent usés par leurs conditions de travail difficiles. La Fédération des professionnèles de la CSN (FP-CSN) souhaite accélérer les négociations qui ont présentement lieu entre le gouvernement provincial et les salariés du secteur public.

«Mettez vous dans nos souliers», c’est le message qu’a lancé la FP-CSN au premier ministre Legault ainsi qu’au nouveau ministre de la Santé et des Services sociaux, M. Christian Dubé. Au nom des ergothérapeutes, physiothérapeutes, techniciens en imagerie médicale et de plusieurs autres corps de métier, la Fédération dénonce principalement la lourdeur administrative imposée au personnel ainsi que la diminution de son autonomie professionnelle. 

«Bien avant la COVID-19, on était déjà fatigué à cause des différentes réformes qui ont grossi et éloigné la machine. Les décisions d’en haut, elles viennent d’encore plus loin et on sait ce que ça donne le jeu du téléphone. Les gens sont démobilisés. On se sent comme dans Astérix et Obélix dans la maison des fous», témoigne Véronique Thibault, éducatrice spécialisée. La jeune femme se dit épuisée par toutes les tâches administratives, de plus en plus complexes, qui s’ajoutent à son travail auprès de sa clientèle.

Mme Thibault précise que, malgré tous les efforts faits par les professionnels et les techniciens, le retour du balancier ne leur revient jamais. «En bout de ligne, qu’est-ce qu’on a en retour? Ce sont des ‘‘Ah non. Je te refuse ton congé sans solde’’. C’est frustrant. On veut donner beaucoup à notre clientèle mais, quand nous on a besoin de congé, on se fait dire par en arrière ‘‘ah ben là va falloir que tu en donnes plus encore”», regrette Mme Thibault. 

Un chercheur de Québec reçoit 2,2 millions$ pour tester deux traitements contre la COVID-19

Santé

Un chercheur de Québec reçoit 2,2 millions$ pour tester deux traitements contre la COVID-19

Deux traitements jugés prometteurs contre la COVID-19 feront l’objet d’essais cliniques pancanadiens et internationaux sous la responsabilité du Dr Alexis Turgeon, chercheur au CHU de Québec-Université Laval et professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval. Le Dr Turgeon a reçu un financement de près de 2,2 M$ des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) pour tester l’efficacité du plasma de convalescents et des anticoagulants chez les patients atteints de la COVID-19 admis aux soins intensifs.

Le premier traitement, qui consiste à administrer le plasma de patients guéris de la COVID, vise à donner des anticorps humains pour neutraliser le virus, expliquent le CHU de Québec et l’Université Laval dans un communiqué diffusé jeudi. L’essai clinique se fait en collaboration avec Héma-Québec et la Société canadienne du sang, précise-t-on.

Le second traitement consiste en l’administration d’anticoagulants, des médicaments qui éclaircissent le sang, à des patients gravement atteints de la COVID-19 et soignés aux soins intensifs. 

«Les chercheurs veulent évaluer si ces médicaments, des héparines de bas poids moléculaire ou non-fractionnées, peuvent prévenir la formation de microcaillots dans le sang, une complication connue de la COVID-19 et responsable de plusieurs décès», expliquent le CHU de Québec et l’Université Laval.

L’ajout d’anticoagulants au traitement des patients atteints de la COVID-19 semble augmenter leurs chances de survie et réduire le délai avant qu’ils ne soient rétablis, selon une étude publiée en mai par des chercheurs de l’hôpital new-yorkais Mount Sinai dans le Journal of the American College of Cardiology.   

Les chercheurs, qui se sont basés sur l’analyse d’environ 3000 patients hospitalisés depuis la mi-mars, ont constaté que la durée moyenne de survie des patients était passée de 14 jours à 21 jours avec l’ajout d’anticoagulants.

Quant au plasma de convalescents, une étude chinoise parue dans JAMA a démontré plus tôt en juin que des patients gravement affectés par la COVID-19 et traités avec du plasma de donneurs guéris de la maladie s’étaient rétablis cinq jours plus rapidement que les autres. 

Selon le Dr Alexis Turgeon, les deux traitements qui feront l’objet d’essais cliniques sont des avenues «très prometteuses, peu coûteuses et très accessibles lorsqu’elles sont comparées à plusieurs traitements à l’étude». 

«Grâce au financement des IRSC, nous pourrons non seulement savoir si ces deux options thérapeutiques sont efficaces pour traiter les patients gravement malades admis à l’unité des soins intensifs en raison de la COVID-19, mais également nous assurer d’encadrer leur utilisation de façon judicieuse», souligne le Dr Turgeon.

Ces essais cliniques seront menés en collaboration avec un professeur de l’Université du Manitoba, des chercheurs canadiens du Canadian Critical Care Trials Group (dont les Drs François Lauzier et Lynne Moore, respectivement intensiviste et épidémiologiste au CHU de Québec-Université Laval) ainsi qu’avec d’autres chercheurs internationaux. 

Le recrutement de patients pour ces deux essais cliniques devrait commencer sous peu, tant au Québec que dans plusieurs centres de recherche à travers le Canada et ailleurs dans le monde, indique-t-on dans le communiqué.

Trois autres projets financés par les IRSC

Trois autres professeurs de l’Université Laval et chercheurs au CHU de Québec-Université Laval ont obtenu un financement à l’occasion de l’annonce faite jeudi par les IRSC, soit le Dr Louis Flamand, du Département de microbiologie-infectiologie et d’immunologie, qui étudie la réaction inflammatoire, Marie-Pierre Gagnon, de la Faculté des sciences infirmières, dont les travaux portent sur les mesures de santé publique mises en œuvre dans les pays africains francophones en conflit durant la pandémie, et la Dre Holly Witteman, du Département de médecine familiale et de médecine d’urgence, qui s’intéresse à la création d’outils de communication numérique adaptables.

Deux chercheuses de Sainte-Justine reçoivent 6,3 millions$ pour étudier la COVID-19

Santé

Deux chercheuses de Sainte-Justine reçoivent 6,3 millions$ pour étudier la COVID-19

MONTRÉAL - Deux chercheuses du CHU Sainte-Justine se partageront un financement de 6,3 millions $ pour étudier, d’une part, l’utilité de la vitamine D pour combattre le coronavirus et, de l’autre, le risque de réinfection chez les travailleurs de la santé ayant déjà été infectés par la COVID-19.

Ces octrois majeurs accordés aux docteures Francine M. Ducharme et Caroline Quach-Thanh par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) leur permettront de mener à bien leurs travaux au cours des prochains mois.

«La COVID est une infection virale (...) mais les gens qui sont très malades, qui se rendent aux soins intensifs, c’est parce qu’ils ont une réaction inflammatoire démesurée, on appelle ça la tempête de cytokine, a rappelé la docteure Ducharme, qui a reçu un montant de 4,2 millions $.

«Alors la propriété de hautes doses de vitamine D à peut-être diminuer ou prévenir cette augmentation démesurée de la réponse inflammatoire pourrait être très intéressante.»

Ses collègues et elle entreprendront, en septembre, de recruter 2400 travailleurs de la santé pour participer à cette étude qui aura pour but de voir s’il est possible, avec des doses élevées de vitamine D, de prévenir carrément une infection, sinon de réduire la sévérité des symptômes.

Des résultats préliminaires pourraient être annoncés dès le mois de janvier.

«Si on veut tester ça (la vitamine D), il faut le tester dans le cadre d’un essai clinique randomisé, de façon rigoureuse, a dit la docteure Ducharme. Mais les résultats et les analyses préliminaires que nous avons eus avec d’autres virus sont prometteurs, donc ça vaut la peine de le tester. Si jamais c’est efficace, c’est un médicament qui ne semble pas dangereux et qui serait facilement disponible.»

Risque de réinfection

Pour sa part, la docteure Quach-Thanh a reçu un montant de 2,1 millions $ pour étudier, au cours de la prochaine année, le risque de réinfection chez les travailleurs de la santé.

«La grande question qu’on a présentement est, est-ce qu’une infection à la COVID nous protège pour de bon ou pas? a résumé la docteure Quach. Le seul moyen de le savoir est de suivre des gens.»

Ce sont 735 travailleurs de la santé qui seront recrutés à Montréal aux fins de cette étude. Ils se soumettront à des prises de sang aux trois mois afin de mesurer leurs niveaux d’anticorps, mais aussi leur immunité cellulaire.

Ils recevront également un questionnaire toutes les deux semaines pour savoir s’ils ont eu des symptômes ou pas. Dans l’affirmative, des prélèvements seront effectués pour voir si le virus est présent et, le cas échéant, s’il est différent du virus initial.

«C’est le seul moment, je vous dirais, où j’espère qu’on va avoir une deuxième vague, pour que ces gens-là soient exposés, a conclu en riant la docteure Quach. Parce qu’évidemment, s’il n’y a pas de deuxième vague et qu’ils ne sont jamais réexposés, je ne serai pas capable de répondre à ma question.»

Des chercheurs auraient identifié le talon d’Achille du coronavirus

Santé

Des chercheurs auraient identifié le talon d’Achille du coronavirus

MONTRÉAL - Des chercheurs américains pourraient avoir identifié le talon d’Achille du coronavirus.

Leur découverte concerne la protéine de spicule que le coronavirus utilise pour s’attacher aux cellules humaines et les infecter.

Selon ce que rapporte en ligne le journal scientifique «Nature», des chercheurs du Centre de recherche en cancérologie Hutchinson, à Seattle, ont créé plus de 3800 variations de cette protéine, en modifiant un amino-acide à la fois.

Des tests ont démontré que certaines de ces variantes se lient aux cellules humaines aussi efficacement que la protéine de spicule du coronavirus.

Ces tests ont aussi permis aux scientifiques d’identifier les amino-acides qui, s’ils sont modifiés, interfèrent avec la capacité de la protéine de spicule à s’attacher aux cellules de l’hôte.

Cela pourrait mener au développement de molécules qui neutraliseront la capacité du virus à infecter les cellules humaines.

Le Dr François Desbiens quitte la direction de santé publique de la Capitale-Nationale

Santé

Le Dr François Desbiens quitte la direction de santé publique de la Capitale-Nationale

Trichloréthylène (TCE) dans l’eau de Shannon, crise de la légionellose, poussière rouge dans Limoilou, pandémie de COVID-19... Les 20 années passées à la barre de la santé publique de la Capitale-Nationale n’auront pas été de tout repos pour le Dr François Desbiens, qui quittera son poste lundi pour relever un nouveau défi à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), où il agira à titre de vice-président des affaires scientifiques. Bilan.

Le Dr François Desbiens a commencé son mandat de directeur de la santé publique de la Capitale-Nationale en septembre 2000, après avoir dirigé celle de Chaudière-Appalaches pendant sept ans et demi, et, juste avant, celle de la Côte-Nord, où il a débuté sa carrière de spécialiste en santé communautaire. 

Dès novembre, quelques semaines seulement après son arrivée à Québec, l’équipe du Dr Desbiens a été sollicitée quand du TCE, un solvant utilisé sur la base militaire de Valcartier, a été découvert dans l’eau potable des puits des citoyens de Shannon. 

«En deux semaines, il a fallu analyser la situation, émettre des recommandations de non-consommation d’eau potable, discuter avec le ministère de l’Environnement et la Ville pour trouver une source alternative d’eau potable [...]. On a ensuite fait des études sur une dizaine d’années pour tenter de mettre en évidence des problèmes de santé que le TCE aurait pu occasionner», se souvient le Dr Desbiens.

L’action collective intentée s’est rendue jusqu’à la Cour d’appel, qui a élargi en janvier dernier la portée du jugement condamnant le gouvernement fédéral, la Société immobilière Valcartier et General Dynamics à indemniser les résidents de Shannon touchés par la contamination de la nappe phréatique au TCE.  

Pour le Dr Desbiens, le dossier a été «très prenant, très long, très présent pendant 10-12 ans», assez stressant aussi «parce que les gens étaient inquiets et qu’on ne pouvait pas toujours les rassurer», faute d’avoir toutes les réponses.

Puis, à l’été 2012, le directeur de la santé publique de la Capitale-Nationale a été confronté à «une des plus grosses éclosions de légionellose en Amérique du Nord» et à une difficile course contre la montre pour trouver la tour de refroidissement responsable de la transmission de la bactérie, qui a fait pas moins de 14 morts sur un total de 182 personnes infectées. 

«À l’époque, il n’y avait pas de répertoire des tours aéroréfrigérantes, pas de réglementation pour obliger les propriétaires à déclarer leur tour, pas d’obligation réglementaire de registre d’entretien des tours… Donc quand c’est survenu, il a fallu faire un appel à tous pour rejoindre les propriétaires de grands bâtiments» et effectuer des prélèvements dans les tours, rappelle le Dr Desbiens. 

La tour coupable, celle du Complexe Place Jacques Cartier, propriété de la CSQ, n’a été identifiée qu’en septembre, plus de deux mois après que les premiers cas de légionellose eurent été signalés à la santé publique. Là encore, il y a eu action collective (contre la CSQ, Produits chimiques State et Trane, le ministère de la Santé, le CIUSSS de la Capitale-Nationale et le Dr François Desbiens à titre de directeur de la santé publique), qui s’est conclue en décembre 2018 par une entente hors cour.  

Puis est arrivé, en octobre 2012, l’épisode de la fameuse poussière rouge provenant du transbordement de minerai au port de Québec. Autre recours collectif, qui a connu son dénouement sept ans plus tard, alors que la compagnie Arrimage Québec a été condamnée à verser près de 1,7 M$ aux citoyens touchés par cet épisode de poussière chargée d’oxyde de fer. Le dossier a occupé la santé publique, qui a entrepris une vaste étude sur la pollution atmosphérique dans les quartiers centraux de Québec. Sa conclusion est attendue pour juin 2021.

À travers, l’équipe de santé publique de la Capitale-Nationale a travaillé sur des «dossiers [plus] réguliers», mentionne le Dr Desbiens, citant notamment l’approbation du plan de développement durable de la Ville de Québec, le mémoire sur la légalisation du cannabis et le rapport sur les inégalités sociales de santé. «On a documenté le fait que les problèmes de santé sont davantage concentrés dans nos classes défavorisées. Ça a été un rapport percutant pour la région, qui a été bien accueilli», se souvient le spécialiste en santé publique.

COVID-19: la capitale-Nationale prête pour une deuxième vague?

Le médecin devait quitter la direction de santé publique de la Capitale-Nationale au début du mois d’avril pour se joindre à l’équipe de l’INSPQ, mais il a dû rester quelques semaines de plus, le temps que la première vague de COVID-19 passe. 

«Le plan de pandémie qu’on avait, c’était pour la H1N1, pour de l’influenza, pour laquelle on sait qu’on peut développer un vaccin en-dedans de huit mois, qu’on a des antiviraux efficaces, des outils d’intervention. Là, notre plan de pandémie, on a dû le mettre à jour pour un virus contre lequel on n’a pas d’antiviraux, pas de médicament efficaces, pas de vaccin… Tout ce qu’on peut faire, ce sont des soins de soutien et de la prévention primaire», résume le Dr Desbiens, qui a dû mobiliser toutes les ressources de la santé publique dans la lutte à la COVID-19. 

La tragédie vécue dans des milieux d’hébergement pour aînés de Québec l’a profondément attristé, confie-t-il. «Quand ça [le virus] entre dans un milieu où vivent des personnes vulnérables qui ont trois ou quatre heures-soins, c’est très difficile de reprendre le contrôle. À un endroit, on pensait avoir affaire à une éclosion de gastro, donc c’est le protocole gastro qui a été appliqué, mais c’était finalement la COVID qui s’était déguisée en gastro, on s’est rendu compte de ça 10 jours plus tard […]. Même quand tu es super rigoureux sur les mesures, tu peux te faire déjouer par ce virus-là, de la manière qu’il se comporte», expose le Dr Desbiens.

La difficulté de bien porter les équipements de protection individuelle, la transmission asymptomatique ou pré-symptomatique, le manque de personnel, le déplacement d’employés d’un centre d’hébergement ou d’une zone à l’autre sont autant de facteurs qui ont contribué aux éclosions, selon le Dr Desbiens. «Mais il manque de personnel, et si le personnel ne se déplace pas, il y a des soins qui ne se donnent pas», rappelle le médecin, heureux de la décision du gouvernement Legault de former rapidement 12 000 préposés et de rehausser les conditions de travail en CHSLD. 

«Ça va permettre d’avoir des ressources humaines dédiées, qui n’auront pas à se déplacer, qui vont pouvoir assurer une continuité de soins… C’est parfait comme solution», juge-t-il.

Le ou la successeur(e) du Dr François Desbiens, qui assurera l’intérim jusqu’à ce le poste soit comblé de façon permanente, à l’automne, sera connu(e) au début de la semaine prochaine. Le Dr Desbiens se réjouit de l’actuelle accalmie, qui permettra à son équipe de prendre des vacances «bien méritées» cet été. «La structure est bien établie avec un bon leadership», estime le médecin, qui croit que son équipe est prête à faire face à une deuxième vague, «après avoir appris de la première». 

«J’ai l’impression qu’on va être capable de contenir, et qu’on va pouvoir avoir une approche de confinement ciblé, fermer seulement les milieux [comme les entreprises et les écoles] où il y a des éclosions au lieu de tout fermer», entrevoit-il.

Mais la gestion de la pandémie reste encore «un gros défi», reconnaît le Dr Desbiens, qui espère «ne pas voir le même niveau d’intensité à l’automne». À cet égard, il souhaite que la population respecte les mesures préventives «avec la même rigueur». 

«On a pris de bonnes habitudes, nos commerces ont reconfiguré leurs façons de faire pour limiter les occasions de transmission, mais je sais que ce n’est pas suivi à 100%» par les citoyens, encore trop peu nombreux à porter le masque dans les endroits publics où la distanciation physique de deux mètres est difficile à respecter, se désole le Dr Desbiens. 

«C’est un outil fantastique pour limiter la propagation de gouttelettes par des personnes qui sont peut-être porteuses sans le savoir – tu mets un masque, tu me protèges, j’en mets un, je te protège -, mais les gens n’ont pas encore pris l’habitude de le porter. C’est le défi en prévision de la deuxième vague», dit le médecin, qui souhaite qu’on «aille plus loin» en faisant des campagnes de sensibilisation.

«Il faut en faire la promotion, expliquer pourquoi il faut le porter, et si on fait la démonstration qu’avec la promotion, on n’atteint pas nos objectifs, on pourrait passer à la deuxième étape» en rendant le port du masque obligatoire, particulièrement dans les transports en commun, dit le Dr Desbiens. 

Cinq choses à ne pas dire à ceux et celles qui souffrent de problèmes d’infertilité

Santé

Cinq choses à ne pas dire à ceux et celles qui souffrent de problèmes d’infertilité

Au Canada, un couple sur six vit un problème d’infertilité, qu’on définit comme étant une absence de grossesse après au moins 12 mois de relations non protégées.

L’infertilité est source de stress. Les recherches montrent que le niveau de détresse des personnes souffrant d’infertilité est comparable à celui de patients atteints d’un cancer. Les taux de dépression et d’anxiété sont élevés, en particulier chez les femmes, qui portent la plus grosse partie du fardeau physique associé aux traitements de fertilité, avec des échographies fréquentes et des auto-injections d’hormones, entre autres procédures invasives et douloureuses.

En tant que psychologue clinicienne et chercheuse spécialisée dans la santé mentale des femmes, je me suis concentrée sur le soutien dont les femmes qui souffrent d’infertilité ont besoin pour faire face à leur situation.

Il m’est apparu clairement, dans le cadre de mon travail, que l’une des principales sources de stress est le flot de commentaires et de conseils inappropriés qu’entendent les personnes qui luttent contre l’infertilité. Les résultats de notre étude la plus récente vont d’ailleurs dans ce sens et suggèrent que les femmes qui recherchent un soutien social pour faire face à leur problème d’infertilité finissent par ressentir une détresse encore plus grande.

Il est clair qu’une certaine éducation du public est nécessaire. C’est avec l’aide du groupe consultatif de recherche sur l’infertilité de mon équipe (six femmes qui ont une expérience personnelle de l’infertilité) que j’ai identifié les cinq choses à ne pas dire à quelqu’un aux prises avec l’infertilité.

1. Détends-toi et ça arrivera tout seul

C’est de loin le commentaire que les personnes aux prises avec l’infertilité entendent le plus souvent, même s’il n’existe pas de preuve évidente que le stress contribue à l’infertilité.

Par contre, l’étude conclut très clairement qu’un diagnostic d’infertilité est, en soi, une source de stress. Il ne faut donc pas partir du principe que c’est l’anxiété qui a conduit à l’infertilité – c’est sans doute plutôt le contraire. Il est probable qu’au départ, la personne aux prises avec un problème d’infertilité ait été très positive et pleine d’espoir et que des mois, voire des années, d’échec soient à l’origine du stress qu’elle vit aujourd’hui.

2. Tu as essayé de te mettre tête en bas pendant l’amour ? De ne plus manger de produits laitiers ? Et ainsi de suite…

La plupart de ces remèdes de grands-mères ne s’appuient sur aucune recherche crédible. De plus, ces conseils sont souvent prodigués sans que l’on connaisse la situation de la personne concernée.

Imaginez que l’on vous diagnostique une maladie qui rend la conception très difficile, que vous ayez subi trois cycles de FIV qui ont échoué et que vous ayez fait plusieurs fausses couches. Imaginez maintenant combien il serait insultant et frustrant d’entendre que « si seulement vous aviez supprimé les produits laitiers, vous seriez tombée enceinte il y a longtemps ». Mieux vaut, quand on ne connaît pas tout le contexte, s’abstenir de donner des conseils. Et même si on le connaît, mieux vaut laisser le médecin de la personne décider de ce qui va l’aider à tomber enceinte.

3. Ne t’en fais pas ! J’ai des amis qui n’arrivaient pas à concevoir et la FIV a fonctionné pour eux !

Le pronostic de l’infertilité varie énormément en fonction des circonstances particulières de chaque couple : l’âge, le diagnostic, les antécédents reproductifs et les niveaux d’hormones sont autant de facteurs déterminants dans le succès d’un traitement. Ainsi, malheureusement, le fait qu’une amie d’une amie d’amie soit tombée enceinte par FIV (fécondation in vitro) ne signifie rien pour la personne qui vit un problème de fertilité.

4. Tu es sûr·e de vouloir des enfants ? Prends donc les miens !

Les enfants peuvent être épuisants, et c’est un soulagement de se confier sur les moments difficiles avec des amis, eux aussi parents. Mais en présence d’une personne qui ne parvient pas à concevoir, il faut se rappeler qu’elle donnerait tout pour connaître le même épuisement. Même dit sur le ton de la plaisanterie, ce genre de phrase peut être perçu comme insensible et inapproprié.

5. Tu n’as qu’à envisager d’adopter. Il y a des tas d’enfants à la recherche d’un foyer aimant

L’adoption n’a rien de simple. Elle peut être incroyablement coûteuse, longue et éreintante sur le plan émotionnel. Les listes d’attente peuvent aller de cinq à dix ans, les frais peuvent dépasser 30 000 dollars et il faut subir de multiples évaluations en aptitudes parentales. Il s’agit donc d’une décision très importante qui nécessite une réflexion approfondie.

Alors, que faut-il dire ?

L’infertilité implique de faire le deuil d’un enfant que la personne n’aura peut-être jamais. On doit penser à l’attitude qu’on adopterait devant des personnes qui vivent d’autres types de deuils, comme une amie dont le conjoint serait décédé, par exemple. On n’irait jamais lui dire : « Je sais que tu viens de perdre ton mari, mais essaie de te détendre » ou : « Je te laisse le mien ! » On dirait plutôt quelque chose comme : « Ça doit être vraiment difficile, pour toi » ou encore : « Si tu as besoin de parler, je suis là. »

On peut également demander à la personne ce qu’on peut faire pour elle. Certains aiment parler de chacune des étapes de leur lutte contre l’infertilité, alors que d’autres préfèrent éviter le sujet et se laisser distraire. Il n’y a donc pas de mal à demander quelle est la meilleure façon d’apporter son soutien.

Dernier faux pas à éviter : demander aux gens quand ils pensent avoir des enfants. Nombreux sont les gens confrontés à l’infertilité qui choisissent de ne pas en parler. Cette question, innocente en apparence, peut être un véritable crève-cœur pour ceux qui luttent en secret contre l’infertilité… alors, autant ne pas la poser.

* * * * *

Ce texte est d'abord paru sur le site franco-canadien de The Conversation. Reproduit avec permission.

COVID: la radiation pourrait combattre l’inflammation des poumons

Santé

COVID: la radiation pourrait combattre l’inflammation des poumons

MONTRÉAL - Une seule dose de radiation de faible intensité pourrait atténuer l’inflammation dans les poumons des patients les plus durement touchés par la COVID-19.

Cela pourrait permettre à ces patients de continuer, ou de recommencer, à respirer seuls, sans aide mécanique.

L’intensité de la radiation serait légèrement plus puissante que lors d’un tomodensitogramme, mais plusieurs fois plus faible que celle utilisée, par exemple, pour soigner un cancer.

Plusieurs essais cliniques ont été entamés aux États-Unis et ailleurs pour vérifier l’efficacité de cette intervention.

Lors d’une toute petite étude réalisée à l’Institut de cancérologie Winship de l’Université Emory, quatre des cinq patients traités avec de la radiation n’ont ensuite plus eu besoin d’oxygène supplémentaire, parfois après seulement 24 heures.

Une faible dose de radiation n’a habituellement aucun effet sur une infection virale, mais elle semble en mesure de freiner l’inflammation et pourrait donc calmer la tempête cytokinique qui ravage parfois les poumons des patients infectés par le SRAS-CoV-2.

Le traitement a été utilisé lors de la pandémie d’influenza 1918 pour traiter des cas de pneumonie virale.

COVID-19: pour la première fois, un médicament semble améliorer la survie

Monde

COVID-19: pour la première fois, un médicament semble améliorer la survie

PARIS — Un médicament a montré pour la première fois qu’il améliorait la survie chez des patients de la  COVID-19 : peu cher et facilement disponible, ce stéroïde, la dexaméthasone, réduit la mortalité chez les malades les plus gravement atteints, selon des chercheurs britanniques.

«La dexaméthasone réduit les morts d’un tiers chez les patients placés sous ventilation artificielle», ont estimé dans un communiqué les responsables du vaste essai clinique britannique Recovery.

Selon eux, «pour chaque groupe de huit patients placés sous ventilation artificielle, une mort pourrait ainsi être évitée» grâce à ce stéroïde.

Dans la foulée, le gouvernement britannique a annoncé que ce traitement allait être immédiatement utilisé pour traiter les malades concernés.

«La dexaméthasone n’est pas chère, déjà commercialisée et peut être immédiatement utilisée pour sauver des vies à travers le monde», a commenté l’un des responsables de Recovery, le Pr Peter Horby, de l’université d’Oxford.

«Le bénéfice en termes de survie est important chez les patients qui sont suffisamment malades pour avoir besoin d’oxygène, pour qui la dexaméthasone devrait désormais devenir le traitement de base», a-t-il estimé.

Dans une vidéo postée sur son compte Twitter, le ministre de la Santé Matt Hancock a précisé que le Royaume-Uni disposait de 200 000 traitements prêts à l’emploi stockés depuis mars.

Le Dr Arruda hésite à rendre le port du masque obligatoire

Santé

Le Dr Arruda hésite à rendre le port du masque obligatoire

Le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, ne compte pas donner suite pour le moment à la demande des médecins qui réclament de rendre obligatoire le port du masque dans certains milieux et certaines circonstances. Tout au plus ne l’exclut-il pas advenant une deuxième vague de COVID-19, a-t-il dit jeudi.

En conférence de presse devant le Centre hospitalier de l’Université de Montréal, jeudi matin, des médecins ont demandé à Québec de rendre obligatoire le port du couvre-visage pour les plus de 12 ans dans les milieux fermés et les espaces extérieurs où la distanciation physique est difficile à respecter. (Voir texte plus bas) 

Le fait de se couvrir le visage constitue une mesure peu coûteuse, dont l’efficacité a été démontrée pour réduire la propagation de la COVID-19 et éviter une deuxième vague potentiellement meurtrière pour la population et le milieu de la santé, a-t-on plaidé.

Pendant le point de presse quotidien du gouvernement, le Dr Horacio Arruda a dit qu’il n’excluait pas de rendre obligatoire le port du couvre-visage (dans le transport en commun, notamment, comme Toronto a décidé de le faire), mais qu’il attendait les conclusions des experts d’ici et d’ailleurs, «qui regardent les pour et les contre». 

«Écoutez, je pense qu’il ne faut pas l’exclure. Je ne veux pas dire qu’il faut l’exclure, mais on va regarder la littérature […]. On recommande très fortement le couvre-visage, je pense qu’on le dit, hein, on veut en faire une norme sociale pour que les gens prennent l’habitude. Quant à le rendre obligatoire actuellement, je vais attendre les différentes autorités internationales, canadiennes et au Québec, qui regardent les pour et les contre. Il y a des études qui semblent démontrer une certaine efficacité, mais certains critiquent ces études-là», a expliqué le Dr Arruda.

«Je ne veux pas exclure que ça pourrait être le cas dans une deuxième vague [rendre le port du masque obligatoire] si on a suffisamment de données ou que les autorisations internationales vont dans ce sens-là», a-t-il résumé.

Le directeur national de santé publique a aussi plaidé qu’il préférait voir avant «quel est le comportement des individus» (qui sont actuellement peu nombreux à porter le masque). «Prenons un exemple: la vaccination obligatoire. On ne l’a pas au Québec. D’autres endroits l’ont et les taux de couverture sont moins élevés. On va voir selon l’évolution. On va voir s’il faut se rendre là. On va voir si la norme sociale va s’installer ou pas. […] Avant de le rendre obligatoire, on va voir jusqu’à quel point on peut convaincre les gens» de porter le masque, a-t-il dit.

De son côté, le premier ministre François Legault a souligné que «rendre obligatoire, ça suppose des pénalités». «Ça suppose d’avoir une police qui va vérifier tout ça. Donc, nous on fait le choix de dire: on le suggère fortement, mais on ne le rend pas obligatoire. C’est le choix qui est proposé par la santé publique, et que j’appuie», a déclaré François Legault.

Le Dr Amir Khadir, qui est de ceux qui réclament de rendre obligatoire le port du masque en communauté lorsque la distanciation de deux mètres est difficile à respecter, a réagi aux propos du Dr Arruda sur les ondes de LCN, jeudi après-midi. 

Il ne faut pas «attendre la vague avant d’instaurer des mesures, on instaure les mesures pour tenter d’éviter même la vague», a-t-il plaidé. «Mais si la vague est inévitable, [il faut] la diminuer la plus possible, et la science aujourd’hui, je le rappelle au Dr Arruda, [...] dit que les masques, c’est archi-important», a exposé l’ex-député de Québec solidaire et médecin spécialiste en microbiologie-infectiologie.

Contrat de numérisation résilié illégalement: le CHU de Québec doit verser 1,6 M $ au Groupe TACT

Santé

Contrat de numérisation résilié illégalement: le CHU de Québec doit verser 1,6 M $ au Groupe TACT

La Cour supérieure condamne le CHU de Québec à verser plus de 1,6 million $ au Groupe TACT pour avoir illégalement résilié le contrat de numérisation de dossiers de patients que l’entreprise avait obtenu en août 2015.

Le contrat, qui concernait les dossiers archivés des patients de trois hôpitaux du CHU de Québec (l’Hôpital de l’Enfant-Jésus, l’Hôpital Saint-François-D’Assise et le CHUL), représentait environ 98 millions d’images à numériser, pour un montant s’élevant à près de 3,6 M$.

En février 2016, quelques semaines seulement après que le Groupe TACT eut commencé ses travaux, le CHU de Québec a résilié unilatéralement le contrat, invoquant le non-respect par l’entreprise de sa propre planification et le risque qu’elle n’atteigne pas les dates d’échéance contractuelles prévues. L’établissement invoquait également des manquements quant à la qualité des images numérisées, résume-t-on dans la décision rendue le 8 juin par le juge Bernard Tremblay.

Le Groupe TACT a contesté cette résiliation en poursuivant le CHU de Québec et en lui réclamant des dommages d’environ 2 M$, dont la perte des profits que l’entreprise prévoyait réaliser avec le contrat et d’autres dommages financiers découlant de la résiliation.

Le CHU de Québec a de son côté soutenu avoir agi légalement et respecté les dispositions contractuelles applicables à cette résiliation, affirmant avoir des motifs sérieux qui lui permettaient d’agir ainsi, rapporte le juge Tremblay. 

L’établissement a même répliqué avec une contre-poursuite en dommages évalués à plus 1,9 M$ comprenant notamment une pénalité journalière pour les retards de l’entreprise à livrer des boîtes de documents numérisés et des coûts supplémentaires «découlant de l’achèvement des travaux de numérisation confiés à une autre entreprise à un prix unitaire plus élevé», écrit le magistrat.

Le CHU de Québec voulait aussi être indemnisé pour des pertes qu’il attribuait à la conduite fautive du Groupe TACT. 

La Cour supérieure a rejeté les motifs de résiliation du contrat invoqués par le CHU de Québec et conclu que celui-ci avait procédé illégalement à cette résiliation.

Le Tribunal évalue à un peu plus de 1,6 M$ le montant des dommages financiers subis par le Groupe TACT, auquel s’ajoute une somme de 100 000$ représentant la garantie d’exécution que l’entreprise a versée au CHU de Québec mais que celui-ci s’est appropriée sans droit en raison de l’illégalité de la résiliation du contrat. 

De ce montant total s’élevant à un peu plus de 1,7 M$, la Cour soustrait la somme de près de 90 500$ que le Groupe TACT doit au CHU de Québec. Cette somme représente la pénalité journalière (prévue au devis) liée aux retards dans la livraison de boîtes de dossiers de même qu’une somme payée en trop par l’établissement à l’entreprise. Les dommages que doit verser le CHU de Québec au Groupe TACT s’élèvent donc à environ 1,6 M$.

«Le CHU de Québec-Université Laval prend acte de la décision du tribunal et procédera à son analyse détaillée. Conséquemment, nous n’avons pas l’intention de commenter la décision», a indiqué mercredi au Soleil une porte-parole de l’établissement, Lindsay Jacques-Dubé.

COVID-19: un médicament contre les brûlures d’estomac à la rescousse?

Santé

COVID-19: un médicament contre les brûlures d’estomac à la rescousse?

MONTRÉAL - Un médicament contre les brûlures d’estomac et le reflux gastrique, et disponible en vente libre, pourrait alléger les symptômes de la COVID-19 et même accélérer le rétablissement des personnes infectées.

La famotidine est offerte au Canada sous le nom commercial de Pepcid.

Des chercheurs américains ont étudié dix patients qui présentaient des symptômes légers. Tous ont commencé à prendre de la famotidine entre deux et 26 jours après l’apparition des symptômes.

Certains ont rapporté une amélioration de leur toux et de leur essoufflement après seulement 24 heures, et tous les patients avaient pris du mieux après 48 heures, selon le Daily Mail britannique.

Les médecins ne comprennent pas vraiment ce qui se passe. Il se pourrait que la famotidine tue le virus, qu’elle stimule le système immunitaire, ou encore qu’elle l’empêche de s’emballer. La famotidine pourrait aussi bloquer une enzyme dont le virus a besoin pour se répliquer.

Les chercheurs n’excluent pas non plus que l’effet placebo soit en cause, ou que les améliorations observées soient simplement le fruit du hasard.

Les conclusions de leur étude sont publiées par le journal médical Gut.

COVID-19: l’OMS fait une déclaration controversée sur les asymptomatiques, puis se rétracte 

Santé

COVID-19: l’OMS fait une déclaration controversée sur les asymptomatiques, puis se rétracte 

La déclaration d’une dirigeante de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) voulant que les personnes asymptomatiques ne transmettraient que très rarement le SARS-CoV-2 a fait sourciller plusieurs experts, qui croient qu’une telle affirmation, prématurée parce que pas (encore) appuyée par la science, envoie un «drôle de message» à la population. Devant le flot de critiques, l’OMS a dû reconnaître mardi que le taux de transmission du virus par des asymptomatiques reste à ce jour inconnu.

Lors d’une conférence de presse de l’OMS, lundi, la spécialiste en maladies infectieuses Maria Van Kerkhove a affirmé que les données actuellement disponibles laissaient croire que les personnes asymptomatiques transmettraient très peu la COVID-19.

Des experts ont rapidement remis en question cette déclaration, surtout qu’une étude publiée pas plus tard que le 3 juin dans The Annal of Internal Medecine suggère qu’environ 40% à 45% des cas de COVID-19 ne présentent pas de symptômes, mais qu’ils peuvent néanmoins transmettre la maladie dans une proportion qui reste encore à déterminer. La recherche avait déjà démontré que des personnes pré-symptomatiques pouvaient transmettre le virus avant de développer des symptômes. 

«Cela va à l’encontre de mes impressions de la science jusqu’à présent qui suggèrent que les personnes asymptomatiques et pré-symptomatiques sont une source importante d’infection pour les autres», a notamment réagi un professeur de la London School of Hygiene and Tropical Medecine, Liam Smeeth, dont les propos ont été retransmis sur le site de Science Media Centre. 

La déclaration de la Dre Van Kerkhove a aussi surpris le Dr Guy Boivin, du Département de microbiologie-immunologie et infectiologie de la Faculté de médecine de l’Université Laval. En entrevue au Soleil, mardi matin, il a d’abord rappelé que «ce n’est pas tout le monde qui a le virus et qui fait de la fièvre ou qui a des symptômes très évidents». 

«Parfois, ce que qu’on a classé comme asymptomatiques étaient plutôt des pré-symptomatiques parce qu’ils ont développé des symptômes quelques jours après», souligne le virologue, qui note aussi que «les cas qu’on dit asymptomatiques ne sont peut-être pas aussi asymptomatiques que ça». «Quand on fouille plus en détail, on peut s’apercevoir qu’ils ont des symptômes et qu’ils ne devraient pas être catégorisés comme asymptomatiques.»

Cela étant, le Dr Guy Boivin convient que les personnes symptomatiques sont en général plus contagieuses. «Ça va avec la charge virale. Il y a plus de virus dans les sécrétions, de sorte que si on tousse, on excrète plus de virus», rappelle-t-il.

Pour autant, le Dr Boivin, qui évalue qu’entre 30% et 60% des cas d’infection au SARS-CoV-2 seraient asymptomatiques - «on a vu des cas spécifiques d’infection chez des femmes enceintes qui pouvaient être asymptomatiques dans une proportion de 60%» -, n’est pas prêt à dire que les cas de transmission par ces asymptomatiques sont «rares».

«Je trouve que c’est prématuré comme message. Ça nécessite plus de données, de documentation, et ça envoie un mauvais message de santé publique. Ça suggère que si vous êtes asymptomatique, vous n’avez pas besoin de mettre un masque parce que vous ne transmettrez pas le virus», déplore le Dr Boivin.

La détresse qui guette les «anges gardiens»

Santé

La détresse qui guette les «anges gardiens»

L’infirmière auxiliaire s’est sentie très fatiguée. Puis, le mal de tête, la toux et la fièvre lui ont fait craindre ce qu’un test allait confirmer : elle avait été infectée par la COVID-19. Depuis quelques semaines, Louise* voyait les cas de coronavirus se multiplier dans le CHSLD de Québec où elle travaille. Des résidents en mouraient. Des collègues étaient contaminés. Louise se sentait impuissante devant la propagation du virus.

Et c’est elle qui a été infectée. «On voit notre état se détériorer et on se demande comment ça va finir, dit Louise. [...] Mon inquiétude, c’était : “je vais-tu être obligée d’être intubée?”» Quatre jours plus tard, le virus a atteint son conjoint. Le couple avait du mal à fermer l’oeil. «On était inquiet l’un de l’autre.» 

L’infirmière est maintenant guérie. Après deux tests négatifs, elle est retournée au travail. Mais la détresse psychologique ne l’a pas quittée. «C’est encore là», dit Louise. 

Surnommés les «anges gardiens» par le premier ministre François Legault, honorés par les sirènes et les klaxons des policiers, et dorlotés par les commerçants, les travailleurs de la santé continuent tout de même à être mis à rude épreuve par la crise du coronavirus. 

Partout au canada

Des experts en santé mentale appréhendent les séquelles psychologiques qui risquent de ressortir dans la foulée de la pandémie. L’épuisement, la dépression et les troubles de stress post-traumatique, notamment, guettent des soignants et des gestionnaires.

Travailleuse sociale au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale, Josiane Primeau est affectée à la ligne d’écoute et de soutien psychosocial pour les travailleurs de la santé qui a été implantée pendant la crise. Jusqu’à maintenant, plus de 160 employés ont appelé pour ventiler.

«Ce qu’on voit, c’est des gens qui vivent une certaine détresse, de l’anxiété, de la tristesse, des problèmes de sommeil, des pertes d’appétit, des cauchemars», décrit Mme Primeau.

Les travailleurs de la santé craignent notamment d’être infectés par le virus ou de contaminer leur famille. Ils sont aussi ébranlés par la réorganisation du travail et de la vie familiale. «Il y en a qui faisaient des crises de panique, qui ne savaient pas trop comment gérer ça, qui avaient besoin d’exprimer des craintes par rapport à ce qui passait», dit Josiane Primeau. 

La détresse est perceptible partout au Canada. Selon un sondage de la firme montréalaise Potloc en partenariat avec l’Association canadienne de santé publique mené en avril, 67 % des travailleurs de la santé canadiens se sentent anxieux, 49 % ne se sentent pas en sécurité, 40 % se sentent surchargés, 29 % ont perdu espoir, 28 % sont en manque de sommeil et 28% sont découragés.

Or, «quand on est dans le feu de l’action, on n’a pas le temps de penser à nous-mêmes, et ce n’est pas nécessairement encouragé de prendre soin de soi-même, dit Charles Morin, professeur à l’École de psychologie de l’Université Laval. Il y a des besoins urgents auxquels il faut répondre. Souvent, il faut présenter une façade qu’on est tough, qu’on est capable d’affronter ça». 

stress post-traumatique

Malgré la façade, plusieurs ressentent une grande impuissance devant la pandémie. «Cette forme d’impuissance là peut engendrer carrément des symptômes dépressifs et, à plus long terme, des problèmes de stress post-traumatique, dit le professeur Morin. Des fois, ça sort à retardement.»

Affaiblis par la COVID-19 ou la surcharge de travail, de plus en plus d’employés ne se sentent pas capables de reprendre le boulot. «Il y en a plein qui ne veulent pas revenir. Elles sont à la maison, elles ont peur, elles sont inquiètes. On en a encore eu une cette semaine qui a dit : “je suis pas capable d’avoir mes congés, je démissionne”. Les gens sont épuisés», dit Caroline Larochelle, du Syndicat des professionnelles en soins de la Capitale-Nationale (FIQ).

Des travailleurs de la santé qui ont vu des patients emportés par la COVID-19, ont eu peur d’être infectés par le virus ou l’ont contracté eux-mêmes sont aussi susceptibles de développer un trouble de stress post-traumatique (TSPT), note Geneviève Belleville, professeure à l’École de psychologie de l’Université Laval. 

Après avoir été exposés à un événement traumatique pendant la crise de la COVID, des travailleurs de la santé peuvent se mettre à faire des cauchemars, à avoir des pensées intrusives ou des flash-back, à devenir hypervigilants et à sentir que leur humeur est altérée. Ces symptômes potentiels du TPST sont associés à une difficulté à «digérer» l’événement traumatique, explique Mme Belleville. 

De manière plus générale, Geneviève Belleville suggère aux travailleurs de la santé qui sont confrontés à la crise de la COVID-19 de prendre régulièrement leur température psychologique. Quand il devient ardu de ressentir des émotions positives, c’est habituellement un signe que ça ne va pas, note-t-elle. 

«Être capable de rire dans sa journée, être capable d’avoir des contacts significatifs avec des personnes importantes, être capable de vivre des moments de joie malgré tout : quand on perd ça, on fait de la fièvre psychologique», dit Mme Belleville.  

* Le vrai de nom de Louise a été modifié pour protéger son identité

Près de 50% des travailleurs québécois en grande détresse psychologique

Santé

Près de 50% des travailleurs québécois en grande détresse psychologique

Près de 50% des travailleurs québécois souffrent d’un niveau élevé de détresse psychologique, tous types d’emplois confondus, qu’ils soient en télétravail ou pas, révèle un sondage web mené entre le 30 avril et le 7 mai par une équipe de chercheurs de la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval.

Un échantillon de 1259 Québécois représentatif de la population en termes de genre, d’âge et de scolarité ont participé à l’enquête dirigée par la professeure Caroline Biron. 

«On a des gens de différents secteurs qui ont répondu au sondage, des travailleurs qui proviennent par exemple du municipal, du provincial, du fédéral, du privé, des soins de santé, des services ouverts au public comme les épiceries...» énumère en entrevue Mme Biron, qui est aussi directrice du Centre d’expertise en gestion de la santé et de la sécurité au travail de la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval.

Selon Mme Biron, les répondants en télétravail ne sont pas plus ou moins en détresse que les autres travailleurs sondés. «Il n’y a aucune différence significative entre les deux. Les facteurs qui expliquent la détresse, ils sont les mêmes qu’on soit sur les lieux du travail ou en télétravail», note la chercheure. 

Parmi ces facteurs: le soutien social des collègues ou du supérieur, la charge de travail et la reconnaissance. 

«Quand le soutien est faible, on a 58% de gens en détresse élevée, contre 42% quand le soutien est élevé. […] Si je regarde le facteur de la charge de travail, les gens en surcharge de travail sont en détresse élevée dans une proportion de 60%, contre 40% quand la charge est plus équilibrée. La reconnaissance, c’est ce qu’il y a de plus frappant: on a 62% de gens en détresse élevée quand ils ne se sentent pas reconnus au travail, contre 38% quand ils se sentent reconnus», détaille Caroline Biron.

Autre constat de l’étude qui ne surprendra personne: la santé mentale des travailleurs du secteur de la santé et des services sociaux est particulièrement affectée, alors que 60% des répondants de ce secteur ont rapporté un niveau élevé de détresse psychologique. À titre de comparaison, les répondants issus de compagnies privées ont fait état d’un niveau élevé de stress psychologique dans une proportion de 41%, mentionne la chercheure.

Les cadres ou gestionnaires de première ligne font partie des répondants qui vivent le plus de détresse psychologique, comparativement aux cadres «de haut niveau», qui semblent plus protégés, constate par ailleurs Caroline Biron. 

Le sondage révèle également que les femmes souffrent de détresse psychologique dans une proportion plus grande que les hommes (56% contre 41%). Il s’agit d’une importante augmentation par rapport aux données pré-pandémie colligées en 2015 par l’Institut de la statistique du Québec dans l’Enquête québécoise sur la santé de la population, dans laquelle près de 33 % des femmes et 24 % des hommes rapportaient un niveau élevé de détresse, souligne-t-on dans le communiqué de l’Université Laval résumant l’étude de la professeure Biron.

Parmi les autres faits saillants du sondage: 75% des répondants ont rapporté avoir des problèmes de sommeil, et 37 % ont déclaré avoir fait du présentéisme (travailler malade) au cours des sept derniers jours, tant parmi ceux qui font du télétravail que chez ceux qui se déplacent vers leur lieu d’emploi.

La performance au travail semble aussi affectée par la situation actuelle, alors que près du tiers des répondants (30 %) évaluent leur performance comme étant égale ou inférieure à 70% de leur rendement maximal. 

«Quand les organisations des répondants accordent une aussi grande importance à la santé psychologique du personnel qu’à la productivité, elles ont 24% moins de gens en détresse élevée et 12% plus de travailleurs hautement performants» que le reste de l’échantillon, note encore Caroline Biron.

Pour la chercheure, ce que le sondage montre, c’est l’importance pour les organisations de «prendre soin de leurs gens», de «soigner le travail». 

«La santé psychologique au travail c’est souvent l’enfant pauvre en santé et sécurité au travail. […] Il faut faire plus que de donner quelques séances de plus au programme d’aide, il faut soigner l’organisation du travail, offrir des emplois de qualité», dit Mme Biron. 

Si une organisation est capable de faire, par exemple, des changements technologiques une priorité pour améliorer sa performance, elle est aussi capable de faire de la santé mentale une priorité «parce qu’en agissant sur la détresse, on agit aussi sur la performance», rappelle la professeure.

COVID-19: pas de dépistage aléatoire ou à grande échelle en vue au Québec

Santé

COVID-19: pas de dépistage aléatoire ou à grande échelle en vue au Québec

Malgré l’élargissement de l’offre de tests, les capacités de dépistage demeurent limitées au Québec, selon un comité du ministère de la Santé, qui ne recommande pas d’ouvrir ces tests pour d’autres besoins que pour «assurer la continuité des soins et la sécurité des milieux de soins et des milieux de vie». Pas de dépistage aléatoire ou à grande échelle dans la population à l’horizon, donc. Même le dépistage systématique des travailleurs de la santé qui reviennent d’une affectation en zone chaude n’est pas recommandé.   

Début avril, le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, avait affirmé en point de presse que des tests aléatoires allaient «probablement être faits dans certains territoires» afin de mieux mesurer la transmission communautaire du virus. 

Or parmi la série de recommandations intérimaires que vient de publier le comité du ministère de la Santé sur l’accès aux tests d’amplification des acides nucléiques, recommandations qui permettront aux directeurs de santé publique de planifier la nouvelle stratégie de dépistage qui remplacera celle du 1er mai, aucune ne vise le dépistage de personnes asymptomatiques ailleurs que dans des milieux très ciblés.

Pour rappel, le dépistage aléatoire ou à grande échelle est une stratégie qui a notamment été utilisée par l’Islande et qui a permis de conclure que la moitié des porteurs du SARS-CoV-2 ne présentaient aucun symptôme. L’opération visait à connaître de façon plus précise la prévalence du virus dans la population et d’éviter que des gens le propagent sans le savoir.

Le nombre de cas rapportés de COVID-19 est actuellement à la baisse au Québec, qui compte sur une capacité quotidienne d’environ 20 000 tests, rappelle le comité dans son document de 26 pages. «Le Québec doit continuer à investir dans cette technologie pour soutenir les besoins émergents. Un horizon de 35 000 tests apparaît pertinent, surtout si le Québec fait face à une recrudescence du nombre de cas (deuxième vague) avec la reprise des activités économiques et sociales», écrit le comité.

Mais à l’heure actuelle, les capacités demeurent limitées. Selon le comité, «une extrême prudence dans l’utilisation des tests en dehors des présentes recommandations est actuellement nécessaire».

Parmi ces recommandations: maintenir la priorisation de l’accès aux tests pour les personnes présentant des symptômes compatibles avec la COVID-19; tester les contacts étroits et prolongés des cas confirmés; organiser le dépistage des contacts asymptomatiques dans les milieux de soins et les milieux de vie; envisager, selon la situation, le dépistage des personnes asymptomatiques lors d’une éclosion en milieu de travail, de garde ou scolaire; offrir le dépistage aux personnes qui subiront une procédure immunosuppressive, aux greffés et à leurs donneurs; tester à l’admission dans les unités de soins aigus, en pédiatrie, en psychiatrie ou en obstétrique; tester pour les interventions médicales ou chirurgicales qui pourraient nécessiter une intubation ou une gastroscopie; et, enfin, offrir le dépistage aux régions isolées pour l’application de programmes de gestion des entrées.

«L’accès aux [tests] conditionne de plus en plus la continuité des soins et la sécurité des milieux de soins et des milieux de vie. Or actuellement, le comité ne peut ouvrir à d’autres besoins, même en milieu clinique», résume le comité.

Pas de dépistage des proches aidants

Plusieurs demandes n’ont ainsi pas pu être retenues par le comité. Parmi celles-ci, les demandes pour les proches aidants, les accompagnateurs, les parents de patients en pédiatrie, les travailleurs en transit vers des régions éloignées ou froides, les voyageurs de même que les personnes asymptomatiques hébergées dans certains milieux de vie comme les camps forestiers. 

«Ces situations sont à haut risque de surconsommation de la capacité actuelle. Le comité reconnaît que la pertinence de dépister ces personnes peut se justifier, mais rappelle que les [tests] ponctuels ne sont pas une panacée quant aux mesures universelles et à l’isolement préventif», souligne le comité.

De nombreuses représentations ont également eu lieu afin de tester de façon systématique les travailleurs affectés en zone chaude ou au retour d’une affectation dans un CHSLD en éclosion, note encore le comité. 

«Pour le comité, l’isolement, les mesures universelles de prévention, incluant le port des équipements de protection individuelle, et l’autosurveillance des symptômes demeurent la meilleure approche», écrit le comité, qui «déconseille la mobilité des travailleurs de la santé entre les établissements ou entre des unités qualifiées de chaudes vers les unités tièdes ou froides».

Selon le comité, «le dépistage des travailleurs au retour d’une unité ou d’une installation chaude est à très haut risque de surutilisation de l’offre» de tests, considérant le nombre de travailleurs dans le réseau.

Le comité s’engage toutefois à étudier cette recommandation «à la lumière des volumétries disponibles». 

Le CISSS de Chaudière-Appalaches poursuivra ses cliniques mobiles

Le CISSS de Chaudière-Appalaches a commencé mardi à déployer une clinique mobile de dépistage sans rendez-vous. D’une capacité de 100 tests par jour, cette unité mobile a pour mandat de procéder au dépistage des personnes symptomatiques et asymptomatiques au sein même de la population, expliquait le CISSS dans un communiqué. 

Questionnée à savoir si l’établissement comptait poursuivre cette initiative compte tenu des recommandations du ministère de la Santé, la porte-parole Mireille Gaudreau a indiqué que «les cliniques mobiles se poursuivent afin de rejoindre le public plus vulnérable». 

«Elles sont là pour répondre aux besoins des personnes symptomatiques ou asymptomatiques qui ne consultent pas habituellement pour des services de santé. Le but du test chez les personnes asymptomatiques est de protéger les milieux de vie, de travail ou milieux vulnérables (locataires de HLM, itinérants ou utilisateurs des drogues). L’objectif vise à réduire la transmission de la COVID-19 dans la communauté et d’assurer la sécurité des milieux de vie», explique Mme Gaudreau. 


Le cannabidiol contre les psychoses? Les preuves scientifiques manquent toujours

Santé

Le cannabidiol contre les psychoses? Les preuves scientifiques manquent toujours

MONTRÉAL - Même si le CBD semble posséder des propriétés antiinflammatoires intéressantes, et même si les experts croient de plus en plus que l’inflammation joue un rôle important dans les troubles psychotiques, on ne dispose pas encore des preuves scientifiques nécessaires pour conclure que le premier puisse soulager le second, conclut une analyse effectuée par le Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal.

«On voulait voir spécifiquement quel était le potentiel du cannabidiol (CBD), qui est une composante principale du cannabis, en tant qu’antipsychotique, a résumé la co-première auteure de l’étude et doctorante Stephanie Coronado-Montoya. On a fait une revue de toutes les études qui existaient, et on a trouvé qu’il n’y a pas suffisamment de données pour justifier d’utiliser du cannabidiol en tant qu’antipsychotique.»

Médecins et chercheurs s’intéressent de près aux applications thérapeutiques potentielles du cannabis depuis sa légalisation, rappelle-t-elle, mais les preuves scientifiques solides sont parfois difficiles à trouver.

Mme Montoya, qui travaille au laboratoire du docteur Didier Jutras-Aswad, et ses collègues se sont intéressés à ce que la littérature scientifique racontait au sujet des propriétés antipsychotiques du CBD. Ils ont déniché huit études regroupant 210 sujets.

Leurs conclusions sont publiées par le journal médical Psychiatry Research.

«Il n’y a pas suffisamment de données qui concluaient la même chose, a dit Mme Montoya. Il y a beaucoup d’enthousiasme pour le cannabidiol, pour ce qui pourraient être ses bénéfices, et je pense que cette revue (démontre) que du point de vue des données scientifiques, on en n’a pas assez pour justifier l’utilisation du cannabidiol en tant qu’antipsychotique.»

Mme Montoya souhaite maintenant la tenue de nouvelles études de bonne qualité pour faire la lumière sur le sujet, d’autant plus que les médecins sont de plus en plus convaincus que l’inflammation joue un rôle de premier plan dans les troubles psychotiques.

Un expert, le psychiatre Marc-André Roy de l’Université Laval, a récemment expliqué à La Presse canadienne que des données solides sur le lien psychose-inflammation et provenant d’études longitudinales démontrent que le niveau de marqueurs inflammatoires à l’adolescence, avant l’éclosion de la psychose, influence le risque du développement ultérieur d’un trouble psychotique.

De plus, les gens qui se présentent pour un premier incident psychotique, et qui n’ont jamais été traités pour une psychose ont eux aussi des marqueurs inflammatoires élevés, a-t-il ajouté, et certains gènes qui augmentent le risque de maladies à composante inflammatoire sont aussi impliqués dans la psychose.

Le stress a également été mis en cause dans la rechute psychotique et même dans le développement de la première psychose, probablement par le biais de mécanismes inflammatoires.

Dans un même ordre d’idée, la médecine sait depuis longtemps que le fait qu’une mère présente certains types d’infections pendant la grossesse augmente le risque pour ses enfants de développer une psychose ultérieurement.

Le sel pourrait aider à améliorer l’efficacité des masques

Santé

Le sel pourrait aider à améliorer l’efficacité des masques

MONTRÉAL - Des serviettes de papier trempées dans une solution saline et séchées semblent fournir une protection supplémentaire intéressante contre le virus SRAS-CoV-2, constate une nouvelle étude.

Des chercheurs de la faculté de médecine de l’Université de Boston écrivent dans l’American Journal of Infection Control que cette méthode pourrait permettre de prolonger la durée de vie utile des masques chirurgicaux et d’améliorer l’efficacité des masques artisanaux.

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Une étude précédente avait démontré que le traitement au sel des masques chirurgicaux améliorait leur capacité à bloquer différentes souches du virus de l’influenza.

L’auteur de la nouvelle étude, Jonathan Carnino, a expliqué à l’agence Reuters que le sel dissout dans l’eau forme une sorte de grille. Quand cette grille est frappée par un virus, le sel se dissout pendant une seconde puis se recristallise, capturant l’intrus.

M. Carnino suggère de faire chauffer 100 mL d’eau (ou idéalement d’eau distillée) jusqu’à ce que l’eau soit chaude au toucher; d’y dissoudre 30 milligrammes de sel; d’y faire tremper pendant cinq minutes une serviette en papier utilisée en laboratoire ou grand public découpée à la taille du masque (y compris les masques N95); et de la laisser sécher.

On ajuste ensuite la serviette à l’extérieur du masque et on la remplace aux deux heures, ou avant si elle est souillée.

Mandat de grève en main, des préposés en conciliation avec le plus gros employeur

Santé

Mandat de grève en main, des préposés en conciliation avec le plus gros employeur

Le plus grand syndicat de préposés aux bénéficiaires dans le secteur privé a rencontré en conciliation, mardi, le plus gros employeur privé du secteur, le Groupe Chartwell, alors que le syndicat est déjà muni d’un mandat de grève dans 12 de ces résidences privées pour personnes âgées.

Le Syndicat québécois des employés de service (SQEES), qui est affilié à la FTQ, avait déjà tenu des votes de grève dans 12 résidences Chartwell. Il devait en tenir dans trois autres, lorsque la pandémie de coronavirus s’est déclarée, a indiqué le SQEES.

La grève n’a donc pas été déclenchée dans ces résidences privées, où travaillent quelque 1000 salariés, principalement des préposés aux bénéficiaires, mais aussi des préposés aux cuisines et à l’entretien ménager, notamment.

La rencontre a eu lieu en présence de deux conciliateurs.

Ce sont ces salariés qui gagnent de 13 $ à 14 $ l’heure, avant le versement des primes temporaires offertes par Québec durant la pandémie de la COVID-19.

Depuis quelque temps déjà, le SQEES revendique d’abord un salaire de 15 $ l’heure dès la première année pour les bas salariés — pas seulement les préposés aux bénéficiaires. Puis il demande 1 $ l’heure d’augmentation par année, pendant trois ans.

C’est cette revendication qu’il a portée, mardi en conciliation, au Groupe Chartwell, qui se décrit comme «le plus important exploitant du secteur de l’hébergement pour retraités au Canada».

En entrevue après la rencontre, la présidente du SQEES-FTQ, Sylvie Nelson, s’est dite ouverte à la discussion, mais «il faut 15 $ de l’heure pour nos bas salariés», a-t-elle lancé. Elle rappelle que le salaire minimum est rendu à 13,10 $ depuis le 1er mai.

«On est prêt à commencer la négociation. On veut un blitz de négociation dans les semaines du 8 et du 15 juin. On aimerait ça régler ça avant l’été», a lancé Mme Nelson.

Elle assure qu’il n’est pas question d’exercer le mandat de grève dans le contexte actuel. «On ne demandera pas à notre monde de sortir dehors en pleine pandémie.»

Employeur

Du côté de Chartwell, la vice-présidente pour les services opérationnels au Québec, Marie-France Lemay, a confirmé que «les discussions ont repris avec le syndicat, après une pause forcée due à la pandémie de la COVID-19».

Elle a ajouté que les négociations se poursuivaient avec les conciliateurs «afin d’explorer les avenues menant à un accord et nous sommes confiants d’en arriver à des ententes», a ajouté Mme Lemay, par courriel.

Étrangement, elle a soutenu qu’»à l’heure actuelle, aucun mandat de grève n’a encore été formellement porté à l’attention de Chartwell de la part du syndicat».

Décret

Le SQEES a demandé à plusieurs reprises au gouvernement Legault d’adopter un décret de convention collective pour l’ensemble des résidences privées pour personnes âgées. Un tel décret accorde des conditions minimales de travail pour tous les salariés d’un secteur, qu’ils soient syndiqués ou non syndiqués.

Il existe 15 décrets au Québec, dans les agences de sécurité, par exemple, ou dans l’entretien ménager d’édifices publics. Ils sont ensuite gérés par des comités paritaires.