Santé

Alzheimer: le défi des prochaines décennies

Si les prévisions sont exactes, le nombre de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer — ou d’une autre forme de démence — triplera au Canada d’ici une trentaine d’années.

Pour les experts, cette situation est particulièrement préoccupante puisqu’il s’agit d’une maladie dégénérative qui affecte non seulement la personne atteinte, mais aussi de façon importante les membres de leur entourage. La progression de cette maladie risque d’une part de mobiliser les spécialistes en santé cérébrale, mais également de forcer l’ajout de ressources pour appuyer les proches aidants.

« Souvent, ce que l’on va voir, c’est un proche aidant hospitalisé avant la personne atteinte. Un proche aidant qui va s’être épuisé, qui va être au bout du rouleau, qui a une santé fragilisée. Ce n’est rien pour aider la personne atteinte », souligne la directrice générale de la Société Alzheimer de l’Outaouais québécois (SAOQ), Anne Villeneuve.

Une séance d’information ouverte au public se tiendra à l’Université d’Ottawa, mercredi soir, dans le cadre de la Semaine de sensibilisation à la santé cérébrale organisée par l’Institut de recherche sur le cerveau de l’Université d’Ottawa.

Selon la Dre Nafissa Ismail, cet événement servira d’abord et avant tout à informer le grand public sur cette maladie et ce qu’elle implique pour les proches de la personne atteinte. En plus de chercheurs qui offriront un aperçu de l’avancement de la recherche sur l’Alzheimer, un travailleur social qui accompagne les proches aidants sera du panel, ainsi qu’un avocat qui présentera le côté financier et légal.

« On espère vraiment que le public va trouver ça informatif et qu’il apprend beaucoup, autant sur la recherche actuelle, les nouvelles idées, mais aussi de comprendre l’impact et la nécessité de trouver une solution rapide », soutient la Dre Ismail.

Prêts pour 2050 ?

Il semble assez clair, tant pour la Dre Ismail que pour Mme Villeneuve que le réseau de la santé n’est pas prêt à prendre en charge le million de Canadiens supplémentaire qui sera atteint d’Alzheimer ou d’autres formes de démence d’ici 2050.

Pour la psychologue, c’est d’abord et avant tout une question de ressources. Celles-ci étant limitées, il faut trouver d’autres moyens afin de réduire la pression sur le système de santé. Pour la Dre Nafissa Ismail, il deviendra essentiel que la recherche permette des avancées afin de prévenir, ralentir la progression, voire guérir l’Alzheimer.

De son côté, Anne Villeneuve insiste : un organisme comme la SAOQ doit obtenir les moyens d’accroître son offre de services aux proches aidants. Elle invite d’ailleurs le public à faire un don sur le site web de l’organisme (www.saoq.org).

Santé

Au Royaume-Uni, les infirmières jouent déjà au docteur

LONDRES - Le Royaume-Uni expérimente depuis déjà de nombreuses années l’élargissement du domaine de compétences médicales des infirmières que la France veut mettre en place pour lutter contre les déserts médicaux.

Sara Dalby, qui travaille à l’hôpital de l’université d’Aintree à Liverpool (nord-ouest de l’Angleterre), est l’une de ces infirmières qui a ajouté cette corde à son arc.

Quand elle a commencé à travailler en 2003, cette femme brune de 35 ans donnait un coup de main aux chirurgiens. Aujourd’hui, elle effectue elle-même des excisions de cancer de la peau et des opérations de chirurgie du canal carpien.

«Je ne savais pas que ce type de poste existait à mes débuts, je ne savais pas que j’allais entrer dans le théâtre (des opérations) non plus», dit-elle à l’AFP.

La jeune femme a saisi sa chance lorsqu’a émergé la fonction d’«infirmières praticiennes avancées» (ANP), dotées d’attributions traditionnellement associées aux médecins et chirurgiens travaillant en milieu hospitalier.

Santé

Caméras dans les CHSLD: Québec publie son projet de règlement

Le gouvernement Couillard a publié mercredi son projet de règlement encadrant l’installation et l’utilisation de mécanismes de surveillance dans les CHSLD, dont les grandes lignes avaient déjà filtré dans les médias.

L’installation d’un mécanisme de surveillance, qui doit être faite par un usager ou son représentant, n’est permise «qu’aux fins d’assurer la sécurité de l’usager ou celle de ses biens ou de s’assurer de la qualité des soins et des services qui lui sont offerts, notamment afin de repérer un cas de maltraitance envers l’usager», établit d’emblée le projet de règlement, qui interdit l’enregistrement en continu, «sauf dans les cas où les fins recherchées par l’installation du mécanisme le justifient».

Lorsqu’il est installé dans une chambre où sont hébergées plusieurs personnes, le mécanisme de surveillance, dissimulé ou non, doit l’être de façon à ne pas capter des images ou des sons des autres usagers. De même, ce mécanisme ne doit pas être installé et utilisé en vue de prendre des images ou des sons provenant de l’extérieur de la chambre. 

La caméra peut toutefois capter des images provenant d’une salle de bains, mais seulement «dans les cas où les fins recherchées par l’installation d’un mécanisme le justifient», précise le projet de règlement publié dans la Gazette officielle du Québec.

Enfin, l’installation d’une caméra ne doit pas nécessiter de modifications aux biens appartenant à l’établissement ou entraîner de coûts pour ce dernier, à moins d’avoir obtenu son consentement. Tous les six mois, la nécessité de maintenir un mécanisme de surveillance doit faire l’objet d’une réévaluation par l’usager ou son représentant. 

Circulation des images

Le projet de règlement mentionne par ailleurs qu’il appartient à l’usager ou à son représentant d’assurer la sécurité et la confidentialité des images et des enregistrements.

La communication de ceux-ci doit être limitée et effectuée «de manière à protéger l’identité des personnes dont l’image ou la voix a été captée», sauf lorsqu’ils sont communiqués aux personnes ou organismes suivants: à l’établissement qui héberge l’usager ou au commissaire local aux plaintes; à un organisme chargé de prévenir, détecter ou réprimer le crime; et, enfin, «à toute autre personne à qui cette communication doit être faite en raison d’une situation d’urgence mettant en danger la vie, la santé ou la sécurité d’une personne».

Obligations des établissements

Le projet de règlement prévoit aussi qu’au moment de l’admission d’un usager, un établissement qui exploite un CHSLD doit informer cet usager ou son représentant des règles applicables à l’installation et à l’utilisation des mécanismes de surveillance. 

Lorsqu’il est informé que des mécanismes sont installés, un établissement doit «indiquer adéquatement» leur présence, c’est-à-dire de manière à ce que les indications soient visibles par toute personne qui pénètre dans l’installation. «Ces indications ne doivent pas permettre d’identifier l’endroit où est installé un mécanisme de surveillance», précise le projet de règlement.

Les personnes qui ont des commentaires à formuler ont 45 jours pour le faire avant que le projet de règlement soit adopté. 

Santé

Mourir à l’hôpital comme à la maison

La générosité d’une famille de Québec a permis à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) de se doter d’une véritable unité de soins palliatifs et de fin de vie où les patients et leurs familles peuvent apprivoiser la mort dans un environnement adapté à leurs besoins.

Le projet de près de 1,3 million $ a été rendu possible grâce à l’importante contribution de la famille du cardiologue André Têtu et de son épouse, Gertrude Lemieux, respectivement décédés en septembre 2014 et janvier 2015.

«De leur vivant, ils voulaient qu’on pose un geste philanthropique visant plus particulièrement l’IUCPQ et les soins de fin de vie», a expliqué en conférence de presse mardi l’une des filles du défunt couple, Paule Têtu, dont le père a vécu ses derniers moments à l’hôpital du chemin Sainte-Foy. 

C’est un don totalisant 250 000$ que la famille Têtu a versé à la Fondation de IUCPQ, qui a contribué au projet pour un montant de 500 000$. 

Santé

Des électrochocs sur des enfants?

Cinq traitements d’électrochocs auraient été rendus en 2016 au Québec sur des enfants de moins de 14 ans, malgré l’absence de consensus scientifique sur cette pratique utilisée depuis 1938 en psychiatrie. La Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) refuse toutefois de confirmer l’utilisation de cette méthode déconseillée sur des mineurs.

Ces données apparaissent dans l’étude des crédits du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS) pour l’année 2016. Selon le comité citoyen contre l’électroconvulsivothérapie (ECT) Pare-Chocs, qui compile les données fournies par la RAMQ depuis 2003, ce serait la première fois que des médecins québécois aient traité des enfants de moins de 14 ans à l’aide de cette technique controversée. 

Le comité défend qu’en l’absence de consensus scientifique sur l’efficacité du traitement et les risques qui y sont associés, les électrochocs devraient être interdits, surtout sur des mineurs. Il cite en exemple l’Australie, qui a interdit il y a trois ans les électrochocs sur des enfants de moins de 14 ans. 

«Ça nous préoccupe beaucoup. Ça démontre que c’est une pratique qui se répand», a commenté Jean-François Plouffe, chargé de dossiers collectifs et de communication à Action autonomie, un organisme qui appuie le comité citoyen Pare-Chocs. 

Appelé à commenter la position de Pare-Chocs, le ministère de la Santé et des Services sociaux a cité un rapport de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) qui confirme, selon le ministère, «l’efficacité de l’électroconvulsivothérapie dans les cas de dépression et de catatonie, et plus rarement, mais sans l’exclure, dans les cas de schizophrénie ou de manie».  

Ce même rapport, daté de 2003, conclut que «les incertitudes quant à l’efficacité et aux risques de l’ECT demeurent importantes. Il est donc nécessaire de recueillir plus de données à cet égard». On y recommande d’accorder par ailleurs une attention particulière au consentement du patient. Appuyant son argument sur ce rapport, le comité Pare-Chocs émet des réserves sur la capacité réelle d’un enfant de moins de 14 ans à consentir au traitement de façon «libre et éclairée». 

Vérifications en cours

Le MSSS n’a pas voulu commenter directement la facturation d’ECT chez des mineurs pour l’année 2016, précisant toutefois que le Centre d’Excellence en ECT du Québec a discuté avec la RAMQ de ces données puisque la pratique n’est «pas recommandée» pour les personnes de moins de 18 ans. 

Santé

Le nombre de décès liés à l'aide médicale à mourir en hausse au Canada

(Ottawa) Le nombre de patients qui se sont prévalus de l'aide médicale à mourir au Canada a bondi de près de 50% au cours des derniers mois. Près du quart des personnes qui avaient réclamé l'aide à mourir sont décédées avant d'y avoir eu accès, et un nombre indéterminé de gens qui avaient fait une demande ont vu celle-ci rejetée parce que leur mort n'était pas imminente.

Selon un bilan publié vendredi après-midi par le ministère fédéral de la Santé, 1179 Canadiens qui remplissaient les exigences de la loi ont obtenu l'aide d'un médecin pour abréger leurs souffrances entre le 1er janvier et le 30 juin 2017. Il s'agit d'une hausse de 46,8% par rapport aux six premiers mois de l'entrée en vigueur de la législation fédérale - on avait alors recensé 803 cas.

On a donc clairement franchi le cap des 2000 cas d'administration d'aide à mourir dans cette première année. L'augmentation notée dans la deuxième portion de l'an un de mise en oeuvre de la loi est cependant «conforme à l'expérience internationale», note le ministère dans un communiqué accompagnant son deuxième rapport périodique sur l'aide médicale à mourir.

Dans les faits, le nombre de cas pourrait être plus élevé. Il ne faut «pas considérer que les chiffres présentés ici représentent l'ensemble des cas d'aide à mourir au Québec», note-t-on dans le rapport. Le bilan national pourrait donc être revu à la hausse lorsque la Commission sur les soins de fin de vie du Québec fera le sien.

On devrait avoir les données québécoises très bientôt.

«La Commission des soins de fin de vie transmet au ministre, au plus tard le 30 septembre de chaque année, un rapport annuel de ses activités, qui doit être déposé à l'Assemblée nationale par le ministre dans les 30 jours suivants. C'est ce rapport qui est le rapport officiel de la situation», a expliqué Julie White, directrice de cabinet du ministre de la Santé du Québec, Gaétan Barrette.

Refus et décès avant l'accès

Au cours de la période de six mois couverte par le rapport, 832 Canadiens ont déposé une demande d'aide à mourir, selon des données fragmentaires contenues dans le rapport, qui excluent l'Ontario, la Colombie-Britannique, le Nunavut, le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest.

Le bilan fédéral ne fournit pas de chiffres précis sur le nombre de personnes qui ont encaissé un refus après avoir demandé l'aide médicale à mourir. Mais «les constatations indiquent qu'environ le tiers des (832) demandes» ont été refusées - des résultats à interpréter «avec prudence», car «ils représentent un nombre comparativement modeste de cas», prévient-on.

Les motifs mentionnés le plus souvent étaient la perte de capacité (51%) et le fait que le décès n'était pas raisonnablement prévisible (26%). «Là encore, étant donné les limites des données, il se peut que ces résultats ne présentent pas un tableau complet ou entièrement fidèle [...]», est-il précisé dans le rapport.

D'autre part, près du quart des personnes qui ont demandé l'aide médicale à mourir dans les provinces qui ont fourni leurs chiffres, soit 202 sur 832, sont morts «avant la fin du processus d'évaluation», selon les statistiques présentées dans un tableau de ce bilan qui tient sur 14 pages.

Ces données sur les refus liés à une mort non imminente et les décès préalables à la fin du processus pourraient apporter de l'eau au moulin de ceux qui jugeaient la législation trop restrictive par rapport à l'arrêt Carter, la décision de la Cour suprême du Canada dont elle découle.

La décision du gouvernement libéral de réserver l'accès à l'aide médicale à mourir des patients dont «la mort est raisonnablement prévisible» avait été critiquée par l'opposition néo-démocrate à Ottawa, par des sénateurs, ainsi que par des spécialistes et constitutionnalistes qui avaient témoigné pendant l'étude du projet de loi C-14.

Le ministre Gaétan Barrette faisait partie des détracteurs les plus farouches de ce critère. Il l'avait qualifié d'«inapplicable», cliniquement parlant, et de carrément «cruel», humainement parlant. En août 2016, après qu'une septuagénaire atteinte de sclérose en plaques se fut laissée mourir de faim et de soif car sa mort n'était pas raisonnablement prévisible, il avait vu rouge.

Il avait averti que tant que la loi demeurerait en place dans sa mouture actuelle, des gens ne verraient aucune autre échappatoire que celle de s'affamer jusqu'à ce que mort s'ensuive. «Il va y en avoir d'autres. Eh oui, c'est cruel et inhumain. Mais nul ne peut ignorer la loi», avait-il regretté en entrevue avec La Presse canadienne.

Autres points saillants

- Les décès liés à l'aide médicale à mourir ont représenté 0,9% de la totalité des décès à l'échelle nationale.

- Au Canada, le cancer était encore une fois l'état médical sous-jacent le plus fréquemment cité (63% des cas).

- Les personnes qui ont bénéficié d'une aide médicale à mourir avaient en moyenne 73 ans environ, la grande majorité d'entre elles étant âgées entre 56 à 85 ans.

(Ces données concernent la période du 1er janvier au 30 juin 2017.)

Santé

Québec s'entend avec les omnipraticiens

Le gouvernement Couillard dit avoir «réglé sa dette» envers les omnipraticiens en leur accordant une augmentation de rémunération de 14,7 % d’ici 2023.

À cette augmentation totalisant 340  millions $ s’ajoutent au moins 635 millions $ en sommes non récurrentes qui seront versées aux médecins. Le gouvernement a choisi de respecter des accords passés, qui prévoyaient des hausses, mais qui ont été reportées et étalées dans le temps.

«Aujourd’hui ce que l’on dit, c’est qu’on va prendre tout ça, ces arrérages-là, et on va les payer», a déclaré le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, lors d’une conférence de presse, vendredi, à la clinique Saint-Louis de Québec.Il affirme avoir maintenant toute la «marge de manœuvre» nécessaire pour le faire.

«Ce qui est historique, c’est que le gouvernement dit : “On ne va plus pelleter par en avant”. [...] Les comptes seront à zéro.»

L’entente de principe intervenue en août entre Québec et la Fédération des médecins omnipraticiens (FMOQ) a donc été ratifiée par 96 % des membres. Le taux de participation a été de 60 %.

Le salaire moyen d’un médecin de famille est de 245 000 $, tandis que les spécialistes gagnent en moyenne plus de 400 000 $ par an.

Une étude indépendante de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) devra par ailleurs déterminer s’il existe un écart de salaire entre les omnipraticiens québécois et ceux de l’Ontario. La loi canadienne sur la santé oblige les provinces à consentir aux médecins des salaires qui sont compétitifs.

Si M. Moreau est d’avis que le rattrapage avec l’Ontario a bel et bien été complété, le président de la FMOQ, le docteur Louis Godin, lui, maintient que l’écart actuel se situe quelque part entre 15 et 20 %.

«On verra le résultat de l’étude, a-t-il dit. Si l’étude démontrait que l’écart est comblé, parfait, l’écart est comblé, et on sera très heureux de cette situation-là.»

Secret dénoncé

La porte-parole péquiste en matière de santé, la députée Diane Lamarre, n’en démord pas : le gouvernement Couillard travaille pour les médecins et non pour les patients. Elle dénonce que l’entente Québec-FMOQ n’ait pas été rendue publique.

«Comme l’entente est secrète, il est impossible de savoir à quels services supplémentaires le public aura droit en échange. En fait, on ne sait même pas s’il y aura quelque garantie de services supplémentaires que ce soit», a-t-elle affirmé dans un communiqué.

Même son de cloche du côté de la Coalition avenir Québec. «Des milliers de Québécois n’ont pas accès à un médecin de famille, nos salles d’urgence débordent, et le gouvernement libéral donne de nouvelles augmentations de salaire aux médecins», s’est insurgé le député caquiste François Paradis.

Santé

Accès à un médecin de famille : Barrette confiant d'atteindre la cible

Alors que le taux d’inscription à un médecin de famille se situe à seulement 76 % à moins de trois mois de l’échéance du 31 décembre 2017, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, se dit toujours confiant que la cible de 85 % sera atteinte d’ici la fin de l’année.

Au cours d’un bref entretien avec Le Soleil, jeudi, le ministre Barrette a indiqué que pour lui, «c’est le statu quo», et que la loi 20 et ses pénalités pourraient s’appliquer au 1er janvier 2018 si les médecins n’ont pas inscrit 85 % de la population. 

Relancé sur son ouverture à permettre aux médecins de procéder à la préinscription de patients (inscrire des patients en bonne santé tout de suite et les voir plus tard) pour vider plus rapidement le Guichet d’accès et atteindre la cible autrement inatteignable, le ministre a réitéré qu’il s’agissait d’une proposition de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ). 

«C’est à elle de faire la preuve» que c’est une bonne option, a dit le ministre de la Santé, tout en répétant que sa position à lui n’avait pas changé. «Les paramètres sont intacts. Je suis dans une situation de statu quo, il n’y a rien de changé», a simplement dit le ministre.

Le mois dernier, alors qu’il présentait à ses membres l’entente de rémunération conclue avec Québec, le président de la FMOQ, le Dr Louis Godin, aurait convenu que la cible d’inscription à un médecin de famille ne sera pas atteinte au 31 décembre 2017, nous a-t-on rapporté.

Le Dr Godin aurait également mentionné que si des pénalités devaient être appliquées en vertu de la loi 20, les sommes resteraient dans l’enveloppe globale gérée par la FMOQ puisque celle-ci est fermée. Selon le Dr Godin, le gouvernement n’aurait ainsi plus le bénéfice budgétaire avec la loi 20. 

Les deux parties auraient convenu de se rasseoir ensemble en décembre pour faire le point sur la situation, selon ce qu’il a été possible d’apprendre.

À la FMOQ, on affirme avoir «toujours su» que l’objectif de 85 % était «ambitieux». «Il est effectivement possible qu’on soit à court de quelques mois dans l’atteinte de cet objectif», a convenu par courriel le porte-parole de la FMOQ, Jean-Pierre Dion. 

Le PQ veut voir l’entente

En conférence de presse, jeudi matin, la députée Diane Lamarre, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé, a réclamé «le texte complet détaillé» de l’entente signée à la fin août par la FMOQ et le Conseil du Trésor. Cette entente prévoit notamment une hausse de rémunération de 10 % sur trois ans. 

«Depuis des années, ce gouvernement-là nous a habitués à faire des chèques en blanc, à ne pas s’assurer d’avoir les garanties qui permettent à la population d’être sûre qu’elle va avoir les services auxquels elle a droit», a plaidé la députée de Taillon, qui déplore que les ententes signées entre Québec et ses médecins soient «secrètes». «On a 255 millions $ sur la table, c’est ça qui a été consenti, et on n’a pas de garantie de retour sur l’investissement», a dénoncé Mme Lamarre.

Santé

Médecins victimes de discrimination: Barrette se dit impuissant

Un deuxième sondage réalisé par la Fédération des médecins résidents du Québec (FMRQ) démontre que les établissements de santé maintiennent des pratiques discriminatoires à l’endroit de la relève médicale. Une situation «déplorable et inacceptable», selon le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, qui dit cependant ne pas avoir le pouvoir d’intervenir.

Pour une deuxième année consécutive, la FMRQ a réalisé un sondage auprès de 2543 médecins résidents afin de voir si les pratiques discriminatoires identifiées l’an dernier avaient changé.

«Les résultats démontrent que ceux qui ont passé une entrevue pour un poste au cours des 12 derniers mois se font encore demander s’ils souhaitent avoir des enfants ou s’ils en ont déjà, malgré les promesses du ministère [de la Santé] de régler la situation», dénonce la FMRQ dans un communiqué diffusé jeudi.

Ainsi, sur 288 répondants qui ont dit avoir passé une entrevue au cours de la dernière année, 93 (32 %) se sont fait demander s’ils avaient des enfants ou s’ils souhaitaient en avoir. «On note que les femmes sont deux fois plus victimes de ces pratiques», mentionne la FMRQ, qui remarque que le sondage de novembre 2016 avait révélé une proportion identique de médecins résidents victimes de telles questions discriminatoires lors de leurs entrevues. 

Pratique «inacceptable»

«Cette pratique est inacceptable. Et elle d’autant inquiétante que le nombre de postes pour les médecins terminant leur formation est restreint dans de plus en plus de spécialités», déplore le président de la Fédération, le Dr Christopher Lemieux.

La FMRQ avait interpellé le ministre Barrette à ce sujet l’an dernier, et son bureau avait invité le réseau à adopter une pratique non discriminatoire. «Manifestement, le message du ministre n’a pas passé, ou alors aucune mesure concrète n’a été prise pour faire cesser ces pratiques. Pourtant, le ministre est reconnu pour prendre les moyens nécessaires pour arriver aux changements qu’il propose au sein du système de santé», souligne le Dr Lemieux.

S’il juge lui aussi «tout à fait inacceptables» ces pratiques discriminatoires et qu’il appuie «moralement» les jeunes médecins qui en sont victimes, le ministre de la Santé affirme ne pas avoir le pouvoir d’intervenir. «Il y a des chartes et des lois qui s’appliquent et qui interdisent ce genre de discrimination», a rappelé le ministre en entrevue, laissant entendre que les personnes lésées doivent s’adresser aux bonnes instances.

«Cela dit, cette discrimination n’est pas systémique. Si c’était systémique, il n’y aurait pas 75 % de femmes dans les facultés de médecine» a par ailleurs souligné le ministre. 

Santé

Plaidoyer pour de meilleurs aménagements urbains

Des acteurs de la santé invitent les municipalités et les politiciens à faire de meilleurs choix en aménagement urbain pour prévenir les maladies et réduire les coûts pour le système de santé.

«En médecine, nous savons maintenant que nos choix en aménagement urbain peuvent causer ou aggraver plusieurs maladies sévères comme les maladies cardiovasculaires, les pathologies respiratoires, le diabète, l’hypertension, l’obésité, le cancer et les maladies mentales. Ces maladies, souvent chroniques, en plus de causer un mal-être et des décès prématurés, sont extrêmement coûteuses pour notre système de santé », déplore dans un communiqué le Dr Paul Poirier, cardiologue à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ).

La pollution de l’air, causée principalement par le transport automobile, est associée à environ 300 décès prématurés par an dans la région de Québec, souligne le Dr Poirier. «C’est cinq fois plus que les accidents routiers annuels», compare-t-il.

Le cardiologue participait mardi au lancement sur la Promenade Samuel-de-Champlain de la deuxième phase du projet Ça marche Doc!, dont il est le porte-parole. Lancé en septembre 2016, ce projet vise à faire connaître «les multiples liens de cause à effet qui existent entre l’aménagement urbain et la santé». Ainsi, chaque samedi, de 10h à 10h45, un médecin convie la population à participer à une marche exploratoire dans un milieu urbain de Québec ou de Chaudière-Appalaches (camarchedoc.org pour voir la programmation). 

La phase 2 du projet consiste en la diffusion sur les ondes de MAtv de 24 émissions au cours desquelles de nouvelles thématiques médicales en lien avec l’aménagement urbain seront abordées (la leucémie infantile et la pollution sonore, par exemple). Des segments de ces épisodes diffusés le mercredi à 19h30 seront retransmis sur des écrans numériques de salles d’attente d’établissements de santé de la région de Québec, a-t-on annoncé mardi.