Santé

Des rapports d’experts accablants sur l'éclosion de légionellose de 2012

Les victimes de l’éclosion de légionellose en 2012 n’auront pas à vivre un procès de plusieurs semaines dans l’espoir d’être indemnisées. Les rapports des experts ont pesé lourd dans la balance pour convaincre la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), ses sous-traitants et la Santé publique de régler à l’amiable avec les 183 victimes. Le Soleil a lu la dizaine de rapports d’experts déposés au dossier de la cour et vous présente leurs conclusions, souvent accablantes pour les défendeurs.

La CSQ, propriétaire du Complexe Place Jacques-Cartier, source de l’éclosion, se disait minutieuse dans son entretien. Elle a pourtant attendu 16 jours avant de désinfecter ses tours de refroidissement, même après en avoir reçu l’ordre formel.

Le microbiologiste britannique Paul McDermott, témoin expert et spécialiste des agents pathogènes dans l’eau, a analysé pour les victimes la réaction de la CSQ à la grave éclosion de légionellose.

Le 2 août 2012, la Centrale des syndicats du Québec recevait de la Direction de la santé publique, comme tous les propriétaires de bâtiments de trois étages et plus, une lettre l’informant de l’éclosion de légionellose et des 14 décès et l’enjoignant à s’assurer du bon état et de l’entretien de son système de climatisation. 

On demandait aussi aux propriétaires de remplir un questionnaire et de dire si les tours de refroidissement avaient été nettoyées depuis le mois de juin 2012. En cas de réponse négative, la santé publique requérait un nettoyage immédiat de l’équipement. 

L’administratrice du Complexe Place Jacques-Cartier, Marie-Josée Dutil, était en vacances au moment de l’éclosion. À son retour au travail le 13 août, elle a rempli le questionnaire de la santé publique et a indiqué que le nettoyage des tours de refroidissement ne se ferait pas avant l’automne 2012 parce qu’elle était d’avis que la qualité de l’eau dans les tours de refroidissement était adéquate, tel que démontré par des tests réguliers.

«À mon avis, il s’agit d’une réponse négligente, juge M. McDermott. Elle savait que les deux tours de refroidissement n’avaient pas été nettoyées depuis le printemps 2011 et elle n’a rien fait.»

De plus, les registres d’entretien ne montrent aucun résultat d’analyse bactériologique dans les tours depuis le début juin 2012.

«Délai inexcusable»

Le 21 août, une équipe de la santé publique va prendre des échantillons d’eau dans les tours de refroidissement du Complexe Place Jacques-Cartier.

Le même jour, face à une multiplication des cas, les autorités de santé publique donnent l’ordre aux propriétaires de désinfecter toutes les tours.

Au Complexe Place Jacques-Cartier, le nettoyage manuel des tours de refroidissement ne commencera que le 5 septembre, au retour de vacances du technicien en bâtiment Denis Loubier, écrit l’expert McDermott. La CSQ a confirmé le 18 septembre que la désinfection était terminée, sept semaines après la première lettre de la DSQ. «Un délai inexcusable», tranche McDermott.

La Dre Sandra Imbeault, microbiologiste pour la Ville de Laval, est du même avis. Dès le début août et même si le processus était fait sur une base volontaire, «un propriétaire d’immeuble prudent et diligent aurait dû procéder à la désinfection et non seulement au nettoyage de ses tours de refroidissement», estime la Dre Imbeault. 

La situation était d’autant plus critique qu’en été, tous les facteurs sont réunis pour favoriser le développement des bactéries, souligne la scientifique.

Failles

Les experts des victimes ont été nombreux à pointer Reynald Roy, l’employé représentant l’entreprise State Chemicals qui visitait le Complexe Place Jacques-Cartier une fois par mois.

Selon l’expert britannique Paul McDermott, la CSQ s’est fiée au représentant de sa compagnie de produits chimiques sans jamais le questionner.  

Sans être chimiste ni membre de l’ordre professionnel, Reynald Roy était désigné dans l’entente avec la CSQ comme un «consultant chimiste». Ce titre pouvait tromper la CSQ sur ses compétences, note des experts. 

L’expérience de M. Roy «était beaucoup plus de nature commerciale que technique», estime le Dr Jacques Dubois, un autre microbiologiste engagé par les demandeurs.

Selon le Dr Dubois, il était de l’obligation de State Chemicals de s’assurer que les pompes programmables des tours de refroidissement soient adéquatement utilisées et calibrées pour diffuser les produits biocides dans le système de climatisation.

L’état des registres d’entretien montre que la calibration a été exécutée «plutôt empiriquement selon les connaissances personnelles de M. Roy», constate l’expert.

Ces failles «jettent un doute des connaissances de M. Roy sur l’importance de chacun des différents tests effectués périodiquement au Complexe PJC et sa capacité d’interpréter les résultats», conclut l’expert.

Le consultant de State avait recommandé au technicien de la CSQ l’ajout de pastilles de brome pour contrôler la Legionella. L’expert microbiologiste Jacques Dubois constate toutefois que le dosage recommandé par Reynald Roy «ne permettait pas d’atteindre des niveaux de brome efficaces pour désinfecter et pour éradiquer la présence de Legionella».

Contrat «limité»

L’entreprise américaine State Chemicals tentait de se défendre en disant qu’elle avait signé un «contrat limité» avec le propriétaire de Complexe Place Jacques-Cartier. Le contrat n’était pas destiné à contrôler la bactérie Legionella, écrit l’expert de State, le microbiologiste Dr William McCoy. «Ça n’incluait pas les services et les produits pour un contrôle bactérien complet», note le Dr McCoy.

State a vendu deux produits biocides à la CSQ, des produits qui n’avaient pas de date d’expiration, «ce qui sème un doute majeur sur leur efficacité réelle», note le microbiologiste Jacques Dubois.

C’est le technicien en bâtiment de la CSQ qui était responsable de tester la concentration des produits vendus par State. 

Les produits chimiques seuls ne sont pas suffisants pour contrôler la Legionella dans le système de climatisation d’un bâtiment, insiste l’expert de State. Il faut aussi un nettoyage régulier des tours de refroidissement et des tubes du condensateur, ce que la CSQ et Trane, l’autre sous-traitant responsable du condensateur au sous-sol, ont négligé de faire en 2012.

Tim Keane, ingénieur consultant spécialisé dans les systèmes de refroidissement des bâtiments, mandaté par la CSQ, soutient que le propriétaire du bâtiment comptait sur ses sous-traitants pour faire le travail pour lequel ils avaient été engagés. Il estime que Trane et State ont échoué.

Recherche du profit

Au beau milieu de la crise, le 30 août 2012, un directeur de State Chemicals écrit à un autre employé-cadre pour obtenir rapidement des documents de marketing afin d’augmenter les ventes. L’éclosion est limitée à Québec, mais tout le Canada a pris conscience du problème, écrit Paul Chatterton.

Les experts des demandeurs en viennent à la conclusion que l’entreprise «semblait davantage chercher à profiter de l’éclosion pour vendre davantage de produits plutôt que d’offrir à son représentant du support lui permettant d’assumer correctement ses responsabilités», écrit la microbiologiste Sandra Imbeault. 

Santé

Un mois sans avoir de bain au Jeffery Hale

Un groupe de préposées aux bénéficiaires du Jeffery Hale monte au créneau pour dénoncer le manque d’employés : des résidents âgés ne recevraient pas les soins requis, ne prendraient plus de bains.

Lundi, un pensionnaire de l’établissement de Québec est même descendu dans la rue, pancarte en main, pour manifester. Il voulait soutenir les travailleuses trop peu nombreuses pour suffire à la tâche.

«C’est pire que jamais», déplore Marie-Josée Lavoie, en entrevue avec Le Soleil. «Ce matin [lundi], on était 6 préposées au lieu de 16. […] J’étais toute seule sur l’étage; je me suis fait une entorse au dos. Je ne pouvais pas demander de l’aide, j’étais toute seule.»

Selon Mme Lavoie, chacun des quatre étages d’hébergement compte «environ 26 patients». Trop pour une ou deux préposées. «Il y a beaucoup de patients qui n’ont pas eu de bain depuis un mois. […] C’est les soins qui écopent dans un premier temps. Et c’est nous aussi, c’est notre santé physique, notre santé mentale. On ne se sent pas bien de ne pouvoir donner tous les soins.»

Sa collègue Line Lemieux affirme également qu’il n’y avait que six préposées en matinée lundi. «Sur mon étage, j’étais toute seule à partir de 10h jusqu’à midi pour 23 patients. […] On n’est même pas capables de les laver correctement.»

Maritza Moreira, préposée au Jeff depuis 15 ans, a aussi payé le prix de la pénurie, selon son récit. Le 8 septembre, elle a subi une entorse au dos. «On était juste trois préposées et j’étais en train de lever quelqu’un. […] J’aime mon travail, mais, sincèrement, on est au boutte du boutte. On fait les choses vite, vite. On ne donne pas la bonne qualité aux résidents.»

«Le monde, ça tombe comme des mouches», corrobore Kathryn Fortin, cosignataire d’une lettre sentie publiée dans la section Opinions du Soleil. «On ne sait plus quoi faire. Cet été, en pleine canicule, on a eu des deux-trois semaines pas de bains.»

«Ça va faire un an que c’est comme ça», renchérit Mélanie Joseph. «Il manque toujours des gens.» Elle aussi soutient s’être blessée au travail à cause de la surcharge.

«On est vraiment, vraiment fatiguées. On n’est plus capables», ajoute Hélène Bourget, 25 ans d’expérience. «On est supposé travailler à quatre sur l’étage, puis on travaille à deux. […] Il y a une limite.»

Absences imprévues

La direction du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale (CIUSSS-CN) conteste les chiffres avancés sur le nombre d’employés présents lundi matin. Annie Ouellet, agente d’information aux relations avec les médias, parle de 10, pas de 6. 

Vrai cependant que beaucoup de préposées étaient absentes puisqu’il en faut 16. Mais du personnel de substitution a été appelé en renfort, avance-t-elle. Elle admet néanmoins que la pénurie frappe au Jeffery Hale, comme ailleurs dans le réseau.

«On est toujours en besoin de main-d’œuvre», note-t-elle. «Mais les vacances sont terminées, ça devrait assurer plus de stabilité.»

«C’est sûr qu’on souhaiterait avoir des équipes complètes.» Des absences imprévues forcent par contre l’administration à trouver rapidement des remplaçants, dit-elle.

Mme Ouellet convient qu’il faut parfois plus de temps que prévu pour s’occuper des résidents. Elle assure toutefois que «les soins et l’alimentation ont été assurés».

Santé

Les infirmières praticiennes spécialisées veulent poser des diagnostics

L’Association des infirmières praticiennes spécialisées du Québec (AIPSQ) se réjouit des engagements pris par les différents partis, qui promettent de donner plus d’autonomie à ses membres. Elle souhaite maintenant que ces engagements se concrétisent, notamment par la modification de la Loi médicale, qui empêche actuellement les infirmières praticiennes spécialisées (IPS) de poser des diagnostics.

«C’est cette loi-là au Québec qui fait en sorte que d’autres professionnels de la santé ne peuvent poser de diagnostic. Ailleurs au Canada, les IPS le peuvent», rappelle en entrevue au Soleil la présidente de l’AIPSQ, Christine Laliberté.

Santé

Les chiropraticiens du Québec réclament une plus grande reconnaissance légale

MONTRÉAL — L'Ordre des chiropraticiens du Québec accentue la pression pour faire réviser la loi vieille de 45 ans qui encadre cette profession.

Le président de l'ordre professionnel, Jean-François Henry, fait valoir que la Loi sur la chiropratique, adoptée en 1973, ne s'est pas adaptée à l'évolution des pratiques.

Il réclame une précision des activités réservées aux chiropraticiens, de même qu'une reconnaissance de leur autorité à poser un diagnostic neuromusculosquelettique — reconnaissance dont bénéficient déjà leurs collègues dans toutes les provinces canadiennes.

L'Ordre des chiropraticiens du Québec, qui regroupe quelque 1350 professionnels, présente sa revendication comme une réponse à l'engorgement du réseau de la santé.

Avec plus de deux millions d'interventions chaque année, les chiropraticiens constituent «une denrée professionnelle qui mérite d'être utilisée davantage», fait valoir le M. Henry.

Alors que de plus en plus de patients se tournent vers des thérapies dites alternatives ou complémentaires, tout le monde s'entend sur l'importance de cette modernisation, soutient-il.

«Le lendemain de l'élection, on va continuer nos efforts de représentation, assure-t-il. On est confiants parce qu'un moment donné, il va falloir entendre raison et la logique doit prévaloir.»

Santé

L’acide folique n’empêche pas la pré-éclampsie chez les femmes à risque élevé

TORONTO — La prise de fortes doses d’acide folique pendant la grossesse n’empêche pas la pré-éclampsie chez les femmes présentant un risque élevé de cette maladie potentiellement mortelle, selon une étude internationale menée par des chercheurs canadiens.

La découverte, qui réfute une croyance de longue date sur le rôle préventif de l’acide folique face à la pré-éclampsie, devrait modifier la pratique consistant à prescrire des doses supplémentaires de vitamine B aux femmes enceintes à haut risque dans le monde entier.

Le chercheur principal, le docteur Mark Walker de l’Université d’Ottawa, a expliqué que les résultats de l’étude ne signifient pas la fin de l’acide folique pris à faible dose pour prévenir les anomalies du tube neural du foetus, lesquelles peuvent causer le spina bifida.

«Toutes les femmes devraient prendre de l’acide folique pendant au moins trois mois avant la conception, a dit le docteur Walker, le chef de l’obstétrique et de la gynécologie à l’Hôpital d’Ottawa. Je pense que c’est sûr et efficace de prendre 0,4 à 1 mg d’acide folique dans une multivitamine pendant toute la grossesse. Cependant, les femmes à risque de pré-éclampsie n’ont aucun avantage à prendre une forte dose d’acide folique.»

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Santé

De plus en plus de campus universitaires sans fumée au Canada

OTTAWA - Le nombre d’universités et de collèges sans fumée continue d’augmenter au pays.

Dans un rapport publié jeudi, la Société canadienne du cancer fait état de 65 campus où il est interdit de fumer, à l’extérieur comme à l’intérieur. De ce nombre, 44 disposent de politiques s’appliquant également à la consommation du cannabis. On en compte 43 qui disposent de politiques s’appliquant à l’usage de la pipe à eau (chicha) et 53 qui ont des politiques sur l’usage de la cigarette électronique.

L’an dernier, 30 campus étaient considérés sans fumée au Canada. Or, on en comptait que quatre en 2007. L’Université Dalhousie à Halifax a été en 2003 le premier établissement à faire de son campus un endroit sans fumée.

Pour Rob Cunningham, analyste principal des politiques à la Société canadienne du cancer, cette tendance nationale est fort encourageante. Selon lui, en plus d’assurer une protection contre la fumée secondaire, les campus sans fumée offrent une motivation supplémentaire pour abandonner le tabagisme. Il souligne cependant qu’il reste encore énormément de travail à faire, soulignant que le Canada compte environ 260 universités et collèges.

La Société canadienne du cancer souligne que plusieurs établissements sont en voie d’instaurer des politiques plus strictes, en raison notamment de la légalisation imminente du cannabis, le 17 octobre. L’un des enjeux concerne les mesures à prendre envers les étudiants qui n’ont pas l’âge minimum pour consommer du cannabis.

Santé

Quatre mois après une greffe du visage, Maurice Desjardins se porte bien

Sept ans et demi après avoir été gravement défiguré dans un accident de chasse, le sexagénaire qui a reçu une greffe du visage il y a quatre mois se porte bien, a précisé mercredi l’équipe médicale montréalaise qui a réalisé l’exploit.

Dans ce que les médecins qualifient de «première canadienne», des chirurgiens de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont ont réussi à greffer un nouveau visage à Maurice Desjardins, âgé de 64 ans. L’opération, qui a duré 30 heures, a été pratiquée en mai dernier. Cette opération avait déjà été pratiquée une quarantaine de fois dans le monde depuis 2005, mais selon l’équipe montréalaise, dirigée par le chirurgien plasticien Daniel Borsuk, M. Desjardins serait le plus vieux receveur d’une telle greffe du visage.

Le docteur Borsuk, qui enseigne aussi à l’Université de Montréal, a indiqué que la délicate opération avait été le résultat d’années de travail concerté et méticuleux de l’équipe, et aussi «du courage et de la coopération incroyables» du patient et de sa famille. Mais pour M. Desjardins, il n’y avait pas d’autre option, soutient le chirurgien.

«Imaginez : vous souffrez chez vous en silence pendant des années et vous ne sortez pas aussi souvent que vous le voudriez, vous dormez dans une pièce à part, à cause du son de la trachéotomie [ouverture dans la trachée] : vous menez une existence très difficile», a expliqué le chirurgien. «Et puis, du jour au lendemain, vous avez droit à une deuxième chance.»

Un accident de chasse en 2011 avait laissé M. Desjardins sans mâchoire, sans nez et sans dents. Il vivait constamment dans la douleur et l’isolement, même après cinq chirurgies reconstructives. En s’adressant au docteur Borsuk à Montréal, il espérait pouvoir respirer normalement, parler correctement, et retrouver un nez, des lèvres, des mâchoires et des dents. Le docteur Borsuk a ajouté mercredi que M. Desjardins voulait aussi pouvoir sortir sans gêne avec sa petite-fille.

Le chirurgien a décrit la procédure comme «une combinaison de science, de technologie, d’ingénierie et d’art», qui a nécessité des années de planification et de formation à la morgue de l’hôpital, afin de minimiser les risques et maximiser les résultats. L’opération a nécessité l’expertise de neuf chirurgiens, de multiples spécialistes et la collaboration de plus de 100 professionnels, dont des médecins, des infirmières et de nombreux autres membres du personnel.

Après sept ans et demi de calvaire, 30 heures sur la table d’opération et une semaine aux soins intensifs, M. Desjardins, en découvrant son nouveau visage dans un miroir, a levé le pouce et a serré son chirurgien dans ses bras.

Pas n’importe quel donneur

Transplant Québec, l’organisme responsable des dons d’organes, a souligné la générosité de la famille du donneur non identifié, qui a autorisé le prélèvement. Le docteur Borsuk a précisé que contrairement à des organes internes, le visage ne pouvait provenir de n’importe quel donneur : il devait avoir la même couleur de peau, la même taille, la même structure osseuse, et jusqu’à la même couleur de cheveux.

Ni M. Desjardins ni sa femme n’étaient présents mercredi à la conférence de presse, mais quatre mois après l’opération, le docteur Borsuk a indiqué que le patient se remettait bien et pouvait respirer sans trachéotomie, mastiquer avec ses nouvelles mâchoires, sentir et parler correctement.

La convalescence et la réadaptation prendront encore au moins un an, car M. Desjardins doit réapprendre des gestes quotidiens comme manger, boire et même sourire. Il prendra aussi pour le reste de sa vie des médicaments immunosuppresseurs, pour éviter le rejet du nouvel organe.

Santé

Le cancer, un fléau en progression «alarmante»

PARIS — Un homme sur cinq et une femme sur six dans le monde développeront un cancer au cours de leur vie, et un homme sur huit et une femme sur onze meurent de cette maladie, selon les chiffres mondiaux dévoilés mercredi.

Le cancer continue sa progression «alarmante» dans le monde avec 18,1 millions de nouveaux cas et 9,6 millions de décès en 2018, d’après les dernières estimations du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC/IARC), qui dépend de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le cancer du poumon est de loin le plus meurtrier avec 1,8 million de décès (18,4% du total). Il devance le cancer colorectal (881.000 décès, soit 9,2 % du total), le cancer de l’estomac (783.000 décès) et le cancer du foie (782.000 décès), selon ces nouvelles estimations établies pour 36 cancers dans 185 pays.

Sans les cancers cutanés autres que les mélanomes, retirés pour pouvoir établir une comparaison avec les années précédentes, les nouveaux cas de cancer dans le monde atteignent 17 millions en 2018 contre 14 en 2012 selon la précédente estimation.

«Ces nouveaux chiffres montrent qu’il reste beaucoup à faire pour répondre à l’augmentation alarmante du fardeau mondial du cancer et que la prévention doit y jouer un rôle clé», selon le Dr Christopher Wild, directeur du CIRC, basé en France, à Lyon.

«Des politiques efficaces de prévention et de détection précoce doivent être mises en oeuvre de toute urgence pour compléter les traitements pour lutter contre cette maladie dévastatrice à travers le monde», ajoute-t-il dans un communiqué.

Près de la moitié des nouveaux cas et plus de la moitié des décès par cancer dans le monde en 2018 surviennent en Asie, principalement en Chine, en partie parce que cette région concentre près de 60% de la population mondiale.

43,8 millions de personnes vivent avec un cancer dans le monde dans les cinq ans suivant le diagnostic, note l’agence spécialisée.

Le cancer du poumon arrive en tête des cancers le plus fréquemment diagnostiqués chez les hommes et constitue leur principale cause de décès par cancer avec environ un décès sur cinq.

Femmes et cancer du poumon

Le rapport souligne l’«augmentation préoccupante» du cancer du poumon chez les femmes: il constitue la principale cause de décès par cancer chez les femmes dans 28 pays.

C’est en Amérique du Nord, en Europe du Nord et de l’Ouest (notamment au Danemark et aux Pays-Bas), en Chine, en Australie et en Nouvelle-Zélande que l’on observe les taux de nouveaux cas les plus élevés chez les femmes, la Hongrie venant en tête de liste.

Le cancer du sein est la principale cause de décès par cancer chez les femmes (627.000 décès).

Il représente aussi environ un quart des nouveaux cas de cancer diagnostiqués chez les femmes dans le monde. Suivent, en terme de nouveaux cas, le cancer colorectal dans les pays développés et le cancer du col de l’utérus dans les pays en développement.

L’augmentation des cancers est due à plusieurs raisons comme la croissance démographique, le vieillissement et la hausse de la fréquence des facteurs de risques tels le tabagisme, l’obésité, le manque d’exercice, une alimentation déséquilibrée.

Dans les pays à croissance économique rapide, les cancers liés à la pauvreté et aux infections (foie, estomac, col de l’utérus) peuvent évoluer vers des cancers associés aux modes de vie plus typiques des pays industrialisés, observe le CIRC.

La prévention doit tenir compte de l’impact des différents cancers selon le sexe, les régions ou pays, et être ciblée en conséquence, d’après les auteurs.

Un tiers à deux cinquièmes des nouveaux cas de cancer pourraient être évités en éliminant ou en réduisant l’exposition à des facteurs de risque connus liés au mode de vie et à l’environnement, selon de récentes études, notent les auteurs dans leur article parus dans «CA», un journal sur le cancer pour les cliniciens.

«Les décideurs politiques ne sont pas conscients du degré de progrès et des avantages que procure la prévention», regrettent-ils.

Santé

Les patients québécois bénéficient des consultations de première ligne en pharmacie

MONTRÉAL - Une étude conclut que les usagers québécois des services en pharmacie bénéficient grandement des consultations de première ligne qui y sont données.

L’étude commandée par l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP) révèle que dans 77 pour cent des cas, les conseils donnés par les pharmaciens ont évité l’utilisation d’au moins une autre ressource du système de santé.

De plus, 26 pour cent des patients qui ont consulté leur pharmacien ont évité de s’absenter du travail et 93 pour cent des usagers ont fait part de leur satisfaction des services reçus.

L’étude permet à l’AQPP d’estimer que les conseils prodigués par les pharmaciens propriétaires représentent, au Québec, une valeur de près de 500 millions $ par année pour le système de santé.

Le président de l’AQPP, Jean Thiffault, affirme que l’étude confirme que les pharmaciens communautaires jouent un rôle de triage de premier plan.

Un échantillon de 19 pharmacies communautaires situées dans 11 régions et totalisant 95 pharmaciens ont pris part à l’étude qualifiée d’indépendante qui a été réalisée conjointement par des chercheurs du Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO), du Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM) et de HEC Montréal.

L’Association québécoise des pharmaciens propriétaires prétend représenter les 2078 pharmaciens propriétaires des 1900 pharmacies du Québec.

Élections 2018

La clinique SABSA veut des engagements fermes de la part des partis

Le candidat libéral dans Taschereau, Florent Tanlet, s’est engagé mardi à apporter son «soutien indéfectible» à SABSA dans la bonification de son entente avec le gouvernement du Québec. Un engagement jugé «timide» par la coordonnatrice de la coopérative du quartier Saint-Roch, Amélie Bédard, qui rappelle que «ce dont on a besoin, c’est 250 000 $ par année!»

En conférence de presse, mardi, Florent Tanlet a dévoilé ses principaux engagements pour sa circonscription, dont celui de «faire les revendications pour SABSA auprès du gouvernement». Il y a lieu, a-t-il dit, de «bonifier, peaufiner» l’entente actuelle entre Québec et la coopérative, qui offre des services de santé à une clientèle vulnérable et marginalisée. «C’était la première entente, donc en fonction des réalités, il y a sans doute besoin de changer quelques petites choses», a dit le candidat libéral dans Taschereau.

Selon lui, peut-être y aurait-il moyen, par exemple, de permettre à SABSA d’utiliser différemment le budget prévu pour l’achat de fournitures médicales. Vérification faite auprès d’Amélie Bédard, l’entente prévoit un montant pouvant atteindre jusqu’à 20 000 $ pour l’achat de ces fournitures, mais la coopérative de santé ne dépense pas plus de 5000 $. Selon elle, la différence pourrait servir à assumer d’autres dépenses, comme celles liées au logiciel informatique utilisé par l’infirmière praticienne spécialisée (IPS) Isabelle Têtu. 

La coordonnatrice de SABSA souligne que l’entente avec le gouvernement, qui se renouvelle d’office chaque automne, doit être complètement révisée. «On va faire de plus grosses demandes», prévient Mme Bédard, qui voudrait notamment que les frais d’opération (loyer, chauffage, télécommunications, frais de déplacement, etc.) et le salaire de l’infirmière bachelière de la coopérative soit payés par le système public. 

À l’heure actuelle, l’entente prévoit seulement, outre le salaire de l’IPS et le remboursement des fournitures médicales, le «prêt» d’une travailleuse sociale trois jours par semaine. Le reste doit être assumé par la coopérative, qui doit organiser des campagnes de financement pour assurer sa survie.

Laurentienne en boulevard urbain

Florent Tanlet s’est par ailleurs engagé lundi à «transformer la plus grande partie du sud de l’autoroute Laurentienne en boulevard urbain», faisant ainsi écho aux demandes faites la semaine dernière par des groupes environnementaux et des conseils de quartier. 

«Mon souhait, idéalement, c’est que le boulevard urbain s’étende de Soumande à Dorchester. […] Mais tous les organismes savent très bien qu’on ne fera pas une pelletée de terre d’ici quatre ans. On n’en est pas là. On sait que c’est un horizon de 20 ou 30 ans», a-t-il dit, ajoutant que le Parti libéral avait la volonté de «voir loin», lui qui a donné son appui au réseau de transport structurant de la Ville de Québec.

Un passage piétonnier arc-en-ciel

Le candidat libéral a également fait part de sa volonté d’avoir dans Taschereau un passage piétonnier arc-en-ciel, comme il y en a dans d’autres villes, pour souligner l’ouverture de la capitale à la diversité sexuelle. «J’en ai parlé à la Ville, et elle s’est montrée très, très ouverte. C’est juste quelques coups de peinture, et le tour est joué», a-t-il dit. 

Florent Tanlet a aussi promis de tout faire pour qu’une «Aire ouverte», un lieu d’accueil qui vise l’amélioration de la santé globale et du bien-être des jeunes vulnérables de 12 à 25 ans, soit implantée dans Taschereau (il y a actuellement des «Aires ouvertes» dans la région de Montréal et sur la Côte-Nord). Le candidat libéral, qui s’est dit «préoccupé depuis toujours» par le sort des jeunes, a rappelé que plus de 75 % des troubles mentaux se manifestent avant l’âge de 25 ans, et que 50 % des troubles présents chez les adultes ont débuté avant l’âge de 14 ans. 

Une école 42 dans Taschereau

Un autre engagement des libéraux : appuyer l’établissement dans Taschereau d’un centre de formation inspiré de l’école 42, implantée en France et destinée aux jeunes et aux adultes souhaitant poursuivre des études informatiques poussées. Rappelant que Québec était particulièrement touchée par une pénurie de main-d’œuvre dans le secteur numérique, Florent Tanlet s’est engagé à ce que ce genre de centre s’installe dans sa circonscription si l’étude de faisabilité confiée à Québec numérique recommande l’implantation d’un tel lieu d’apprentissage.