Avec cette nouvelle appellation, la Clinique médicale Val-Bélair pourra continuer d’offrir un service de sans rendez-vous à la clientèle non-inscrite ou orpheline de la Haute-Saint-Charles.

«Sans rendez-vous populationnel»: un nouveau statut pour la Clinique médicale Val-Bélair

Entre la clinique-réseau et la superclinique, une nouvelle entité est née : le «sans rendez-vous populationnel». C’est ce qu’est devenue la Clinique médicale Val-Bélair, qui n’a pas encore les ressources pour se transformer en superclinique et dont le financement comme clinique-réseau a pris fin le 1er avril, a appris Le Soleil.

Avec cette nouvelle appellation, la Clinique médicale Val-Bélair pourra continuer d’offrir un service de sans rendez-vous à la clientèle non-inscrite ou orpheline de la Haute-Saint-Charles. C’est la solution qui a été trouvée pour éviter une autre fermeture de sans rendez-vous dans la capitale. 

Au cours des derniers mois, trois cliniques-réseau de Québec ont dû fermer leur sans rendez-vous à la clientèle non-inscrite. Incapables de répondre aux exigences du programme de superclinique, la Clinique médicale Pierre-Bertrand et le Centre médical de Charlesbourg ont fermé leur portion réseau le 1er avril 2017 et le 1er novembre dernier respectivement. 

Dans le secteur de Beauport, la transformation de la Clinique médicale des Promenades en superclinique en novembre dernier a mené à la fermeture d’un autre sans rendez-vous aux patients orphelins, celui de la Clinique médicale Giffard, située elle aussi dans le centre commercial des Promenades Beauport. 

Un autre service de sans rendez-vous, celui du CLSC Haute-Ville, a également fermé ses portes à la clientèle orpheline en mars 2017. 

Faute de médecins pour couvrir les heures élargies exigées par le programme de superclinique, la Clinique médicale de Val-Bélair était menacée de fermeture depuis le 1er avril, date limite imposée aux cliniques-réseau pour se transformer en supercliniques. 

L’autre solution pour éviter la fermeture de la clinique aurait été de lui permettre d’avoir une dérogation sur les heures d’ouverture le temps qu’elle trouve de nouveaux médecins. Une telle dérogation a été permise dans la région de Laval, où seulement deux des six supercliniques sont ouvertes 84 heures par semaine, les quatre autres n’étant ouvertes que 76 heures. Mais le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a répété à plusieurs reprises qu’il ne permettrait plus d’autres dérogations du genre. 

«La région de Laval est la seule dérogation autorisée, dans le contexte du déploiement d’un nouveau système en rodage [le projet-pilote Rendez-vous santé Québec]. Il est prévu que ces supercliniques atteignent une prestation de service conforme au programme», disait le mois dernier au Soleil une porte-parole du ministère de la Santé, Noémie Vanheuverzwijn, assurant que toutes les supercliniques de toutes les régions étaient traitées de façon équitable. 

Révision du statut aux trois mois

Le statut intermédiaire trouvé pour la Clinique médicale Val-Bélair, qui reçoit du financement et du soutien professionnel du CIUSSS de la Capitale-Nationale, s’accompagne d’une révision aux trois mois, nous a-t-on dit. 

La clinique, qui offre quelque 35 000 consultations sans rendez-vous par année (patients inscrits et non-inscrits confondus), doit augmenter sa proportion de patients non-inscrits vus. Elle en reçoit actuellement environ 7000 par année. À terme, les supercliniques doivent voir un minimum de 20 000 patients non inscrits annuellement. 

En tant que «sans rendez-vous populationnel», la Clinique médicale de Val-Bélair garde les mêmes heures d’ouverture que quand elle était clinique-réseau, soit de 8h à 21h du lundi au vendredi et de 8h à midi les samedis, dimanches et jours fériés. Les rendez-vous sont donnés par téléphone (418-767-2322) à partir de 7h15 chaque matin et pourront l’être bientôt par internet avec Rendez-vous santé Québec.

Dans un communiqué qu’elle a fait parvenir au Soleil mardi après-midi, la clinique mentionne que la problématique de «manque d’effectifs médicaux chroniques» dans la Haute-Saint-Charles sera amplifiée au cours des 24 prochains mois avec le départ de nombreux médecins à la retraite, qui laisseront quelque 17 000 nouveaux patients orphelins. 

«L’enjeu majeur est le recrutement de nouveaux médecins», écrivent les médecins responsables de la clinique, la Dre Sophie Claude et le Dr Bernard Fallu, ajoutant que la ville de Québec vit une situation particulière, alors que les CHSLD et l’Institut en santé mentale de Québec sont en grave pénurie de médecins. «Espérons qu’à terme, nous saurons convaincre les autorités pour faire en sorte que de nouveaux médecins puissent s’installer dans la Haute-Saint-Charles pour la mission de prise en charge et de sans rendez-vous populationnel», concluent-ils.