Samuel Cozak subit son procès pour une accusation de voies de fait sur un agent correctionnel de l’établissement de détention de Québec.

Samuel Cozak n’en a pas encore fini avec la justice

Samuel Cozak affirme que c’est bien involontairement qu’il a frappé un agent correctionnel à la prison d’Orsainville. La poursuite rétorque qu’une image vaut mille mots…

L’étudiant en droit Samuel Cozak, 27 ans, a obtenu l’automne dernier l’arrêt des procédures pour lui, son frère Charles et son père Daniel, professeur en chimie, en invoquant l’arrêt Jordan. Les accusations de production d’ecstasy sont ainsi tombées et le procès Breaking Bad a du coup avorté.

Samuel Cozak n’en a pas encore fini avec la justice. Il subit son procès pour une accusation de voies de fait sur un agent correctionnel de l’établissement de détention de Québec.

Le 22 décembre 2015, trois mois après son arrestation, Samuel Cozak se trouve dans la salle de divulgation avec son père Daniel Cozak à consulter des éléments de la preuve policière.

Lorsque les agents correctionnels lui annoncent qu’il va être transféré dans le secteur de protection, Samuel Cozak voit rouge et refuse d’obtempérer. «Si vous me mettez avec les “protec”, quand je sors d’ici, je suis mort!» lance le détenu. 

Il grimpe sur un classeur et, en se donnant un élan, frappe un agent au thorax avec ses pieds. Cozak reçoit un jet de poivre de Cayenne juste après.

L’avocat de Samuel Cozak, Me Jean-Roch Parent, a indiqué que c’est parce que son client était déséquilibré par le jet de poivre irritant qu’il a involontairement heurté l’agent correctionnel.

Le procureur de la Couronne Me Michel Fortin a fait visionner la scène à la juge Hélène Bouillon. «Le vidéo [des caméras de surveillance] parle de lui-même, estime Me Fortin. Tout le reste est superflu.»

Aux yeux de la poursuite, Samuel Cozak a commis une voie de fait volontairement en refusant d’obtempérer aux ordres des agents.

Légitime défense?

Tout en plaidant que le geste était involontaire, l’avocat de Samuel Cozak insiste pour obtenir une série de documents carcéraux qui prouvent, selon lui, que son client pouvait agir en état de légitime défense.

Quelques jours avant l’altercation, une agente correctionnelle avait tenu des propos visant à susciter la grogne des autres détenus envers Samuel Cozak. L’agente soutenait que certaines mesures plus restrictives avaient été mises en place en raison de plaintes logées par le jeune Cozak. 

Le comportement inadéquat de l’agente correctionnelle a été reconnu par les autorités carcérales.

Deux poursuites

Depuis l’arrêt des procédures lancées contre eux, le père Cozak et ses deux fils ont intenté une poursuite de 22,5 millions $ contre la Procureure générale du Québec, le Directeur des poursuites criminelles et pénales et la Sûreté du Québec en se disant victimes d’une «enquête bâclée».

Les trois membres du clan Cozak ont aussi déposé en janvier une mise en demeure contre l’Établissement de détention de Québec et réclament plus de 2 millions $ pour leurs «mauvaises conditions d’hébergement» durant leur détention de 26 mois.

NDLR Sur notre vidéo de l’événement, les visages des agents correctionnels ont été brouillés pour respecter une ordonnance de la cour visant à protéger leur identité.