Au total, le Salon de jeux occupe aujourd’hui une superficie de 40 500 pieds carrés dans le centre commercial Fleur de Lys. Depuis son ouverture en 2014, l’établissement a vu ses résultats financiers bondir de 34,9 millions $ pour l’exercice financier 2015-2016 à 45,5 millions $ en 2017-2018.

Salon de jeux de Québec: la facture atteint 42 M$

Pour une troisième fois en 11 ans, le Salon de jeux de Québec pourrait nécessiter des investissements importants. Depuis 2007, l’établissement a déjà coûté 42 millions $ à Loto-Québec.

Mercredi, les troupes de François Legault ont mandaté la société d’État pour commander une étude d’opportunité afin de déterminer l’endroit où pourrait déménager le Salon de jeux dans la capitale. Les secteurs du Vieux-Québec, du Vieux-Port ainsi que Sainte-Foy ont été avancés au cours des derniers mois.

Le gouvernement trouve inconcevable que le Salon se situe à Vanier. Il estime qu’il s’agit de l’un des quartiers les plus défavorisés de la capitale. «Sa localisation actuelle est une erreur historique qu’il faut corriger», a mentionné à plusieurs reprises la Coalition avenir Québec depuis un an.

Québec souhaite aussi connaître à partir de cette analyse l’impact d’une transformation de l’établissement en casino, notamment, si la région de La Malbaie pouvait en souffrir . Loto-Québec a confirmé, jeudi, avoir obtenu le feu vert pour commander une telle étude.

Pour information, il n’y a pas si longtemps, le Casino de Charlevoix enregistrait des baisses récurrentes de revenus. En 2016, afin de modifier cette tendance, Loto-Québec avait injecté 6 millions $ pour bonifier son offre alimentaire et de divertissement. Un pari qui s’est avéré salutaire.

Mais revenons à nos moutons. Ce n’est pas la première fois que le Salon de jeux de Québec fait tant couler d’encre. Déjà en 2007, 18 directeurs de santé publique du Québec s’inquiétaient de l’impact sur les joueurs et le quartier de la décision du gouvernement Charest de marier les activités de Loto-Québec et l’industrie des courses de chevaux. L’implantation du nouvel établissement avait été autorisée par un décret gouvernemental en novembre 2006. Les experts de la santé demandaient déjà de relocaliser l’endroit ailleurs dans la ville, mais en vain.

C’était la naissance du Ludoplex. La facture pour la construction et l’aménagement de l’édifice avait nécessité des investissements de 32 millions $.

Les premières années n’ont pas été de tout repos. L’achalandage était en deçà des attentes et les bénéfices n’étaient pas au rendez-vous. Selon un rapport annuel en 2011, les salons de Québec et de Trois-Rivières avaient enregistré des revenus combinés de 22 millions $.

Au printemps 2014, on annonce le déménagement du Ludoplex en raison de la construction de l’amphithéâtre. Le nouvel espace de 30 775 pieds carrés est presque deux fois plus petit que l’ancien local sur le site d’ExpoCité.

En novembre, le chantier d’environ 9 millions $ est complété. L’établissement de jeux accueille de nouveau les parieurs et voit rapidement ses profits et son achalandage grimper en flèche.

Deux ans plus tard, Loto-Québec y aménage son centre de paiement aux gagnants. Un investissement de 1,3 million $.

Au total, le Salon de jeux occupe aujourd’hui une superficie de 40 500 pieds carrés dans le centre commercial Fleur de Lys. Depuis son ouverture en 2014, l’établissement a vu ses résultats financiers bondir de 34,9 millions $ pour l’exercice financier 2015-2016 à 45,5 millions $ en 2017-2018.

Quant à la question du bail, Loto-Québec indique être présentement en discussion avec le propriétaire de Fleur de Lys. Elle refuse de dévoiler la durée de son entente.

Dans un document public, on peut toutefois lire que le contrat pourrait prendre fin en 2019, car Loto-Québec possède à partir de ce moment une option de «trois périodes de prolongation additionnelles de cinq années», selon ses besoins.

Inquiétude

Joint par Le Soleil, le propriétaire du centre commercial Fleur de Lys, Trudel Alliance, ne cache pas son inquiétude face au possible déménagement du Salon de jeux de Québec.

«Nos locataires sont inquiets. Fleur de Lys a beaucoup souffert au cours des dernières années. Les commerçants craignent aujourd’hui de perdre un joueur qui attire un achalandage de plus de 500 000 personnes annuellement. Souvent, les personnes qui vont au Salon de jeux fréquentent également le centre commercial. Ils achètent de la marchandise», affirme William Trudel, président et chef de la direction.

Propriétaire de l’établissement depuis juillet, le promoteur souhaite redynamiser le site au cours des prochaines années. Il étudie différents scénarios, comme la construction d’édifices commerciaux et de bureaux ainsi qu’un hôtel. Il veut également bonifier l’offre de restauration.