Mathieu Guimont, 32 ans, Isabelle Mecteau, 31 ans, et le petit Elliot, 16 mois

Sainte-Brigitte-de-Laval: la banlieue dans les montagnes

Amorcée au début des années 2000 pour accroître ses revenus grâce aux recettes provenant des taxes foncières, l'opération séduction de Sainte--Brigitte-de-Laval a dépassé les attentes. En mai dernier, date du dernier recensement de Statistique Canada, la population a atteint 5696 âmes. La petite municipalité située à une trentaine de kilomètres au nord du centre-ville de Québec souhaite désormais compter, à moyen terme, 8000 Lavallois sur son territoire.
Le taux de natalité qui a monté en flèche dans la région, la pénurie de terrains dans la Capitale-Nationale et les affiches faisant la promotion d'unités d'habitation à des prix soi-disant imbattables, qui pullulent le long de la seule route qui traverse le village, laissent croire que cet objectif sera facilement atteint. La municipalité elle-même a acheté les premiers terrains pour donner l'exemple aux promoteurs, qui ont rapidement flairé la bonne affaire.
Désormais, toutes les terres qui pouvaient être développées par des promoteurs immobiliers sont réservées, explique la directrice de l'aménagement du territoire de Sainte-Brigitte-de-Laval, Wanita Daniele. Ceux qui n'ont pas été assez rapides pour saisir cette occasion en or se sont inscrits sur une liste d'attente dans l'espoir de mettre la main sur l'un des terrains qui seront disponibles lorsque la municipalité réussira à faire agrandir son périmètre urbain.
À court terme, c'est 1000 nouvelles unités d'habitation qui verront le jour dans les différents ensembles résidentiels de Sainte-Brigitte-de-Laval qui s'ajouteront aux 1231 déjà construites en l'espace de quatre ans. Celles-ci sont majoritairement occupées par des couples dans la vingtaine ou la jeune trentaine, des premiers acheteurs, qui se disent enchantés de s'être installés dans la couronne verte pour démarrer leur famille.
L'accessibilité
Mathieu Guimont, 32 ans, et Isabelle Mecteau, 31 ans, ont d'abord été découragés par la distance séparant Sainte-Brigitte-de-Laval de Québec, même s'ils souhaitaient s'installer en banlieue pour avoir leur petit bout de terre à eux. «On est venus pour visiter, puis on est repartis avec un terrain en tête», explique le jeune père tombé amoureux de la vallée Montmorency et du montant à débourser pour s'y installer. «C'est le prix qui nous a attirés, mais la beauté du paysage qui nous a convaincus», affirme Mathieu, ajoutant que des «jumelés à 120 000$, ça n'existait nulle part ailleurs». C'est finalement 160 000$ que le couple a payé pour son logis, dans lequel il a installé une garderie en milieu familial après la naissance de leur fils Elliott.
Vincent Turgeon, 28 ans, et Lyne Grenier, 31 ans, admettent que Sainte-Brigitte n'était pas leur premier choix. Mais ils souhaitaient quitter Limoilou pour acheter une maison sans se ruiner et, surtout, pour continuer à voyager. Ces amateurs de plein air ne regrettent pas leur décision. «On décroche quand on arrive ici», lance Lyne en regardant par la fenêtre donnant sur la cour d'où l'on aperçoit les montagnes tant vantées par la municipalité et les promoteurs.