«Ça prenait des mesures draconiennes, mais maintenant, j’ai un conseil qui est prêt à le faire», a déclaré le maire Sylvain Juneau.

Saint-Augustin: le compte de taxes le plus élevé de la région de Québec

À problème grave, remède douloureux: le nouveau conseil municipal de Saint-Augustin-de-Desmaures a décidé de s’attaquer à sa dette de 104,2 millions $. Les élus ont ainsi créé une taxe spéciale qui contribuera à faire du compte de taxes augustinois, à 4171 $ pour une maison moyenne, le plus élevé de la région de Québec.

«Ça prenait des mesures draconiennes, mais maintenant, j’ai un conseil qui est prêt à le faire», a déclaré le maire en rencontre de presse mercredi après-midi. «Ça va être long, ça va être pénible, mais avec ce conseil-là, on va s’en sortir», a-t-il ajouté mercredi soir, provoquant quelques applaudissements tout juste avant que le budget 2018 soit adopté à l’unanimité par le conseil.

Élu en 2015, le maire Juneau ne cache pas qu’il a davantage d’atomes crochus avec son nouveau conseil qu’avec les conseillers issus de l’administration de l’ex-maire Marcel Corriveau, qui ont quitté la politique en novembre.

«Taxe Corriveau»

Ainsi, une hausse de taxes annuelle récurrente de 1,5 %, que le maire a qualifiée de «Taxe Corriveau», sera affectée spécialement à la dette chacune des cinq prochaines années. Elle sera cependant limitée à 0,75 % en 2018 pour porter la hausse à 4,39 % dans le secteur résidentiel. La hausse totale pour le secteur commercial et industriel sera quant à elle de 2,89 % cette année.

Le maire Juneau prévoit ensuite limiter la hausse annuelle du compte de taxes à 3,65 %, en incluant la nouvelle taxe, pendant les cinq prochaines années. Ainsi, le compte de taxes d’une maison unifamiliale moyenne passera de 3995 $ à 4171 $ en 2018, avec une projection de 4 989 $ en 2023.

Bref, une hausse de l’ordre de 25 % prévue sur un horizon de cinq ans pour des contribuables qui ont déjà absorbé des augmentations de plus de 30% à ce chapitre au cours des trois dernières années. «Ne nous trompons pas, je ne suis pas à l’aise avec ça, ça m’écoeure», a déclaré le maire Juneau au sujet du fait que ses citoyens soient les plus taxés de la région. «Mais on n’a pas le choix, ils ont géré en «cabochons»...», a-t-il laissé tombé à propos de l’administration précédente.

Dette

La dette, qui représente actuellement 300 % du budget de fonctionnement de la municipalité, devrait ainsi passer de 104,2 millions $ cette année à 101,2 millions $ l’an prochain pour éventuellement atteindre 84,6 millions $ en 2023.

«À long terme, ce que nous visons, c’est une dette saine, c’est à dire qui représente 100 % de notre budget de fonctionnement. Ce chiffre serait de 34 millions $ pour cette année», indique le maire.

«La volonté est là, tous les conseillers sont d’accord qu’il faut s’attaquer à la dette, mais il n’y a pas de formule magique», poursuit-il, rappelant qu’il avait fallu récupérer cette année l’équivalent d’une coupure de 1,5 % dans la hausse de 2,2 % prévue au budget 2017 qui avait été annulée par l’ancienne administration.

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BOND MAJEUR DE LA QUOTE-PART

Le conseil municipal de Saint-Augustin-de-Desmaures a beau avoir limité ses dépenses l’an dernier, les dépenses totales ont tout de même fait un bond de 1 624 493 $ dans le prochain budget. La grande responsable? La quote-part à payer à l’agglomération de Québec, qui a augmenté de 2 176 474 $ pour atteindre 26 717 314 $. «De cette hausse, il y a 1,2 million $ qui est attribuable à un biais mathématique dans l’indexation du rôle d’évaluation. La quote-part est basée sur la richesse foncière et le fait que 50% de nos unités soient des condos nous a coûté cher puisque ceux-ci se sont vendus en moyenne 20 % plus cher que l’évaluation municipale, un écart qui n’est que de 1 % pour les maisons», explique le maire Juneau. Comme le rôle d’évaluation sera refait, et non indexé, l’an prochain, M. Juneau estime que sa Ville devrait alors échapper à une autre augmentation majeure de la quote-part.

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CENTRE JEAN-MARIE ROY: TOUJOURS PAS DE DÉCISION

Le conseil municipal de Saint-Augustin-de-Desmaures ne s’est pas encore penché sur le dossier du Centre Jean-Marie-Roy, que le maire Sylvain Juneau avait déjà qualifié de gouffre financier. La Régie du bâtiment réclame que des corrections soient apportées au bâtiment, des travaux qui coûteraient 1,2 million $. «Bien honnêtement, nous n’avons pas encore abordé le sujet du Centre Jean-Marie-Roy, mais nous avons l’intention de le faire à court terme. Il ne faut pas oublier que nous avons cinq nouveaux membres du conseil sur sept autour de la table et qu’il fallait d’abord s’occuper du budget», explique le maire. 

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MOINS DÉPENDANTE DES VENTES DE TERRAIN

La Ville de Saint-Augustin vise à être de moins en moins dépendante des ventes de terrains du Parc industriel François-Leclerc Nord pour équilibrer son budget. En 2017, 2 935 000 $ provenant de la vente de ces terrains a été affecté directement au budget de fonctionnement, un montant que le conseil prévoit limiter à 2 300 000 $ cette année pour par la suite le diminuer à 1,5 million $ par année jusqu’en 2022. «Le montant était de 5 millions $ en 2015 et de 4,2 millions $ en 2016. Éventuellement, nous voulons éliminer complètement cette dépendance pour que les profits de la vente de terrains soient affectés à la dette ou au surplus», indique le maire Sylvain Juneau.