Quarante-neuf citoyens de Saint-Apollinaire auront le pouvoir de décider, dimanche, si les milliers de musulmans de la région de Québec obtiendront leur propre cimetière.

Saint-Apollinaire peut «passer à autre chose»

La création d'un cimetière musulman à Québec aidera Saint-Apollinaire à «passer à autre chose», selon son maire.
«Je suis content pour eux», répète plusieurs fois Bernard Ouellet au bout du fil, en parlant des musulmans de la région de Québec. Il considère, comme les principaux intéressés, que la solution de Québec est plus avantageuse que celle de Saint-Apollinaire puisque le cimetière sera plus près de la communauté et de ses lieux de culte.
«Déjà, à Saint-Apollinaire, on était passés à autre chose. Mais veut, veut pas, pour avoir vécu le dossier de près, je suis content du dénouement. On va pouvoir plus passer à autre chose, on n'aura plus ça dans la tête», a témoigné vendredi le maire de la petite municipalité de la rive sud. 
Le dimanche 16 juillet, 36 citoyens ont participé au référendum sur le changement de zonage d'un terrain propriété du complexe funéraire Harmonia, dans le parc industriel. Une majorité a rejeté la proposition administrative et du coup le projet de cimetière musulman, après des semaines de déchirement identitaire et d'attention médiatique. 
M. Ouellet ne cache pas que le débat a été «dur», mais il se réjouit que ça ait «fait réfléchir beaucoup de monde». Et bien au-delà des frontières de sa ville: «On a porté sur nos épaules un sujet qui dépasse les affaires d'une municipalité. C'est un sujet qui était provincial, même national.»
Le maire ne peut s'empêcher de penser que l'expérience a permis de faire avancer la cause des musulmans. «Il y aura au moins une chose à laquelle Saint-Apollinaire aura servi : faire accélérer les choses un petit peu. Ça prenait peut-être ça pour allumer la bougie, pour que les gens se réveillent», a-t-il commenté, sans rancune pour Québec qui a attendu que le feuilleton de la rive sud soit terminé avant d'arriver avec une nouvelle solution.