La missionnaire Marie de l'Incarnation - née Marie Guyart

Rumeurs de sainteté pour Marie de l'Incarnation et François de Laval

La rumeur vaticane évoque la possible nomination, le 2 avril, des deux premiers saints de Québec : Marie de l'Incarnation, bâtisseuse du monastère des Ursulines, ainsi que l'évêque fondateur du diocèse de la capitale, François de Laval.
<p>L'évêque François de Montmorency-Laval </p>
«C'est quelque chose qu'on attend depuis des années», souligne le directeur des communications de l'Église catholique de Québec, Jasmin Lemieux-Lefebvre. Il tient cependant à calmer l'ardeur qui consume les croyants. «On est appelé à la prudence. C'est une espérance.»
Tant que le pape n'aura pas prononcé les noms des deux bienheureux, la rumeur n'est qu'une... rumeur qu'il ne peut corroborer. «Si la nouvelle est confirmée un jour, ce que nous souhaitons, ce serait les deux premiers saints de Québec. Tous deux sont nés en France, mais leur ministère est à Québec.»
L'écho des éventuelles canonisations est répercuté par des «vaticanistes». Le blogue spécialisé Il Sismografo prétend qu'un décret papal sera annoncé début avril. Y figureront Marie de l'Incarnation, née Marie Guyart, et François de Montmorency-Laval, deux Français qui ont participé activement à l'évangélisation en Amérique du Nord, lit-on.
Un autre site romain, le chiesa.espressonline.it, a publié la même information mercredi. En quelques mois, six saints auront été canonisés par le pape sans qu'un miracle prouvé leur soit attribué, avance l'auteur Sandro Magister.
Cette «procédure exceptionnelle qui n'a été utilisée qu'en de rares occasions au cours de l'histoire» permettrait d'élever bientôt un jésuite appelé l'Apôtre du Brésil ainsi que «deux bienheureux nés en France qui ont joué un rôle de premier plan dans l'évangélisation du Canada : la mystique missionnaire Marie de l'Incarnation, à l'état civil Marie Guyart (1599-1672), et l'évêque François de Montmorency-Laval (1623-1708)».
L'information aurait été ébruitée par un évêque après son entretien avec le chef de l'Église, Jorge Mario Bergoglio.
Sandro Magister ajoute que ces trois personnages historiques avaient été béatifiés par Jean-Paul II le 22 juin 1980, tout comme la jeune Amérindienne Kateri Tekakwitha devenue sainte depuis.
Raymond Brodeur a aussi lu qu'on annonce la désignation prochaine de trois saints par le pape. Le professeur associé à la faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval et responsable du Centre d'études Marie-de-l'Incarnation n'a toutefois pas eu vent de la rumeur voulant que deux Québécois d'adoption figurent dans la courte liste.
«C'est espéré par bien du monde!» Portés par leur foi, ces porte-étendard catholiques ont accompli des «gestes extraordinaires» afin d'implanter la religion outre-Atlantique, dit-il.
Trois «statuts»
Il existe trois «statuts» autorisant un culte public dans l'Église catholique. Il y a d'abord le «vénérable»; récemment la fondatrice de la congrégation des Soeurs de la Charité de Québec, Marcelle Mallet, a été élevée à ce rang. Si un miracle est authentifié, le titre de bienheureux est obtenu; le culte local est alors possible. Finalement, la canonisation permet le culte universel.
«Habituellement, la notion de miracle est demandée. Mais le pape peut lever l'obligation de miracle», confirme Jasmin Lemieux-Lefebvre. «C'est exceptionnel.»
Une canonisation de deux bienheureux québécois aurait des répercussions dans la capitale. Les tombeaux de ces deux «géants historiques» sont ici, observe-t-il. Le diocèse a déjà été gratifié d'une porte sainte à l'occasion de son 350e anniversaire, en plus de l'obtention du titre de cardinal par Mgr Gérald Cyprien Lacroix. Voilà qui couronnerait en beauté la célébration.
Le Saint-Siège n'a pas confirmé. Il n'a pas nié non plus.