La Ville propose aux commerçants une campagne publicitaire et la création d’une Société de développement commercial pour les aider.

Route de l’Église: que de la pub pour dédommager les commerçants

Pour dédommager les commerçants de la route de l’Église qui exigent toujours des compensations financières, la Ville de Québec prendra en charge le déploiement d’une campagne de promotion pour attirer les consommateurs pendant les travaux.

Lors d’une rencontre avec plusieurs commerçants de l’artère mardi, elle a annoncé le lancement d’une campagne publicitaire d’une valeur de 30 000 $ afin de promouvoir l’accessibilité des commerces. L’offensive commencera la semaine prochaine.

Seules les «associations formelles de gens d’affaires» qui représentent une artère peuvent normalement bénéficier du versement d’une subvention à des fins promotionnelles, indique la Ville.

Les commerçants de la route de l’Église sont unanimes, fait valoir Gopinath Jeyabalaratnam, conseiller aux affaires économiques et gouvernementales à la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI). Ils veulent de l’aide financière. Et une campagne publicitaire ne changera rien aux problèmes d’accessibilité. «Ça ne compensera pas les pertes qu’ils doivent essuyer depuis le début des travaux.»

Bien que la campagne soit une belle initiative de la Ville, selon Bertrand de l’Épinay, directeur général du restaurant Portofino, c’est «trop peu, trop tard». «Nous sommes déjà à la fin août.»

La Ville de Québec a réitéré qu’elle ne prévoit ni compensation financière ni congé fiscal pour les travaux routiers.

L’administration envisage toutefois la création d’un programme de compensation pour les entrepreneurs touchés par la réalisation du tracé du tramway. L’impact de ce chantier et des travaux de la route de l’Église sur les commerçants est similaire, plaide la FCEI. 

«La Ville examine la possibilité d’un programme de compensation pendant les travaux du tramway, car ils seront bénéfiques pour la communauté, poursuit M. Jeyabalaratnam. Mais les travaux sur la route de l’Église comme la réfection du réseau d’aqueduc sont aussi bons pour la communauté.»

La SDC devra attendre

Toujours lors de cette rencontre, la Ville a fourni de la documentation aux commerçants quant aux différentes façons de se regrouper. Elle propose entre autres l’organisation d’une Société de développement commercial (SDC) pour la route de l’Église. Une bonne idée, selon M. Jeyabalaratnam, mais qui devra attendre la fin des travaux. 

«La Ville propose une solution qui coûtera encore plus d’argent alors que les commerçants perdent de l’argent. Ça manque de sensibilité», dit-il.

«J’en suis encore à avaler la pilule du manque de stationnement et de la baisse d’achalandage, laisse tomber M. de l’Épinay. On n’est vraiment pas rendu à créer une Société de développement commercial.»