Le ministre de l'Éducation Jean-François Roberge

Roberge veut moins de programmes sélectifs

MONTRÉAL — Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, aimerait qu'il y ait moins de programmes particuliers sélectifs dans les écoles publiques, comme c'est le cas pour ceux axés sur les sports ou les sciences, et qui sont souvent assortis d'une facture pour les parents.

Il veut voir de plus en plus d'écoles publiques avec des programmes spéciaux - «des profils, des passions, des couleurs», dit-il - qui seraient ouverts à tous les élèves, peu importe le quartier où ils habitent et peu importe leurs résultats scolaires en français.

«J'ai l'ambition qu'il y en ait moins dans les prochaines années de ces programmes sélectifs», a-t-il déclaré jeudi en marge d'une conférence à laquelle il participait avec le ministre français de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, organisée par le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM).

Les programmes particuliers sont des concentrations ou profils, axés sur les sports, les arts ou les sciences par exemple, qui permettent aux élèves de consacrer un plus grand nombre d'heures à ces disciplines que dans le cadre du programme régulier. Ils requièrent souvent des examens d'entrée. Ces écoles qui offrent de tels programmes s'ajoutent aux écoles publiques qui n'offrent que des programmes réguliers et aux écoles privées subventionnées. Des experts ont dénoncé dans le passé la création de ce système scolaire «à trois vitesses».

Le ministre Roberge dit vouloir offrir un maximum à tous les élèves.

Mais surtout, selon lui, il y a une autre façon d'accéder à cela.

Il mise sur le déploiement du parascolaire gratuit dans toutes les écoles publiques secondaires: il parle de cinq heures par semaine d'arts, de science, de sport et de toutes sortes d'activités culturelles. Cette initiative a commencé à être implantée cette année, et se fera sur trois ans, dit-il.

«Je suis convaincu que ça va être un vrai facteur d'inclusion, a-t-il déclaré. Parce qu'on n'aura plus besoin d'inscrire nos jeunes dans un programme spécifique pour avoir un enrichissement.»

Quant aux programmes particuliers sélectifs, il a indiqué que son ministère est en train de réaliser un portrait de la situation, incluant un relevé des frais facturés aux parents. Cela sera rendu public et sera très transparent, a-t-il promis.

Va-t-il diminuer le financement de ces écoles publiques offrant des programmes spéciaux qui envoient malgré tout des factures aux parents?

«Mon intention n'est pas de m'attaquer à ce qui marche, mais de réparer ce qui ne marche pas», a-t-il répondu.

«Le réseau public non sélectif n'avait pas les moyens de se battre à armes égales, mais là on le finance mieux, on rénove nos écoles, on investit, on va améliorer aussi graduellement les conditions d'emplois de tous ceux qui sont dans nos écoles, c'est certain, et on va déployer notre réseau d'activités parascolaires.

«On est convaincus qu'au fil des années, avec toutes ces actions-là, le public va revenir dans le public non sélectif.»