Le ministre Jean D’Amour a annoncé une aide financière de près d’un demi-million $ pour attirer et retenir des immigrants au Bas-Saint-Laurent. L’annonce a été faite en présence du maire de Rimouski, Marc Parent, de Danielle Dufresne d’Accueil et Intégration Bas-Saint-Laurent et de Martin Beaulieu de la Société de promotion économique de Rimouski.

Rimouski prend le virage de l’immigration

RIMOUSKI — Avec 900 personnes issues de différentes communautés culturelles, dont 69 réfugiés soutenus par l’État et 400 étudiants internationaux, Rimouski prend de plus en plus le virage de l’immigration. Pour soutenir les efforts de la Ville et des organismes préoccupés par l’immigration au Bas-Saint-Laurent, Québec a annoncé, lundi, une aide financière de près d’un demi-million de dollars, qui permettra l’embauche de ressources.

Pour le ministre responsable de la région, Jean D’Amour, cette aide financière s’inscrit dans un processus visant à «régionaliser l’immigration». «Il fut un temps où, très majoritairement, on retrouvait l’immigration à Montréal et un peu à Québec», fait-il observer. «Aujourd’hui, on a besoin de ces personnes issues de différentes communautés dans le monde, qui peuvent nous apporter beaucoup. Que ce soit des professionnels ou des gens qui vont travailler sur le plancher de nos usines, on en a sincèrement besoin. Je ne pensais jamais, de mon vivant, vivre le Bas-Saint-Laurent au rythme du plein emploi. Les besoins de nos entreprises qui se développent sont de plus en plus grands, énormes et considérables sur le plan de la main-d’œuvre.»

«On est en manque de ressources, corrobore le maire de Rimouski, Marc Parent. Il y a des gens dans différents pays qui sont prêts à opter pour des nouveaux défis. Je pense que c’est intéressant d’identifier ces pays-cibles-là, qui ont de belles compétences et dont les gens seraient intéressés à venir s’établir au Bas-Saint-Laurent. Ça fait partie d’une stratégie d’attractivité.» La Ville de Rimouski ne s’est pas fixé d’objectifs chiffrés quant au nombre d’immigrants qu’elle serait prête à accueillir.

Le ministre D’Amour estime que le succès des opérations reposera sur la rétention et la francisation de ces immigrants. «Les expériences du passé nous ont prouvé que lorsque les gens ne sont pas soutenus dans leur intégration, on les perd, insiste-t-il. Il faut toujours être mieux organisés pour que les gens nous choisissent, qu’ils viennent s’installer chez nous pour combler des besoins et qu’ils soient heureux au point de demeurer avec leur famille et qu’on puisse continuer notre développement. En permettant la rétention, ça permet à nos entreprises de pouvoir en bénéficier.»

Au chapitre de la rétention, M. D’Amour a rappelé l’expérience de Trois-Pistoles, il y a quelques années, qui avait accueilli des immigrants dans un rang en plein hiver. Quelques mois plus tard, ces nouveaux arrivants avaient quitté la région.

Les 444 000 $ versés par Québec permettront l’embauche de quatre personnes au sein de l’organisme Accueil et Intégration Bas-Saint-Laurent et d’une autre à la Société de promotion économique de Rimouski.

D’autres organisations québécoises ont bénéficié de subventions provenant du même programme, qui a été mis en place à la suite du Forum sur la valorisation de la diversité et la lutte contre la discrimination. Ce programme s’inscrit dans les mesures du Plan économique du Québec 2018-2019. Le budget de 200 millions $ est voué à l’intégration et à la francisation des personnes immigrantes et de celles issues de la diversité.

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LE BUREAU D'IMMIGRATION À RIMOUSKI

Le bureau d’immigration du Bas-Saint-Laurent, qui était convoité depuis quelques mois par les villes de Rivière-du-Loup et de Matane, sera finalement à Rimouski. C’est ce qu’a fait savoir le ministre responsable de la région, Jean D’Amour, lors de sa visite, lundi, à Rimouski.

Pour le parlementaire, il ne faut cependant pas voir cette décision comme «une fin en soi». «Il y a des ressources dans le secteur de Rivière-du-Loup — et c’est ce que j’ai négocié —, compte tenu de l’orientation industrielle, explique-t-il. Il y a des besoins particuliers et complémentaires.»

Une personne sera engagée par le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion. Son bureau sera situé dans les locaux d’Emploi Québec de Rimouski. Le mandat de cette personne sera de soutenir la démarche d’immigration pour l’ensemble du Bas-Saint-Laurent. 

Le maire de Rimouski est heureux d’ajouter que cette personne quittera Montréal pour venir travailler à Rimouski. «Il y a quelques semaines, lorsque nous avons rencontré les représentants du Ministère, on a fait la grande séduction et ça semble avoir fonctionné», raconte Marc Parent.