La Meute a déjà manifesté à Québec plus tôt cette année.

Rimouski ne fait pas de quartier à La Meute

Le maire de Rimouski refuse de faciliter la tenue d'événements auxquels le controversé groupe La Meute est associé. Le conférencier André Pitre, dit Stu Pitt, ne pourra donc livrer son message mardi soir dans un local des loisirs de la Ville comme ce fut le cas dimanche à Québec.
Marc Parent explique avoir été interpellé par l'article publié lundi par Le Soleil. On y apprenait que 80 sympathisants étaient réunis dimanche dans une salle du Chalet des loisirs Bourg-Royal pour y entendre M. Pitre, un commentateur sociopolitique populaire sur le Web, parler de la liberté d'expression. Un important service de sécurité d'une dizaine de personnes s'assurait qu'aucun groupe ou individu ne vienne perturber la rencontre. Ces agents se donnaient aussi le droit d'effectuer des fouilles à l'entrée.
La tenue de l'événement dans un bâtiment de la Ville constituait un véritable pied de nez au maire Régis Labeaume qui avait fustigé le groupe, souvent identifié à l'extrême droite, au lendemain du projet avorté de cimetière musulman à Saint-Apollinaire. Il avait parlé d'un «genre de milice potentiellement dangereuse et extrêmement toxique» après avoir appris que des membres du comité s'opposant au projet faisaient aussi partie de La Meute.
La Ville de Québec avait réagi qu'aucune clause du contrat de location n'empêchait la location d'une salle à un organisme à but non lucratif ou à un citoyen pour qu'il y tienne des activités. 
La même chose s'est déroulée à Rimouski, à l'exception que le pouvoir «politique» a fait annuler la réservation après avoir été avisé. «Les administrateurs de a Corporation des loisirs Nazareth étaient mal à l'aise après avoir appris qui était M. Pitre et La Meute. Ils nous ont contacté et j'ai personnellement demandé d'annuler la réservation», explique au Soleil le maire Parent.
Le maire de Rimouski, Marc Parent
Celui-ci indique aussi qu'il ne croit pas qu'une salle des loisirs soit un endroit propice pour tenir une rencontre où il y a un potentiel de "débordements" en raison de la possible présence de gens ou groupes hostiles à l'idéologie de La Meute.
Mardi, André Pitre mentionnait sur sa page Facebook que la rencontre allait se tenir à l'extérieur du bâtiment des loisirs. Le maire de Rimouski ne s'y opposait pas, expliquant que son but était simplement de ne pas faciliter la tenue d'activités dans des locaux de la Ville.
Sylvain Brouillette, porte-parole de La Meute, a fait connaître son mécontentement. «Il semble que le maire soit le seul juge de ce qui est acceptable de parvenir aux oreilles de ses citoyens. La Meute croit que cette décision, qui relève de la censure, est une grave entrave aux droits fondamentaux des citoyens de Rimouski, des organisateurs de l'événement, et des membres de La Meute, plus particulièrement», a-t-il écrit, en se référant à la Charte des droits et libertés.