La manifestation pour la fin de l’urgence sanitaire, qui s’étirait depuis presque trois heures à Rimouski, a abruptement pris fin lorsque le directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda, a signé une demande d’ordonnance judiciaire pour y mettre fin.
La manifestation pour la fin de l’urgence sanitaire, qui s’étirait depuis presque trois heures à Rimouski, a abruptement pris fin lorsque le directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda, a signé une demande d’ordonnance judiciaire pour y mettre fin.

Rimouski: la Santé publique met fin à la manifestation contre les mesures sanitaires [PHOTOS et VIDÉO]

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
RIMOUSKI — La manifestation pour la fin de l’urgence sanitaire qui, samedi, s’étirait depuis presque trois heures à Rimouski, a abruptement pris fin lorsque le directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda, a signé une demande d’ordonnance judiciaire pour sa cessation. L’événement qui a attiré près de 500 personnes, selon les organisateurs, s’est démembré pacifiquement devant une très forte présence policière et l’escouade anti-émeute prête à intervenir.

La Sûreté du Québec avait déployé les grands moyens. Que ce soit en autopatrouille, à pied, à vélo, à moto, en quad, à cheval, les policiers et l’escouade anti-émeute étaient aux aguets. Tandis que des agents filmaient la scène, un drone survolait les lieux.

«On veut des tickets»

Avant que la marche ne se déploie devant le poste de la SQ de Rimouski, un policier a lu les règles à suivre à l’un des coordonnateurs de l’événement, Alain Lauzon. Ces règles obligeaient principalement le port du couvre-visage et le respect de la distanciation d’au moins deux mètres entre chacun. «Si vous ne respectez pas le décret, on va devoir intervenir et la manifestation va être déclarée illégale, a précisé l’agent. On va émettre des constats d’infraction selon le décret du gouvernement.»

Le coordonnateur de la manifestation, Alain Lauzon, a été le premier à recevoir un constat d’infraction de 1 546$. Il a promis de la contester.

«Nous allons gagner la bataille, a alors crié M. Lauzon au policier. C’est ça qu’on veut, des tickets! On va aller se battre en cour parce que c’est illégal. Je vous demande d’être calmes, si vous voulez donner des tickets. C’est mon mot d’ordre.» Le policier a confirmé que lui et ses collègues étaient pacifiques. 

«On veut que ça se passe dans le calme. Le droit de manifester est un droit fondamental. Mais, dans un cas de pandémie, on se doit de respecter les décrets gouvernementaux.» Alain Lauzon l’a interrompu: «Il n’y en a pas, de pandémie! Allez vérifier vous-mêmes les chiffres du gouvernement. Il n’y a pas de morts!» «Je ne suis pas là pour argumenter avec vous, a répliqué le représentant des forces de l’ordre. Je suis là pour vous faire part des décrets.» Mais, le porte-parole des manifestants a continué: «Vous avez des avocats à la SQ? Le gouvernement a émis des décrets à partir des conseils d’Arruda et il n’y a rien d’écrit. Donc, c’est illégal, ce qu’ils font. Il n’y a aucune preuve de ce qui a dit quoi.» Continuant à revendiquer un constat d’infraction, Alain Lauzon a été le premier à en recevoir un et à être escorté vers une autopatrouille.

Sous des effluves de cannabis par endroit, la majorité des manifestants ne portaient pas de couvre-visage et ne respectaient pas la distanciation sociale. Munie d’un puissant haut-parleur, la SQ a diffusé à répétition les règles découlant du décret gouvernemental du 30 septembre, enterrant la voix des porte-parole de l’événement qui tentaient de se faire entendre par un porte-voix ou un micro. Les policiers ont offert des masques aux manifestants et, devant leur refus d’obtempérer, ont remis des constats d’infraction par dizaines au montant de 1 546$. Dans la majorité des cas, les prévenus n’ont pas offert de résistance.

L’escouade anti-émeute était prête à intervenir.

Liberté, dénonciation et déni

Plusieurs personnes ont pris la parole pour revendiquer leur liberté, pour dénoncer les règles mises en place par le gouvernement de François Legault et pour affirmer que la pandémie n’existe pas. L’un d’eux a invité les gens présents à signer une pétition qui sera remise au lieutenant-gouverneur du Québec «pour prendre possession de l’armée pour aller arrêter tous ces gens qui nous représentent illégalement». «Ceci est pour nos enfants, pour nos droits et liberté», a-t-il continué. Il a aussi invité les manifestants à verser des dons afin de «faire un DVD-choc qu’on va mettre dans les boîtes à malle pour que les gens aient droit aux vraies informations». «Le DVD-choc va commencer par M. Trudeau qui dit qu’il a payé 600 millions$ aux médias pour nous cacher la vérité.» Il a terminé son allocution en remerciant la foule pour sa «persistation». Certains manifestants ont invectivé des journalistes, les traitant de «sales».

Certains manifestants ont été escortés en retrait du rassemblement pour recevoir un constat d’infraction.

Plusieurs de ces porte-parole provenaient de l’extérieur de la région, dont Alexis Cossette-Trudel, qui a été chaudement applaudi à l’issue de son bref discours. «Les mesures sanitaires ne reposent plus sur rien, c’est-à-dire qu’on nous vend une fantomatique deuxième vague sur la foi d’une augmentation de cas eux-mêmes produits par des tests-bidons qui sont beaucoup trop sensibles, a-t-il expliqué dans une entrevue accordée au Soleil. Il y a de plus en plus de gouvernements dans le monde qui commencent à modifier la sensibilité des tests parce que ce que les tests détectent, ce sont des personnes qui sont en santé et qui sont asymptomatiques. On fait peur à la population avec ça. On suspend les libertés, on détruit notre humanité, on fait peur aux enfants […].»

Selon lui, les statistiques sur le nombre de décès de la COVID-19 au Québec sont gonflées. Il croit que cette stratégie découle d’un agenda politique du gouvernement visant à faire adopter certaines «mesures radicales» relatives aux questions de l’identité numérique et de la reconnaissance faciale.

Une manifestation pour la «fin de l'état d'urgence sanitaire» était prévue à Québec samedi après-midi, au départ de la place Jean-Pelletier, près de la Gare du Palais. Seulement une dizaine de personne s'y sont déplacées, de sorte que l'événement organisé par le groupe Action Coordination n'a tout simplement pas eu lieu. Avec Émilie Pelletier