Richard Côté revient à la politique, prêt à travailler dans l’ombre avec pour défi de rendre «sérieux» le programme de Québec21 en vue des élections de 2021.

Richard Côté mise tout sur l’élection de 2021... comme conseiller spécial de Québec21

Richard Côté a répondu à l’appel de Québec21 même après avoir entendu les critiques parfois acerbes sur le «manque de vision globale» de l’opposition officielle. Après 18 années passées sous les projecteurs comme conseiller municipal, il revient à la politique, prêt à travailler dans l’ombre avec pour défi de rendre «sérieux» le programme du parti en vue des élections de 2021.

L’annonce de l’embauche de M. Côté comme conseiller stratégique a été faite en février. Depuis, on ne l’avait pas vu ni entendu. Il voulait prendre connaissance des dossiers et cerner l’environnement dans lequel il évolue. La récente crise de confiance envers Jean-François Gosselin l’a projeté à l’avant-scène. Son chef l’a mandaté pour reconstruire le parti après la démission du conseil d’administration et de la permanence du parti.

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Mais sa principale tâche demeure celle de conseiller spécial. Il se voit d’ailleurs lui-même comme un mentor. «Je suis capable de leur donner de l’historique», lance-t-il, faisant référence à ses 18 ans comme conseiller municipal. Il a aussi été membre du comité exécutif de 2005 à 2013, d’abord avec l’ex-mairesse, Andrée P. Boucher, puis avec le maire Régis Labeaume.

M. Côté a connu Jean-François Gosselin au moment où ce dernier s’était porté candidat pour l’équipe de Marc Bellemare. Depuis, les deux hommes ont toujours gardé le contact.

La première approche de M. Gosselin pour enrôler M. Côté date de plus d’un an. À l’époque, le principal intéressant n’était pas prêt. En début d’année, il a dit «oui».

«On a jasé beaucoup de vision. Je lui ai dit que son parti c’est un beau défi et que j’aimerais bâtir cette vision avec lui», lance M. Côté, qui défend, au passage, les quelques critiques sur le manque de substance dans les discours de son chef.

«Je voyais qu’il manquait un peu de punch, d’arguments. On apprend tous sur le tas. C’est un jeune parti. Il a été créé au printemps 2017 avec quelques grandes lignes comme le troisième lien. Mais il n’a pas eu le temps de s’attaquer à une vision globale. Jean-François a déjà ce qu’il faut à la base. Il est passionné et il aime les gens.

«Nous allons travailler sur l’économie, les finances, le réseau de transport, la culture. Le plus gros défi c’est de montrer que le programme est sérieux», ajoute M. Côté. 

Plus jamais

Du même souffle, il assure que ça ne deviendra pas le parti de Richard Côté. «On fonctionne d’une façon où tout le monde peut s’exprimer sur sa vision des choses. Moi, j’offre ma vision et mon expertise», précise-t-il, promettant n’avoir aucun désir de briguer le scrutin. «J’ai fermé la porte et j’ai jeté la clé. Pas question de me représenter.»

Lorsqu’on lui demande pourquoi il avait accepté l’offre de Québec21 alors qu’il était avec Équipe Labeaume, M. Côté à ses mots. «J’adore la politique. Je me suis toujours dit un jour que j’aimerais occuper un poste de conseiller stratégique. De plus, je pense qu’il faut amener des nouveautés dans l’arène politique. D’après moi, un politicien devrait faire huit ans et ça devrait changer. À un moment donné, on dit que l’usure brûle», tranche-t-il, sans vouloir dire si le maire de Québec, Régis Labeaume, avait fait son temps.

Changement de garde

«M. Labeaume a accompli de très belles choses. Il est un fonceur. Je ne remets pas en question son passage. Même qu’il était nécessaire. Il a pris le taureau par les cornes dans les conventions collectives. Ça prenait du cran.»

N’empêche, il n’est pas en phase avec tous les projets de l’administration Labeaume, dont le tramway. «Je pense que 3,3 milliards de dollars plus tard on n’aura pas réglé le problème. En campagne, il riait de Mme Guérette et de son tramway. Quelques mois après, on remet le tramway sur le tapis. En politique, ça ne se fait pas», soutient-il, soulignant que la principale lacune est le manque d’incitatifs pour convaincre le citoyen de la couronne nord d’abandonner leur véhicule. 

Selon lui, son expertise va permettre de faire avancer plus rapidement les dossiers de l’opposition sur l’échiquier politique. Le prochain à poindre sera celui de la restructuration des services à la Ville de Québec. «C’est un dossier qui nous inquiète. Les employés n’adhèrent pas et on l’a fait accepter pas mal de force», évoque-t-il.

Dans un avenir plus lointain, il pense à la prochaine élection. «Je sonde déjà des candidats potentiels et il y a de l’intérêt. Avec eux, on va alimenter le programme du parti, cimenter la vision. Je ne suis pas ici pour un an. C’est all-in pour 2021.»