Le caucus libéral songe à hausser le tarif des CPE et des garderies privées subventionnées d'un montant équivalent à l'augmentation de la Prestation universelle pour la garde d'enfants.

Révision du programme de garderies: 1200 nouvelles places seraient compromises

La révision du programme de garderies du gouvernement Couillard empêchera la création de 1200 places en centres de la petite enfance (CPE) d'ici 2018 dans la grande région de Québec.
C'est ce qu'affirme et dénonce Daniel Lépine, directeur général du Regroupement des centres de la petite enfance des régions de Québec et Chaudière-Appalaches, qui attribue ce chiffre à l'interruption d'une vingtaine de projets visant à augmenter le nombre de places en CPE.
La réalisation de ces projets a été freinée par la nouvelle mesure du ministère de la Famille, qui exige des CPE qu'elles financent à 50 % la construction de nouvelles installations, une mesure reçue «dans la totale indignation» par M. Lépine. «À toutes fins pratiques, ça rend le développement des CPE impossible.»
Pourquoi «impossible»? Parce qu'une autre mesure du gouvernement empêche les CPE de garder en leurs coffres plus de 180000$ pour parer aux imprévus. Le reste de leurs surplus revient au gouvernement.
Hypothétiquement, ça voudrait dire qu'un projet de développement ne devrait pas coûter plus de 360 000$ pour être accepté par le gouvernement. Une demande irréaliste, qui «vise à paralyser le développement des CPE», lance Louis Sénécal, pdg de l'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE). «De tous les projets qui étaient acceptés, 90 % ne seront pas faits en vertu des nouvelles règles.»
20 établissements touchés
Dans la grande région de Québec, ça implique une vingtaine d'établissements, dont le CPE L'Enchanté, à Boischâtel et à L'Ange-Gardien, qui visait à créer 80 nouvelles places grâce à un investissement de 1,4 million $. Nathalie Roy, directrice générale de l'établissement, est indignée des nouvelles exigences du gouvernement, qui la contraignent à suspendre son projet. «C'est une blague! C'est du monde intelligent qui nous exige ça!»
Le ministère de la Famille se défend quant à lui de freiner le développement des CPE. Selon Nadia Caron, porte-parole du ministère, «l'objectif de la mesure du 50 % est d'encourager les CPE à se tourner vers la communauté et à chercher un partenaire externe» pour la réalisation de leurs projets. Elle rappelle que la «mesure du 50 %» ne touche pas les projets dont le contrat a déjà été signé avec un entrepreneur.
À l'occasion de sa campagne Toujoursfousdenosenfants.com, l'AQCPE invite les gens de Québec à se rendre devant le bureau de circonscription de Sam Hamad, ministre responsable de la Capitale-Nationale, du 15 au 19 décembre, afin de protester contre les décisions du gouvernement Couillard en matière de services de garde.