La ministre déléguée à l’Éducation et responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest
La ministre déléguée à l’Éducation et responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest

Retour du sport d’équipe, bientôt sans souliers de Patof [VIDÉO]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Les équipes sportives retrouveront les terrains extérieurs dès lundi, le 8 juin. Puis à la fin juin, le gouvernement Legault prévoit que se joueront de vrais matchs de baseball et de soccer. «Les règles vont évoluer. Penser avoir des contacts rapides entre les joueurs, ça va être possible», révèle le premier ministre.

Cette nouvelle phase du déconfinement sportif a été annoncée jeudi, lors de l’habituel point de presse de 13 h de François Legault. Il était accompagné de la ministre déléguée à l’Éducation responsable des sports, Isabelle Charest, et du fidèle directeur national de santé publique, Dr Horacio Arruda.

Le mot d’ordre était d’abord à la prudence. La ministre Charest répétait les mots adaptation, adaptable et adapté encore et encore. Pour faire comprendre que «le sport, comme on le connaissait, il faut le réimaginer». Pour la fin juin, Mme Charest parlait d’«une forme de match»

De son côté, le Dr Arruda a évoqué une nouvelle version du soccer, par exemple, qu’il a appelé «le soccer covid», où les règlements pourraient être modifiés.

Fini, les 2 m?

Puis l’homme de science a été le premier à ouvrir la porte sur l’idée de «revenir à la normale, si jamais tout ça est respecté le plus possible».

Dr Arruda a même émis l’hypothèse que l’espacement individuel de deux mètres, consigne toujours prioritaire pour les joueurs au cours des premières semaines réservées à l’entraînement, puisse être réduit à un mètre ou même disparaître. Compte tenu du faible taux de transmission constaté chez les enfants et le fait qu’un petit groupe qui se côtoie souvent, comme une équipe, pourrait bientôt être considéré comme une famille.

Un journaliste avait demandé comment on pouvait jouer au soccer tout en respectant la distanciation, suggérant à la blague l’idée de faire porter des souliers de Patof, le clown, aux joueurs.

«Il n’est pas question qu’on mette des souliers de Patof pour les enfants, parce que ça serait un risque de traumatisme en s’enfargeant dans les souliers», a répondu le Dr Arruda, poursuivant la rigolade.

Le premier ministre Legault a ensuite pris le ballon au bond pour lâcher un peu plus de lest.

«J’ai joué au tennis dimanche passé, puis ça s’est bien passé, avec mon gars. Je ne me souviens pas d’avoir eu de souliers de Patof, en tout cas. Maintenant, les règles vont évoluer. Comme le dit le Dr Arruda, on peut penser de pouvoir avoir des contacts, mais rapides, entre les joueurs, ça va être possible. En tout cas, on l’espère, à la fin du mois de juin. On espère bien de voir le hockey au mois d’août. Donc, c’est sûr qu’au hockey, on va avoir besoin d’avoir un petit peu de contacts. [...] Les consignes vont évoluer. Pour l’instant, c’est l’entraînement. Mais je comprends très bien qu’on ne peut pas imaginer beaucoup de sports sans contacts», reconnaît M. Legault.

Le premier ministre en a même ajouté une couche à propos du sport professionnel, en affirmant avoir «bon espoir de voir les Capitales [de Québec, baseball], de voir l’Impact [de Montréal, soccer] puis de voir le Canadien [de Montréal, hockey], dans les prochains mois, jouer des vraies parties».

Si, pour l’instant, tout demeure extérieur, on peut croire que les arénas, stades intérieurs et autres locaux sportifs rouvriront progressivement.

Vue des gradins

Alors que la pratique des sports individuels avait déjà recommencé en solo, elle pourra dorénavant être supervisée par un entraîneur, à l’extérieur, aussi à compter du 8 juin.

Les piscines avaient déjà leur date de déconfinement, selon la région. La ministre Charest a ajouté jeudi les piscines privées ouvertes au public, comme dans les campings, qui pourront rouvrir également le 8 juin.

Mme Charest, qui portait un masque à l’effigie de Baseball Québec, affirme avoir reçu une trentaine de protocoles de retour soumis par autant de fédérations sportives provinciales.

Reste à savoir ce que l’on va faire des spectateurs.

«Les enfants bénéficieront beaucoup de retrouver leurs amis [coéquipiers], et ça, ça se passe dès lundi prochain. Les bénéfices physiques aussi seront présents. On veut que les enfants soient actifs, même si ce n’est pas pareil. Alors c’est bon également pour les parents! Peut-être que ce ne sera pas aussi plaisant à regarder [comme jeu], des estrades, mais pour les enfants, ils en retireront tout de suite beaucoup d’avantages», souligne Mme Charest.

Bientôt 5000 morts

Le bilan des morts et des cas de COVID-19 au Québec continue de grimper, même si M. Legault n’en fait plus expressément mention dans ses points de presse depuis deux semaines.

Jeudi, la Santé publique a déclaré 91 décès de plus, portant le total de victimes québécoises du coronavirus à 4885. De ces 91, 26 ont succombé à la maladie dans les 24 heures précédentes. Les 65 autres décès remontent aux semaines antérieures, jusqu’à aussi loin que le 8 avril.

Reste que Montréal a dépassé le cap des 3000 morts de la COVID-19 sur son territoire, avec 3016.

La mise à jour de ces données se fait au ralenti. Les déclarations de décès s’effectuent parfois par fax ou même par la poste dans certains endroits. Un système qualifié d’«archaïque» par le premier ministre lui-même, qui avoue avoir fait quelques colères à ce sujet depuis trois mois.

Problème auquel la Santé publique veut remédier d’ici une semaine, à l’aide d’un nouveau système de compilation informatisé qui prendrait au pire quelques journées de retard dans le décompte, pour des raisons humaines.

Ces personnes sont quand même mortes de la COVID-19. Le seuil psychologique des 5000 décès devrait donc être atteint dans les prochains jours, s’il ne l’a pas déjà été sans qu’on ne le sache.

Dans la colonne des cas dépistés, on reste sous les 300 par jour depuis lundi, avec cette fois 259 nouveaux cas. 

Les cas considérés comme actifs sont en baisse pour une troisième journée, à 29 922, repassant sous la barre des 30 000 après le sommet du 29 mai de 30 142.

À l’extérieur de Montréal, Laval et leurs environs, le nombre de nouveaux cas quotidiens par 100 000 habitants a diminué à un, première depuis le 21 mars. Montréal, Laval et leurs environs sont à quatre nouveaux cas quotidiens par 100 000 habitants.

Le nombre de patients hospitalisés, 1076, et ceux qui sont aux soins intensifs, 146, continuent leur lente descente assidue.

Mise à jour du 4 juin