Il y aura un premier défi interne pour Mgr Laliberté, il devra rebâtir un réseau de contact et forger de nouveaux liens avec la communauté, comprendre comment fonctionne l’Église à Québec.

Retour aux sources pour Mgr Martin Laliberté, nouvel évêque auxiliaire de Québec

L’abbé Martin Laliberté n’avait pas demeuré à Québec depuis 1990, il connaît pourtant bien la région. Le nouveau poste d’évêque auxiliaire lui permet de revenir à la maison. L’endroit est familier, mais ses nouvelles tâches représenteront un défi, défi que l’homme originaire de Charlesbourg est prêt à relever.

«Je suis allé à l’école juste en haut, dans le Vieux-Québec, au petit séminaire», partage l’homme de 55 ans. Il a reçu l’équipe du Soleil dans son nouvel environnement, l’Église catholique de Québec, samedi.

L’ordination épiscopale du nouvel évêque aura lieu dimanche, la liturgie se déroule à la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec.

«C’était une joie pour moi de revenir à Québec. Ça me rapproche de mes racines, j’étais basé à Laval depuis quelques années. Ils auraient pu me demander d’être évêque à Rouyn-Noranda! Alors c’est un peu un soulagement, je suis content.» 

Mgr Laliberté devra seconder l’archevêque de Québec, le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, aux côtés de l’évêque auxiliaire Marc Pelchat. Ce dernier se retrouve d’ailleurs seul avec une pile de dossiers depuis le départ de Mgr Louis Corriveau en juin dernier. L’arrivée de Mgr Laliberté était donc très attendue, et appréciée.

«J’ai reçu un appel du représentant du pape le 18 novembre, il me demandait si j’acceptais d’être évêque à Québec, j’ai accepté. Ça fait toujours un velours de savoir qu’on est nommé, c’est une reconnaissance. Mais c’est le genre de chose qui est davantage un service qui nous est demandé, quand on voit le travail», explique-t-il.

Le nouvel évêque auxiliaire devra aussi assurer le travail lorsque le cardinal Lacroix sera en convalescence, il doit se faire opérer au mois de janvier.

«Je connais le milieu, c’est un milieu que j’aime. C’est sympathique et agréable. Le Vieux-Québec, il n’y a rien de comparable. Le soir, je vais souvent marcher après le souper, c’est merveilleux», ajoute Mgr Laliberté.

D’ailleurs son père et son frère ont déjà travaillé pour le Diocèse de Québec, il poursuit donc la tradition familiale. 

Mission nouvelle

Il y aura un premier défi interne pour Mgr Laliberté, il devra rebâtir un réseau de contact et forger de nouveaux liens avec la communauté, comprendre comment fonctionne l’Église à Québec. L’autre défi sera plus grand, l’évêque connaît la situation de l’Église actuelle, il espère développer une «parole cohérente» pour le monde d’aujourd’hui.

«Je suis conscient des changements de la société, il n’y a plus le même regard sur la foi chrétienne. L’Église n’est pas au service d’elle-même pour être une institution. Elle est au service de l’annonce du message de Jésus Christ. Je pense qu’on doit se concentrer là-dessus, ce message-là, il peut être un message qui donne encore du sens dans la vie des gens.»

Mgr Laliberté est d’avis que l’on doit laisser de côté la vision de l’Église que l’on tient du passé. 

«L’institution doit être porteuse du message, si le poids de l’institution est trop lourd et que les gens oublient le message… il ne faut pas remettre en question le message, il faut que l’institution travaille sur elle-même pour que le message arrive aux gens. Une parole qui rejoint le langage des gens d’aujourd’hui.»

La priorité de Mgr Laliberté est de «se décentrer de la question institutionnelle» afin d’atteindre les gens au cœur avec le message, auquel il accorde la même importance qu’auparavant.

Le nouvel évêque détient un baccalauréat en théologie et un diplôme en pédagogie de l’Université Laval, de même qu’une maîtrise en Sciences de la mission de l’Université Saint-Paul. Il compte beaucoup d’années d’engagement à l’étranger, notamment deux ans en Haïti et 10 ans en Amazonie brésilienne.