Au cégep de Baie-Comeau, on souhaite ne pas avoir à réduire le nombre de drapeaux de pays étrangers qui flottent devant l’édifice en raison d’une éventuelle baisse du recrutement international.

Restrictions au PEQ: crainte de «conséquences catastrophiques» au cégep de Baie-Comeau

BAIE-COMEAU – Même si le recul du gouvernement mercredi matin «sécurise» les étudiants étrangers actuellement inscrits au cégep de Baie-Comeau, le directeur général de l’établissement craint que les nouvelles restrictions imposées au programme Expérience Québec (PEQ) entraîne à terme des «conséquences catastrophiques» sur ses efforts de recrutement international et nuise même à la survie de certains programmes.

«La réforme touche les programmes où on a le plus d’étudiants internationaux», lance d’entrée de jeu Claude Montigny, qui juge par ailleurs «complètement faux» d’affirmer que les étudiants en dehors des programmes ciblés ne répondent pas aux besoins du marché du travail, comme l’a laissé entendre le gouvernement en présentant sa réforme. «Tous nos étudiants internationaux diplômés sont en emploi, et majoritairement en région», clame-t-il.

Un étudiant sur six

Au cégep de Baie-Comeau, autour de 100 des 621 étudiants présentement inscrits proviennent d’un pays autre que le Canada. Plus des deux tiers de ces étudiants sont concentrés dans deux programmes, soit Techniques d’aménagement cynégétique et halieutique (TACH), avec 55 des 121 étudiants en provenance de l’étranger, et Technologie forestière, avec 21 étudiants sur 38, soit 55% du total.

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Ces étudiants, une fois diplômés, sont loin d’engraisser les rangs des chômeurs, soutient M. Montigny, même s’ils ne figurent pas nécessairement dans la liste des emplois priorisés par la réforme du PEQ. «Actuellement, en technologie forestière, on n’est pas capable de combler tous les besoins du marché. On ne fournit pas, on s’arrache nos étudiants. C’est la même chose en TACH», lance-t-il.

Rappelons au passage que le programme de technologie forestière a été mis sur la glace durant quelques années au cégep, faute d’étudiants, mais le recrutement international l’a relancé. Quant au programme de TACH, il forme des spécialistes en chasse et pêche, un autre domaine où les emplois ne manquent pas. Les diplômés de ce programme ont également des compétences en protection de l’environnement.

Baisse démographique

Claude Montigny fait valoir que la démographie de la région, en baisse depuis des années, force le cégep à innover pour se démarquer du lot et, à la limite, survivre. La région est aussi confrontée à une rareté de main-d’œuvre qui l’incite à se tourner vers l’immigration.

«On a le pire bilan migratoire au Québec ici, particulièrement dans la tranche d’âge des étudiants. Ça nous pose plusieurs défis depuis plusieurs années et c’est pour ça qu’on a mis l’accent sur le recrutement international et on a du succès», a-t-il expliqué.

Afin d’assurer son recrutement international, l’établissement collégial de Baie-Comeau mène chaque année des missions à l’étranger. Trois missions sont prévues en France en décembre, janvier et février. «Ça ne remet pas en cause ces missions, mais il faudra maintenant voir quel genre d’argumentaire on va pouvoir tenir pour recruter. On garde toutefois espoir que le gouvernement recule plus que ça dans ce dossier», de conclure le directeur général.