La carrière de Ressources minérales Pélican est à 15 kilomètres au nord-est de Murdochville et à 30 kilomètres au sud de Grande-Vallée.

Ressources minérales: Pélican s'approche du but

La firme Ressources minérales Pélican déposera au cours des premières semaines de 2020 une étude d’impact environnemental liée à un projet d’exploitation de carrière de carbonate de calcium à 15 kilomètres au nord-est de Murdochville, en Gaspésie, une initiative porteuse d’un investissement de 40 à 60 millions $ et de 30 emplois.

Cet investissement comprendrait aussi l’aménagement d’une usine de transformation de carbonate de calcium à Grande-Vallée pour satisfaire les besoins de certains clients convoités par la firme, et d’une infrastructure portuaire pour expédier cette matière calcaire vers les marchés.

L’évaluation du gisement du canton Lefrançois a débuté en 2011, alors que son existence était connue depuis quelques années. Des étapes préliminaires visant sa mise en production sont déjà réalisées, au coût de 2 millions $.

«Le gisement renferme 100 millions de tonnes et il contient trois grades de carbonate de calcium. Les deux grades principaux, entre 97 et 99 % de pureté, composent une bonne partie du gisement, soit 40 %», précise le président de la firme, David Canuel.

Le grade présentant un indice de pureté moindre sert surtout en métallurgie. Les usines de bouletage de fer de la Côte-Nord, à Sept-Îles et à Port-Cartier, sont des clients visés par Ressources minérales Pélican. Les utilisations du carbonate de calcium sont multiples ailleurs.

«Il peut être utilisé pour les produits pharmaceutiques (…) Il peut servir en agriculture, en construction, dans le verre, le plastique et le caoutchouc pour diminuer d’autres intrants venant des hydrocarbures. Une grande proportion du gisement a une pureté très élevée, concentrée de façon homogène», explique David Canuel.

À maturité, la firme produirait 500 000 tonnes de carbonate de calcium par an. Ressources minérales Pélican souhaite débuter une exploitation commerciale du gisement dès 2020 pour fournir les usines de bouletage de la Côte-Nord, à raison de 10 000 tonnes et autant en 2021, en se servant du quai actuel de Grande-Vallée.

Pendant ce temps, elle cherchera à obtenir son autorisation environnementale et son permis d’exploitation pour l’usine projetée à Grande-Vallée en 2022. Cette usine réduira en fine poussière le carbonate de calcium pour des usages autres que la métallurgie. Gaspé avait aussi été considérée pour cette usine.

«Idéalement, il faut centraliser les opérations le plus près possible de la carrière», note M. Canuel, statuant que le projet comporte des défis logistiques, ce qui explique le choix de Grande-Vallée, le quai le plus proche. Sa localisation au centre du village incite la firme à planifier un nouveau quai à l’est de la communauté. Le quai actuel est municipal.

«Il y a la profondeur d’eau, mais aussi la proximité des maisons (…) Nous voudrions un quai offrant de la flexibilité pour les autres usages», signale David Canuel, qui compte discuter avec les gouvernements à ce sujet.

L’usine serait aménagée le long du chemin de la Rivière, à 12 kilomètres de la mer. «Notre volonté principale, c’est qu’il y ait le moins d’impact pour les gens. Nous serons placés à l’extrémité sud, en retrait, à mi-chemin entre la carrière et la ville. On veut le moins de voisins possible», dit-il.

Ressources Pélican s’adjoint les services de Pesca Environnement pour l’obtention d’une certification du projet. Y aura-t-il intervention du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement? «C’est à voir. Ce n’est pas nous qui décidons», dit M. Canuel.

Il est l’un des actionnaires de la compagnie. D’autres particuliers, une firme de forage et une firme de génie civil comptant 300 employés, possèdent aussi des parts dans Pélican, dont le siège social est situé à Murdochville.