Résidences privées pour aînés: un groupe d’intervention pour prévenir les fermetures subites

La ministre responsable des Aînés, Francine Charbonneau, a annoncé jeudi la création d’un groupe d’intervention «pour le respect des droits des aînés en résidences privées [RPA] et le respect des obligations qui incombent aux propriétaires de ces résidences».

Le Secrétariat aux aînés, le ministère de la Santé, la Société d’habitation du Québec, le Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA) et le Réseau québécois des OSBL d’habitation composeront ce groupe d’intervention, qui doit tenir sa première rencontre «d’ici la fin de la semaine». Il aura pour mission de «travailler en amont avec les propriétaires de RPA en vue de prévenir des fermetures subites», a-t-on précisé jeudi.

Le mois dernier, une quarantaine de pensionnaires des Résidences de la Vallée, à Vallée-Jonction, ont été appelés à déménager à la hâte, dans un délai de seulement 48 heures, alors qu’ils auraient dû avoir un avis de six mois. Une combinaison de problèmes financiers et de difficultés à recruter du personnel a été évoquée pour justifier la fermeture de la résidence.

Six jours d’avis

Plus tôt ce mois-ci, des personnes âgées d’une autre résidence privée, celle du Treizième Nord de Sherbrooke, ont été forcées de déménager avec six jours d’avis. Là aussi, les propriétaires ont décidé de mettre la clé dans la porte parce qu’incapables de répondre financièrement et physiquement aux nouvelles exigences gouvernementales.

Pour le RQRA, aucun aîné ne devrait recevoir d’avis le forçant à se relocaliser en moins de six mois. «C’est inacceptable», a-t-il réitéré jeudi dans un communiqué. Sauf que les gestionnaires et propriétaires de RPA éprouvent de grandes difficultés dans leur gestion quotidienne, rappelle le regroupement, qui compte faire valoir ce point de vue au sein du groupe d’intervention de la ministre Charbonneau.

Le RQRA cite notamment les investissements importants à faire pour répondre aux exigences de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) de même que l’augmentation du seuil minimal de surveillance dans les résidences offrant des soins infirmiers, «un aspect qui nécessite l’embauche de plus de personnel dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre», souligne-t-il. Le regroupement rappelle que les loyers constituent l’unique source de revenus de ces entreprises et que la capacité de payer des aînés est limitée.

Selon le RQRA, près de 370 résidences ont fermé leurs portes depuis l’incendie de la Résidence du Havre de L’Isle-Verte, en 2014, qui a coûté la vie à 32 personnes et qui a amené un resserrement des normes de sécurité.

***

QUÉBEC AUTORISE LE PROJET DE MODERNISATION DE L'HÔTEL-DIEU DE LÉVIS

Évalué à 110 millions $, le projet de modernisation de l’Hôtel-Dieu de Lévis pourra aller de l’avant, a confirmé jeudi le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, qui a annoncé des études de 1,5 million $ pour «déterminer la meilleure option immobilière à long terme afin d’assurer le maintien de la qualité et de la sécurité des soins et des services offerts aux usagers». Le dossier d’opportunité doit être soumis à l’approbation du Conseil des ministres avant la fin de 2019. Le projet vise plus particulièrement la modernisation de secteurs névralgiques de l’hôpital, soit le bloc opératoire, le bloc endoscopique et l’unité de retraitement des dispositifs médicaux. L’ajout de trois salles d’opération et d’une salle d’intervention est également prévu afin d’augmenter la capacité et de diminuer l’attente. La Fondation Hôtel-Dieu de Lévis prévoit contribuer à hauteur de 13 millions $.  Élisabeth Fleury