Marylène Lévesque été tuée par Eustachio Gallese dans une chambre d’hôtel de Sainte-Foy le 22 janvier.
Marylène Lévesque été tuée par Eustachio Gallese dans une chambre d’hôtel de Sainte-Foy le 22 janvier.

Reprise de l’enquête fédérale sur le meurtre de Marylène Lévesque

Judith Desmeules
Judith Desmeules
Le Soleil
Suspendue en mars en raison de la pandémie, l’enquête interne entourant le meurtre de Marylène Lévesque reprend mardi à Ottawa. Plusieurs réponses sont attendues.

L’enquête est pilotée par le Service correctionnel du Canada, à laquelle la Commission des libérations conditionnelles participe de près. Marylène Lévesque été tuée par Eustachio Gallese dans une chambre d’hôtel de Sainte-Foy le 22 janvier.

Plusieurs dossiers ont été mis sur pause étant donné la situation exceptionnelle que traverse le pays. Mais le dossier du meurtre de Marylène est demeuré fermé tout l’été, ce que reproche notamment le Parti conservateur, opposition officielle aux Communes. Le Soleil révélait le 14 août que l’enquête reprendrait le 8 septembre.

«Afin de limiter la transmission de la COVID-19, et parce que certaines entrevues doivent se faire en personne, l’enquête a été temporairement suspendue», avait expliqué l’attachée de presse du ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair. 

Le cabinet se disait également «déterminé à aller au fond de cette affaire». Il prévoit rendre un rapport cet automne.  

Un meurtre qui a fâché le Québec 

La jeune femme de 22 ans a été froidement tuée par Eustachio Gallese. L’homme de 51 ans était en semi-liberté au moment des faits. Il avait tué son ex-conjointe en 2004 et avait écopé de plusieurs années de prison.  

Les raisons de sa semi-liberté ainsi que l’autorisation de côtoyer des femmes sont remises en doutes. Plusieurs voix politiques se sont levées depuis le triste événement, exigeant que le gouvernement se penche sur l’encadrement dont bénéficiait Gallese.  

Le député conservateur de Charlesbourg-Haute-Saint-Charles défend le dossier à Ottawa depuis le début. Au début du mois d’août, il avait d’ailleurs dénoncé l’arrêt — trop long — de l’enquête. Quelques heures plus tard, le cabinet de Bill Blair annonçait une date de reprise.  

«Au mois de juillet, j’ai participé à un comité à Ottawa, avec la directrice du service correctionnel. Je lui avais demandé ce qui se passait avec l’enquête du meurtre de Marylène Lévesque, et j’ai eu des grands yeux ouverts. On dirait que j’en avais réveillé quelques-uns», indique-t-il en entrevue avec Le Soleil.   

Depuis le mois de janvier, Paul-Hus se dit «très sceptique» vis-à-vis l’enquête interne. Il l’a répété à multiples reprises : il croit que le gouvernement Trudeau veut «se protéger de ses erreurs» dans le dossier. 

«Je n’ai pas beaucoup d’attentes envers cette enquête-là. Les libéraux savent que des blâmes leur reviennent. Deux personnes indépendantes doivent être nommées pour participer dans le dossier, mais on n’a pas de nouvelles, il y a peu d’informations. Si ça peut être bien fait, ce serait fantastique.» 

Le député de Québec croit qu’il y a eu «beaucoup de lacunes dans le processus de libération». Sa plus grande crainte demeure que les mêmes erreurs soient répétées. 

«Il y en a d’autres des Eustachio Gallese. Ils sont en liberté. Il y a un problème. On dirait que ce n’est pas du tout dans leurs priorités de régler ça.» 

Chose certaine, Pierre Paul-Hus ne lâchera pas le morceau. Il l’a promis à la famille de Marylène. 

«Ça sent tellement mauvais et il faut aller plus loin. Dépendamment du rapport [prévu à l’automne], je vais continuer à pousser le dossier. C’est important pour la famille et pour la société. La famille pense que l’histoire va s’éteindre… je leur ai dit que je vais être là pour rappeler les faits à tout le monde», termine le député.  

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