Le sonomètre a été présenté l'an dernier par Gaétan Bergeron, chef du service de la sécurité des véhicules et du transport à la SAAQ.

Répit technologique pour les motos bruyantes à Québec

Depuis le début de l'été, les policiers de la Ville de Québec n'ont que leurs yeux, leurs oreilles et le bon vieux test de la broche pour détecter les motocyclettes dont le silencieux a été modifié pour multiplier les décibels. Le sonomètre testé de concert avec la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) est chez le réparateur.
C'est en s'intéressant à la deuxième saison du projet pilote lancé par la SAAQ que Le Soleil a appris que le sonomètre prêté à la Ville de Québec était brisé. François Moisan, porte-parole du service de police local, a indiqué que l'appareil électronique était actuellement en réparation, mais devrait être de retour sur le terrain au cours des prochains jours ou semaines.  
L'an dernier, le sonomètre a été utilisé fréquemment par les 18 agents spécialement formés. Treize opérations ont été menées aux quatre coins de la ville, avec un accent mis dans les quartiers fortement urbanisés où les plaintes sont plus nombreuses. Exactement 76 motos ont été vérifiées et 51 conducteurs ont reçu une contravention pour bruit excessif entraînant une amende et des frais totalisant 161 $. 
À l'échelle du Québec, environ 1500 véhicules à deux roues ont été testés en 2013 et autour de 500 constats d'infraction ont été délivrés, rapporte la SAAQ. La Sûreté du Québec et une quinzaine de services de police municipaux, dont Lévis depuis cette année, se partagent les 16 appareils acquis par la société d'État pour 25 000 $. Celui de Québec serait le seul brisé actuellement. 
Lors d'une opération de contrôle typique, des patrouilleurs rabattent les motos bruyantes vers l'endroit où se trouve le sonomètre afin de vérifier si le plafond de bruit de 100 décibels, établi en fonction des normes de fabrication des véhicules neufs de Transports Canada, a été franchi. Le motocycliste fait alors gronder son moteur pendant que le sonomètre, placé à une certaine distance, enregistre les variations. 
La méthode de mesure, développée en collaboration avec l'Université Laval, ne remplace pas les moyens de détection classiques déjà employés par les corps policiers, mais a le grand avantage de quantifier les explosions de décibels. 
Vieilles méthodes
M. Moisan précise d'ailleurs qu'en l'absence du sonomètre, les policiers de Québec se fient cette année à leurs sens, comme ils étaient forcés de le faire avant. Quand leurs oreilles suspectent qu'un système d'échappement a été modifié pour faire davantage de bruit, ce qu'interdit l'article 130 du Règlement sur les normes de sécurité des véhicules routiers, ils cherchent une confirmation visuelle. 
Certains agents sont également formés pour faire passer le test de la broche. C'est une indication que l'engin a pu être modifié si une broche insérée manuellement peut toucher le fond du silencieux sans entrave. 
Les motocyclistes sont toutefois les premiers à décrier ces vieilles méthodes, car elles ne prouvent pas nécessairement que leur bolide fait trop de bruit. Loin de condamner l'utilisation du sonomètre, la Fédération motocycliste du Québec (FMQ) plaide d'ailleurs pour son adoption rapide à la grandeur du Québec. 
Jeannot Lefebvre, porte-parole de la FMQ, s'est plaint au Soleil que des motocyclistes pouvaient être arrêtés à répétition et subir différents tests arrivant à des conclusions divergentes. Eux aussi voudraient se fier à une mesure objective. 
Ce dossier n'a toutefois pas de chance d'aboutir à temps pour la révision du Code de la sécurité routière annoncée pour 2015, car le projet pilote de mesure du bruit par sonomètre doit se terminer cette année-là, puis faire l'objet d'une évaluation finale. 
Mario Vaillancourt, porte-parole de la SAAQ, affirme qu'il n'est pas question de raccourcir la durée du projet pilote pour le moment. Le ministre des Transports a toutefois le pouvoir de modifier ce dernier ou de l'allonger.