À la lumière de la mini tournée du <em>Soleil</em>, il semble bien que les restaurants n’aient pas à craindre une désaffection.
À la lumière de la mini tournée du <em>Soleil</em>, il semble bien que les restaurants n’aient pas à craindre une désaffection.

Réouverture des restos: un jour J béni

Le beau temps aidant, les clients ont pris d’assaut lundi leur restaurant favori, après trois mois d’une trop longue disette. Germain Cayouette a été le premier client à se pointer pour réserver sa place au Montego, avenue Maguire, en fin d’avant-midi. Quelques heures plus tôt, il avait lancé son déconfinement culinaire par un petit déjeuner au Normandin, boulevard Pierre-Bertrand.

Comme beaucoup de monde, M. Cayouette, un habitué du Montego depuis des lunes, était curieux de voir si les clients allaient passer outre leur crainte de la COVID-19 pour aller casser la croûte en public. Or, à la lumière de la mini tournée du Soleil, il semble bien que les établissements n’aient pas à craindre une désaffection.

«Il va y avoir beaucoup de monde et on se prépare. On a 140 réservations pour ce soir (lundi). Tous les soirs de la semaine, on est complet», lance le propriétaire du Montego, Mario Bernardo, attrapé au vol entre un coup de fil et un dernier conseil à ses troupes. Une soixantaine de clients étaient au rendez-vous pour le premier midi de ce jour J attendu depuis si longtemps. Habituellement, incluant les salons et la terrasse, l’endroit peut accueillir 300 personnes.

Réaménagements

Soulagé de pouvoir profiter de la belle saison, M. Bernardo énumère tous les réaménagements effectués dans son établissement : marquages au sol (incluant sur le trottoir), masques et visières de protection pour le personnel, désinfectant à l’entrée, plexiglas devant le comptoir, lavabo dans un coin de la terrasse, tables séparées pour respecter la distanciation, ajout de climatiseur dans les cuisines.

«On rouvre avec une autre image», glisse-t-il, précisant que le ‘prêt à emporter’ (take out), «un énorme succès», a permis au Montego de garder la tête hors de l’eau depuis la mi-mars.

Tout a également été fait pour restreindre au minimum la manipulation d’objets. Les utilisateurs de cellulaires sont invités à scanner le code-barres QR pour voir apparaître la liste des plats sur leur appareil. Pour les autres, des menus plastifiés et lavables sont offerts. Salières, poivrières et bouteilles d’huile sont disponibles sur demande seulement. 

Une journée très attendue

Un peu plus haut, avenue Maguire, l’heure est aussi à l’optimisme pour le propriétaire du Faks. Il était à peine 11h30 que, déjà, les clients affluaient sur la terrasse pour casser la croûte tout en profitant du soleil. «C’est une journée qu’on attendait avec impatience. On sent qu’on va être capable de remplir plus souvent qu’autrement», se réjouit Philippe Plante.

Signe encourageant, le téléphone sonne régulièrement. Pour le repas du lundi soir, la cinquantaine de places en mode COVID, distanciation physique oblige, était réservée. «On a mis du plexiglas entre chaque banquette afin de pouvoir asseoir des familles au complet», signale M. Plante. La transformation de l’avenue Maguire en rue piétonne, les fins de semaine, permet d’ajouter jusqu’à huit tables sur le bitume, un ajout de clients non négligeable en cette période de crise inégalée.

Terrasse courue

Point de chute prisé par la communauté universitaire et collégiale, le bar resto Au temps perdu, avenue Myrand, a vu plus d’une trentaine de clients venir se sustenter sur la terrasse sur l’heure du midi. «Je m’attends à avoir beaucoup de monde ce soir. Les jeunes vont arriver plus tard. À cette heure-là, ils sont encore couchés...» lance en rigolant le copropriétaire Claude Lambert.

Là aussi, en ce jour de réouverture, l’ambiance est fébrile. Après une longue pause, le personnel doit s’habituer à l’équipement de protection et aux consignes sanitaires. La crème à barbe, utile pour empêcher la formation de buée dans les visières de protection, est fort courue.

Comme partout ailleurs, le plexiglas est un matériau qui a la cote. Claude Lambert attendait une livraison sous peu. Il montre un panneau de dimension moyenne acheté pour séparer une fenêtre de la terrasse. «Ç’a m’a coûté 147$. Avant, en temps normal, on aurait payé ça 25$ ou 30$...»

Un habitué de la place, Richard Aubin, est venu déguster une pizza et une frite. Il s’interroge à voix haute sur la kyrielle de mesures de protection demandée par le gouvernement. «À Québec, on n’est quand même pas dans endroit chaud (pour la COVID).»

Au Cactus, plus loin, près du chemin Sainte-Foy, le propriétaire Louis Caron se préparait à voir sa clientèle habituelle prendre d’assaut sa terrasse, en fin d’après-midi, pour la très populaire promotion sur les ailes de poulet piquantes. «Je peux vous dire qu’on va respecter les normes gouvernementales et qu’on s’installe pour ça. On est by the book.»