Pointé du doigt par des parents d’enfants autistes et par Autisme de l’Est-du-Québec (ADEQ) pour l’absence d’information sur la rentrée prévue dans une semaine, le Centre des services scolaires des Phares leur demande d’être patients.
Pointé du doigt par des parents d’enfants autistes et par Autisme de l’Est-du-Québec (ADEQ) pour l’absence d’information sur la rentrée prévue dans une semaine, le Centre des services scolaires des Phares leur demande d’être patients.

Rentrée scolaire d’élèves autistes: le Centre de services scolaires des Phares demande aux parents d’être patients

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
Pointé du doigt par des parents d’enfants autistes et par Autisme de l’Est-du-Québec (ADEQ) pour l’absence d’information sur la rentrée prévue dans une semaine, le Centre des services scolaires des Phares leur demande d’être patients.

«On veut être le plus transparents possible, assure la conseillère en communication de l’organisme, Zoé Ross-Lévesque. On comprend leur inquiétude. Les équipes-écoles travaillent très fort, en ce moment, pour offrir une rentrée sécuritaire pour tous. On est vraiment en train de travailler super fort pour que tout le monde soit content de la rentrée. Les enseignants sont contents de revenir et de revoir les élèves. Ça fait longtemps qu’ils ne les ont pas vus. On veut rester positifs. Les informations vont arriver dans les prochains jours, c’est certain. Les parents vont vraiment avoir des réponses à leurs questions bientôt. On veut la réussite des élèves et on veut aussi que la rentrée soit la plus normale possible. On veut que nos élèves soient heureux et contents.»

Mme Ross-Lévesque rappelle que la rentrée s’inscrit dans un contexte particulier à cause de la COVID-19. «On est très sensibles au stress et à l’anxiété que peuvent vivre autant les parents que les élèves. […] Nos enseignants vont entrer en poste dès demain [jeudi]. Les équipes-écoles vont travailler avec nos partenaires pour accompagner ces élèves-là.»

Réponses à certaines questions

Concernant les craintes de parents qui se demandent comment un enfant autiste arrivera à utiliser les stratégies visant à décoder les expressions faciales si les enseignants et les intervenants portent le couvre-visage, la porte-parole du Centre de services scolaires des Phares indique que les enseignants vont appliquer les mesures de sécurité de la santé publique, mais qu’ils vont également se servir de leur jugement. «On va y aller avec le bon sens, indique Zoé Ross-Lévesque. […] C’est comme dans les services de garde, où on a appliqué certaines mesures par rapport aux plus petits. Donc, on va faire la même chose pour ceux qui ont des problèmes [avec le couvre-visage]. On va s’adapter et travailler pour trouver la meilleure solution pour nos élèves. L’idée, c’est vraiment de les accompagner.»

Dépendamment de chacune des écoles, la porte-parole du Centre de services scolaires assure aussi que les services de récupération et de reprises d’examens sur l’heure du dîner pourraient être maintenus. «Ça va être spécifique à chacune des écoles. Compte tenu que le plan d’action n’est pas encore terminé et que les enseignants vont entrer en poste seulement demain [jeudi], ces choses-là vont probablement se finaliser dans les prochains jours. La rentrée approche, mais on a encore plusieurs jours pour se préparer, autant du côté des parents que de l’équipe-école.»

Lettre de l’ADEQ

La conseillère en communication confirme que les dirigeants du Centre de services scolaires des Phares ont pris connaissance de la lettre envoyée lundi par l’ADEQ visant à les sensibiliser au stress et à l’anxiété que vivent les parents d’élèves qui présentent un trouble du spectre de l’autisme (TSA). La missive consistait aussi à offrir sa collaboration. «On travaille avec tous nos partenaires, souligne Mme Ross-Lévesque. Donc, on va travailler de concert autant avec eux qu’avec les autres pour accompagner ces élèves-là.»

Selon elle, le Centre de services scolaires n’écarte pas la possibilité que certains élèves entrent à l’école le 31 août, plutôt que le 27. «Toutes les possibilités sont évaluées et sont sur la table présentement. Ça va dépendre de l’établissement scolaire et de son plan d’action.»

Élaboration d’un plan

Pour répondre à l’ADEQ qui déplorait l’absence d’un plan pour les élèves vulnérables dont les capacités d’adaptation et d’apprentissage sont limitées, la porte-parole du Centre de services scolaires des Phares confirme que les équipes-écoles s’affairent actuellement à l’élaboration d’un plan destiné à cette clientèle. «On met à contribution tout ce qu’on peut pour accompagner ces élèves-là, atteste Mme Ross-Lévesque. Le plan s’en vient. C’est juste qu’il faut être patient et qu’on nous donne le temps de nous organiser. Tout arrive en même temps. […] On est tous dans le même bateau et on essaie tous de ramer dans le même sens!» 

Si des parents d’élèves autistes et l’ADEQ se sentent oubliés par le milieu scolaire, la conseillère en communication du Centre de services scolaires nie qu’il en soit ainsi. Zoé Ross-Lévesque confirme également que les élèves qui présentent un TSA pourront bénéficier des mêmes services qu’auparavant. Des budgets supplémentaires pour les services éducatifs ayant été prévus pour de nouveaux besoins exprimés par des enfants qui souffriront de difficultés d’apprentissage ou de retard causés par le long congé forcé par la pandémie, le soutien dédié aux enfants autistes ne sera donc pas diminué.