Rendez-vous santé Québec: obligatoire l'an prochain

Les médecins de famille québécois devront obligatoirement participer l’an prochain au service gouvernemental Rendez-vous santé Québec, affirme le ministre Gaétan Barrette. Il ne sera plus question pour eux de libre adhésion, comme c’est le cas cette année.

Autrement dit, les citoyens qui veulent obtenir un rendez-vous avec un médecin de famille devront passer par ce nouveau service d’ici la fin de l’année prochaine. Probablement même d’ici l’été, espère M. Barrette.

Le nom de Rendez-vous santé Québec s’imposera donc dans la population, puisque le service finira par être utilisé par tous.

L’obligation d’y participer existera pour tous les médecins omnipraticiens du Québec, sauf ceux oeuvrant dans les hôpitaux, dit le ministre de la Santé en entrevue avec Le Soleil. Cette obligation concernera quelque 6900 médecins.

Le 4 avril, Gaétan Barrette a lancé une nouvelle plateforme informatique permettant une prise de rendez-vous en ligne avec un médecin de famille, avec le sien ou avec un autre. Conçu par la firme CGI, le système doit permettre de prendre rendez-vous à partir d’un ordinateur, d’une tablette ou d’un téléphone intelligent. Ceux qui veulent et voudront prendre un rendez-vous en composant un numéro de téléphone pourront aussi le faire.

Au 31 octobre, plus de six mois après le lancement, seulement huit cliniques et 115 médecins de famille participaient au service Rendez-vous santé, selon des données de la Régie de l’assurance maladie du Québec obtenues par la Coalition avenir Québec — huit établissements sur 1420 (en comptant entre autres les cabinets traditionnels, les CLSC et les ‘cliniques réseau’); et 115 médecins sur les quelque 6900 visés.

Actuellement, la participation des médecins à Rendez-vous santé Québec n’est pas obligatoire. Seuls ceux pratiquant dans des super-cliniques ont l’obligation d’y adhérer «dès lors que le service leur est rendu disponible». C’est qu’il n’est pas encore disponible pour toutes les super-cliniques, pas plus qu’il ne l’est pour tous les établissements potentiels.

Mais il le sera bientôt et tous les médecins de famille du Québec devront y participer, insiste le ministre de Santé, faute de quoi des sanctions financières s’appliqueront. «Le message sera envoyé au réseau et je souhaite que, d’ici l’été 2018, tout le monde soit branché», déclare-t-il.

Ces pénalités financières pourraient éventuellement passer par la fameuse loi 20, dont l’application a été suspendue, ou par une autre voie. Pour mémoire, la loi 20 prévoit des pénalités si 85% des Québécois n’ont pas de médecin de famille. C’est moins connu, mais elle contient aussi des dispositions sur la prise de rendez-vous. Le gouvernement pourrait passer par voie réglementaire pour imposer et généraliser le nouveau service.

Un coût comprenant «l’implantation»

Gaétan Barrette nie tout dépassement de coût du programme. Le prix de la plateforme développée par CGI était et demeure de 4,5 millions$. Si la Régie de l’assurance maladie du Québec parle maintenant de 6,7 millions$, c’est parce qu’elle prend en compte le coût total d’implantation du système, explique le ministre — d’implantation, mais pas de fonctionnement. Le Québec deviendra propriétaire du système en 2021.

L’obligation qui sera faite aux médecins de famille de participer à Rendez-vous santé Québec condamnera le volet de prise de rendez-vous de Bonjour-santé, un système développé par une entreprise privée.

M. Barrette rappelle que sa responsabilité est de veiller sur le système de santé québécois, pas sur une entreprise exigeant des frais aux malades dans certaines circonstances. L’utilisation de Bonjour-santé est gratuite si un médecin de la clinique à laquelle un citoyen est inscrit est disponible, mais coûte 17,25 $ (avant l’application des taxes) s’il cherche à se rendre dans un autre établissement, faute de disponibilité dans le sien.