Le nouveau député bloquiste de Rimouski-Témiscouata-Les Basques, Maxime Blanchette-Joncas, avec le député péquiste de Rimouski, Harold LeBel.

Remontée en force du Bloc québécois dans l’Est-du-Québec

NEW CARLISLE — Le Bloc québécois a effectué une sérieuse remontée dans les trois régions de l’Est-du-Québec, en faisant passer son nombre de représentants d’une députée, Marilène Gill, qui avait remporté la victoire dans Manicouagan en 2015, à un minimum de trois.

À 23h45, la victoire n’était pas encore déterminée dans la circonscription de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. La députée sortante et ministre du Revenu national Diane Lebouthillier et le candidat bloquiste Guy Bernatchez ont échangé l’avance à une dizaine de reprises lors de la première partie de la soirée, mais peu avant minuit trente, elle détenait une avance de 157 voix, avec 205 boîtes dépouillées sur 214.

Marilène Gill sera rejointe à la Chambre des communes par Kristina Michaud, élue dans Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia et par Maxime Blanchette-Joncas, dans Rimouski-Témiscouata-Les Basques. Mme Gill a signé une retentissante victoire. Au moment d’écrire ces lignes, avec 85 boîtes dépouillées sur 249, la bloquiste avait récolté 55,3 % des voix. Ses adversaires du Parti libéral, Dave Savard (18,6 %) et François Corriveau (18,9 %), étaient loin derrière.

«Disons que je souhaitais récolter un tel résultat et je suis très heureuse pour mon équipe», a été la première réaction de Mme Gill, jointe à Sept-Îles.

«À mon avis, plusieurs facteurs expliquent ce résultat. Oui, il y a une satisfaction des gens envers mon travail durant mon premier mandat, mais il y a aussi la remontée du Bloc québécois à l’échelle du Québec, a-t-elle dit. Le chef (Yves-François Blanchet) est apprécié pour sa personnalité. Il y a aussi eu la question de la loi 21 sur la laïcité et l’avortement, en début de campagne, qui ont eu leur importance. Au moment de voter, les gens se sont tournés vers leurs valeurs», a-t-elle ajouté.

Pour ce qui du résultat global du Bloc, avec 35 députés élus ou en avance au moment d’aller sous presse, Marilène Gill ne pouvait que se réjouir.

«J’espérais au moins une trentaine de députés. Avec les années que j’ai connues, ça va vraiment faire du bien d’avoir des budgets pour avoir des employés et faire de la recherche. On a fait des miracles avec peu, on va pouvoir en faire encore plus», a-t-elle conclu.

Dans Avignon-La-Mitis-Matane-Matapédia, la bloquiste Kristina Michaud, 26 ans, supplantait le député libéral sortant Rémi Massé par près de 4000 voix à 23h45. Ex-employée du député péquiste de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, Mme Michaud a mené une campagne vigoureuse, en participant notamment à tous les débats.

Ce qui a fait la différence, «ce sont les gens qui ont fait énormément confiance à notre chef, et les gens [qui] ont appris à me connaître [...] Les électeurs ont choisi de se faire représenter par des gens qui leur ressemblent», a indiqué Mme Michaud.

Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques

Le vent bloquiste a soufflé fort dans Rimouski-Neigette Témiscouata-Les Basques. Les électeurs ont préféré un nouveau venu en politique, Maxime Blanchette-Joncas. Le politicien de 30 ans a délogé une grosse pointure, le néo-démocrate Guy Caron, qui sollicitait un troisième mandat et qui bénéficiait même de l’appui de l’ex-élue bloquiste Suzanne Tremblay.

«On l’a eu, s’est spontanément exprimé, non sans émotion, le nouvel élu en apprenant, peu avant 23h, qu’il était officiellement élu par une avance de 10 % des voix sur son plus proche rival, Guy Caron. On est partis de loin, on a travaillé d’arrache-pied. Ça a vraiment fait la différence. Aujourd’hui, on envoie un message très fort à Ottawa : l’Est-du-Québec, avec le Bloc québécois, revient en force. On va s’assurer de défendre les intérêts de la région, d’avoir un consensus québécois à Ottawa, de se faire respecter dans notre identité, notre langue, nos valeurs. On est là et on est forts!»

Il a souligné le travail de Guy Caron depuis 2011. «Il peut partir la tête très haute, a-t-il lancé, entouré de sympathisants à Rimouski. C’est une personne que je respecte et je souhaite le rencontrer très prochainement pour le transfert des dossiers.» Guy Caron était suivi de près par la candidate libérale Chantal Pilon.

Alors que les sondages plaçaient le conservateur et député sortant Bernard Généreux nez à nez avec son adversaire bloquiste Louis Gagnon, la circonscription de Montmagny-L’Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup a finalement opté pour le statu quo. Le conservateur sollicitait un troisième mandat. D’abord élu en élection complémentaire en 2009, il avait été défait en 2011, pour être réélu par quelques voix en 2015.

«Avec les années que j’ai connues, ça va vraiment faire du bien d’avoir des budgets pour avoir des employés et faire de la recherche. On a fait des miracles avec peu, on va pouvoir en faire encore plus»

La députée bloquiste Marilène Gill

Le candidat bloquiste, Louis Gagnon, est arrivé deuxième, suivi de loin par le candidat libéral Aladin Legaul d’Auteuil. Avant la victoire de Bernard Généreux, la circonscription avait été bloquiste pendant 15 ans.