Malgré les investissements pour assainir la fumée expulsée par les cheminées de l’incinérateur à déchets de Québec, des contaminants s’y trouvent toujours, au-delà des cibles.

Rejets toxiques de l’incinérateur: la Ville mise à l’amende trois fois par Québec

Depuis qu’elle a repris la gestion de son incinérateur en 2015, la Ville de Québec a été sanctionnée trois fois par l’État québécois pour non-respect des normes environnementales de rejets toxiques dans l’air. Et le ministère de l’Environnement attend les données «finales»  de 2019 avant de possiblement sévir de nouveau.

Le Soleil le soulignait récemment, malgré les investissements pour assainir la fumée expulsée par les cheminées de l’incinérateur à déchets de Québec, des contaminants s’y trouvent toujours, au-delà des cibles. En 2019, on y a observé surtout du monoxyde de carbone, en bonne quantité; aussi des chlorophénols et chlorobenzènes.

Un scénario qui se répète d’année en année.

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Nous avons donc demandé au ministère de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques du Québec (MELCC) si la mairie de la capitale a été punie pour avoir outrepassé les normes étatiques en matière de pollution. «Plusieurs avis de non-conformité ont été émis au fil des ans» , répond le conseiller en communication Frédéric Fournier. 

En 2014, l’entreprise Tiru Canada gérait encore l’incinérateur : «Une amende pénale de 30 000 $ [lui] a été imposée pour non-respect des normes de monoxyde de carbone.» 

L’année suivante, la Ville de Québec a saisi les rênes de l’usine à brûler des déchets afin de corriger le tir, d’améliorer sa performance. La mairie n’a toutefois pas encore réussi à réduire la pollution sous les cibles fixées : «Trois sanctions administratives pécuniaires de 10 000 $ ont été émises à la Ville de Québec en 2015, 2017 et 2018, toujours pour des non-respects des normes sur la qualité de l’air [monoxyde de carbone, dioxines et furannes, mercure].» 

M. Fournier ajoute que «de multiples vérifications et inspections»  ont été effectuées par le ministère dans le dossier de l’incinérateur du secteur Maizerets.

Qu’arrivera-t-il maintenant que l’on sait que les données de 2019 témoignent de nouveaux dépassements? «Le MELCC est en attente du rapport final de la Ville portant sur la caractérisation des émissions atmosphériques pour l’année 2019.»  Le ministère appliquera alors, si c’est opportun, les sanctions prévues en cas de «manquements à la législation environnementale».

Proactive

Frédéric Fournier souligne cependant que la Ville de Québec est proactive afin de réduire les émissions nocives de l’incinérateur. «[Elle] poursuit la mise en œuvre de son plan d’action afin de retrouver la conformité.» 

La conseillère en communication municipale Mireille Plamondon explique que des investissements importants sont en cours afin de doter les quatre immenses fours à poubelles de brûleurs au gaz. Ceux-ci permettront de faire grimper rapidement le thermomètre dans les enceintes et d’atteindre des températures telles que la combustion générera moins de contaminants.

«Les brûleurs au gaz naturel seront tous installés d’ici la fin décembre 2020» , indique-t-elle. «Ils permettront de régler les problèmes de dépassement en monoxyde de carbone.» 

L’ajout «d’unités indépendantes d’injection de charbon actif»  devrait également améliorer la filtration de la fumée, donc amoindrir le taux de contaminants crachés dans l’air.

Le ministère de l’Environnement est plutôt optimiste : «L’installation de brûleurs d’appoint devrait favoriser la performance de combustion des fourneaux et l’ajout d’unités individuelles de dosage de charbon activé devrait augmenter l’efficacité du système d’épuration des gaz», évalue Frédéric Fournier. «Les campagnes d’échantillonnage à venir devraient être révélatrices quant à l’efficacité des mesures prises par la Ville de Québec dans le cadre de son plan d’action pour rencontrer les exigences réglementaires.» 

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