L’ancien ministre péquiste Réjean Hébert, qui a été approché par le Parti libéral du Canada en vue des élections de l’automne, n’exclut pas de se présenter à l’investiture dans Sherbrooke s’il accepte de joindre le parti.

Réjean Hébert pourrait arborer les couleurs libérales... à Sherbrooke?

L’ancien ministre de la Santé Réjean Hébert n’exclut pas un retour en politique qui le ferait passer de bleu péquiste à rouge libéral... fédéral. Il pourrait même convoiter l’investiture dans Sherbrooke.

Lundi soir, Réjean Hébert annonçait au journaliste Bernard Drainville du 98,5 FM, qu’il avait été approché par le Parti libéral du Canada (PLC) en vue des élections de l’automne. 

« Je ne suis pas encore rendu là dans ma réflexion, à me demander où exactement je me présenterais », a partagé à La Tribune celui qui avait été élu dans la circonscription de Saint-François sous le gouvernement Marois en 2012, pour y servir comme ministre de la Santé jusqu’en 2014. Aujourd’hui doyen de l’École de santé publique de l’Université de Montréal, le Dr Hébert a également pratiqué la médecine sur le territoire estrien, où il possède toujours une maison. 

« L’Estrie est une région pour laquelle j’ai beaucoup d’attachement. Je sais qu’il y a déjà des gens qui y sont alignés pour défendre les couleurs du Parti libéral. Ça va dépendre de l’accueil que je vais avoir. Je n’ai pas de racines dans le Parti libéral du Canada et je ne sais pas quelles vont être les réactions des gens du parti à Sherbrooke. »

Déjà, la notaire Élisabeth Brière et l’ancien président de la Fédération des communautés culturelles de l’Estrie, Edwin Moreno, ont manifesté leurs aspirations pour une investiture sous la bannière du PLC dans Sherbrooke, un territoire qui appartient actuellement au député néo-démocrate Pierre-Luc Dusseault.

Le comté voisin, celui de Compton-Stanstead, est occupé par la ministre libérale de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire Marie-Claude Bibeau.

S’il se présente effectivement à Sherbrooke, Réjean Hébert compte entre autres s’attaquer de nouveau au dossier de l’aéroport de Sherbrooke. « C’est un dossier qui me tient vraiment à cœur, tout comme le développement du transport actif », affirme-t-il, disant vouloir être en mesure de lutter contre les changements climatiques. À l’échelle nationale, ses préoccupations concernent principalement l’assurance-autonomie et les soins à domicile.

« Je me laisse quelques semaines pour décider si je fais à nouveau le saut en politique et, ensuite, je verrai quel comté sera le plus favorable », dit Dr Hébert, rappelant qu’il n’est pas politicien de carrière. Si jamais l’ancien souverainiste rejette la proposition de Justin Trudeau, ce sera parce qu’il n’y aura pas vu une occasion de faire avancer les choses, dit-il. 

« Si je retourne en politique, c’est pour m’attaquer aux enjeux qui me sont chers. Si ces enjeux sont partagés par le Parti libéral du Canada, qui je crois est le seul qui puisse y répondre actuellement, alors j’aurai de bonnes raisons d’y aller. Si ce ne sont pas des enjeux qui sont importants pour eux, je resterai tout simplement dans mon travail actuel, où j’ai la possibilité de former la relève en santé publique », note celui qui a abandonné la bataille d’un Québec indépendant. 

« La souveraineté à ce moment-ci n’est pas à l’ordre du jour. Ce n’est pas un débat social actuel et, en attendant, il faut faire vivre ce pays, le Canada. Il faut le faire évoluer », a prononcé l’ancien péquiste en entrevue à Radio-Canada mardi. 

« Des propos qui ne lui ressemblent pas »

Le chef du Parti québécois (PQ), Pascal Bérubé, a confié sa surprise face au virage rouge de Réjean Hébert. « Je l’ai entendu ce matin tenir des propos qui ne lui ressemblent pas sur le mouvement indépendantiste, mais en même temps, je comprends qu’il veut vraiment beaucoup télégraphier, par le biais des médias, son désir d’être ministre de la Santé. Ça semble être sa seule condition pour revenir en politique », a-t-il prononcé lors d’une mêlée de presse mardi.  

« C’est son choix, mais je pense que les gens sont capables de voir clair », a noté M. Bérubé, qui a même souligné que cette annonce en dit beaucoup sur M. Hébert, avant de l’accuser de « magasiner un poste de ministre de la Santé » comme l’aurait fait Gertrude Bourdon, une ancienne candidate du Parti libéral du Québec défaite dans Jean-Lesage aux dernières élections provinciales.

 « Le gouvernement fédéral, dans le domaine de la santé, ce n’est jamais une bonne idée, a aussi réagi le chef du PQ. On se fait avoir systématiquement. Je m’en souviens parce que dans le gouvernement de Mme Marois, on avait fait un point de presse avec Réjean Hébert et on avait fait une liste complète de tous les empiètements qui vont à l’encontre des intérêts du Québec. Et vous savez quoi? Ça n’a pas changé. » Avec Le Soleil