«Il n'y a aucun problème pour que ces femmes-là se baignent avec cet accoutrement-là. C'est juste regrettable que ces femmes-là soient obligées d'être attriquées de cette façon-là pour se baigner. C'est incroyable. Incroyable. On va espérer qu'elles se révoltent un jour», a déclaré Régis Labeaume.

Régis Labeaume révolté par le port du burkini

Le maire de Québec est révolté par le port du burkini et appelle ses concitoyens à la compassion envers les femmes qui sont «obligées» de se baigner avec «cet accoutrement».
Le Soleil révélait mardi que le port du maillot de bain islamique, appelé «burkini», est officiellement permis dans les piscines de l'arrondissement La Cité-Limoilou. Les autorités du Service des loisirs, des sports et de la vie communautaire ont pris cette décision à la suite de la demande formulée par une mère musulmane qui voulait s'inscrire à un cours avec son enfant à la piscine Lucien-Borne.
Le burkini, un maillot intégral qui couvre le corps des chevilles à la tête et ne laisse voir que les pieds, les mains et le visage, est fait d'un tissu conçu spécifiquement pour la baignade, avait expliqué au Soleil la porte-parole de la Ville. C'est pour cette raison que la municipalité a permis son utilisation dans ses piscines.
Mardi, Régis Labeaume, appelé à commenter cette décision administrative, a d'abord déploré que les fonctionnaires qui ont pris la décision aient omis d'en aviser les élus.
«On aimerait ça qu'il ait l'intelligence de nous informer»
«Le problème c'est que je l'ai appris dans le journal à matin. Il n'y a pas un élu qui est au courant alors il y a quelqu'un à l'arrondissement qui n'a pas eu l'intelligence de nous informer. C'est un peu regrettable. On lui envoie un signal pour la prochaine fois : on aimerait ça qu'il ait l'intelligence de nous informer.»
D'autre part, il a livré un plaidoyer déplorant que certaines femmes aient à porter le maillot intégral, même si, techniquement, rien ne l'interdit dans les piscines publiques. «Il n'y a aucun problème pour que ces femmes-là se baignent avec cet accoutrement-là. C'est juste regrettable que ces femmes-là soient obligées d'être attriquées de cette façon-là pour se baigner. C'est incroyable. Incroyable. On va espérer qu'elles se révoltent un jour.»
Le maire Labeaume a fait appel à la «compassion» de la population et, craignant les débordements, il demande à ce que personne ne s'en prenne aux femmes qui portent la longue combinaison de polyester. «Avec la photo de ce matin [dans Le Soleil], il y a des gens qui pourraient être tentés de blâmer ces femmes-là. Je veux dire à ceux et celles qui auraient le goût de faire ça à Québec de ne pas le faire. De surtout avoir de la compassion pour ces femmes-là qui sont obligées de s'attriquer de cette façon-là à cause de préceptes religieux, à cause d'une interprétation d'une religion qui quant à moi est fausse. [...] Je suis certain que ce n'est pas leur choix.» Pour le maire de Québec, elles obéissent à «quelqu'un, quelque part, qui leur impose de s'attriquer comme ça».
Tous les vêtements religieux ciblés
Le maire s'en prend par ailleurs à tous les vêtements religieux féminins, de la burqa au tchador, en passant par le burkini. Pour lui, leur port dans n'importe quelle ville du monde, à la piscine ou au centre commercial, est «ridicule». Il a raconté que lors d'un voyage à Copenhague, par une journée très chaude, il avait croisé avec sa femme un couple. La dame portait un vêtement qui la couvrait des pieds à la tête et l'homme était en bermudas, en t-shirt et en sandales. «Ma femme m'a retenu pour ne pas que j'aille lui arracher la tête en lui disant : «Heille, ducon! As-tu vu comment t'es habillé et as-tu vu comment ta femme est habillée?» »
Par son intervention, M. Labeaume souhaite éviter les «dérapages» qui pourraient se produire. «Surtout actuellement, c'est très fragile.»
Quant au port du burkini chez les sauveteuses qui travaillent dans les piscines municipales, le maire a fermé la porte hermétiquement. «Je ne pense pas qu'on va accepter ça, non, non. Un sauveteur c'est habillé comme ça doit être habillé à Québec.»
Une dizaine de plaintes
La Ville de Québec a reçu une dizaine de plaintes à la suite de la publication de l'article. Le porte-parole Jacques Perron n'a pas voulu qualifier ce qu'il considère davantage comme des «commentaires» des citoyens que comme des plaintes à proprement parler. «Je ne peux pas dire si c'est beaucoup ou pas beaucoup, mais c'est quand même marginal.»
Avec Valérie Gaudreau