Le Pow Wow de Wendake, qui est inscrit dans la liste officielle des activités du 150e, commence vendredi.

Refus de fêter le 150e: Duclos respecte la volonté de Wendake

Le ministre fédéral de la région de Québec, Jean-Yves Duclos, respecte la volonté de la nation huronne-wendat de ne pas célébrer le 150e anniversaire du Canada et croit que celle-ci peut disposer des fonds dédiés à la fête comme bon lui semble.
Dans Le Soleil de mercredi, le grand chef huron-wendat, Konrad Sioui, a qualifié de «honte» les célébrations entourant la constitution canadienne puisque celle-ci ne fait référence qu'à deux peuples fondateurs et exclut les Premières Nations. Il a toutefois dit vouloir célébrer le Canada des autochtones et utiliser sans arrière-pensée les sommes offertes par Patrimoine Canada pour le Pow Wow qui est inscrit dans la liste officielle des activités du 150e et qui débutera cette fin de semaine.
Le ministre fédéral de la région de Québec, Jean-Yves Duclos, a assuré qu'il ne faisait pas de cas de ce refus de Wendake de souligner l'anniversaire du pays et a répété à plusieurs reprises qu'il s'agissait d'une question de respect. «Je pense que chaque communauté, et les peuples autochtones en particulier, ont le droit de vivre les événements qui sont à venir autour du 150e de la manière dont, eux, veulent les vivre», a fait valoir le député, soulignant que le grand chef a voulu rappeler l'importance du renouvellement des relations avec les peuples autochtones. Selon le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, M. Sioui a également mis en lumière tout le travail qu'il reste à faire à ce chapitre.
Quant aux sommes allouées à Wendake dans le cadre du 150e anniversaire, M. Duclos a répliqué que tout le monde profitait de ces argents. «On a tous le droit de recevoir ces investissements de la façon dont on croit que c'est approprié», a argué M. Duclos, qui compte bien participer au Pow Wow qui débutera vendredi.
Reconnaissance de la nation
Konrad Sioui a par ailleurs eu l'occasion mercredi matin de livrer directement son message à Philippe Couillard alors que celui-ci présentait le premier Plan d'action pour le développement social et culturel des Premières Nations et des Inuits. Le grand chef au franc-parler s'est dit favorable à l'initiative du premier ministre de relancer le débat constitutionnel, mais l'a mis en garde de ne pas perpétuer le mythe des deux peuples fondateurs qu'il dénonçait dans les pages du Soleil.
M. Couillard a répliqué qu'il voulait effectivement que les peuples autochtones soient reconnus comme une nation. «Quand on dit qu'on veut parler et agir de nation à nation, on ne dit pas des paroles en l'air. On sait exactement ce que ça veut dire, y compris le droit à l'autodétermination», a assuré le premier ministre.