Régis Labeaume estime que son projet de consultation sur la sécurité routière deviendrait «l’exercice d’analyse publique le plus important qui a jamais été fait à Québec», plus important encore que la récente consultation sur la mobilité durable.

Réfléchir à la vitesse en ville

Abaisser la limite de vitesse dans les quartiers résidentiels ne va pas améliorer le bilan routier à Québec, croit le maire sortant. Régis Labeaume propose plutôt une vaste réflexion publique pour convaincre les citoyens de la nécessité de «ra-len-tir». «Qu’est-ce que c’est une minute de plus pour sauver des vies?» demande-t-il déjà.

Mercredi, le maire de Québec a convoqué les médias sur la rue William-Stuart, à Sainte-Foy, là où Québec 21 a déjà fait une sortie ayant pour thème la sécurité routière. Contrairement à ses conférences de presse précédentes, M. Labeaume n’a pas lu le communiqué de presse préparé par son équipe, mais s’est exprimé sur un ton pédagogique à partir de ses notes personnelles.

Il a ainsi fait valoir qu’un abaissement de la limite de vitesse à 30 kilomètres/heure, tel que proposé par Démocratie Québec, n’était pas suffisant pour entraîner des changements de comportements. Selon les données cumulées par la Ville, les automobilistes continuent de rouler à 51 km/h malgré l’affichage. En comparaison, la vitesse dans les zones limitées à 50 km/h est en moyenne de 53 km/h. 

Même inefficacité pour les dos d’âne, souvent réclamés par les citoyens, mais réprouvés par les pompiers et le Réseau de transport de la Capitale (RTC). Pour qu’ils aient un effet, il faudrait en installer tous les 70 mètres, ce qui est pratiquement impossible, a rapporté le maire Labeaume. 

Quant aux radars photo, il s’interroge sur leur efficacité puisqu’«on a donné 25 000 billets en 10 mois» en 2016 et le bilan routier demeure «stable» avec une moyenne variant entre 1300 et 1500 accidents avec blessés annuellement. «La répression, ça a un coût et ça a des limites», souligne le politicien, qui n’est toutefois pas prêt à trancher le sort des cinémomètres après le projet pilote en cours. 

Pour sortir des sentiers battus, l’administration Labeaume propose plutôt d’organiser une grande consultation publique où les parents, les commissions scolaires, les policiers et tous les intéressés pourraient témoigner de leurs inquiétudes et proposer des solutions. Des experts nord-américains seraient également interpellés. 

D’abord sur Internet

La consultation, planifiée pour la première moitié de 2018, pourrait débuter sur Internet. «On va se faire aussi un gros deux, trois jours de discussion publique. Il faut que ça ait de l’écho dans la population, il faut que ce soit fort, il faut que ce soit publicisé», a décrit le maire sous le regard approbateur d’une majorité de ses candidats. «Il va falloir qu’ensemble on décide de changer notre culture quant à la vitesse dans les quartiers», a-t-il dit aussi, évoquant «l’exercice d’analyse publique le plus important qui a jamais été fait à Québec», plus important encore que la récente consultation sur la mobilité durable. 

Les résultats seront traduits dans la prochaine Stratégie de sécurité routière de la Ville de Québec devant couvrir la période 2018-2021. 

Conscient que le sujet préoccupe la population, et, confiant d’être réélu, le maire n’a pas perdu de temps et a déjà donné au Bureau du transport et de la mobilité intelligente le mandat de préparer la consultation. «J’ai fait la commande dans les derniers jours», a-t-il indiqué, soucieux que ses candidats puissent répondre aux citoyens lors du porte-à-porte. «Les campagnes, c’est fait pour ça, pour donner des réponses et dire où on s’en va», justifie le président d’Équipe Labeaume.