Le gouvernement fédéral redeviendrait propriétaire du pont de Québec après l’avoir cédé au Canadien National.

Réfection du pont de Québec: «Les partenaires manquent à l’appel»

Le ministre de l’Infrastructure du Canada, François-Philippe Champagne, pointe directement le Canadien National et le gouvernement Legault pour expliquer l’absence d’une entente sur la réfection du pont de Québec.

«Ce n’est pas qu’il manque de solutions. Ce n’est pas qu’il manque de volonté. C’est les partenaires qui manquent à l’appel.» Le ministre Champagne a fait cette déclaration mercredi en marge d’une annonce pour le financement d’un projet de transport en commun à Lévis.

Malgré tout, il soutient qu’il y a eu plus de progrès dans les pourparlers au cours de la dernière année que dans les 25 dernières. Les négociations semblent surtout achopper sur la participation financière de chacune des parties à la réfection du pont. «Discuter c’est une chose. Contribuer, c’en est une autre. Notre vision est la pérennité du pont de Québec et ça prend des partenaires pour réaliser ça. C’est beaucoup plus large que la peinture du pont.»

M. Champagne a aussi réagi à la nouvelle de Radio-Canada diffusée la veille, voulant que le gouvernement fédéral puisse redevenir propriétaire du pont de Québec après l’avoir cédé au Canadien National. Selon la société d’État, une entente pourrait intervenir rapidement entre Ottawa et le CN. «Il n’y a pas d’entente imminente», a soutenu le ministre. 

Depuis sa cession au CN en 1995 pour la somme symbolique de 1 $, les parties n’ont jamais trouvé un terrain d’entente pour partager les coûts d’entretien et de réfection qui ne cessent de gonfler. Pourtant, le CN s’était engagé à l’époque à financer un programme d’entretien majeur pour assurer la viabilité à long terme du pont.

Le gouvernement Trudeau avait fait de l’entretien du pont de Québec un enjeu électoral. Ottawa souhaiterait donc un règlement avant le déclenchement des élections fédérales à l’automne. 

Le ministre n’a pas davantage voulu commenter la nature des négociations en cours. Toujours selon Radio-Canada, l’entente en question comprend le versement par le CN d’une importante somme pour supporter une partie des coûts de réfection. Le transporteur ferroviaire paierait ensuite une location annuelle pour utiliser la structure.

Le diffuseur public allègue aussi que le fédéral créerait une société d’État à l’image de celle des ponts Jacques-Cartier et Champlain à Montréal. Cette société assurerait l’entretien et la réfection de l’infrastructure.

Les élus régionaux réclament à grands cris depuis des années que le pont grugé par la rouille soit repeint pour assurer sa pérennité. Certains ont même évoqué des enjeux de sécurité.

Le coût exact des travaux n’a pas encore été rendu public. En 2015, une étude de la firme Roche, aujourd’hui Norda Stelo, l’estimait entre 350 et 400 millions $. 

Aujourd’hui, selon des informations obtenues de divers médias, elle pourrait atteindre entre 500 et 600 millions $.