Un peu décontenancé devant ce dossier qui traîne, Gilbert Banville attend depuis cinq ans des réponses du ministère des Transports à ses questions sur la réfection du chemin Principal aux Buissons.

Réfection de la 138: les citoyens de Pointe-aux-Outardes exigent une rencontre avec le MTQ

Inquiets des conséquences et du bien-fondé de certains travaux, une centaine de citoyens de Pointe-aux-Outardes, près de Baie-Comeau, réclament depuis plusieurs semaines une rencontre avec le ministère des Transports du Québec (MTQ) sur le projet de réfection de la route qui relie le village à la route 138.
<p>Voici le ponceau au sud de la propriété de M. Banville, qui ne remplit pas ses fonctions parce qu'il est rempli de pierres, selon le citoyen.</p>
Le cas de Gilbert Banville, représentant des signataires de la pétition, est probablement le plus marquant. M. Banville, résident du secteur des Buissons depuis 1973, craint que ces travaux détruisent inutilement une partie de son terrain de près de 100 000 pieds carrés, en bordure de la rivière aux Outardes, pour une question «d'écoulement d'eau imaginaire», selon ses dires.
L'origine de cette histoire remonte à l'été 2009, alors que M. Banville voit apparaître devant chez lui un ponceau. Il s'attend même à une demande de servitude de drainage afin que l'eau soit déversée sur un terrain au sud de chez lui. «Pourquoi veut-on installer tout ça? Il n'y a jamais eu d'eau qui s'écoulait sur mon terrain», s'interroge le retraité, qui tente d'obtenir les données techniques et les justifications des travaux auprès du Ministère, sans succès.
En décembre de la même année, revirement de situation alors que le MTQ lui apprend, dans une lettre, que la conduite pluviale en question «n'est d'aucune utilité» et qu'aucune demande de servitude de drainage ne lui sera faite. Le Ministère s'engageait aussi à fermer de façon permanente la conduite reliant le fossé au regard pluvial sur son terrain. «Il n'y a jamais eu aucune action en ce sens depuis», ajoute-t-il.
Histoire sans fin
Toutefois, au fil des ans, «il y a un ponceau là qui ne fait rien, mais qui ne dérange pas. Ma femme et moi finissons par oublier ça et nous passons à autre chose», confie M. Banville, qui ne croyait pas revivre le même cauchemar à partir de septembre 2013. «Une journée, je vois arriver un véhicule du MTQ et le gars avec qui je parle me dit qu'ils refont la route en 2014 et il me revient avec la même histoire de ponceau et de drainage sur mon terrain, mais 50 pieds plus loin.»
Cette fois, on lui donne comme justification des travaux le fait que la canalisation plus au sud ne fournit pas. Gilbert Banville en convient, mais, selon lui, c'est parce que cette canalisation est brisée et remplie de pierres qu'elle ne fournit pas. Et que la canalisation fasse ou non son travail, l'eau excédentaire ne se rend toujours pas chez lui, soutient-il.
Le retraité constate que ses voisins sont aussi dans l'ignorance que lui quant aux futurs travaux du Ministère. Il réussit à amasser une pétition de 90 noms, exigeant dans les plus brefs délais une rencontre avec les autorités régionales du MTQ, pétition déposée à la municipalité en décembre dernier et sans réponse depuis.
«Devant l'accumulation de faits bizarres», le citoyen affirme que sa confiance envers les autorités est gravement affectée, surtout dans le contexte de certaines révélations faites à la commission Charbonneau. «Face à tout ça, on peut légitimement se demander qui avait intérêt à faire un ponceau à un endroit où il ne passe pas d'eau», s'interroge-t-il.
Rien de finalisé
«Le projet de réfection de la route est toujours en préparation, il n'est pas complété. Les gens seront rencontrés par la suite. Il ne faut pas brûler d'étapes, la conception n'est pas finalisée», répond la porte-parole du bureau régional du Ministère, Marie-Ève Morissette.
Mme Morissette soutient aussi que lors de l'intervention de 2009, il y avait déjà un ponceau en face de chez M. Banville et il présentait une usure importante. «Donc, il avait déjà servi», lance-t-elle. Quant au fait que le ponceau a été déclaré inutile en décembre 2009 et qu'il serait maintenant redevenu utile, mais quelques mètres plus loin, la porte-parole assure qu'une étude hydrique recommande de procéder ainsi.