Nancy Piuze, colistière de Jean-François Gosselin dans Sainte-Thérèse-de-Lisieux, a remporté la victoire.

Recomptage demandé dans le district de Gosselin

Jean-François Gosselin devra encore attendre avant de célébrer son titre de chef de l’opposition officielle sans crainte de se le voir enlever. Équipe Labeaume demande un recomptage judiciare des voix dans Sainte-Thérèse de Lisieux, district qui a pavé la voie de l’hôtel de ville à M. Gosselin.

La formation politique du maire Labeaume a confirmé lundi qu’elle s’adressera à la Cour du Québec à la suite de l’élection de Nancy Piuze, colistière du chef de Qc 21 dans Sainte-Thérèse-de-Lisieux. La candidate a remporté la victoire avec une majorité de seulement 69 bulletins. Elle a obtenu 4991 voix contre 4922 pour Mme Trudel, qui occupait le poste de conseillère depuis 12 ans, dont les huit dernières pour Équipe Labeaume.

Dimanche soir, Jean-François Gosselin confirmait qu’il occuperait le siège gagné par Mme Piuze pour pouvoir affronter Régis Labeaume dans l’enceinte du conseil municipal. La nouvelle de la contestation d’Équipe Labeaume ne l’inquiète nullement. 

«C’est une tactique de plus pour nous mettre des bâtons dans les roues. Je m’attendais à ce qu’ils en demandent un, indique-t-il, confiant que le recomptage ne lui enlève pas la victoire. «Hier soir, ça été long avant d’obtenir le résultat dans le district. J’ai compris qu’ils ont recompté plusieurs fois pour être sûr parce que c’était serré.»

Le Soleil a appris qu’il y aurait eu plus de 130 voix rejetées. La loi électorale prévoit que «toute personne qui a des motifs raisonnables de croire qu’un scrutateur ou que le directeur du scrutin a compté ou rejeté illégalement des bulletins de vote ou dressé un relevé du dépouillement inexact peut demander un dépouillement judiciaire des votes».

C’est sur cette base qu’Équipe Labeaume déposera sa requête mardi. Si le juge saisi du dossier l’accepte, le second dépouillement devra se faire dans les meilleurs délais. En effet, il faut prévoir une date pour l’assermentation des nouveaux élus et autres candidats réélus. La première séance du conseil municipal est prévue le lundi 20 novembre. 

Les parties ou candidats ont jusqu’au 10 novembre pour faire une requête. 

+

Québec 21 espère avoir les moyens de ses ambitions

Les deux candidats élus de Québec 21 misent énormément sur le demi-million de dollars ou plus qu’ils recevront annuellement, soit pour diffuser leur programme politique ou monter une équipe de recherche. Des ressources financières qui ont fait cruellement défaut pendant la campagne.

Malgré la contestation judiciaire en cours (lire autre texte page 3), le chef de Québec 21 se prépare à franchir les portes du conseil municipal. En cours de campagne, journalistes et adversaires politiques ont accusé sa formation de diffuser des chiffres «approximatifs». Ça ne risque plus d’arriver, soutient Jean-François Gosselin.

«La plus grosse différence, c’est qu’on se renseignait comme tout citoyen en prenant les chiffres de la Ville disponibles sur le site internet. Maintenant, on va pouvoir poser des questions aux fonctionnaires et autres élus. Avoir une équipe de recherche avec nous. On va pouvoir plus approfondir les dossiers. Ça va être plus dur de nous accuser de ne pas avoir les bons chiffres», se réjouit-il.

Une fois élus, les conseillers disposent de budgets de fonctionnement qui leur permettent de couvrir certaines dépenses. 

La Loi sur le traitement des élus municipaux prévoit que «le budget de toute municipalité de 20 000 habitants ou plus doit comprendre un crédit pour le versement de sommes destinées au remboursement des dépenses de recherche et de soutien des conseillers.» Le savant calcul qui correspond à une fraction du budget adopté a permis à chaque conseiller de recevoir 45 049 $ en 2017. Le montant sera réajusté en 2018 en fonction du prochain budget.

Comme autre source de financement, la Loi sur les cités et villes donne droit au «maire ou tout conseiller désigné de toute municipalité de 100 000 habitants de nommer un directeur de son cabinet et les autres personnes nécessaires au bon fonctionnement de ce cabinet».

L’argent destiné au fonctionnement du cabinet ne peut excéder le montant fixé par décret ministériel. En 2017, celui de Régis Labeaume avait un budget de 921 233 $. L’ex-opposition officielle, formée par Démocratie Québec, en recevait d’office la moitié, soit quelque 460 710 $. Ceux de la prochaine année devraient être semblables.

Pour obtenir cette somme, le total des suffrages obtenus par l’ensemble des candidats du parti d’opposition doit être supérieur à 20 %. Tout indique que Québec 21 dépasse cette marque. Ce qui n’est pas le cas de Démocratie Québec. 

Enfin, la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités indique «le budget de toute municipalité de 20 000 habitants ou plus doit comprendre un crédit pour le versement d’une allocation destinée au remboursement des dépenses faites et acquittées pour l’administration courante d’un parti autorisé, pour la diffusion du programme politique de ce parti et pour appuyer l’action politique de ses membres.»

Le calcul, assez complexe, peut représenter un joli paquet. Grosso modo, c’est environ 0,85 $ le vote. À l’élection de 2013, Équipe Labeaume avait obtenu 241 000 $ contre 101 345 $ pour Démocratie Québec. Cette année, Qc21 en recevra une part importante.

Le conseiller de Québec 21 dans Chute-Montmorency-­Seigneurial, Stevens Melançon, envisage avec enthousiasme l’utilisation de tout cet argent frais. «On n’avait aucun budget. Vous savez, J’ai la rigueur que m’a donné 34 ans d’enseignement. Nous allons être très très rigoureux», promet-il. 

«Et ceux qui disent que deux personnes à l’opposition ne changeront rien, je leur réponds que l’information c’est un pouvoir», conclut-il.