Selon le président du regroupement, Guy Morin, le constat des gens sur place était surtout qu'il faut intervenir auprès «des gens à risques» présentant des problèmes de santé mentale.

Rassemblement pro-armes sans débordement à Neuville

Après avoir voulu «provoquer les choses» en se rassemblant à la place du 6-décembre-1989, lieu de commémoration de la tuerie de l’École polytechnique, les militants pro-armes à feu se sont finalement réunis dans une cabane à sucre de Neuville, samedi, en s’assurant de garder à l’écart les «antifas» et autres personnes qui auraient pu menacer la sécurité de l’événement.

Le collectif «Tous contre un registre québécois des armes à feu», qui organisait le rassemblement de samedi, a finalement choisi d’accueillir près d’une centaine de propriétaires d’armes à feu sur un terrain privé de manière à contrôler l’entrée des visiteurs. 

Un point de contrôle avait été érigé où on demandait à tous les visiteurs de présenter une carte d’identité, explique le président du collectif Guy Morin. Cette mesure s’ajoute à la prise de photo de chaque visiteur, à celle de chaque plaque d’immatriculation des véhicules et à la fouille du coffre, ajoute-t-il. Tout ça dans l’objectif de «sécuriser les lieux» et d’éviter que des «contre-manifestants» s’intègrent au rassemblement. 

«Tous les gens se sont prêtés à ça sans aucun problème. Le but c’était d’être sécuritaire parce qu’on avait reçu des informations que ça pouvait brasser beaucoup», a indiqué M. Morin, rejoint par Le Soleil après la tenue du rassemblement. 

Ce dernier s’est déroulé dans le calme et aucune personne n’a voulu causer des problèmes, a-t-il souligné. Du côté de la Sûreté du Québec, on n’était pas en mesure de confirmer si des policiers avaient été déployés spécifiquement pour la surveillance de cet événement. «Tout ce qu’on sait, c’est qu’il n’y a pas eu d’incident», a rapporté l’agent Stéphane Tremblay. 

Face au tollé soulevé la semaine dernière par le lieu de rassemblement initialement choisi, Guy Morin offre ses excuses. «On avait choisi cet endroit là question de provoquer les choses. On s’excuse, on a sous-estimé l’émotivité que ce lieu allait susciter», a-t-il réagi samedi.

Malgré leurs revendications, le président du collectif martèle que les membres de son groupe voulaient «rendre hommage aux victimes» de l’École polytechnique. «Depuis 28 ans, on a toujours été démontré comme des tueurs potentiels, des criminels en devenir. Le problème, c’est le contrôle des armes à feu. C’est toujours fait au détriment des propriétaires», a défendu M. Morin, qui pourfend Québec de ne pas s’attaquer à la source du problème. 

«Personnes à risque»

Selon «Tous contre un registre québécois des armes à feu», il faudrait plutôt éviter que les «personnes à risque» se trouvent en possession d’une arme à feu. «Si on veut enlever des armes des gens qui ne doivent pas en posséder, il faut travailler sur la maladie mentale, sur les problèmes d’alcool, de toxicomanie», a avancé le président du collectif. 

Gy Morin n’hésite pas à expliquer l’attentat de Québec contre des membres de la communauté musulmane par le fait que l’auteur présumé, Alexandre Bissonnette, soit potentiellement atteint de problèmes de santé mentale. 

«Ce qu’on sait au niveau de Bissonnette, c’est qu’il avait des problèmes de santé mineurs et problème d’alcool. Ça fait un mélange explosif. Ce n’est pas un problème de contrôle de armes à feu. C’est un problème d’individu.»

M. Morin a par ailleurs déploré le discours des élus qui, selon lui, cherchent davantage à attirer des votes que de chercher la source du problème, faisant référence aux tueries qui se sont succédé au Québec au fil des ans. Il estime que les mécanismes de contrôle des armes à feu au pays sont adéquats, et que ceux qui font la lutte à l’arme comme telle font fausse route, contribuant ainsi à «un faux sentiment de sécurité».

«Nous autres, on est des propriétaires d’armes à feu canadiens et ce qu’on veut, c’est d’être traité et respecté comme tous les Canadiens d’une océan à l’autre», a argumenté Guy Morin, en réaction à la création du registre québécois des armes à feu, dont l’entrée en vigueur est prévue pour le début de 2018. Avec La Presse canadienne