Une centaine de personnes se sont déplacées à la manifestation antiraciste de Gaspé.
Une centaine de personnes se sont déplacées à la manifestation antiraciste de Gaspé.

Rassemblement antiraciste à Gaspé

Une centaine de personnes ont participé dimanche à Gaspé à une rassemblement contre le racisme et la brutalité policière. Elles ont dénoncé le traitement réservé aux personnes racisées, une réalité qui existe partout dans le monde. Et leur région ne fait pas exception.

«C’est un problème qui est très vivant ici, pas juste aux États-Unis», lance Olivier Brien, co-organisateur du rassemblement. Selon lui, si le racisme semble moins présent au Québec, et encore moins dans les régions, c’est seulement parce qu’il est moins visible. «Le racisme en région est caché, c’est beaucoup plus sournois, mais ça existe et dire le contraire, c’est se fermer les yeux», croit le jeune homme.

Parmi la centaine de personnes présentes se trouvaient des étudiants, des personnes racisées, des familles, des personnes âgées ainsi que des autochtones qui partageaient tous le même message : le racisme existe bel et bien en Gaspésie. «Même en 2020, j’entends des histoires d’horreur. Mon petit-fils qui se fait traiter de babouin à l’école, des personnes de couleur qui se font suivre dans les magasins ou arrêter sans raison quand ils marchent sur la rue, ça arrive ici aussi», raconte un homme dans la cinquantaine.

Le rassemblement était organisé par le Réseau Libertaire Brume Noire, un collectif citoyen impliqué dans de nombreux mouvements sociaux. Des représentants de la branche gaspésienne de «La planète s’invite au parlement» ainsi que quelques syndicats étaient aussi présents.

Racisme systémique envers les autochtones

À de nombreuses reprises, les organisateurs et les intervenants ont mentionné le racisme systémique que subissent les communautés des premières nations au pays. «Savez-vous qu’au Canada, plus de 60 communautés autochtones n’ont pas d’eau potable? Est-ce que ce n’est pas du racisme ça?» lance M. Brien dans un discours.

Ils ont aussi dénoncé la brutalité policière dont sont victimes les autochtones, notamment en faisant référence aux tristes événements qui se sont déroulés au Nouveau-Brunswick au cours des dernières semaines, alors que deux autochtones ont été tués lors d’interventions policières dans la province.

«Que ce soit à Gaspé ou ailleurs, il ne faut pas rester dans le silence, il faut manifester notre désaccord, qu’on soit 50 ou 150 000», conclut Hélène Dumas, une retraitée qui a tenu à se déplacer afin de soutenir la cause.