Selon un rapport de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux, des citoyens ne peuvent bénéficier d’une intervention immédiate dans leur milieu en raison notamment d’effectifs limités.

Rapport de l’INESSS: des lacunes dans les services d’intervention de crise 24/7

Les gestionnaires et les intervenants des CIUSSS et des CISSS font face à des «défis de taille» pour maintenir des services d’intervention de crise 24/7. Selon un rapport de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS), des citoyens ne peuvent bénéficier d’une intervention immédiate dans leur milieu en raison notamment d’effectifs limités.

En 2013, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a publié un document présentant 28 standards à atteindre pour assurer l’accès, la continuité, la qualité et l’efficacité des services d’intervention de crise dans le milieu 24/7. 

Ces services, qui consistent en des interventions immédiates et brèves visant à stabiliser l’état des personnes, sont offerts sans rendez-vous, 24 heures par jour, sept jours par semaine. Les interventions se déroulent à domicile ou «dans un autre lieu approprié». Les services d’intervention de crise peuvent être dispensés par des intervenants d’un CISSS ou d’un CIUSSS, ou provenant d’un organisme communautaire avec qui l’établissement a conclu une entente. 

Le MSSS a demandé à l’INESSS de dresser un portrait de ces services offerts par l’ensemble des CISSS et des CIUSSS du Québec. Et celui-ci n’est pas très reluisant. 

Premier constat : il est difficile pour les établissements de rendre compte des caractéristiques de leur service d’intervention de crise, particulièrement lorsque ce service est offert par un organisme communautaire, rapporte l’INESSS, qui note également que les standards ministériels ne sont pas connus de l’ensemble des gestionnaires et intervenants.

Accessibilité variable

L’accessibilité est également variable, remarque l’organisme. Ainsi, bien que la majorité des CIUSSS et des CISSS disent offrir une couverture 24/7 du service sur la totalité de leur territoire, «les informations colligées ont révélé qu’en fonction de l’heure et du lieu où se déroule la crise, certains citoyens ne pouvaient bénéficier d’une intervention immédiate dans leur milieu». 

La qualité n’est pas non plus toujours au rendez-vous en raison de différents enjeux d’accès à la formation dans les CISSS et les CIUSSS, rapporte encore l’INESSS.  

Selon les gestionnaires et intervenants consultés par l’organisme, un ensemble de facteurs nuisent à l’atteinte des standards ministériels, soit l’étendue du territoire à couvrir, les difficultés de recrutement et de rétention de personnel qualifié de même que le manque de ressources financières allouées spécifiquement aux services d’intervention de crise.

Autre constat : alors que «la continuité du service d’intervention de crise parallèlement à d’autres services offerts par les CISSS et les CIUSSS nécessite un haut niveau de coordination, les mécanismes d’arrimage sont parfois inexistants ou reposent sur des ententes qui n’ont pas été mises à jour récemment», signale l’INESSS.

Malgré les disparités observées entre les établissements, l’ensemble des participants consultés ont fait valoir la pertinence de respecter les réalités régionales en ne privilégiant pas un modèle unique d’organisation des services, note par ailleurs l’organisme.